Le Pen défend les vertus du travail devant la CGPME

LepenprsidentCa pourrait être un scoop, mais finalement, a-t-on jamais entendu Le Pen parler d'économie tout au long de ses campagnes, pour connaître sa réelle position concernant le sujet ? Le candidat du Front National vient en effet de défendre les vertus du travail devant la CGPME.

Rassurez-vous le slogan n'était tout de même pas "Travail, Famille, Patrie"....

Jean-Marie Le Pen a défendu mercredi devant les petits patrons français les vertus du travail et dénoncé une "idéologie dominante" en France qui a "diabolisé" le marché et l'entrepreneur depuis 30 ans.

Le candidat du Front national à la présidentielle, qui était invité pour débattre de son programme avec la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) après Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF), a précisé les propositions qu'ils mettraient en oeuvre, en cas de victoire. Il est vrai que le fait d'avoir « réussi » à atteindre l'étape du deuxième tout aux dernières élections présidentielles l'autorise à envisager une telle éventualité ....

Il a notamment préconisé de "desserrer l'étau fiscal", en diminuant l'impôt sur le revenu du travail et l'impôt sur le bénéfice des sociétés. " "Il faut inciter nos compatriotes à s'enrichir pour valoriser le travail, l'effort et le risque", a dit le président du FN..

Afin de protéger les entreprises de la concurrence étrangère et de limiter les effets du libre-échangisme, il a préconisé un "protectionnisme ciblé et limité", des quotas d'importation ou encore des barrières douanières modulables. Monsieur Le Pen oublierait-il que la France appartient à l'Union Européenne et que certaines organisations veillent au respect de la libre concurrence ?

Dans son introduction, le président de la CGPME Jean-François Roubaud avait quant à lui cité au moins une divergence de fond entre son organisation et M. Le Pen : "Nous ne sommes pas des tenants de la fermeture des frontières. La France n’est pas une île et le retour au franc serait une catastrophe économique".

Mais M. Le Pen maintient. "Je ne partage pas votre confiance en l’Europe. Je dois être le dernier parlementaire vivant à avoir voté contre le traité de Rome en 1957", dit-il, parce qu’il était clair que dans l’esprit de ses promoteurs, il devait mener à terme "aux Etats-Unis d’Europe". "J’étais convaincu que cela ne marcherait pas, et cela n’a pas marché", dit-il.

Jean-Marie Le Pen a également milité pour "un actionnariat de référence stable" dans les entreprises afin d'assurer leur pérennité. A ce sujet, le candidat du Front National n'a pas entièrement tort.

Le président du FN s'en est violemment pris à la classe politique, de gauche comme de droite, l'accusant d'avoir "donné à nos jeunes une fausse image de la création de richesse par le secteur privé". "Toutes les valeurs de l'entreprise ont été sciemment détruites en France depuis 30 ans", a-t-il accusé. Une partie "importante" de la gauche a été "hostile par principe" et la droite l'a été par "faiblesse et par lâcheté".

Là aussi, on ne peut être totalement contre la teneur de son constat...

Jean-Marie Le Pen a tordu le coup aux idées selon lesquelles les métiers de l'entreprise sont moins nobles que ceux de la fonction publique. Il s'en est pris à "l'étatisme prédateur" au "syndicalisme destructeur" ou encore au "libre-échangisme anarchique" et a appelé à "libérer les énergies productives". Ouf, si j'osais, je dirai que cela décoiffe ...

Devant son auditoire d’une centaine de personnes, M. Le Pen a également regrette un temps où il y a avait une "ascension sociale par capillarité", où des ouvriers devenaient patrons "par leur travail". Il a par ailleurs exalté les vertus de l’enseignement professionnel, qui peut former des élites "aussi bonnes" que celles formées par l’Université.

Le président du FN a préconisé une rénégociation de la durée hebdomadaire du temps de travail par branches d'activité et a prôné le libre choix du temps de travail.

Il a plaidé pour une simplification du code du travail, défendu la multi-activité et souligné la nécessité de rééquilibrer "le pouvoir" le grande distribution face aux fournisseurs. Attention tout de même à quelque modifications un peu hâtives du Code du travail ...

Jean-Marie Le Pen a préconisé des syndicats "forts et responsables" tout en estimant que l'usage de la grève devait être réglementé surtout dans les services publics afin de ne pas porter préjudice aux "intérêts des usagers".

Le Président du Front National ne semble pas s'être exprimé sur la délocalisation.. procédé pourtant fort à la mode ces temps-ci. Et oh miracle, pourrait-on dire, il n'a pas parlé d'Airbus et d'EADS, estimant récemment qu'il fallait réserver le traitement du dossier aux spécialistes de la question ... ce qui n'est pas totalement aberrant comme position.

Néanmoins, face à Philippe Moreau, un patron nantais qui lui demande comment se passer d’une immigration de travail alors que des postes restent non pourvus, M. Le Pen critique les "billevesées pédagogiques" de l’Education nationale, la société "de l’assistanat", et avertit : "Si on se laisse aller à la facilité de l’immigration, on va vers des déconvenues terrifiantes", "nous serons submergés".

Marie-George Buffet (PCF) devait rencontrer prochainement les responsables de la CGPME. Ségolène Royal (PS) n'a toujours pas répondu à leur invitation à débattre.

La CGPME dit représenter 1,6 million de PME et de TPE (Très petites entreprises).

Le soutien affiché par Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy obligera le candidat UMP à la présidentielle à répondre du bilan du président de la République, a par ailleurs estimé Jean-Marie Le Pen. "Cela a une conséquence politique importante, c'est que cela crédibilise le fait que Sarkozy devra répondre et défendre le bilan de Jacques Chirac", a déclaré le candidat du Front national en marge de la rencontre-débat avec la CGPME.

Sources : Reuters, Senactu

A lire également :

Nicolas Sarkozy prône un bouclier fiscal à 50 %

. Moscou défend le candidat Sarkozy... et ses intérêts

. Bayrou/Delors défendent la BCE contre Sarkozy/Royal

. Airbus devient l'enjeu de la bataille Royal/Sarkozy/Bayrou

. Ségolène Royal : pas d'interdit sur les 35 heures

 

1 Commentaire

  1. 1

    et l'ABSENTION !!!

    PARIS (AFP) 13:16

    A la une : Second tour: Le Pen appelle ses électeurs à "s'abstenir massivement"


    Jean-Marie Le Pen, président du Front National, qui a obtenu 10,44% au premier tour de l'élection présidentielle, a appelé mardi ses électeurs à "s'abstenir massivement" lors du second, et à prendre une "revanche" lors des législatives.L'événement

    "J'invite les électeurs qui m'ont fait confiance à n'accorder leur suffrage ni à Mme (Ségolène) Royal, ni à M. (Nicolas) Sarkozy et à s'abstenir massivement", a déclaré M. Le Pen lors de son discours du 1er mai, prononcé sur la place de l'Opéra à Paris.

    "Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix du 7 mai" (le second tour a lieu le 6 mai), a-t-il dit, fustigeant un choix entre "bonnet rose et rose bonnet".

    Il a appelé ses électeurs à "se réserver pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains", pour y prendre une "légitime revanche".

    "Nous avons subi un revers de circonstances mais nous n'avons pas été battus", a déclaré M. Le Pen en évoquant son score.

    ---------
    on regarde impact mathematique plus en detail ce soir :)

    bonne apres midi
    Elisabeth

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée