Oléoduc Sibérie-Pacifique:retard pour la 2de tranche

Siberiapacificputinoilpipelinemap1La construction de la deuxième partie de l'oléoduc russe Sibérie-Pacifique, qui doit permettre de transporter le pétrole sibérien vers l'Asie, pourrait être retardée de trois ou quatre ans, a indiqué mardi un responsable du ministère russe des Ressources naturelles.

Ce projet doit permettre d'alimenter en pétrole russe la région Asie-pacifique, notamment le Japon. La Chine cherche à obtenir qu’un embranchement soit construit en vue d’approvisionner son territoire mais Moscou ne s’est pas engagé sur ce point pour l’instant.

A l'heure actuelle, en raison du retard dans l'augmentation des réserves (de pétrole), le début de la construction de la 2e partie de l'oléoduc peut être repoussé de trois-quatre ans dans le meilleur des cas", a déclaré Sergueï Fedorov, un responsable chargé de l'exploitation des gisements au ministère.
La première partie de ce vaste projet, soit plus de 2.000 km entre Taïchet (région d'Irkoutsk) et Skovorodino (région de l'Amour), devrait être mise en exploitation en 2008 et transporter 30 millions de tonnes par an. La construction a débuté il y a un an. Transneft a déjà construit un tronçon long de 540 km, dont le cout se chiffre à  3,3 milliards de dollars.

La deuxième partie prévoit la construction du tronçon entre Skovorodino et la côte du Pacifique. En février, le quotidien économique Vedomosti rapportait qu'il n'avait pas encore été évalué. A l'issue de la seconde phase, le projet devrait compter plus de 4.000 km et pourra transporter jusqu'à 80 millions de tonnes de brut sibérien par an.

La première étape de la construction, dont le coût était estimé par le monopole des oléoducs russes, Transneft, en 2004 à 6,6 milliards de dollars, coûtera en réalité 11,5 milliards de dollars, selon un mémorandum du groupe pétrolier.
La construction de l'oléoduc Sibérie-Pacifique devrait ainsi va coûter beaucoup plus cher que prévu initialement, selon le quotidien financier russe Vedomosti. Selon les analystes cités par le journal, le coût de la construction d’un kilomètre de cet oléoduc s’élève donc à 4 millions de dollars, soit deux fois plus que le coût d’un kilomètre de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (2,2 millions). Le vice-directeur de Transneft explique la croissance des coûts du projet par l’inflation et le changement du tracé de l’oléoduc pour contourner le lac Baïkal. Pour rappel, Le président russe Vladimir Poutine était personnellement intervenu en avril pour trancher un différent relatif au tracé de l’oléoduc et avait recommandé qu'il soit éloigné d'au moins 40 kilomètres du lac Baïkal, prenant parti pour les écologistes qui dénonçaient les risques de pollution. Le nouveau tracé l’éloigne désormais de 400 km du lac.

En avril 2006, le président russe Vladimir Poutine avait mis en garde contre des tentatives pour limiter les exportations d'hydrocarbures russes et avait proposé de développer la coopération avec les pays d'Asie-Pacifique.
"Malheureusement, nous sommes souvent confrontés à la concurrence déloyale sur le marché mondial", a-t-il déclaré à Tomsk, en Sibérie occidentale, où il a rassemblé les gouverneurs sibériens.
"Malgré la forte demande de ressources énergétiques, on essaie de nous freiner sous le moindre prétexte que ce soit au nord, au sud, ou bien à l'ouest", avait ajouté Vladimir Poutine.
"Nous devons rechercher des débouchés, nous inscrire dans le processus de développement mondial, je veux dire que les pays d'Asie-Pacifique se développent à un rythme extraordinaire et ils ont besoin de coopérer avec nous", a résumé le chef de l'Etat, faisant allusion au projet d'oléoduc Sibérie-Pacifique.

En octobre 2006, Vladimir Poutine a laissé sous-entendre qu'un gazoduc puisse être mis en place, parallèlement à l’oléoduc Sibérie orientale-Pacifique. Rencontrant les représentants des milieux d'affaires allemands à Munich le 11 octobre, le président russe a toutefois souligné que les consommateurs européens ne doivent "éprouver aucune crainte" à ce sujet.

