Alors que l'hebdomadaire L'Express publié jeudi affirme dans ses colonnes qu'il existe au sein du groupe EADS un système de rétro-commissions à l'export – pour parler crûment une caisse noire – le groupe européen d'aéronautique et de défense ainsi que la police nationale ont démenti jeudi, que de telles pratiques avaient cours au sein du groupe.
Ce dernier,confronté à de sérieuses turbulences générées par les retards de production de l'A380 n'a pas véritablement besoin d'une nouvelle affaire.
Selon l'Express, "les services secrets français, dont la DST » (Direction de la surveillance du territoire) ont "informé, voilà plusieurs mois, l'Elysée de l'existence au sein de l'entreprise d'un vaste système de rétro-commissions, mis en place par l'un des cadres dirigeants du groupe", qui n'aurait pas été identifié.
D'après l'hebdomadaire, ces agissements seraient survenus lors de la vente de 40 A380 à la compagnie Emirates et 32 appareils Airbus à la Lybie. Au total, l'hebdomadaire estime que ce sont 90 Millions de Dollars que l'on soupçonne d'avoir disparu des comptes de l'avionneur.
Parallèlement, le site en ligne du magazine Capital affirme que Louis Gallois, co-président exécutif d'EADS et président d'Airbus, "vient d'être convoqué à l'Elysée par Maurice Gourdault-Montagne, conseiller diplomatique de Jacques Chirac". Selon le journal, l'entrevue aurait eu pour but de traiter d'une "note confidentielle de la DST évoquant une caisse noire qui aurait servi, depuis plusieurs années, à verser des commissions en marge de grands contrats à l'exportation". La présidence de la République a par la suite "démenti catégoriquement" dans un communiqué, l'information mise en ligne sur le site internet du journal.
EADS a pour sa part pris acte du démenti de la Direction générale de la police nationale qui souligne "l'inexactitude des faits rapportés par L'Express". Dans un communiqué les services de police ont démenti catégoriquement les informations contenues dans l'article de l'Express du 22 mars intitulé "Qui veut la peau d'Arnaud Lagardère?", selon lesquelles la DST aurait eu connaissance de l'existence d'un système de rétrocommissions au sein d'EADS". "Ce service n'a jamais recueilli d'informations de cette nature susceptibles de mettre en cause cette entreprise ou l'un de ses dirigeants", a ajouté la DGPN.
Le groupe aéronautique estime également que les allégations mentionnées dans cet article peuvent lui porter un très grave préjudice et réserve tous ses droits à cet égard.
Le groupe Lagardère "s'étonne d'un certain nombre de propos mensongers" parus dans l'hebdomadaire, prenant bonne note du démenti de la DST à propos "des supposées pratiques commerciales illicites au sein d'EADS mentionnées dans cet article".
Dénonçant "une manipulation mal intentionnée", il estime que "ces allégations prennent part à une tentative de déstabilisation d'EADS et du groupe Lagardère en tant qu'actionnaire de référence d'EADS, alors même qu'il maintient fermement auprès de cette entreprise son engagement et son rôle, dans la période difficile que traverse Airbus."
Sources : AFP, Boursier.com, La Tribune
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