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SNPE : retour au bénéfice pour la 1ère fois après AZF

SnpecouchsoleileLe groupe public SNPE (ex-Société nationale des poudres et explosifs) a enregistré un bénéfice net part du groupe de 35,6 millions d'euros en 2006, le premier depuis 2000, contre une perte de 96,7 millions d'euros en 2005, a annoncé le groupe jeudi dans un communiqué.

La SNPE rappelle que l'explosion de l'usine AZF (Groupe Total) voisine de son établissement de Toulouse le 21 septembre 2001 avait "lourdement affecté les exercices qui ont suivi" et je rajouterai ... et la population locale.

Le chiffre d'affaires de l'exercice 2006 s'est élevé à 720,4 Millions contre 778,7 millions l'année précédente. "Ce retrait est principalement dû à la cession de l'activité Placage par Explosifs intervenue en mai 2006", précise le groupe. L'excédent brut d'exploitation a "fortement progressé" pour atteindre 16,2 millions et le résultat d'exploitation est redevenu positif à 5,9 millions.

SNPE, qui emploie 4.300 personnes, rappelle qu'il est un groupe industriel français "de premier plan dans la chimie des matériaux énergétiques présents au coeur de nombreux systèmes de défense et civils, notamment dans la propulsion solide des missiles stratégiques, tactiques et des lanceurs spatiaux". Le groupe est également présent dans la chimie fine, dans les spécialités chimiques et occupe une place de leader sur le marché des explosifs industriels.

Selon l'AFP, qui ne fait très certainement que transmettre les informations qui lui ont été communiquées, l'explosion d'AZF n'aurait que légèrement endommagé l'usine SNPE voisine, mais cette dernière s'était vu interdire de reprendre la fabrication de produits de chimie fine toxiques tel le phosgène, qui représentait les deux tiers de son activité toulousaine.

Cependant, si l'on revient sur la catastrophe dite AZF qui n'aurait donc « impliqué » que l'usine de TOTAL Grande- Paroisse, les enquêteurs et experts officiels auraient commis quelques négligences dans le déroulement de leur enquête, et ce, concernant des faits loin d'être négligeables. Le dossier de "synthèse" paru à l'occasion de l' "anniversaire"  des 5 ans de la catastrophe dans Valeurs Actuelles le démontre notamment.

En premier lieu, force est de constater – selon le journal - la légèreté de l'enquête concernant la SNPE voisine – pourtant productrice du carburant des fusées Ariane et des missiles – alors que de nombreux faits et témoignages prouvent que des évènements graves s'y sont produits dans les instants qui ont précédé l'explosion du hangar 221 : dégagement d'odeurs inhabituelles, coupure de courant, explosion mystérieuse ayant dégagé un panache vertical cylindrique.

Ce n'est que grâce à la tenacité de l'équipe d'experts bénévoles que les fortes odeurs de poissons senties dès le matin même de la catastrophe par la population environnante ont pu être associées à l'UDMH, produit « phare » de la SNPE qui en est même l'unique producteur européen. Le produit rentre dans la composition du carburant propulseur de missiles.

Au contraire, dès le 24/10/2001, le Rapport de l'Inspection Générale de l'environnement concernant « l'accident du 21 septembre 2001 » - laquelle disposa alors d'un délai impératif d'un mois pour fournir ses conclusions - mentionne que la SNPE "a subi des dégâts notables dans ses installations générales" et que "l’on doit déplorer des victimes, dont un mort, dans son personnel". "Toutefois, aucune installation technique n’a été endommagée, aucune fuite ne s’est produite. Les installations ont immédiatement bénéficié du fonctionnement de leurs automatismes de sécurité et les personnels ont pris les mesures de précaution prévues. Depuis lors, les installations sont en cours d’évaluation." "Rapidement, les « utilités » ont été rétablies, notamment le courant électrique nécessaire aux dispositifs techniques essentiels a pu être distribué dans la première nuit", rajoute le rapport.

Si on lit le document en détail, voire entre les lignes, on note à plusieurs reprises que les rédacteurs du dossier mettent en avant les délais très courts leur empêchant de fournir les conclusions des expertises et d'interroger toutes les personnes nécessaires... mais la conclusion, elle, est bien là, comme demandée et qui plus est, officiellement demandée, lettre à l'appui jointe en annexe du rapport.

A noter tout de même que l'UDMH et nitrate sont loin de faire bon ménage, leurs querelles pouvant même s'avérer explosives, comme le démontre Valeurs Actuelles, dans un précédent article.