Devant les chefs d'entreprise allemands, Poutine a rappelé que 27 milliards de m3 de gaz seraient livrés à l'Europe à titre supplémentaire par le gazoduc nord-européen sous la Baltique, dès 2010. Le doublement des capacités de ce gazoduc germano-russe, qui contourne les Etats baltes et la Pologne, devrait permettre de transporter, dès 2013, près de 55 milliards de m3 de gaz par an vers les marchés ouest-européens.

Sources : Vedomosti, AFP, Ria Novosti

 

4 Commentaires

  1. 1

    attila

    après Chotkman qui va prendre 3 ans de retard pour son exploitation, c'est maintenant l'oléoduc qui coince.


    Autre info concernant la sibérie Transneft et Gazprom étudient la possibilité de construire un gazoduc en parallèle à l'ESPO (Sibérie-océan-Pacifique Est)

    "Devant les chefs d'entreprise allemands, Poutine a rappelé que 27 milliards de m3 de gaz seraient livrés à l'Europe à titre supplémentaire par le gazoduc nord-européen sous la Baltique, dès 2010." ...un peut optimiste non ?

    -Nouveau trajet pour le GNE
    -Retard très vraisemblable pour ce gazoduc a cause de Shtokman ou Gazprom ne peut opérer seul.

  2. 2

    Elisabeth

    oui, une seule phrase explicative "en raison du retard dans l'augmentation des réserves (de pétrole), " ce qui semble correspondre au pb de Chtokman

    La Russie manquerait-elle de financement ? ou de gaz .... ?

  3. 3

    attila

    MOSCOU. D’ici à 2014, la moitié du pétrole pompé par la conduite Sibérie orientale – côte du Pacifique proviendra des gisements est-sibériens, ainsi que de celui de Vancor, a déclaré ce vendredi Alexei Kouznetsov, vice-président de la société pétrolière russe Rosneft. Il a pris la parole à une réunion du Conseil minier de Russie.
    « En 2008, nous commencerons à extraire, comme promis, les hydrocarbures sur le gisement de Vancor. En 2009, ce pétrole remplira à 30 pour cent la première tranche de la conduite. D’ici à 2014, la moitié du pétrole acheminé par l’oléoduc proviendra de ce gisement », a indiqué Alexei Kouznetsov. Il a ajouté qu’à l’heure actuelle, Rosneft élaborait l’ étude préliminaire sur l’opportunité de la construction d’une raffinerie dans l’Extrême-Orient russe pour transformer environ 20 millions de tonnes par an. « Nous examinons la possibilité de construire l’usine près de Skovorodino », a-t-il précisé. Cependant, il a noté qu’il était nécessaire de fixer les délais de la mise en exploitation de la deuxième tranche de la conduite Sibérie orientale – Pacifique. « Nous devons continuer à développer nos gisements. En outre, nous avons besoin de tarifs spéciaux pour qu’il soit avantageux de transporter le pétrole à l’est et non à l’ ouest », a-t-il ajouté.
    Alexei Kouznetsov a souligné que les réserves exploitables de Vancor se montaient aujourd’hui à 405 millions de tonnes de pétrole. « Nous supposons que ce chiffre constituera plus tard 500 millions », a-t-il noté. En outre, Rosneft a acheté quatorze licences à l’exploration des gisements attenant à Vancor. Le montant des investissements dans le gisement de Vancor est de 18 milliards de dollars US. Les prévisions d’ extraction aux gisements de Rosneft dans la région d’Irkoutsk (Sibérie orientale) se chiffrent à 329 millions de tonnes.
    « 90 pour cent de tout ce que nous livrons sur le gisement de Vancor est de fabrication russe. A l’heure actuelle, nous y employons 600 personnes et 251 engins. Dans un an, les membres du personnel seront au nombre de 2.000 », a dit Alexei Kouznetsov. Il a ajouté que Rosneft n’ avait aucun doute au sujet des délais de l’extraction de pétrole sur le gisement de Vancor. « Nous nous sommes engagés à commencer l’extraction en 2008, et nous le ferons », a-t-il promis.

  4. 4

    Elisabeth

    "En outre, nous avons besoin de tarifs spéciaux pour qu’il soit avantageux de transporter le pétrole à l’est et non à l’ ouest », a-t-il ajouté." .... le message est clair ...

    A suivre de près la suite.

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