Les USA chercheraient à déstabiliser l'Iran via le Pakistan

Pakistan Alors qu'un couvre-feu a été imposé vendredi pour une durée indéterminé dans une petite ville du nord-ouest du Pakistan après des violences entre musulmans sunnites et chiites qui ont fait au moins trois morts, selon la chaîne de télévision américaine ABC, l'administration de George W. Bush mettrait en oeuvre un plan de déstabilisation du gouvernement iranien en recourant secrètement aux services de plusieurs commandos armés opérant depuis le territoire pakistanais, tuant et enlèvant des militaires et des officiels iraniens, la chaîne se référant à des sources au sein des services de renseignement des Etats-Unis et du Pakistan.

Au moins quatre membres de sécurité ont été blessés dans deux attaques à la bombe dimanche dans le nord-ouest du Pakistan, a rapporté par ailleurs l’agence de presse privée News Network International.

Les affrontements entre sunnites et chiites continuaient dimanche à Parachinar, dans le nord-ouest du Pakistan, où les autorités faisaient état de 15 morts et 53 blessés depuis le début des accrochages vendredi.

Un haut responsable de la sécurité avait avancé un bilan d'au moins 40 morts samedi mais seuls 15 décès ont été officiellement confirmés, a déclaré dimanche Sahibzada Mohammed Anis, le plus haut responsable gouvernemental dans la région. Selon lui, «la situation est complètement sous contrôle (dans la ville même) mais les combats dans certains villages alentour se poursuivent». Il a ajouté que des anciens tentaient de ramener la paix dans ces localités.

L'armée a été appelée en renfort vendredi à Parachinar, dans le district tribal de Kurram, frontalier de l'Afghanistan, où des échanges de coups de feu ont opposé des militants chiites et sunnites, selon l'administrateur local Nasim Khan. "Les troupes ont pris position et un couvre-feu a été imposé", a-t-il affirmé.

Les violences ont éclaté vendredi lors d'une manifestation de chiites qui protestaient devant leur mosquée contre des sunnites qui avaient lancé des slogans anti-chiites lors d'une réunion religieuse. Les deux clans rivaux se sont affrontés dans le bazar principal de Parachinar et ont incendié plusieurs bâtiments et magasins, a ajouté l'administrateur. Trois personnes ont été tuées et treize blessées lors des incidents, ont indiqué des médecins de l'hôpital de Parachinar.

De nombreux chiites - qui représentent environ 20% des 160 millions de Pakistanais, musulmans à 97% - vivent à Parachinar et dans le district de Kurram. Dans le district tribal voisin d'Orakzai, une vingtaine de personnes avaient été tuées l'an dernier lors de violences qui avaient éclaté entre les deux communautés à propos de la propriété d'un mausolée. Les violences entre les deux communautés musulmanes ont fait quelque 4.000 morts au Pakistan depuis le début des années 90

La chaîne de télévision américaine ABC a diffusé quant à elle un reportage sur l'organisation Jundullah (brigade divine) composée de membres d'une tribu de la province pakistanaise du Belujistan. Au mois de février la Jundullah a revendiqué un attentat à la bombe commis en Iran et qui avait coûté la vie à onze militaires de la Garde révolutionnaire.

Dans son reportage la chaîne ABC se référant à des sources au sein du gouvernement pakistanais indique également que cette campagne secrète contre l'Iran avec recours à la Jundullah avait été décidée au cours de négociations menées au Pakistan entre le vice-président des Etats-Unis, Richard Cheney, et le président pakistanais, Pervez Musharraf.

ABC rappelle également qu'au mois de mars la télévision nationale iranienne avait accusé la CIA de former des membres de l'organisation Jundullah. Soulignant que le gouvernement des Etats-Unis n'accordait aucun soutien financier direct à l'organisation Jundullah pour perpétrer des attentats en Iran, des représentants de la CIA ayant requis l'anonymat ont seulement confirmé à ABC que Washington recourait aux services de la Jundullah uniquement pour combattre les terroristes d'Al-Qaïda.

"Certains anciens officiers de la CIA disent que cela rappelle l'utilisation par le gouvernement des Etats-Unis d'armées fantoches, financées par d'autres pays, dont l'Arabie saoudite, pour déstabiliser le gouvernement nicaraguayen dans les années 80", annonce la chaîne de télévision.

Par ailleurs, des combats entre des habitants des zones tribales et des militants étrangers d'Al-Qaïda font rage dans le Sud-Waziristan, district tribal situé à environ 180 kilomètres au nord-est de Parachinar. L''armée pakistanaise s'est déployée vendredi dans le secteur de Shin Warsak, près de la frontière afghane, d'où les militants islamistes ont été chassés ces dernières semaines par les milices tribales pachtounes, a-t-on appris samedi de source autorisée. Le mois dernier, les tribus pachtounes se sont engagées à chasser de cette région du Sud-Waziristan les combattants djihadistes, pour la plupart d'origine ouzbèke. De violents combats ont fait depuis lors au moins 250 morts.

Des soldats pakistanais ont été envoyés vendredi dans les montagnes à dix kilomètres à l'ouest de la principale localité de la région, Wana, et ont fouillé les abris souterrains construits par les djihadistes.
Des tirs sporadiques ont été entendus mais la plupart des islamistes étrangers semblent avoir fui la région.

Les localités de Shin Warsak, Azam Warsak et les villages voisins ont été le théâtre de violents combats en 2004, lorsque l'armée pakistanaise avait mené une vaste offensive contre les djihadistes commandés par Tahir Iouldachev, chef du Mouvement islamique de l'Ouzbékistan. Iouldachev, accusé de plusieurs attentats à la bombe en 1999 dans la capitale ouzbèke, Tachkent, est toujours en fuite mais se trouverait encore au Waziristan.

Au moins quatre membres de sécurité ont été blessés dans deux attaques à la bombe dimanche dans le nord-ouest du Pakistan, a rapporté par ailleurs l’agence de presse privée News Network International.

La première attaque a eu lieu à Tank, à 310 km au sud-ouest d’Islamabad, capitale du Pakistan. Une bombe a explosé lors du passage d’un véhicule de la garde frontière paramilitaire, blessant deux soldats.

Une autre attaque s’est produite dimanche soir quand une bombe télécommandée a explosé près d’un véhicule de la police à Bannu, à 250 km au sud-ouest d’Islamabad, blessant deux policiers. Les attaques contre les forces de sécurité se sont multipliées dans cette région ces derniers mois.

Sources : AFP, Ria Novosti, Associated Press, Reuters, Xinhua

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6 Commentaires

  1. 1

    metreya

    je connais bien la région (voir mon blog), et j'ai fait les mêmes analyses : la situation devient tendue au Pakistan, en particulier dans les villes comme Peshawar et Islamabad.

  2. 2

    Elisabeth

    merci bcp pour votre commentaire, je lirais votre blog avec attention et suivrai de très pres les infos

    avalanche de nouvelles de violences hier sur le sujet.
    merci encore.

  3. 3

    Fatwa

    déstabilisation du gouvernement ... et comme par hasard, attque indirecte de la France , partenaire un peu trop "soutenue" de l'Iran ...

    "Fatwa" contre une ministre pakistanaise pour des photos de parachutisme

    ISLAMABAD - Un tribunal islamique créé illégalement à Islamabad a lancé une "fatwa" exigeant la démission de la ministre du Tourisme pour avoir posé "de manière obscène" sur des photos avec des parachutistes français, a déclaré lundi un leader islamiste pakistanais.

    Ce décret religieux a été adopté à l'encontre de la ministre Nilofar Bakthiar par le tribunal islamique de Lal Masjid (Mosquée Rouge) dont la création avait été annoncé vendredi par son imam, le mollah Abdul Aziz.

    "Les muftis (juges) ont adopté ce décret contre la ministre du Tourisme Nilofar Bakhtiar lorsque leur attention a été attirée vers certaines photos sur lesquelles elle apparaît de manière obscène et contestable avec des parachutistes à Paris", a expliqué à l'AFP le frère de l'imam de Lal Masjid, le mollah Abdul Rashid Ghazi.

    "Ils ont appelé le gouvernement à la punir et à la renvoyer du cabinet", a-t-il ajouté.

    Les trois photos, publiées par le quotidien en ourdou Khabrain, montrent la ministre en tenue de parachutisme, se préparant à un vol de parapente, donnant une accolade à un autre parachutiste et en vol en tandem.

    Nilofar Bakhtiar a jugé cette affaire "regrettable" et expliqué qu'elle avait participé à cet exercice pour lever des fonds en faveur des enfants victimes du séisme d'octobre 2005 qui avait fait plus de 73.000 morts dans le nord du Pakistan.

    "Je n'ai absolument pas honte de ce que j'ai fait et je n'ai peur de personne sauf de Dieu", a-t-elle affirmé à la presse.

    Le ministre adjoint de l'Information Tariq Azeem a condamné la "fatwa" et réaffirmé la volonté du gouvernement de régler par la négociation le problème de Lal Masjid dont les militants multiplient depuis quelques semaines les provocations.

    "L'usage de la force sera la dernière option", a-t-il assuré.

    Les islamistes de Lal Masjid, hommes et femmes, ont entrepris une campagne de "moralisation" de leur quartier et, en annonçant la création d'un tribunal islamique, l'imam de la mosquée a menacé les autorités d'attentats suicide si elles tentaient de s'y opposer.

    Le président pakistanais Pervez Musharraf a affirmé vendredi qu'il ne laisserait par les islamistes prendre la justice en main, tandis que la presse locale dénonce l'inaction des autorités face à la "talibanisation" de la société entreprise par les islamistes.

    La "fatwa" lancée contre la ministre du Tourisme intervient deux mois après l'assassinat à Gujranwala, dans l'est du Pakistan, d'une ministre provinciale par un extrémiste islamiste qui lui reprochait sa tenue vestimentaire "non-islamique".

    AFP / 09 avril 2007

  4. 4

    Manif/ President

    Pakistan: des milliers de manifestants réclament le départ de Musharraf

    ISLAMABAD - Des milliers d'avocats et militants de l'opposition ont réclamé vendredi au Pakistan le départ du président Pervez Musharraf et brûlé des effigies du général, exprimant leur colère après le limogeage début mars du président de la cour suprême.

    A Islamabad, les protestataires ont défié les forces de l'ordre qui protégeaient l'imposant bâtiment de la cour suprême où le juge Iftikhar Mohammad Chaudhry, mis à pied le 9 mars pour "inconduite et abus d'autorité", a été entendu, pour la quatrième fois, sur ces accusations par le conseil judiciaire suprême (CJS). Finalement, l'audience a été reportée au 18 avril.

    Aux cris de "Musharraf va-t-en!" et "Musharraf est le chien des Etats-Unis" - en référence à l'alliance entre Washington et Islamabad depuis fin 2001 dans la guerre antiterroriste - les manifestants ont fait face à des centaines de paramilitaires et policiers anti-émeute.

    Des militants de partis de l'opposition ont mis le feu à une effigie et à un portrait du président pakistanais, les frappant ensuite frénétiquement avec leurs chaussures, en signe de mépris, a raconté un photographe de l'AFP.

    Des avocats portant vestes noires et chemises blanches ont agité des drapeaux noirs et se sont précipités sur la voiture du juge Chaudhry à son arrivée à la cour suprême. Des pneus ont été brûlés aux abords du bâtiment.

    "Notre message (au président) Musharraf, c'est que le peuple veut une vraie démocratie et pas le faux arrangement dont nous disposons actuellement", a déclaré à l'AFP l'ancien champion de cricket devenu politicien, Imran Khan.

    Par précaution, la police avait appréhendé jeudi 200 personnes et établi des barrages filtrants à l'entrée de la capitale pakistanaise.

    Quelque 300 personnes, parmi lesquelles des supporteurs du parti de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif et de la formation extrémiste Jamaat-e-Islami, se sont rassemblées dans le centre d'Islamabad mais ont été tenues à distance par les policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

    Les partis d'opposition et les formations de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto et de M. Sharif ont affirmé que "des dizaines" de leurs militants avaient été arrêtés par mesure de prévention.

    Dans la ville de Lahore (est), une effigie du général Musharraf a été brûlée et 4.000 avocats et activistes de l'opposition se sont rassemblés devant l'assemblée provinciale, a-t-on constaté. Des centaines d'avocats ont aussi bloqué une artère de la métropole Karachi (sud) et boycotté les tribunaux pour la journée. Des manifestations ont également secoué Peshawar (nord-ouest).

    Des protestations identiques avaient éclaté le 3 avril dernier dans le pays.

    Le limogeage du juge secoue depuis plus d'un mois le Pakistan, l'opposition dénonçant une manoeuvre inconstitutionnelle du général Musharraf à l'approche des élections présidentielle et législatives prévues fin 2007 et début 2008.

    Le juge Chaudhry, selon l'opposition, avait pris des mesures "déplaisantes" pour le pouvoir, avant un possible débat constitutionnel sur la possibilité pour le général Musharraf de conserver sa double casquette de président et chef de l'armée et d'être éventuellement réélu par l'actuelle assemblée avant sa dissolution.

    AFP / 13 avril 2007 12h34

  5. 5

    EXPLOSION !!

    Explosion d'une bombe durant une réunion publique au Pakistan
    PESHAWAR (Pakistan) - Une bombe de forte puissance a explosé samedi durant une réunion publique d'un ministre fédéral dans le nord-ouest du Pakistan, selon la police, qui craint des victimes.

    L'explosion s'est produite durant une réunion tenue par le ministre de l'Intérieur Aftab Sherpao, qui, selon plusieurs chaînes de télévision, a été blessé.

    Cette réunion se tenait à Charsada, une ville de la Province de la frontière du nord-ouest, qui borde l'Afghanistan.

    (AFP / 28 avril 2007 16h28)

  6. 6

    Attentat !

    Attentat à la bombe à Peshawar: au moins 17 morts
    PESHAWAR (Pakistan) - Au moins dix-sept personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe mardi dans le centre de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, a annoncé la police locale.

    "Au moins dix-sept personnes ont été tuées et des dizaines blessées par l'explosion qui s'est produite dans une zone très fréquentée", a affirmé à l'AFP l'officier de la police locale Habib Khan.

    (©AFP / 15 mai 2007 10h35)

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