Sarkozy souhaite rendre illégaux les parachutes dorés

Goldenparachute Alors que la plupart des hommes - et femmes – politiques se sont exprimés dès hier sur la question, Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidentielle, a indiqué jeudi qu'il rendrait illégaux les parachutes dorés pour les chefs d'entreprise, "n'acceptant pas qu'on ait à la fois la grosse rémunération et le gros parachute".

Les sommes versées à Noel Forgeard, patron démissionnaire d’Airbus font en effet débat depuis quelques jours.

Nicolas Sarkozy  a ajouté sur Europe 1 qu'il lui "semblerait normal" que Noël Forgeard, ex-PDG d'Airbus et ancien co-président exécutif d'EADS, rende les indemnités reçues à son départ d'EADS et qui se sont élevées à 8,4 millions d'euros.

"Il ne me semble pas tout à fait normal qu'on récompense des gens dont on ne peut pas dire que ce soit une réussite brillante", a jugé M. Sarkozy.

A noter, que quelques minutes auparavant, Pierre Bilger était interrogé sur les ondes de la même radio … ce qui n’a pas échappé à votre bloggueuse favorite. Pour rappel, l’ancien PDG d'Alstom, remplacé en mars 2003 par Patrick Kron avait annoncé en aout de la même année dans un entretien au Monde qu'il renonçait à ses indemnités de départ, qui s'élevaient à 4,1 millions d'euros, sans toutefois remettre en question la légitimité de cette rémunération. Il a rappelé qu’il ne souhaitait pas alors être « un motif de scandale » alors que le groupe était confronté à de graves difficultés.

Le président de l'UMP a indiqué "comprendre qu'un certain nombre de chefs d'entreprise soient payés plus cher, très cher, aient des gros salaires à partir du moment où cela correspond à un choix stratégique de création de richesses", a-t-il expliqué, en rappelant qu'il était "pour le mérite et pour la récompense". "Et notre pays a besoin d'entrepreneurs qui vont beaucoup risquer, beaucoup travailler", a-t-il dit.

"Ce que je n'accepte pas, c'est qu'on ait à la fois le grosse rémunération et le gros parachute. Si on réussit, on est recompensé, si on échoue, on est sanctionné", a-t-il dit ... sans préciser toutefois si les mêmes règles devaient s’appliquer dans le contexte des élus politiques.
Il a fait valoir que "la grosse rémunération, elle rémunère le gros risque". "Si vous avez un gros parachute, il n'y a pas de gros risque, donc il n'y a pas de forte rémunération", a-t-il plaidé.

Evoquant la pratique des stocks options, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il "n'acceptera pas des plans de stocks options réservés à dix personnes dans des groupes de plusieurs milliers" de salariés.

Le montant des indemnités de départ versées à Noël Forgeard, l'ex-PDG d'Airbus, alors que les salariés de l'avionneur européen sont sous le coup d'un plan de restructuration, est "scandaleux" et "choquant", ont estimé mercredi à Toulouse des responsables syndicaux d'Airbus. "Le premier scandale, c'est que c'est légal. Noël Forgeard n'a pas volé cet argent, ni enfreint la loi", a déclaré à  Jean-François Knepper, délégué syndical FO (majoritaire) et vice-président du comité européen d'Airbus. "Alors qu'on fait un plan de restructuration, les actionnaires ont accepté les conditions négociées par Forgeard. J'ai du mal à comprendre que d'un côté on parle d'économies et que de l'autre côté on accepte ses conditions. Cette décision de lui attribuer un golden parachute suscite un émoi considérable chez les salariés d'Airbus", a-t-il ajouté.

Selon un document destiné aux actionnaires d'EADS, la maison-mère d'Airbus, qui doit réunir une assemblée générale des actionnaires le 4 mai, l'ex-PDG d'Airbus et ancien coprésident exécutif d'EADS a touché plus de 6 millions d'euros lors de son départ en 2006 du groupe, auxquels s'ajoute une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros. Le plan de restructuration Power8 prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois, dont 4.300 en France, ainsi que la cession et la fermeture de sites, afin de réaliser 5 milliards d'euros d'économie d'ici à 2010.

Sources : AFP, Le Monde, Europe 1

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7 Commentaires

  1. 1

    Pierre Bilger

    4,1 millions d'euros - Le montant des indemnités auxquelles l'ex PDG d'Alstom vient de renoncer
    LExpansion.com 18/08/2003

    Comme il le confie dans un entretien accordé lundi au Monde, Pierre Bilger s’est finalement résolu à "choisir entre [sa] famille et l’honneur", renonçant du même coup aux quelques 4,1 millions d’euros d’indemnité qu’il aurait dû toucher à la suite de son départ d’Alstom en mars dernier.
    "J'ai pris avant tout cette décision pour ne pas être un objet de scandale pour la centaine de milliers d'employés d'Alstom que j'ai eu l'honneur de diriger, et pour les actionnaires qui m'ont fait confiance", a expliqué l’ancien patron dans une lettre datée du 14 août 2003, adressée à son successeur Patrick Kron, et rendue publique lundi.

