Les revenus des stations de ski fondent

Canon_neige250pxschneekanoneSi la douceur de l’hiver a des aspects bénéfiques, réduisant notre facture de chauffage, elle ne fait cependant pas que des heureux, les recettes des stations de ski fondant désormais … comme neige au soleil.

Toute l’économie liée aux des sports d’hiver en pâtit, y compris les fabricants de remontée mécaniques. Le phénomène devrait également rapidement se répercuter sur les surfaces  vendant des équipements de loisirs et des groupes comme Décathlon, Adidas, Lafuma

Selon Gilbert Blanc-Tailleur, président de l'association France Montagnes,  l'"activité des stations devrait reculer globalement d’environ 8 à 10%" pendant cette saison d'hiver qui s'achève fin avril, même si l’espoir renaît grâce au bon taux des réservations pour les vacances de Pâques.

Le manque de neige a gâché la saison de la glisse dans les massifs des Vosges (Nord-Est), du Jura (Est), des Pyrénées (Sud-Ouest) et du Massif central, qui ont accusé une baisse de leur activité de 30 à 40%, alors que les stations situées en altitude dans les Alpes (Sud-Est) ont pu limiter les dégâts.

Les épreuves de Coupe du monde féminine de Val-d'Isère ont dû être annulées en décembre dernier en raison du manque de neige. Le slalom féminin de Megève, prévu le 20 décembre, a été annulé pour la même raison.Selon France Montagnes, qui regroupe les maires des stations et les professionnels, ce bilan national cache toutefois "de fortes disparités régionales" liées à l'altitude, la barre fatidique se situant pour M. Blanc-Tailleur autour de 1.500 mètres.

"Les stations des Alpes du Nord qui se situent au-dessus de ce seuil s'en sont mieux tirées, avec -5 à -10%, alors que celles des Alpes du Sud ont enregistré une baisse de 15%", a-t-il expliqué. "Cette année est un peu moins bonne, mais ce n'est pas une catastrophe au niveau national", tempère Laurent Reynaud, directeur du Syndicat national des téléphériques de France (SNTF).

Sauf coup de théâtre, le chiffre d'affaires des remontées mécaniques, réalisé déjà aux deux tiers, devrait toutefois accuser selon le SNTF une baisse moyenne de 10% pour la saison d'hiver sur un plan national. Selon les régions, la baisse de fréquentation peut aller jusqu'à 50%: ainsi, "la moyenne montagne en Isère (département des Alpes, NDLR), comme dans les Pyrénées et ailleurs, a une saison très difficile, mais la saison n'est pas finie", commente tout de même M. Reynaud, avec une lueur d’espoir.
La station d'Avoriaz (Alpes du Nord), bien enneigée, a pu tirer son épingle du jeu, drainant sur ses pistes les skieurs des environs, même si la fréquentation des hébergements a baissé entre 5 et 6%, selon Stéphane Lerendu, directeur de l'Office de tourisme. Dans le Massif central, la saison a été "très moyenne": faute de neige, la station de Super Lioran a dû fermer dix jours en janvier et a enregistré une baisse de 30% de sa fréquentation par rapport à la moyenne des années précédentes.

Ainsi, la station de SuperBesse, dotée de 240 canons à neige, "s'en est finalement pas trop mal sortie grâce à la neige de culture", affirme son directeur Vincent Gattignol. Dans les Pyrénées, où toutes les pistes ont pu rester ouvertes, "la situation n'est pas catastrophique", mais le chiffre d'affaires des stations accuse quand même une baisse de 40% par rapport à l'an dernier, selon David Carlier, directeur délégué de la Confédération pyrénéenne du tourisme.

Le bilan a été en revanche qualifié de "catastrophique" par les professionnels dans les Vosges, où les hôtels ont fait état de "nombreuses défections de dernière minute". Ainsi à Gérardmer, on mise désormais sur une diversification des activités estivales pour pallier le manque de recettes cet hiver. Des "descentes en VTT avec montée en télésiège" et du "golf de montagne" seront proposés dès l'été sur les pistes de ski.

Au mois de décembre dernier, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait alerté sur le fait que le réchauffement climatique pourrait dévaster les stations de ski en Europe en quelques décennies, notamment celles situées à basse altitude, Des banques suisses refusent déjà d'accorder des prêts aux sites en dessous de 1.500 m d'altitude, a expliqué Shardul Agrawala, membre de l'OCDE, qui a mené une enquête de deux ans sur les risques liés à la hausse des températures.Selon lui, certaines des plus petites installations seraient déjà en train de fermer, estimant que beaucoup de stations devront trouver des sources de revenus autres que le ski et les treks dans la neige.

Parmi les pays étudiés, l'Allemagne est la plus menacée, suivie par l'Autriche, l'Italie, la France et la Suisse."Le tourisme est une activité économique essentielle dans les pays Alpins", relève l'OCDE dans un communiqué. Elle estime à entre 60 et 80 millions le nombre de touristes et à 160 millions le nombre de jours de ski cumulés en France, Autriche, Suisse et Allemagne chaque année.

L'OCDE note par ailleurs que la création de neige artificielle est dangereuse pour l'environnement et inutile au-dessus d'une certaine température.

Sources : AFP

A lire également :

. Le réchauffement climatique fait fondre le cours du pétrole

. Réchauffement climatique et fonte polaire : nouvelle voie maritime pour le pétrole

. USA et Canada se disputent déja le passage de l'Arctique

 

2 Commentaires

  1. 1

  2. 2

    Pb sur immobilier

    Dans un rapport remis au premier ministre en décembre 2006, Vincent Rolland, député de Savoie dresse un bilan immobilier alarmiste « L’offre d’hébergement est très abondante autour des stations : on compte 2 millions de lits touristiques dans les communes support de stations, soit près de 4 par habitant. L’essentiel de ces hébergements date des années 1965-1985 : les stations sont donc confrontées au vieillissement de leur parc et à la nécessité d’assurer son renouvellement progressif.
    Elles doivent également assurer sa modernisation et son adaptation aux attentes des clientèles qui attendent plus de confort et d’espace : le vieillissement du parc s’est en effet accompagné de son obsolescence, notamment du fait de l’exiguïté des surfaces et de la vétusté de ses aménagements.
    L’offre d’hébergement souffre également d’une captation progressive d’une partie du parc vers un usage non marchand. Cette sortie du marché se traduit par l’augmentation du volume des lits froids. Celle-ci représente par exemple 56 % du parc dans les Alpes du Sud.
    L’enjeu des stations françaises est donc de garantir la réhabilitation de son parc immobilier et la remise sur le marché des lits touristiques détournés de leur vocation commerciale, dans une démarche de requalification des équipements.
    Après une période de calme, une dynamique de construction neuve s’est réamorcée dans les stations de sports d’hiver, dopée en particulier par le dispositif d’allègement fiscal en Zone de Revitalisation Rurale. Ces dernières ont permis un renouvellement quantitatif et qualitatif du parc d’hébergement mis en marché qui devrait favoriser le remplissage des stations même en dehors des vacances scolaires. Leur extension à certains massifs comme les Vosges est d’ailleurs souhaitable.
    Cependant il convient d’éviter une « surproduction » au delà du marché réel de résidences de tourisme, qui pourraient, à terme, sortir du marché locatif, voire se transformer en friches touristiques à l’échéance des baux.
    La problématique de l’immobilier se double d’un problème d’urbanisme, surtout lorsque les stations n’ont pas été conçues dès l’origine selon un plan d’urbanisme cohérent, ou qu’elles l’ont perdu au fil des extensions. »

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée