Le candidat UMP à l’élection présidentielle, qui s’exprimait aujourd’hui devant près de 3000 personnes à Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise), a déclaré au cours de son discours vouloir proposer, s’il est élu, que la politique de surévaluation de l’euro soit « abandonnée ».
Ainsi Monsieur Sarkozy a affirmé : « L'Europe doit protéger, et pour cela je proposerai à nos partenaires, si je suis élu, que la politique de surévaluation de l'euro, qui est en train d'accentuer tous les problèmes d'Airbus et d'accélérer la désindustrialisation de l'Europe, soit abandonnée ». « Je veux que la monnaie soit au service de l'emploi et de la croissance. Il faut à l'Europe un véritable gouvernement économique ».
Ce qui sonne comme une nouvelle critique à l’égard de la politique monétaire de la BCE relance donc une fois de plus la question de l’indépendance de la banque centrale européenne. (qui devrait se prononcer ce jeudi en faveur d’une nouvelle hausse des taux à 3,75 %.)
(Faut-il mettre fin à ce que certains appellent « la politique de l’euro cher » pour résoudre la crise d’Airbus ? Il est vrai que l’A380 a été conçu avec un euro égal à un dollar alors qu’aujourd’hui il vaut près de 1,32 dollar soit un prix de vente des avions supérieur de plus de 30 %.)
Nicolas Sarkozy a également ajouté vouloir que l’euro et la stratégie monétaire deviennent « un sujet du débat économique » et a affirmé :
>> « On peut quand même être européen convaincu et se demander pourquoi ce que font les Américains avec le dollar nous ne pourrions pas le faire avec l'euro »
>> « On peut être un européen convaincu et se demander pourquoi ce qu'ont fait les Japonais avec le Yen nous ne pourrions pas le faire avec l'euro. »
>> « On peut être un européen convaincu et se demander pourquoi ce qu'ont fait magnifiquement les Chinois avec le yuan, qui est devenu une grande monnaie du monde, nous ne pourrions pas le faire avec l'euro. »
>> « Pourquoi ce que les Anglais font avec la livre Sterling au service de leur croissance et du plein emploi nous n'aurions pas le droit de le faire avec l'euro ? »
Le candidat à la présidence et actuel ministre de l’intérieur a par ailleurs proposé que « la moralisation du capitalisme financier soit l'un des principaux objectifs de la zone euro », et a insisté sur le fait que « le capitalisme c'est la création de richesse, pas la spéculation ».
Enfin il a également déclaré « qu'en aucun cas, les aides européennes puissent servir à financer du dumping fiscal entre pays membres ».
Sources : AFP, 20minutes,Reuters.
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3 Commentaires
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Sarkozy critique de nouveau la gestion de l'euro
Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy a critiqué de nouveau sur France 2 la gestion de l'euro, estimant que celui-ci devait "être mis au service de la croissance et de l'emploi" et "pas simplement de la lutte contre une inflation qui n'existe plus".
"Qu'on arrête de kidnapper l'euro comme cela: l'euro doit être au service de la croissance et de l'emploi, et pas simplement de la lutte contre une inflation qui n'existe plus", a déclaré M. Sarkozy dans l'émission "A vous de juger".
"La mondialisation est telle que la lutte contre l'inflation doit être moins grande", car "la concurrence fait baisser les prix", a-t-il dit.
"On n'a pas fait l'euro pour qu'on ne puisse plus construire un seul avion en Europe", a-t-il déclaré.
M. Sarkozy a plaidé pour "un gouvernement économique pour l'Europe", c'est-à-dire "des ministres des Finances qui gèrent la zone euro pour en faire la première zone de croissance du monde".
M. Sarkozy a dit qu'il avait déjà lancé cet appel à Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la BCE. "Depuis le temps que je le lui dis, je dois dire que ça a du mal à percer", a-t-il dit.
09 mars 2007 à 00:382
Sarkozy critique de nouveau la gestion de l'euro...... certes mais quelles sont ces propositions pour rendre " l'euro faible " et rendre la création de valeur aux entrepreuneurs ?
-Laisser courrir l'inflation ? : les rentiers et les possesseurs d 'emprunt d'etat vont deserter les obligations....comment l'etat va t'il financer ses dettes ?
- Baisser les taux d'intéret de la zone euro ? un belle bulle financiere du à l'exces de liquidité deja injecté pose de gros problème d'inflation des matières premiere et de l'immobilier veut t'on risquer encore une récession europeénne et mondiale ?
- Alors peut etre que M Sarkozy ,grand libéral, va proner le controle des changes.......
10 mars 2007 à 13:36Il serait peut etre tant d'arreter de vouloir faire croire n'importe quoi au Français. Chacune de ces solutions à des avantages et des inconvenients. Il convient au politique de prendre la responsablilité de son discours et de ses actes.C'est au politique de diriger l'economie pas l'inverse.
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L'example de l'A380 est loin d'être un bon example. Dans l'aéronautique, la majorité des fournisseurs d'Airbus (et de Boeing souvent) facturent en $ en non en Euros (même en France). EADS s'est couvert sur le marché contre le risque de change pour plusieurs milliards dès le début du programme A380 comme tout programme industriel dont l'échéance est à plusieurs années.
10 mars 2007 à 14:48L'A320 continue à bien se vendre malgré son grand age et la sortie d'une version amélioré du 737, l'A330 et l'A340 souffrent de la concurrence du 777 et 787 qui sont les 2 derniers avions conçus par Boeing justement pour contrer Airbus sur le milieu de gamme qui était avant son point fort.
Les déboires d'Airbus viennent plus de sa gestion des projets et du management qui ont fait certains choix pour faire plaisir aux actionnaires (dont ils font largement partis d'ailleurs).
Lancement très tardif et refusé par les clients pour l'A350, pas de successeurs pour l'A320 (2015 minimum), programme A380 mené à toute vitesse (6 ans pour développer le plus grand avion du monde alors qu'il en a fallait 8 initialement). Division des compétences entre l'A380 et l'A400M qui commence aussi à connaitre des retards. Lutte interne entre les clans qui composent EADS (voir l'affaire Clearstream).
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