Face aux propos de Nicolas Sarkozy, réitérés maintes fois, allant à l'encontre de la politique de la Banque Centrale Européenne – propos certes nuancés par la suite - des ministres européens des Finances ont mis lundi en garde le nouveau chef de l'Etat français contre la tentation d'exercer des pressions sur la BCE, insistant au contraire sur l'indépendance de l'institut d'émission.
Pour rappel, François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a annoncé la semaine dernière que le candidat UMP avait "compris qu'il n'était pas raisonnable de demander la réforme de la BCE" .. tout en demandant que cette dernière examine la situation.
"Il pourrait augmenter la pression mais ce n'est pas une bonne idée", a estimé le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos, avant de retrouver ses collègues de la zone euro pour la réunion mensuelle de l'eurogroupe.
"Aucun homme politique ne doit exercer de pression sur la BCE", a renchéri son collègue autrichien Wilhelm Molterer. "Je ne pense pas que nous devions imposer des contraintes à l'action de la BCE, qui est une institution indépendante", a insisté le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück, dont le pays préside actuellement l'UE.
Il y moins d'un mois, le candidat UMP à la présidentielle avait réitéré ses critiques contre l'euro.
« Je veux déclencher une offensive diplomatique pour obtenir de nos partenaires qu'ils fassent pression sur la BCE et surtout pour que l'on mette en place un véritable gouvernement économique de l'Europe face à une banque centrale qui ne peut pas continuer à n'avoir de comptes à rendre à personne", avait-t-il lancé lors d'une réunion publique. Le cours élevé de l'euro est un "inconvénient" qui "handicape la compétitivité des exportations hors de la zone euro", a-t-il répété, évoquant le cas de l'avionneur européen Airbus.
« Si les salaires sont trop bas, c'est aussi parce que l'euro est trop cher et que les entreprises pour être compétitives essayent de se rattraper sur les salaires", avait encore estimé M. Sarkozy. Citant les politiques monétaires menées aux Etats-Unis, au Japon et en Chine, Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir "mettre la monnaie au service de la croissance et de l'emploi".
Début mars, le candidat UMP avait déclaré vouloir proposer, s’il était élu, que la politique de surévaluation de l’euro soit « abandonnée ».
Lors du Grand rendez-vous Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien, François Fillon a toutefois précisé la semaine dernière que Nicolas Sarkozy avait discuté avec les responsables européens et avait constaté qu'il n'y avait aucun accord pour engager une réforme. "Nous demandons simplement que la BCE accepte de regarder la situation et d'essayer de balancer la politique monétaire européenne" pour qu'"on puisse encore fabriquer des avions en Europe", a-t-il poursuivi, en faisant allusion à la crise traversée par Airbus et EADS.
Source : AFP
A lire également :
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. Nicolas Sarkozy voudrait que l’on « abandonne » la politique de surévaluation de l’euro

11 Commentaires
1
Si vous n'avez pas encore compris que NS va devoir financer sa politique en laissant filer le déficit budgétaire et gonfler démesurément la dette nationale...
Rapplez-vous : "Zé cole mi Sarkosy zy américanne".
Pff...
07 mai 2007 à 22:312
Pour pouvoir rester à écrire sur le blog ... je ne peux pas le dire ;)
mais je viens de trouver un article edifiant sur le sujet , je le retrouve et le mets en lien
07 mai 2007 à 22:373
ce n'etait pas celui-là ... mais il n'est pas mal non plus ...
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=501
07 mai 2007 à 22:444
Egalement
"Au total, sous l’ère Sarkozy à Bercy, la France n’a pas respecté les critères du pacte de stabilité européen, son déficit excédant le seuil fatidique des 3% (3,6% de déficit pour la France en 2004). Nicolas Sarkozy est donc, quoi qu’il en dise, l’homme du déficit.
Et de la dette. Cette dernière a encore atteint un sommet après le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy, se montant à 65 % du PIB environ."
http://www.betapolitique.fr/spip.php?article0050
07 mai 2007 à 22:485
Le président de la BCE Jean-Claude Trichet a d'ailleurs relevé "avec satisfaction" depuis Bâle (Suisse) que le nouveau président français n'avait pas appelé à une modification du traité de l'Union économique et monétaire.
Parallèlement, la Commission européenne a rappelé à Nicolas Sarkozy les impératifs du pacte de stabilité et de croissance européen, insistant sur la nécessité de "consolider" les finances publiques, c'est-à-dire de réduire la dette et le déficit publics français, toujours importants.
Le ministre français des Finances Thierry Breton a répondu lundi soir que Nicolas Sarkozy s'y appliquera pendant son mandat.
"M. Sarkozy a clairement indiqué que la réduction du déficit et la maîtrise de la dette feraient partie de son programme", a déclaré M. Breton à sa sortie de l'eurogroupe.
"La situation économique est nettement plus favorable aujourd'hui qu'il y a deux ans". "Pour le programme de stabilité présenté par la France, ceci permet évidemment d'aborder cette période dans de bonnes conditions", a-t-il expliqué.
M. Almunia avait évoqué plus tôt le "défi" pour la France de remettre ses comptes en ordre.
"Poursuivre la remise en ordre des finances publiques, réduire la dette, c'est un défi pour la France, qui doit démontrer que tel sera l'objectif des nouvelles autorités comme cela fut le cas pour le précédent gouvernement", avait-il déclaré.
