Paris se met au verre .... recyclé

RecyclageverremerciverrelLa Mairie de Paris invite les Parisiens, du 9 au 18 mars, à apporter leurs bouteilles de verre sur des marchés où ils se verront offrir en échange une carafe en verre recyclé "Eau de Paris" et un sac de tri.

Le verre broyé est devenu la principale matière première des verriers. Il permet des économies d'énergie, ainsi que la limitation du rejet de gaz carbonique dans l'atmosphère. Il permet aussi de diminuer le volume des déchets.

L'apport volontaire par le consommateur de ses emballages de verre usagés à un conteneur, le fameux Geste Verre, a été un acte pionnier de la politique du recyclage en France. En effet, c'est en 1976 que Jean Tournier la Ravoire, verrier champenois, envisagea de récupérer le verre usagé pour le réutiliser en tant que matière première secondaire. Les verriers français se rendirent rapidement compte de l'enjeu de ce principe et co-signèrent en 1979, le premier contrat de recyclage du verre avec des objectifs chiffrés. En 1984, ces objectifs furent atteints ; une bouteille sur quatre étant effectivement recyclée. Aujourd'hui, le verre usagé broyé, appelé calcin, est devenu la principale matière première des verriers : ils utilisent dans leurs fours, jusqu'à 80 % de calcin pour la fabrication des nouveaux emballages en verre et une bouteille sur deux provient du recyclage.

Une Directive du Parlement européen et du Conseil, de décembre 1994 impose aux États membres de recycler selon les matériaux, entre 15% et 60% de ceux-ci à l'échéance de 2008. Pour le verre ce taux est fixé à 60%. Avec près de 57% de taux de recyclage en 2006, l'objectif est pratiquement atteint, indique Michel Gardes, président de Verre Avenir, organe chargé d'assurer la promotion du verre d'emballage et de l'information des collectivités, des établissements scolaires et du citoyen.

Pourtant, le bilan 2005 et 2006 montre un vrai coup de frein, s'inquiète Michel Gardes. En effet, la croissance de la collecte en verre mixte estimée à 5 % n'a été que de 1 % en 2005. Et ce taux de 60 % défini par la Directive Européenne n'est pas une fin en soi, mais plutôt un ordre de grandeur qui peut être dépassé, explique-t-il. En outre l'industrie verrière se prépare à un objectif plus amitieux pour l'horizon 2009/2014 qui sera défini en 2007. De plus, les verriers doivent répondre à une demande croissante d'emballages en verre blanc, et ne disposent pas pour cela, du calcin adapté.

La collecte en porte à porte, qui représente aujourd'hui 20 % du volume collecté a en effet permis d'obtenir des résultats quantitatifs mais la qualité du verre collecté a été affectée, fait cependant remarquer Verre et Avenir.

Si ces contraintes sont désormais prises en compte par les traiteurs qui ont mis de nouvelles techniques au point comme la détection spécifique par laser pour détecter le vitrocéramique, le coût s'en ressort en Recherche & Développement comme en équipement matériel. Dans ce contexte, il est évident qu'il vaudrait mieux faire porter l'action sur l'amont (la communication vis-à-vis du consommateur ou le mode de collecte) pour améliorer la qualité, plutôt que sur l'aval (des investissements coûteux qui devront être pris en compte dans la chaîne du recyclage), estime l'organe de communication de la Chambre Syndicale des Verreries Mécaniques de France (CSVMF).

L'utilisation du calcin dans le processus de fabrication du verre a pour avantage écologique majeur d'économiser de l'énergie, puisque le verre collecté fond à température moins élevée que les matières premières naturelles, donc plus facilement et plus vite. Il permet à ce titre de limiter le rejet de CO2 dans l'atmosphère. En effet, chaque tonne de calcin enfournée permet de réduire d'environ 500 kg les émissions de CO2 par rapport aux matières premières. Il a en outre pour avantage de réduire le prélèvement sur les ressources naturelles, puisque le calcin se substitue aux matières premières (sable de silice, calcaire et carbonate de soude) qui entrent dans la composition du verre. Enfin, il permet de diminuer le volume des déchets et de valoriser au maximum les déchets ménagers en évitant la mise en décharge ou l'incinération. À l'heure actuelle son recyclage évite le rejet de 2 millions de tonnes de déchets ménagers par an, souligne Michel Gardes.

La vente du verre aux verriers-recycleurs procure des ressources financières aux collectivités territoriales alors que la gestion du déchet non valorisé a un coût qui pèse sur les finances locales. Et comparée au recyclage, l'élimination en incinérateur représente un surcoût de 68,10 € à 133,10 € par tonne, supportée par les collectivités. Les verriers ont également intérêt à augmenter le taux de recyclage pour pérenniser leur approvisionnement en calcin mais aussi pour les rejets de CO2. Rappelons en effet que l'industrie du verre a été intégrée dans les plans nationaux d'allocation de quotas (PNAQ) de gaz à effet de serre.

Sources : AFP, Actu Environnement

 

2 Commentaires

  1. 1

    Vincent P.

    Mais, ils ne recyclaient pas le verre avant ???

    Pour moi, ça a toujours été normal de mettre le verre dans le récup-verre.

    ...

  2. 2

    Elisabeth

    A priori , pour que la Mairie fasse cela c'est que la collecte individuelle ne devait pas être terrible à Paris intra muros
    j'en suis comme toi "espantée" :)

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