GenOway : quand les rats s'introduisent en Bourse

Gen_owayLes rats envahissent la Bourse. Mais, rassurez-vous, rien de grave à l’horizon !

GenOway, société lyonnaise spécialisée dans la modification des gènes de rongeurs en vue de permettre aux laboratoires pharmaceutiques d’effectuer des tests, a en effet lancé mercredi son introduction en Bourse.

L’opération devrait lui permettre de lever près de 5 millions d'euros, selon ses prévisions.

La société de biotechnologie a annoncé mercredi son intention de s'introduire sur Alternext – marché dédié aux petites et moyennes entreprises -  dans une fourchette de prix indicative de 4,28 euros à 4,96 euros l'action.

La société a décidé d'émettre un peu plus d'un million d'actions nouvelles, soit 20% du capital après l'opération, ce qui valorise le groupe entre 20 et 25 millions d'euros. A l'issue de l'opération, le public devrait détenir 19,98% du capital et des droits de vote de la société biotechnologique. Une clause d'extension porte sur 15% de l'offre initiale, soit 162.337 actions supplémentaires, permettant au public de détenir, après l'introduction, 22,31% du capital et des droits de vote. La clôture de l'offre à prix ouvert et du placement global est prévue pour le 3 mai prochain, les premières négociations sur Alternext étant appelées à débuter le 7 mai.

En juin 2006, GenOway qui avait fait enregistrer son document de base auprès de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et qui était en attente du visa, annonçait qu'elle reportait  son opération en raison des conditions de marché difficiles.  Avant l'annonce de ce report, la société indiquait : "L'introduction en bourse permettra de poursuivre l'expansion commerciale aux Etats-Unis et au Japon et d'enrichir le catalogue de solutions offertes par la société".

GenOway propose des souris et des rats chez lesquels certains gènes ont été supprimés, voire remplacés par le gène équivalent chez l'homme, afin de permettre à ses clients de tester les effets de nouvelles molécules ou la toxicité éventuelle de composants chimiques ou alimentaires.  Créée en 1999, la société espère grâce à cette opération accroître sa notoriété, gagner de nouveaux marchés, notamment aux Etats-Unis où les clients préfèrent traiter avec des sociétés cotées en Bourse, et financer sa recherche, principal poste de dépense du groupe. Elle est pour le moment détenue à plus de 80% par des fonds d'investissements et à 13,3% par les fondateurs.

Si en  2003, dans la revue Science, la start-up GenOway annonçait le clonage d’un rat, deux ans plus tard, l’entreprise de biotech fondée par Alexandre Fraichard, un docteur en biologie moléculaire, comptait plus de 50 salariés, l'effectif étant de 49 personnes à l'heure actuelle.

Sur le marché très concurrentiel des modèles animaux transgéniques, Genoway entend gagner de nouveaux marchés à coups d’acquisition. L’allemand Murinus puis, fin 2005, l’australien IngenKO lui permettent de frapper  à la porte des Etats-Unis. GenOway affiche une amélioration régulière de ses résultats même si elle a enregistré une perte nette de 2,4 millions d'euros en 2006. Son chiffre d'affaires a atteint 4,4 millions d'euros en 2006, avec un carnet de commandes totalisant 4,5 M EUR.

Sources : AFP

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