Dans son programme de stabilité à moyen terme, la France s'est engagée à revenir à une situation d'équilibre budgétaire d'ici 2010 au plus tard, mais M. Sarkozy a laissé entendre pendant sa campagne qu'il n'en faisait pas une priorité, paraissant renvoyer le retour à l'équilibre des comptes publics à la fin de la nouvelle législature.
En 2007, le déficit des comptes publics de la France atteindra encore 2,4% du PIB (soit à peine 0,1% de moins que l'an dernier) et ne descendra qu'à 1,9% en 2008, selon les prévisions économiques de la Commission publiées lundi matin.
Une correction bien moins importante que celle réalisée par l'Allemagne dans le même temps, alors qu'elle partait de plus loin (avec un déficit public de 0,3% prévu en 2008, contre 3,2% en 2005).
07 mai 2007 à 22:50AFP
6
Le mini-traité européen de Sarkozy est "inacceptable"
BERLIN - Le président de la commission constitutionnelle au Parlement européen, Jo Leinen, a estimé que "le mini-traité européen proposé par (le président-élu français) Nicolas Sarkozy est inacceptable", lors d'une rencontre avec la présidence allemande de l'UE mardi à Berlin.
Le Parlement européen (PE) n'acceptera pas que le nouveau traité génère moins de démocratie, moins de transparence et moins d'efficacité que l'ancien, a souligné M. Leinen, un social-démocrate allemand. Il n'acceptera pas non plus une restriction des droits civils et de la participation citoyenne, selon lui.
Une telle régression serait un manque de respect vis-à-vis des 18 pays membres qui ont dit "oui" au premier traité constitutionnel, a-t-il relevé.
La présidence allemande ne doit pas autoriser ce "pinaillage" menant au démembrement du Traité constitutionnel, a mis en garde M. Leinen.
"Le traité doit devenir plus compréhensible et plus lisible pour le citoyen", et s'accommoder de déclarations politiques et de protocoles.
Une déclaration politique pourrait ainsi décrire les grands défis de la mondialisation pour l'Europe, et les moyens et possibilités de les résoudre. Et de citer en exemple l'approvisionnement énergétique, l'immigration, le terrorisme, la concurrence et le modèle social.
M. Leinen a suggéré aussi de rédiger un protocole affirmant "le soutien au développement durable, en particulier la lutte contre le réchauffement climatique."
Le président-élu français, le conservateur Nicolas Sarkozy, propose un "traité simplifié" non soumis à référendum, portant sur les institutions, en particulier la mise en place d'une présidence stable du conseil européen ou la création d'un ministre européen des Affaires étrangères.
Ce traité, assure M. Sarkozy, n'a pas vocation à remplacer la Constitution mais à remédier à la crise institutionnelle en Europe depuis que la France et les Pays-Bas ont rejeté le Traité lors de référendum au printemps 2005. Le président-élu affirme avoir sur ce point le soutien du chef du gouvernement espanol José Louis Zapatero, du Premier ministre britannique Tony Blair et de la chancelière allemande Angela Merkel.
La présidence allemande de l'UE, qui se termine en juin, déploie beaucoup d'efforts pour relancer le traité. Mme Merkel veut que les 27 s'engagent, lors de leur sommet des 21 et 22 juin à Bruxelles, sur une feuille de route prévoyant des négociations accélérées afin d'arriver à un nouveau texte avant fin 2007, afin qu'il puisse entrer en vigueur en 2009.
http://www.romandie.com/infos/news/070508140720.9dn0y76a.asp
08 mai 2007 à 17:487
merci pour l'info, j'ai vu passer le titre très vite tout à l'heure et gloups, j'suis passée à autre chose
08 mai 2007 à 18:278
Les critiques se multiplient contre l'euro fort
Le coprésident exécutif allemand d'EADS, Thomas Enders menace d'un nouveau plan social si la BCE ne controle pas l'Euro.
"Il n'est un secret pour personne" que le programme "Power 8" est basé sur un euro à environ 1,35 dollar et, en cas de nouvelle appréciation de la monnaie unique vers 1,40 dollar, "il va falloir prendre des mesures supplémentaires", a-t-il précisé.
Bernard Arnault, le PDG de LVMH, "Je ne sais pas si on va réussir à faire en sorte que la Banque centrale européenne (BCE) devienne plus attentive à la force de l'euro et à la croissance de la France. Peut-être qu'avec la nouvelle donne politique cela aura une influence, je l'espère", a-t-il précisé lors de l'assemblée générale des actionnaires de LVMH.
12 mai 2007 à 01:16http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-908949@51-852480,0.html
9
Article sur CLEARSTREAM efface de typepad !!!!!!!
du jamais vu !
CENSURE ABSOLUE !!!!!!
12 mai 2007 à 01:1910
Un gouvernement économique européen, peut être, mais pas avec un César à talonnettes prenant sa tête de façon auto proclamée... D'ailleurs je cois bien que la majorité des citoyens de l'UE réclament plus de démocratie à ce propos
23 octobre 2008 à 21:1811
Avec un euro faible à 1.28 $ et un pétrole à un prix plus correct à moins de 70$, EADS devrait se porter mieux. De plus, le déficit et les critères de Maastrich n'intéressent plus personne.
23 octobre 2008 à 21:53Et les anglais ne parle plus que de Keynes.
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