Les cours des céréales et du soja ont terminé en nette baisse jeudi sur le marché à terme de Chicago, affectés par un nouveau recul de la Bourse de Shanghaï, une telle nouvelle augmentant les inquiétudes des investisseurs.
La Chine est l'un des principaux acheteurs de céréales aux Etats-Unis, et surtout de graines de soja.
La Bourse de Shanghaï a accusé une forte baisse jeudi, l'indice composite de ses principales valeurs terminant en repli de 2,91%, alors que la place chinoise avait déjà plongé de près de 9% mardi, sa plus forte baisse depuis dix ans. Shanghaï s'était repris mercredi et avait progressé de 3,94%. Selon les courtiers, le marché, qui a gagné 130% en 2006, devrait rester volatil.
La nouvelle a une nouvelle fois inquiété les investisseurs, d'autant plus que des rumeurs de marché font état de l'annulation des départs vers la Chine d'au moins deux bateaux devant transporter des graines de soja .
La Chine est à la fois un grand pays producteur de blé (env. 92 millions de T/an) et consommateur (plus de 110 millions de T/an). Chaque année, pour faire face à cette forte demande, elle importe une quantité importante de blé depuis le marché mondial.
En 2006, la Chine a produit plus de 490 millions de t de céréales, soit une faible hausse de 1 % par rapport à 2005, mais qui représente une croissance de la production pour la 3e année consécutive. Le pays pourrait faire face à un manque de céréales de 4,8 millions de tonnes en 2010, soit près de 9 % de la consommation des céréales du pays.
Des ventes hebdomadaires décevantes, notamment pour le maïs ont pu également conduire les cours à la baisse. Durant la semaine achevée au 22 février, les ventes américaines de maïs ont atteint 318.800 tonnes, quand les analystes tablaient sur des ventes de maïs comprises entre 600.000 et 800.000 tonnes. Le blé pour livraison en mai, nouveau contrat de référence, a clôturé en baisse de 9 cents à 4,79 dollars le boisseau. Le contrat de maïs à échéance en mai a perdu 7,50 cents à 4,28 dollars. Le soja pour livraison en mai a perdu 25,50 cents à 7,62 dollars. L'huile de soja et les tourteaux de soja ont terminé en baisse.
Sources : AFP
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Natixis : "La chute de la Bourse de Shanghaï n’est pas le prélude à une récession mondiale"
La Bourse de Shanghaï a perdu, mardi 27 février, 10% en une seule séance, entraînant la chute des marchés à travers le monde, en particulier à New-York et à Paris. Les indices n’avaient pas subi un mouvement de cette ampleur depuis le 11 septembre 2001. Spécialiste de l’Asie et économiste à Natixis (KN), Hervé Liévore, se veut rassurant.
Capital.fr : En fin d’année dernière, des gérants redoutaient une correction sur le marché chinois. Pourquoi a-t-elle atteint une telle ampleur selon vous ?
Hervé Liévore : Il faut d’abord rappeler que la Bourse de Shanghaï a connu une période de baisse à partir de juillet 2001. Elle s’est prolongée jusqu'à la mi-2005, c’est-à-dire bien après le début du rebond de la quasi-totalité des autres places financières. Du coup, le rattrapage à été violent : l’indice de la Bourse de Shanghaï s’est envolé de 130 % en 2006 après une baisse de plus de 50 % sur les quatre années précédentes. Les introductions de grandes entreprises se sont multipliées, en particulier celle de la banque ICBC, provoquant un afflux de liquidités sur un marché qui reste étroit. Or, ce type de marché est très vulnérable au retrait des investisseurs institutionnels.
Capital.fr : Justement, qu’est-ce qui a provoqué leur départ ?
Hervé Liévore : Il semblerait que les autorités chinoises veuillent adopter des mesures afin de calmer la hausse du marché boursier. C’est ce qui a vraisemblablement provoqué le retrait des investisseurs. Il faut dire que 2007 est une année des plus stratégiques pour les autorités chinoises car le Bureau politique du parti communiste doit se réunir à partir d’octobre pour renouveler ou non le mandat de l’actuelle équipe gouvernementale. Dans l’intervalle, le pouvoir politique va tout faire pour éviter une crise. Pékin a déjà durci son contrôle sur les potentats locaux qui jusqu’ici avaient les coudées franches.
Capital.fr : Pékin craint une chute de la Bourse ?
