Airbus:débrayage spontané sur les sites de Saint-Nazaire

Airbus_toulouseLes salariés d'AIRBUS se rebiffent et ce, sans aucune initiative particulière des syndicats qui ont plusieurs fois tenté de calmer les choses.

Mais le climat reste extrêmement lourd, les tensions étant exacerbées par le montant jugé dérisoire de la prime de participation tandis que Noel Forgeard vient de s’envoler avec un parachute doré.

Les salariés des deux sites Airbus de Saint-Nazaire ont débrayé spontanément vendredi matin pour exprimer leur "ras-le-bol". Plusieurs centaines d'employés avaient déjà débrayé mercredi en fin d'après-midi à Toulouse.

"Les deux sites complets sont bloqués. On est plus de 1.000 salariés rassemblés devant le site de Saint-Nazaire ville", a indiqué à l'AFP un salarié sous le couvert de l'anonymat. "Ce n'est parti d'aucun syndicat. Ca vient d'un ras-le-bol des salariés eux-mêmes, suite aux augmentations individuelles qui ne seront pas données au mois de mai et au montant de la prime” de participation .

"Il y a eu une sortie spontanée. Des salariés des deux sites bloquent l'entrée de l'usine ville", a confirmé la direction d'Airbus, qui a reçu vendredi matin une délégation de salariés. Les syndicats soutiennent l'action même s'ils ne l'ont pas initiée, a précisé un responsable CFDT.

"On était une petite dizaine sur un des postes à Saint-Nazaire Gron et on a réussi à mobiliser tout le site avant de marcher vers Saint-Nazaire ville", a expliqué un ouvrier non syndiqué. "C'est une année record en termes de livraisons. On s'investit beaucoup. On nous demande de faire des heures supplémentaires le samedi alors que toutes les embauches sont fermées et les contrats d'intérimaires ne sont pas renouvelés", a-t-il dit. "On voulait aussi être solidaire du mouvement à Toulouse". Les deux sites de Saint-Nazaire ville et Saint-Nazaire Gron emploient 2.400 salariés.

Les Commissions Techniques de l’Intéressement et de la Participation (exercice 2006) pour AIRBUS-France se sont réunies le 24 avril 2007. En ce qui concerne la Prime d’Intéressement 2006, avec un EBIT négatif de -572M€, le seuil de déclenchement pour le calcul de la prime n’est pas atteint et par voie de conséquence, AIRBUS ne versera pas d’intéressement en 2007 au titre de 2006.

En ce qui concerne la Prime de Participation 2006, l’accord de Groupe limité à l’exercice 2006 concerne les 3 sociétés AIRBUS France, AIRBUS SAS et AMSL (AIRBUS MILITARY). Seul le Résultat Net Comptable d’AMSL est positif avec 0,56 M€ et dégage une Réserve Spéciale de Participation (RSP) de 114062€ qui concerne 24358 salariés pour l’ensemble (soit 22555 équivalent temps plein).

La répartition par salarié de cette somme se calcule en aditionnant la Prime Uniforme (Fixe - représentant 40 % du montant de la RSP) soit 2,02€, la Prime Hiérarchisée (Variable - représentant 60 % du montant de la RSP) soit 0,00696% du Salaire Annuel Brut (SAB). Au global le montant "royal" de la participation allouée aux salariés s'élève donc au montant quasi colossal de 2,02 € auquel doit s'ajouter la somme mirifique de +  0,00696 %  du Salaire Annuel Brut.

Selon le directeur de la communication d'Airbus France Jacques Rocca, le montant de la prime de participation "est purement comptable". "La loi impose de verser des participations quand une entreprise gagne de l'argent. Dans cette mécanique, on compte trois sociétés: Airbus France, Airbus SAS (le siège), qui ont fait de lourdes pertes, et AMSL", qui emploie 14 ingénieurs pour les Airbus militaires," a-t-il expliqué. "Cette société a fait une petit résultat positif de 114.000 euros cette année. La loi s'applique sur ce résultat comptable et cette somme est partagée entre tous les salariés d'Airbus France", a-t-il ajouté, soit une moyenne de 2,88 euros de prime par personne.

"Il faut ramener ce chiffre de 5 euros aux 8,5 millions d'euros touchés par Forgeard", l'ex-PDG d'Airbus, a ajouté quant à lui M. Petrachi. Pour rappel, l'ex-PDG d'Airbus et ancien co-président exécutif d'EADS a touché 6,1 millions d'euros lors de son départ en 2006 du groupe, auxquels s'ajoute une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros. On est donc loin des 5 euros ...

