Loi Fillon(retraites) : désaccord Royal/ Bayrou

Retraite_heureuse Si l'on ne sait pas encore si François Bayrou et Ségolène Royal vieilliront ensemble, en tout cas leur vision de la retraite possède quelques divergences.

Ainsi, lors du débat qui s'est déroulé samedi sur BFM et RMC, la candidate socialistes à l'élection présidentielle et le président de l'UDF ont fait preuve d'un certain désaccord concernant l'avenir de la loi Fillon.

Ca fait tout de même  du bien de réentendre parler d'économie dans la campagne électorale ...

François Bayrou et Ségolène Royal ont fait état de leur "désaccord" sur le dossier des retraites lors du débat de samedi, le président de l'UDF souhaitant maintenir la loi Fillon et "aller plus loin encore", tandis que la candidate PS parle d'une "remise à plat" de ce texte.

"Sur les retraites, personne ne reviendra sur la loi Fillon, en dépit des déclarations parce qu'il faudra aller plus loin", a déclaré M. Bayrou. Selon le responsable UDF, "aucun responsable politique sérieux, aucun candidat à l'élection présidentielle ne peut faire semblant d'ignorer que le nombre de personnes qui vont être à la retraite est tel que bientôt ils vont dépasser ou atteindre le nombre des personnes qui sont au travail". "Tout le monde devrait s'attaquer à cette question. Est-ce qu'il faudra y inclure les régimes spéciaux? Oui, parce qu'il y a des inégalités qui sont trop lourdes", a-t-il dit, jugeant nécessaire "une augmentation du temps de travail" en France.

Mme Royal a défendu pour sa part une "remise à plat", "sans tabou", de la loi Fillon. "La loi Fillon sera revue, parce qu'elle a créé une inégalité insupportable au dépend des femmes", a-t-elle dit. "Nous remettrons à plat la loi Fillon, les partenaires sociaux en discuteront, c'est de leur responsabilité, l'Etat garantira le bon déroulement de ces négociations, nous remettrons à plat l'ensemble des inégalités", a poursuivi la candidate PS.

Elle a répété que "toutes les modifications du droit social seront précédées d'une négociation entre partenaires sociaux".

Merci madame Royal de mettre en avant le rôle important – et qui plus est légal – des syndicats alors qu'un nouveau Code du travail pointe à l'horizon dans la plus grande discrétion ...

Les régimes spéciaux ne sont pas la pire injustice du système de retraite actuel, avait d'ores et déjà déclaré Ségolène Royal, citant la situation des femmes. "Il y a d'autres injustices plus criantes que celles des régimes spéciaux, je pense en particulier à ce qu'ont subi les femmes du fait de la réforme Raffarin sur les retraites", avait précisé sur TF1 la candidate du PS. Selon elle, les femmes ont été "durement pénalisées" par la réforme "puisque ce sont souvent les femmes qui se sont arrêtées pour élever leurs enfants et qui ont subi du chômage partiel".

Soulignant que l'"on voit aujourd'hui des femmes qui ont travaillé toute leur vie et qui partent à la retraite avec un niveau de retraite à peine supérieur au minimum vieillesse", elle avait assuré : "c'est insupportable et là dessus je réformerai la loi sur les retraites". Interrogée sur un alignement de la durée de cotisation entre le public et le privé, elle a répondu qu'elle souhaitait "des convergences pour que les Français aient le sentiment que les efforts sont équitablement répartis".

Pour Mme Royal, "l'une des clés du problème, c'est la relance de la croissance". "Si on remet 2 à 3 millions de travailleurs au travail, on résout le problème du déficit des comptes sociaux", a-t-elle fait valoir samedi.

M. Bayrou a en revanche "incité" Mme Royal à "aller plus loin" dans la revalorisation des petites retraites, que la candidate socialiste propose d'augmenter de 5%. "Ma mère gagne 641 euros par mois, une hausse de 5%, cela fait un euro de plus par jour, il faut aller plus loin", a noté M. Bayrou. On ne pourra décidemment pas reproché au centriste d'être proche du terrain ...

"Je suis d'accord, il faudrait donner plus, mais nous devons le faire en tenant compte de l'endettement du pays", a rétorqué Mme Royal, dans une référence au discours sur le désendettement souvent tenu par son contradicteur. "Sur ce point, je serais plus dépensier que vous", a insisté M. Bayrou. "Alors nous dépenserons ensemble là où c'est nécessaire, c'est parfait !", a conclu Mme Royal, en forme de boutade.

Il est clair qu'un des points majeurs qui sépare la candidate socialiste et le centriste concernent le déficit budgétaire. Tous deux prouvent par leur discours de samedi qu'ils savent appréhender les problèmes au cas par cas en fonction de leurs priorités respectives.

Sources : AFP, Reuters

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