    Lors de l'assemblée générale annuelle du groupe, le 2 juillet 2003, les actionnaires avaient dénoncé ce "golden parachute" accordé à Pierre Bilger, évincé de la direction d'Alstom neuf mois avant l'échéance prévue. La mesure choquait d’autant plus qu’elle intervenait au moment de l’annonce de résultats calamiteux pour l’entreprise. Le groupe a en effet essuyé une perte record de 2,8 milliards d’euros sur l’exercice 2002/2003, et ne doit sa survie qu’à l’intervention providentielle de l’Etat qui a repris 31,5% du capital d’Alstom.

  2. 2

    panama

    Sarkosy ne fera rien du tout, parce que justement, c'est parfaitement légal. Ecoeurant, certes, mais légal. C'est même voté en assemblée générale par les actionnaires !

    Exit donc, la solution du législateur. Reste celle de la justice, mais là aussi, bonne chance à l'accusation.

    Je remarque juste que le candidat champion du libéralisme économique intervient opportunément dans le sens du vent, quelques jours avant le premier tour des élections.

    Bah, quand faut y aller, faut y aller, n'est-ce pas Mme Chirac ?

    Une fois élu, on pourra toujours dire que de toute façon, on ne peut rien y faire.

    La vraie et unique question est : à quoi servent donc ces foutus comités de rémunération qui font parite du contrôle interne obligatoire dans les SA ?

  3. 3

    Elisabeth

    "Reste celle de la justice, mais là aussi, bonne chance à l'accusation." oui, car quels critères permettront le cas échéant d'apprécier une mauvaise gestion ? et comment faire si le droit d'alerte n'a pas été exercée ..etc. etc ...
    pas simple

    Pour Bernadette , il se pourrait bien qu'elle protège le casier judiciaire de son tendre époux :)

  4. 4

    el gringo

    Nicolas SARKOZY déclare s'inspirer du modèle anglais pour réduire le chômage. "Je m'engage à ramener en cinq ans le chômage à 5 % avec une durée moyenne du chômage ramenée à cinq mois, car je suis persuadé que le plein emploi est applicable. Les Anglais l'ont fait."

    Pour cela, il compte "dès l'été 2007", "interdire à un chômeur de refuser plus de deux offres d'emploi consécutives correspondant à ses capacités" et "obliger un titulaire de minimum social à exercer une activité en contrepartie".

    "un travail correspondant à ses capacités" --> ça veut dire n'importe quel travail même si vous faisiez tout autre chose avant.
    "obliger un titulaire de minimum social à exercer une activité en contrepartie" --> On réinvente le STO.
    Pour ceux qui ne connaisse pas la réalité du travail et du chomage en Angleterre, cela veut dire 80 Euros/semaine pendant 6 mois maximum, suppression du chomage et des rares aides sociales en cas de refus même si c'un travail à temps partiel très éloigné et ne répondant pas à vos qualifications.
    De plus la durée d'indemnisation étant de 6 mois, il n'est quand même étonnant que la durée moyenne du chomâge est de 5 mois car à la fin du sixième mois vous n'êtes plus chomeur dans TOUS LES CAS.
    Ensuite pour le chomage longue durée, 2.7 millions d'anglais (contre 750.000 en 1991) touchent une pension d'invalidité et ne sont pas comptabilisés comme chomeurs dans les chiffres officiels.
    Le temps partiel (même quelques heures) représente près de 40% des emplois en Angleterre et le temps hebdomadaire moyen de travail est en réalité de 32 heures par semaine contre 36 en France. Dire que certains critiquent les 35 heures français.

  5. 5

    Elisabeth

    le pire c'est que c'est d'entrée dans sa video officielle de campagne , avec le ton Sarko, c'est encore plus clair, vous allez boser les p'tits gars, c'est moi qui le dit , finis la racaille dans les bacs à sable !

  6. 6

    el gringo

    En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé plus d'emplois que l'Angleterre (ou plutôt la Grande Bretagne). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.
    Les deux pays ont une population totale équivalente (60 millions d'habitants) et une population en âge de travailler voisine (37 millions). La population active (ayant un emploi ou au chômage) est plus importante en Angleterre qu'en France (29 contre 27,6 millions) pour des raisons historiques tenant à la fois à la structure de la population et à la place différente prise par l'agriculture dans l'économie depuis cinquante ans.
    De 1990 à 2005, la France a créé 2 520 000 emplois (+11,25%) contre 1 520 000 au Royaume Uni (+5,82%). Dans le même temps, la population en âge de travailler (de 15 à 59 ou à 64 ans) a augmenté d'une valeur équivalente dans les deux pays.

    Cependant, la population active (emploi + chômage) a beaucoup plus augmenté en France (2 970 000) qu'en Grande Bretagne (960 000).
    En France, la population active a plus augmenté que l'emploi et que la population en âge de travailler, entraînant une augmentation du chômage.
    En Angleterre, la population active a moins augmenté que l'emploi (-560 000) et que la population en âge de travailler (-1 210 000), entraînant une diminution du chômage sans aucun mérite.

    Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.
    Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l'Angleterre, cela n'est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l'écart d'une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.

    http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm

  7. 7

    el gringo

    Oral d'anglais pour Sarkozy : on comprend pourquoi il a été recalé à Science Po et qu'il n'ait même pas essayé l'ENA.
    Pourtant il admire le modèle Anglo-Américain sans forcément tout comprendre.
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/sarkozy%2Bamericain/video/x1p0dl_sarkozy-lamericain

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