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Malouines-pétrole : l'Argentine annule l'accord avec Londres
L'Argentine profiterait-elle de la relative situation de faiblesse actuelle du Royaume-Uni pour lancer ici et là quelques flèches ? Il est sûr que compte-tenu du contexte très tendu avec l'Iran, Londres ne peut multiplier les actions diplomatiques et doit concentrer ses forces.
Hasard du calendrier, donc ? Le gouvernement argentin a annulé l'accord de recherche et d'exploitation pétrolière avec le Royaume-Uni dans l'Atlantique Sud, autour de l'archipel britannique des Malouines ( Falklands) dont il revendique la souveraineté, a annoncé mardi soir le ministre des Affaires étrangères Jorge Taiana.
I – L'Argentine annule l'accord pétrolier
M. Taina a expliqué, au cours d'une conférence de presse, que la décision avait été prise en raison de "l'action unilatérale" britannique de lancer un appel d'offres concernant la zone contestée.
La décision intervient à quelques jours du 25e anniversaire du déclenchement en avril 1982 de la guerre des Malouines, les Falklands pour la Grande-Bretagne, brièvement occupées par les Argentins avant d'en être chassés par l'intervention des troupes britanniques lors d'un conflit a fait près de 1000 morts, dont les deux-tiers argentins. Si l''Argentine revendique dans sa constitution les Iles Malouines, elle a accepté en 1995 de ne plus tenter de s'y établir par la force.
Le ministre argentin a expliqué, au cours de la conférence de presse, que "l'Argentine avait invité le Royaume Uni à tenir un dialogue ouvert" sur le problèmes des Malouines, mais que "l'intransigeance persistante“ de Londres "n'avait pas permis un dialogue franc".
"L'Argentine n'est pas opposée à une coopération avec le Royaume Uni, mais à condition que celle-ci contribue à reprendre le dialogue sur la souveraineté" (sur les Malouines), a-t-il encore déclaré.
II – Londres estime l'annulation sans effet
Réalité ou "crânerie" britannique ? L'exécutif des îles Malouines a estimé que la décision du gouvernement argentin d'annuler cet accord n'aurait aucune conséquence pratique, mais réduirait la confiance entre les parties. Le message est clair ... Four Chris Simpkins, le chef de l'exécutif des Malouines, sous souveraineté britannique, a déclaré mercredi à la radio BBC, qu'en l'absence d'activité en matière d'exploration pétrolière, la mesure n'aurait aucun effet.
"Le gouvernement britannique, qui gère nos questions d'Affaires étrangères, a toujours voulu une relation pleine et constructive avec l'Argentine", a-t-il ajouté. "Cette sorte d'action n'aide certainement pas à une contribution positive." "En ce qui concerne les habitants des Malouines eux-mêmes, c'est plutôt une chose perverse que de penser que des annonces telles que celle-ci les encourageront à se montrer confiants au sujet des discussions sur la souveraineté avec l'Argentine", a-t-il souligné.
Si l''exploration pétrolière dans le périmètre de l'archipel des Malouines (Facklands) n'a pour l'instant donné aucun résultat probant, elle suscite actuellement l'espoir chez les compagnies britanniques, alors que les ressources de Mer du Nord s'amenuisent. L'annonce de Buenos Aires est de fait considérée surtout comme un effet d'annonce par les spécialistes.
La révocation de la "déclaration commune du 27 septembre 1995" par l'Argentine concerne de simples discussions préliminaires menées entre le gouvernement des Malouines, le ministère britannique des Affaires étrangères et le gouvernement argentin, entre 1995 et 2001, portant sur une coopération pour explorer la zone sud-ouest des îles. Ces discussions avaient été abandonnées en 200. Néanmoins, des licences d'exploitation continuent d'être délivrées, les plus récentes datant de 2004.
"C'est un peu d'espièglerie politique. Cela n'a aucun impact sur les licences que nous, ou les opérateurs concurrents, exploitons", confirme Tim Bushell, patron de Falkland Oil and Gas, qui opère dans les eaux du sud et de l'est de l'île, sur une surface totale de 33.700 km2.
III – Le potentiel pétrolier des Malouines
La recherche de pétrole et de gaz avait commencé dans les eaux des Malouines en 1995. Six puits avaient été creusés en 1998, mais les quantités du pétrole se sont avérées très faibles et d'une qualité impossible à commercialiser. Mais à l'image de Falkland Oil and Gas, d'autres compagnies britanniques comme Rockhopper Exploration, Desire Petroleum, ou Borders and Southern se consacrent entièrement à l'exploration des éventuelles ressources de pétrole et gaz dans la seule région des Malouines. Le numéro deux mondial du pétrole, Royal Dutch-Shell, disposait de permis d'exploration dans les années 90, mais a cessé toute exploration depuis plusieurs années.
Les ressources pétrolières des îles sont pour l'heure impossibles à estimer, assure Phil Richards, qui conteste toutes les estimations qui circulent. "Du pétrole, il y en a entre pas du tout et potentiellement beaucoup. Tant que personne n'en a trouvé, il est impossible de faire une estimation". Falkland Oil and Gas, qui creusera son premier puits en 2008, table sur 10 sites capables de produire un milliard de barils chacun au moins. Desire Petroleum, sur 2,217 milliards de barils pour sept sites.
Un nouvel espoir qui tombe à pic pour le Royaume-Uni, alors que l'amenuisement des ressources pétrolières britanniques en mer du Nord a mis la balance pétrolière du pays en déficit en 2005 et 2006 (2,2, puis 3,7 milliards de livres), situation inédite depuis 1979.
"Il reste bien 30 ou 40 ans avant que la Mer du Nord ne soit à sec. Mais il ne fait pas de doute que la présence d'un pétrole commercialement exploitable autour des Malouines serait une découverte stratégique de la plus haute importance pour le Royaume-Uni", juge Falkland Oil and Gas.
IV – L'intérêt stratégique des Malouines et l'enjeu de la guerre de 1982
Ces îles sont appelées « Malouines », car les marins du découvreur de ces îles, Bougainville étaient principalement originaires du port breton de Saint-Malo. l’ensemble de l’archipel fait 12 000 km² et tous les Malouins sans exception sont des Britanniques.
En 1767, l’Espagne achète les Malouines à la France. À son indépendance, l’Argentine récupère les îles et les revend au Royaume-Uni. Ce dernier devient dès lors le péager du détroit de Drake.
En l'absence du canal de Panama, et même plus tard, tout tonnage supérieur à 100 000 tonnes étant interdite via la nouvelle voie, le détroit de Drake devient un passage stratégique (le passage du cap Horn étant trop risqué pour être une voie commerciale).
Les Malouines se trouvent également sur la route des sous-marins nucléaires, qui plus est soviétiques en 1982, faisant ainsi de l'archipel "une base pour la chasse aux sous-marins“, selon certains. Dans les annés 70, la dictature des généraux avait conclu une alliance de facto avec les soviétiques. L’Argentine est en effet un grand producteur de blé et de viande alors que l’embargo US mis en place à l'éqpoque en représaille à l’invasion de l’Afghanistan pesait lourdement sur l’économie soviétique.
Cinq jours après l’invasion, les soviétiques apportent leur soutien à l’Argentine, ce qui entraîne une escalade.
Dès le 14 avril 1982, les États-Unis proposent aux soviétiques la reprise des échanges de céréales à des prix inférieurs. Les sous-marins soviétiques font demi-tour et en mai de la même année les brittanniques emportent les Malouines après un débarquement certes très coûteux.
Sources : AFP, www.empyree.org
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