L'appareil proposé par le tandem Northrop Grumman/EADS dans la lutte pour obtenir le fabuleux marché du renouvellement des avions ravitailleurs de l'US Air Force sera "fabriqué aux Etats-Unis", a insisté l'industriel américain, lors d'une présentation mercredi à Washington.
En 2005, dès l'annonce faite par la société américaine qu'elle participerait à la compétition visant à remplacer les appareils KC-135 via le KC-30 basé sur l'Airbus A330, le groupe avait précisé que si le consortium américano-européen remportait la compétition, plus de 1000 emplois devraient être créés aux USA pour assurer la transformation militaire de l'appareil. Northrop Grumman mettait d'ores et déjà en avant le fait que le programme KC-30 serait à plus de 50% américain.
Northrop Grumman a dévoilé mercredi les partenaires auxquels il s'est associé pour mener à bien le programme. En dehors d'EADS, il s'agira des sociétés américaines GE Aviation, Honeywell, Parker Aerospace, AAR Cargo Systems, Telephonics Corporation, General Dynamics, et britanniques Sargent Fletcher et Smiths Aerospace.
"Les entreprises qu'ils représentent font travailler des Américains aux quatre coins du pays, et seront déterminantes pour la fabrication de cet appareil fabriqué aux Etats-Unis", a souligné le directeur général du groupe Wes Bush. Le principal sous-traitant et partenaire de Northrop Grumman, EADS, a en effet prévu, en cas de sélection, d'installer son usine de conversion en ravitailleurs militaires à Mobile en Alabama.
La plate-forme retenue par Northrop Grumman est dérivée de l'A330 d'Airbus. Compte tenu de la capacité des réservoirs standards de l’A330-200, la version MRTT (MultiRole Tanker Transport) n’a pas besoin de réservoirs supplémentaires pour offrir des performances de ravitaillement en vol dépassant de loin celles de ses concurrents les plus proches (selon Airbus).
L’A330 MRTT a été choisi par la Royal Air Force britannique comme futur avion ravitailleur stratégique (FSTA). L’armée de l’air australienne en a commandé cinq exemplaires en décembre 2004.
Boeing, l'autre candidat en lice, a annoncé qu'il proposerait un appareil dérivé du 767. L'armée de l'Air a publié fin janvier un appel d'offre pour 179 appareils pour un montant compris entre 30 et 40 milliards de dollars. C'est la première tranche d'un marché dont la valeur totale est estimée à 200 milliards de dollars. Le contrat doit être signé avant la fin de l'année. Le fait qu'EADS se mette sur les rangs pour ce contrat fait débat aux Etats-Unis, plusieurs membres de l'administration et du Congrès ayant dénoncé en particulier les subventions publiques versées à Airbus, qui font l'objet du recours américain à l'OMC. Un premier contrat avait été attribué à Boeing puis annulé en raison de malversations. Il portait sur la location en crédit-bail de 100 appareils de type 767.
Sources : AFP, Airbus, Aeroweb
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