Hervé Liévore : Les autorités chinoises n’ont en fait que peu d’intérêt pour les marchés financiers. Il est important pour Pékin que les capitaux dégagés par l’activité des entreprises continuent d’assurer leur développement économique et ne soient pas dirigés vers la Bourse à des fins spéculatives. Ainsi, Pékin veille, par exemple, à ce que les grands groupes chinois cotés en Bourse ne distribuent que de très faibles dividendes.
Capital.fr : Faut-il craindre une contagion aux autres places financières à travers le monde ?
Hervé Liévore : Non. D’abord, après l’envolée des cours à Shanghaï, une correction était normale. Ensuite, la répercussion du mouvement de baisse me semble plutôt liée à une panique des actionnaires. Après quatre années de hausse ininterrompue, ils savent tous que les marchés sont à des niveaux élevés. Ils s’observent tous et attendent le signal qui déclenchera le mouvement de prise de bénéfices. La chute de Shanghaï n’est qu’un prétexte.
Capital.fr : Tout de même, ne doit-on pas craindre un retrait des capitaux chinois du marché américain, mouvement qui entraînerait à son tour une hausse des taux d’intérêt qui pourrait briser la croissance aux Etats-Unis ?
Hervé Liévore : Non. La Banque Populaire de Chine détient des bons du Trésor américain en raison de leur faible risque. Elle ne va pas les vendre pour rapatrier ses capitaux. En revanche, les indicateurs économiques aux Etats-Unis sont plutôt contradictoires et les déclarations d’Alan Greenspan sur une possible récession et les risques dans l’immobilier sont à surveiller de près. Toujours est-il que le ralentissement des Etats-Unis n’affecte pas les économies asiatiques pour le moment.
Capital.fr : La zone reste-t-elle encore propice aux investissements ?
Hervé Liévore : Oui. Si on met de côté la Chine dont les gains de parts de marché se stabilisent et dont la Bourse est chère. Des pays comme la Malaisie et l’Inde apparaissent comme beaucoup plus propices aux investissements étrangers. Leur Bourse est moins chère et, dans le cas de l’Inde, les marchés financiers beaucoup plus profonds et liquides, donc stables.
01 mars 2007 à 23:152
27 février, mardi noir à Pékin chez les boursicoteurs
J'ai perdu 100 000 yuans (10 000 euros) en une seule journée. Je n'aurais jamais cru que les cours puissent s'effondrer si rapidement !", se désole M. Liu en tirant nerveusement sur sa cigarette à l'entrée d'une maison de courtage de Pékin. "Je pense que cela va continuer à baisser", redoute ce retraité qui avait investi une grande partie de ses économies dans une entreprise de high-tech. Les petits porteurs ont été les plus touchés par le "mardi noir", qui a vu s'écrouler la Bourse de Shanghaï : le 27 février, la plus grande place financière de Chine continentale a perdu près de 9 %.
Mais 2006 avait été une année record, Shanghaï ayant progressé de 130 % ! C'est cependant la première fois qu'un "séisme" boursier chinois fait plonger les places occidentales.
En ce jeudi pluvieux pékinois, la foule se presse à l'intérieur de l'une de ces petites maisons de courtage qui ont essaimé dans les villes chinoises. Installée dans une maison traditionnelle au toit de tuiles recourbées le long d'une grande artère du centre historique de la capitale, cette agence permet aux boursicoteurs de suivre sur des écrans les fluctuations des cours. Certains pianotent sur des terminaux d'ordinateurs pour effectuer leurs opérations boursières.
La plupart sont des retraités, ou même des chômeurs, pour lesquels ce lieu semble aussi être un espace convivial : un groupe d'hommes joue ainsi aux cartes sur une feuille de plastique posée à même le sol tout en surveillant d'un oeil les écrans...
"Je boursicote depuis 1990, mais je n'ai jamais gagné beaucoup, remarque Mme Wang, jeune retraitée d'une entreprise de télécommunications. Le fait que la Bourse ait chuté n'est pas si terrible : la loi du marché suppose que des moments de prospérité alternent avec des périodes de repli. Mais j'ai confiance dans le développement de l'économie chinoise."