Plusieurs centaines d'employés, selon les syndicats, 400, selon la direction, ont protesté mercredi en organisant des débrayages sur différents sites toulousains. L'intersyndicale a également réclamé le versement d’une prime exceptionnelle. "L'ensemble des cinq organisations syndicales a déclaré que c'était scandaleux", a indiqué à l'AFP Françoise Vallin de la CGC, précisant que le climat social était "très tendu".

Des débrayages ont affecté l'usine de Saint-Martin-du-Touch, dans la très proche périphérie de Toulouse et de Saint-Eloi dans le centre de la Villle Rose vers 18h00 heures mercredi, a indiqué à l'AFP Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT. "Il s'agit d'un mouvement d'humeur par rapport à la prime d'intéressement, d'un montant moyen de cinq euros, contre 1.200 à 1.800 euros l'an dernier", a-t-il expliqué. En fait il s'agit de la prime de participation, selon les informations rappelées ci-dessus, communiquées par la CFTC.

Quelque 150 salariés d'Airbus ont poursuivi jeudi matin les débrayages entamés la veille à Toulouse.  Selon le syndicat majoritaire Force ouvrière, les 150 salariés de l'usine de Saint-Eloi ont été rejoints par plus de 120 employés des chaînes d'assemblage des A330 et A340 à Colomiers. Ces derniers se sont rassemblés pour une "réunion de redescente d'information de l'encadrement" et ont repris le travail à midi, a précisé la direction.

Face à cette situation, FO a envoyé jeudi un courrier au président d'Airbus Louis Gallois. "Nous espérons qu'il va nous recevoir pour discuter de ce problème et trouver une solution négociée pour remplacer cette prime. Nous allons lui demander une prime compensatoire", a indiqué un des représentants syndicaux, Julien Talavan. "Les gens sont très en colère. Nous leur répondons que c'est la loi et que nous essayons de discuter avec le président", a-t-il ajouté.

Le président PS du conseil général de la Haute-Garonne, Pierre Izard, a jugé, jeudi à Toulouse, "révoltant de constater un tel décalage" entre les primes "ridiculement basses attribuées aux salariés d'Airbus" et les avantages reçus par les hauts dirigeants. Pour celui, cela "reflète un mépris outrecuidant pour les salariés d'Airbus", a indiqué dans un communiqué M. Izard pour qui "ceux-ci ont raison de réagir fortement à cette provocation".

Pour Pierre Izard, "les hauts dirigeants de l'entreprise, qui ont pourtant commis de graves erreurs, ont bénéficié de manière éhontée et manifestement très contestable, d'avantages de l'entreprise, à travers la réalisation de stock-options". "Les bénéfices dépassent parfois un million d'euros pour une seule personne", a-t-il ajouté. "Les salariés ont droit à tirer parti de leurs efforts nombreux pour concevoir de nouveaux programmes", a souligné le président de l'assemblée départementale ajoutant qu'ils "ne doivent pas subir tous les sacrifices, alors que des privilèges exorbitants sont réservés à quelques-uns".

Le 20 avril, le conseil général, à majorité socialiste, a lancé une "campagne d'interpellation de l'Etat sur la situation d'Airbus" estimant que le département est directement visé par le plan de restructuration Power8.

Sources : AFP, CFTC

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2 Commentaires

  1. 1

    Nouveau retard ?

    Economie 27/04/2007 - 11:40

    Airbus dément un nouveau retard
    Airbus a déclaré vendredi qu'aucun retard n'était prévu dans le développement du programme d'avion de transport militaire européen A400M.


    "Nous démentons catégoriquement le fait qu'un nouveau retard de 12 mois est ou a été envisagé et tout commentaire sur ce sujet de la part de tiers est de la pure spéculation et sans fondement", a déclaré Airbus Military. La veille, l'équipementier Zodiac avait laissé entendre un retard de l'avionneur européen sur son programme.

    Et déjà en mars dernier, à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels, la maison mère d'Airbus, avait fait état d'un retard de trois mois dans la chaîne d'assemblage final de l'A400M. Dans son communiqué, Airbus Military a précisé que le processus de production de l'appareil avait démarré.

  2. 2

    gabineau

    c'est une politique scandaleuse, vive sarkozy, qui fait tout pour l'ouvrier

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