Alors que Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, a souhaité dimanche convaincre la candidate du PS Ségolène Royal d’abandonner la construction de l'EPR au cas où cette dernière accéderait à la Présidence de la République, une étude menée à la demande du comité central d'entreprise d'EDF et GDF sur "la sécurité d'approvisionnement électrique de la France d'ici 2020", préconise la mise en service de trois nouveaux réacteurs nucléaires EPR, "sans attendre le retour d'expérience de Flamanville".
L'étude, réalisée par le cabinet d'expertise Institut Energie Développement (IED), à la demande du Conseil supérieur consultatif des Comités mixtes à la production (CSC des CMP, équivalent du comité central des entreprise EDF et GDF), montre que les prévisions de consommation et de production d'énergie jusqu'en 2020 font apparaître un déficit d'énergie dès 2008, de l'ordre de -10 terrawatt/heure (1 TWh = 1 milliard de kilowatt/heure), et allant jusqu'en -60 TWh en 2020.
En puissance à la pointe (puissance instantanée qui peut être fournie), "il y a d'ores et déjà déficit en cas d'hiver sévère", note Bernard Salles du cabinet IED. "EDF et le gouvernement prévoient de passer les pointes en important de l'électricité. Si chaque pays raisonne comme eux, ce qui n'est pas exclu, la France va droit aux coupures", ajoute-t-il.
D'ici 2020, IED préconise la mise en place de 10.000 MW pour la consommation annuelle en énergie, et de 10.000 MW également pour la puissance à la pointe.
Pour cela, le cabinet propose notamment de "décider dès à présent la construction des moyens de production nécessaires à la satisfaction de l'équilibre offre-demande (thermique et hydraulique), et "décider dans les meilleurs délais l'engagement de 3 tranches EPR pour une mise en service entre 20016 et 2020 sans attendre le retour d'expérience d'exploitation de Flamanville".
Ces prévisions vont au delà de celles du gestionnaire du Réseau de transport d'électricité public (RTE), qui préconise à l'horizon 2016, dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité (PPI), entre 8.500 et 13.000 MW, rappelle IED.
"Cette étude pointe la sous-estimation systématique des besoins d'investissement", a souligné Serge Cordonnier, élu du CSC des CMP, pour la CGT. Pour Christian Delespinay (CFDT), il faut "préparer l'après énergies fossiles, en favorisant le +mixe énergétique+, en conservant l'option nucléaire ouverte, en développant les énergies renouvelables et en privilégiant aussi les économie d'énergie".
Dominique Voynet, a souhaité dimanche convaincre la candidate Ségolène Royal qu’une des premières mesures à prendre si elle était élue serait d’abandonner la construction de l'EPR.
Au lendemain d’importantes manifestations dans cinq villes de France contre l'EPR, qui ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, Mme Voynet a rappelé sur Canal+ qu'en 1997 la gauche était "d'accord pour ne pas construire cette machine, beaucoup trop chère et ne représentant pas un avantage technique ou financier à un moment où la France était dans une situation de surproduction massive d'électricité".
"La situation n'a pas changé, et les partis de la gauche traditionnelle sont en train de se tortiller pour éviter de prendre une position claire", a-t-elle souligné. Mme Royal a annoncé le mois dernier que si elle était élue le débat serait rouvert sur la construction de ce réacteur à Flamanville (Manche). "Mais il avait été tranché il y a dix ans", et maintenant "on devrait avancer", a estimé la candidate des Verts.
C'est aux alentours de 2020 que les premières centrales de la génération actuelle atteindront 40 ans (durée de vie minimale pour laquelle elles ont été conçues) et pourraient progressivement être mises à l'arrêt. Par des actions d'ingénierie et de maintenance importantes, EDF cherche à en prolonger l'exploitation en toute sûreté, mais ne peut exclure l'arrêt de certaines d'entre elles et doit s'y préparer. Sans préjuger les décisions futures, EDF souhaite être en mesure de les remplacer par de la production nucléaire à partir de nouvelles centrales.