De plus, il a pu être prouvé grâce au concours d'Henri Farreny  – un moment accusé tout de même de « complicité de diffamation » par la SNPE – que le double confinement de phosgène avait été percée lors de la catastrophe.

Mais les négligences ne s'arrêtent pas là, ainsi le journaliste de Valeurs Actuelles mentionne de manière factuelle et point par point les nombreuses pistes qu'il aurait été judicieux d'explorer plus profondément.

Un hélicoptère de la gendarmerie a notamment survolé le site 15 minutes après le drame, suivi, 40 minutes plus tard, par un appareil d’EDF-RTE, filmant et photographiant la zone. Pourtant, aucune image de la SNPE ne figure au dossier. Faute d’explication, les experts en font totale « abstraction ».

Dès le 21 septembre 2001, la “thèse officielle” parle d’un « accident d’origine chimique ». Mais il faut bien la démontrer .. La justice fait alors procéder à des reconstitutions qui s'avèrent loin d'être concluantes pour toutes les parties, comme l'expose VA.

Le 12 septembre, à 10 heures, une note interne de la SNPE informe pourtant le personnel que l’usine est placée en “plan Vigipirate renforcé”. De son côté, la direction d’Atofina demande à ses filiales de contacter les autorités, en raison du plan Vigipirate. L’adjoint de Serge Biechlin, le directeur d’AZF qui est en vacances, contacte la préfecture. Des instructions doivent suivre ... mais ne viendront jamais.
Le 17 septembre, une réunion est organisée par la préfecture en présence de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) et des directeurs des entreprises sensibles de la région : SNPE, Airbus, Motorola. AZF n’en a pas été informée.

Face à tous ces éléments, on est en droit de s'interroger sur la rapidité avec laquelle l'instruction a été close , 5 ans moins un jour après la catastrophe, le 20 septembre 2006.

A noter par ailleurs, que l'Association des Familles endeuillées, une des parties civiles dans la catastrophe de l'usine AZF en 2001, a saisi tout récemment à Toulouse la juridiction des référés "pour demander l'arrêt immédiat de l'expertise civile" financée par Grande Paroisse (groupe Total).

Selon l'association présidée par Gérard Ratier, la société Grande Paroisse voudrait "se servir de l'expertise civile en cours" qu'elle vient de réactiver, "pour lui faire jouer le rôle de la contre-expertise qu'on lui a refusée et retarder ou déjouer ainsi le procès qui s'annonce".

"La société Grande Paroisse alors qu'elle n'était pas encore mise en examen dans le dossier pénal a demandé au juge des référés civil de Toulouse une expertise technique sur les causes de l'explosion", indique l'association dans un communiqué.

Selon l'association, "Grande Paroisse, et derrière elle la société Total, veut à tout prix faire diversion et jouer la montre". Le délibéré a été fixé le 26 avril. Actuellement, seuls l'ancien directeur de l'usine AZF, Serge Biechlin, et la société Grande Paroisse (filiale de Total) comme personne morale, sont mis en examen dans ce dossier.

Azfsurvolaerien

Sources :

. AFP

. Valeurs Actuelles

. Dépêche du Midi

. Grainvert.com

A lire également :

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Commentaires

Daniel Dissy

30 mar 2007 11:45:53

Un hélicoptère de la gendarmerie a notamment survolé le site 15 minutes après le drame, suivi, 40 minutes plus tard, par un appareil d’EDF-RTE, filmant et photographiant la zone. Pourtant, aucune image de la SNPE ne figure au dossier. Faute d’explication, les experts en font totale « abstraction ».

L'explication est simple : la SNPE est interdite de survol.


30 mar 2007 12:30:59

Faux, chaque jour des dizaines d'avions la survolent, aujourd'hui encore, même l'Airbus A 380 en cours d'essais ! Des photos existent pour le prouver.
De plus dans le cas d'une catastrophe telle que celle-là on a du mal à avaler qu'un hélico de la Gendarmerie n'ait pas pu survoler ce site où un sur-accident aurait pu causer des dégâts terribles. Cet argument officiel pour expliquer l'absence de photo, c'est de la foutaise !
Pour balayer la suspicion d'omerta photo sur ce site d'autres avancent que des photos ont été prise depuis Pech-David, ce qui est exact (mais pas depuis les hélicos, ce qui est suspect). Quand aux photos de Pech-David, ce sont les journalistes de Valeurs Actuelles qui en ont découvert par hazard l'existence plusieurs mois après le drame. Malheureusement l'auteur des photos n'a pas directement cadré la SNPE, obnubilé qu'il était par le nuage potentiellement toxique qui se dirigeait vers les quartiers très peuplés du Mirail. Les zones interessantes de l'usine n'ont donc pas toutes été cadrées. On précisera aussi que depuis ces collines les bâtiments SNPE situés au premier plan cachent d'autres bâtiments ce qui ne permet donc pas d'avoir une vue d'ensemble, vue qui aurait en revanche pu être réalisée depuis un hélico.


