Les choses se précisent de jour en jour et on ne sait pas où la Russie va s’arrêter dans sa cours effrénée pour "collaborer" avec Airbus.
Car, alors que le groupe européen a récemment conclu une série d’accords industriels le 22 mars avec la United Aircraft Corporation (OAK) et que Airbus projette de lancer en 2008 la conception d'un nouveau fuselage avec les Russes, le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, a affirmé dimanche lors d'une conférence de presse à Paris que la Russie souhaite "collaborer avec Airbus" en tant que "partenaire", précisant que toutes les formes de coopération étaient envisageables.
"Nous sommes nets. Nous voulons collaborer avec Airbus" a affirmé M. Gref, en précisant que "toutes les formes de coopération sont possibles", y compris "l'entrée au capital" . Pour rappel, à l'été 2006, la banque publique russe Vnechtorgbank (VTB) a acquis un peu plus de 5% du capital d'EADS, la maison mère de l'avionneur européen.
"Mais, pour l'instant, nous n'avons pas encore entendu de projets concrets de la part d'Airbus", a-t-il ajouté, alors que le président Vladimir Poutine a renouvelé l'intérêt de la Russie à une "coopération" avec EADS.
Fin janvier, le groupe aéronautique européen EADS avait démenti formellement être en cours de discussion de la vente de 20% d'Airbus à des investisseurs russes. Pourtant le magazine économique français Capital aurait pour sa part eu vent d'informations contraires.
"Nous avons eu des discussions à maintes reprises", a rappelé M. Gref. "Nous sommes prêts à travailler en tant que partenaire pour une coopération basée sur une confiance mutuelle". Le ministre russe a précisé qu'au cas où ces discussions n'aboutiraient pas Moscou sera "obligé de trouver des solutions avec d'autres partenaires". "L'économie russe s'est "intégrée à l'économie européenne", a estimé M. Gref, qui a souligné que les grandes entreprises russes "se développent de manière accélérée et ne sont plus à l'aise dans le cadre d'un marché national qui devient trop étroit". Il a rappelé que c'était déjà le cas pour le secteur aéronautique en Russie. "Les entreprises aéronautiques russes ont été unifiées dans une seule société. Voilà pourquoi nous tenons à établir une compréhension mutuelle avec Airbus", a-t-il conclu.
En novembre dernier, Andreï Kostine, le président de la Vneshtrogbank, désormais actionnaire d'EADS pour plus de 5%, avait déclaré dans une interview accordée au Financial Times que certains avionneurs russes souhaitaient coopérer plus étroitement avec EADS et que la forme de cette collaboration pourrait être un échange d'actifs, une coproduction ou même la création d'un holding aéronautique paneuropéen.
De plus si Poutine use déja du chantage gazier face à l'Europe, il pourrait bien désormais s'armer d'une ressource redoutable : le titane.
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