C'est - selon le groupe - en cohérence avec la politique énergétique du pays telle qu'elle est actuellement définie, qu'EDF envisage donc de construire Flamanville 3. L'Etat souhaite en effet, maintenir l'option nucléaire ouverte pour l'avenir. Dans cette perspective, EDF et les opérateurs nucléaires internationaux travaillent sur des réacteurs «nouvelle génération», qu'ils qualifient de plus sûrs, plus compétitifs et plus respectueux encore de l'environnement. Version évoluée de réacteurs actuels, l'EPR (European Pressurized Reactor) fait partie de ces nouvelles technologies nucléaires.
En 2004, EDF a décidé d'engager la construction d'une centrale nucléaire de technologie EPR sur son site de Flamanville dans la Manche qui abrite actuellement deux tranches de 1.300 mégawatts chacune.
Après le débat public conduit par la CNDP (Commission Nationale du débat Public), le "1er béton" du réacteur devrait débuter fin 2007 pour une mise en service en 2012. Il s'agit d'un projet franco-allemand développé depuis 1991 par Siemens et Areva, destiné à prendre progressivement le relais des 58 réacteurs qui équipent les 19 centrales nucléaires françaises. La construction devrait employer 1.500 personnes, dont 350 chargées de l'exploitation.
Les travaux de terrassement, commencés en août 2006, sont réalisés à 70% et devraient se terminer cet été. La construction proprement dite pourrait débuter en décembre pour un raccordement au réseau national prévu en 2012.
Le tribunal administratif de Caen vient de rejeter en début de semaine les trois requêtes déposées par des associations écologistes qui visaient à annuler le permis de construire délivré à EDF pour les travaux de fondation du futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville dans la Manche. Le tribunal administratif de Caen a estimé dans son jugement que les dispositions issues de la loi Littoral de 1986 ne pouvaient pas être appliquées dans ces dossiers.
Les requêtes ont été déposées par le réseau Sortir du nucléaire, le Comité d'information et de lutte antinucléaire (Crilan) et la Confédération paysanne. Le tribunal a également débouté Greenpeace de sa requête concernant le "permis de construire autorisant les travaux préparatoires et ouvrages enterrés du centre de Flamanville", ainsi que celle présentée par le Crilan et le réseau Sortir du nucléaire concernant "l'autorisation de travaux divers pour des terrassements généraux pour la mise en géométrie d'EPR". Le tribunal administratif de Caen avait déjà rejeté en octobre un recours en référé déposé par ces associations, qui dénonçaient le "passage en force d'EDF et du gouvernement" voulant "rendre irréversible la construction de l'EPR avant les échéances électorales".
Sources : AFP, EDF, France3
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2 Commentaires
1
Sarkozy aurait du "potasser" sur le blog finance .. :)
La candidate socialiste s'est employée à jouer sur les nerfs de Nicolas Sarkozy, le poussant parfois au lapsus, comme lors d'une confrontation sur le nucléaire.
Le candidat de l'UMP a parlé de réacteur de "quatrième génération" pour l'EPR, au lieu de "troisième génération", et s'est trompé sur la part du nucléaire dans la production de l'électricité - tout comme son adversaire.
"Vous venez de dire une série d'erreurs, cela peut arriver, mais il faudra que vous révisiez un peu votre sujet", lui a-t-elle lancé. "Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante", répliquera Nicolas Sarkozy plus tard.
03 mai 2007 à 00:112
Une pénurie mondiale d'uranium se produira dès 2015, la production d'uranium atteindra son maximum en 2025 avant de diminuer, entraînant la diminution de la production d'électricité nucléaire. Aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040. Le prix de l'uranium a été multiplié par dix en quatre ans et le coût du combustible nucléaire prend une importance croissante dans le coût de l'électricité nucléaire.
Lire : Pénurie et fin progressive de l'uranium
L'uranium est une ressource limitée dont le maximum de production mondiale se situe vers 2025 (hypothèse la plus probable).
La consommation mondiale d'uranium est de 67.000 tonnes par an, la production est de 42.000 tonnes. La différence de 25.000 tonne provient des stocks civils et militaires qui seront épuisés en 2015.
Construire de nouveaux réacteurs est une aberration économique.
Avec une baisse constante de leur coût, les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque ...) progressent rapidement, de 30 à 60% chaque année selon les pays (moyenne sur dix ans) et sont la seule solution réaliste avec les économies d'énergie. Les moyens de stockage en grande quantité de l'électricité se développent aussi.
29 mai 2007 à 00:18Ajoutez un commentaire
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