Elisabeth

30 mar 2007 12:39:50

oui effectivement , en fonction du vent , la plupart des avions en phase d'atterrisage suivent une ligne qui longe la rocade Est en provenance de Montpellier, et vous me direz comment peut faire un A380 pour atterrir à Blagnac en venant de l'axe parallèle à Labège sans passer au dessus de AZF/SNPE s'il ne veut pas passer au dessus des tours du Mirail.


Elisabeth

30 mar 2007 12:42:28

"d'autres avancent que des photos ont été prise depuis Pech-David, ce qui est exact (mais pas depuis les hélicos, ce qui est suspect). Quand aux photos de Pech-David, ce sont les journalistes de Valeurs Actuelles qui en ont découvert par hazard l'existence plusieurs mois après le drame. Malheureusement l'auteur des photos n'a pas directement cadré la SNPE, obnubilé qu'il était par le nuage potentiellement toxique qui se dirigeait vers les quartiers très peuplés du Mirail. Les zones interessantes de l'usine n'ont donc pas toutes été cadrées." ,

que disent les caméras du Golf de Vieille Toulouse et des "belles masions" du plateau ?
et nos amis amateurs de Djembé, personne à Pech David ce jour là, donc en hauteur ?


Elisabeth/photo

30 mar 2007 12:46:59

cf photo

http://clabedan.typepad.com/photos/uncategorized/2007/03/15/azfsnpe01retaille.jpg


Elisabeth

30 mar 2007 13:02:14

je viens de rajouter une autre photo édifiante dans l'article , les Toulousains voient ce type de survol tous les jours
Les avions ne peuvent faire autrement si le vent impose d'atterrir selon cet axe.


Elisabeth

30 mar 2007 13:28:44

" chaque jour des dizaines d'avions la survolent, aujourd'hui encore, même l'Airbus A 380 en cours d'essais " compte tenu de la proximite de l'aéroport, on voit très souvent les avions qui choississent ( c'est la régle ?) de survoler le mirial ,qd je dis survoler , c'est raser avec train d'atterrissage déjà sorti
donc compte tenu de l' axe à prendre , ils n'ont qu'un choix très restreint en tre survoler pole chimique, survoler la rocade et noeud autoroutier ou le Mirail

même dans le ciel, le célèbre Carrefour de l'ONIA pose pb


Grésillaud

30 mar 2007 16:59:23

Selon une des personnes qui a accès à tout le dossier via son avocat, EDF-RTE a bien pris des photos de la SNPE et notamment celle où se trouve la cuve blanche 366.
Plusieurs dizaines de photos ont été communiquées à la justice par les occupants de cet hélico d'EDf arrivé vers midi. Certaines de ces photos ont bien des vues sur la SNPE prise moins de 90 minutes après la catastrophes.

Le premier hélicoptère de la gendarmerie, selon son pilote, est parti rapidement et n'a pris aucun moyen de prise de vues dans son premier vol. En revanche dans ses deux vols suivants de la journée, il a eu tout loisir de le faire et ces photos + film seraient également au dossier.

Bien sûr, le problème n'est pas de savoir si ces photos existent au non, c'est bien de savoir pourquoi même les avocats qui sont censés tout faire pour obtenir la vérité font comme si ces photos de la SNPE n'existaient pas... mais heureusement il y a d'autres photos non incluses au dossier qui montreront au moment voulu toute l'étendue du mensonge d'Etat que l'ENSEMBLE des protagonistes judiciaires couvre !
L'impact sur la cuve 366 c'est important et intéressant... Les photos montrent bien que la direction de la SNPE et la justice a sciemment menti mais ce n'est pas le tout, il y a bien d'autres documents bien plus importants pour comprendre comment tout s'est enchainé depuis l'extérieur des deux usines.


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