"Aujourd'hui, c'est vrai, les gens sont un peu moroses, normal", intervient M. Zhang, courtier d'assurances à la China Pacific, une entreprise qui vient aujourd'hui d'être cotée en Bourse. Lui aussi fait preuve d'un solide optimisme à l'égard de l'avenir du marché : "Avant, les Chinois gagnaient de l'argent dans le petit commerce, maintenant ils investissent dans la Bourse et c'est très bien !"
"EFFET YO-YO"
La nature du marché chinois explique pourquoi ce sont surtout les "petits" qui ont bu le bouillon amer de mardi : 4 entreprises monopolisent 40 % des cotations, la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), la Banque de Chine, la China Life, une compagnie d'assurances, et la Sinopec, l'un des fleurons de l'industrie pétrolière chinoise. "Leurs cours n'ont pas bougé mardi ou à peine", relève un expert étranger à Pékin, qui précise : "Ce sont en fait des rumeurs sur la taxation des transactions circulant ces derniers jours qui ont déclenché un vent de panique chez les petits porteurs."
La proximité du début de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), qui s'ouvre lundi, a servi de facteur aggravant, remarquent des analystes : on s'attend que des mesures soient prises pour assainir les marchés, empêcher la surchauffe de l'économie et se prémunir contre la formation d'une bulle financière dont l'explosion ruinerait des millions de personnes dans la Chine du "miracle".
Mercredi, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a lancé un appel au calme, déclarant que "la tâche principale des marchés financiers est d'améliorer et de promouvoir le développement sain des institutions financières". Il a ajouté qu'il entendait franchir une "nouvelle étape" dans les réformes de ce secteur en précisant que ces dernières devraient être "progressives."
Un autre expert explique à ce propos que "le gouvernement n'a aucun intérêt dans l'affaissement de la Bourse mais est en même temps conscient que les indices doivent dégonfler", remarque en écho l'économiste de la Standard Chartered à Shanghaï, Stephen Green, cité par l'AFP.
La capitalisation des deux Bourses de Shanghaï et de Shenzhen pèse 1 500 milliards de dollars et la perte des petits porteurs ne se chiffrerait pas à plus d'une vingtaine de milliards. La somme est non négligeable mais doit tout de même être relativisée par rapport au 2 000 milliards de dollars de l'épargne nationale...
Après avoir repris 3,94 % mercredi, la Bourse de Shanghaï a replongé de 2,91 % jeudi. On s'attend ainsi que la progression foudroyante de 2006 laisse désormais la place à un "effet Yo-Yo" durable.
01 mars 2007 à 23:173
merci beaucoup pour toutes ces infos, elles sont plus que nécessaires pour pouvoir apprehender la situation a actuelle.
01 mars 2007 à 23:204
Les Bourses chinoises s'envolent avec la bénédiction de Pékin et le soutien des étrangers (LE MONDE 19.02.2007)
Un méchant coup de fil matinal faillit interrompre la tournée des boutiques de luxe entreprise par un riche promoteur hongkongais de Shanghaï en Europe, le 16 janvier : celui qui lui annonçait l'instauration, par le fisc chinois, d'une taxe de 30 % à 60 % sur les plus-values issues de la vente d'appartements neufs pour les promoteurs immobiliers. "La secrétaire a appelé, paniquée, mon patron depuis Shanghaï. On a fait les calculs. Ce n'était pas joli !", se souvient l'assistant.
Depuis, les promoteurs, dont les valeurs en Bourse ont dévissé, tentent d'obtenir un sursis. Dans le même temps, Shanghaï essaie de récupérer les sommes englouties par ses fonds de pension dans la construction ces dernières années. A en croire la presse chinoise, peu ont résisté à la tentation.
Ces derniers temps, le secteur de l'immobilier est un peu "empêché" à Shanghaï et à Pékin. Le gouvernement y a imposé des restrictions à l'achat d'appartements par les étrangers pour y limiter l'afflux de fonds spéculatifs. Du coup, ce sont les marchés financiers qui prennent le relais : après 130 % de croissance en 2006, les principaux indices de Shanghaï et Shenzen sont repartis à la hausse malgré une violente correction de fin janvier.
En déclarant au Financial Times lors d'un forum à Dubaï, que seuls 30 % des entreprises cotées à Shanghaï "sont de bons choix d'investissement selon les standards occidentaux", mais que "70 % risquent de faire perdre de l'argent à ceux qui investissent dedans", Cheng Siwei, le vice-président de l'assemblée nationale populaire, a provoqué un mini-krach et révélé les préoccupations de Pékin face à l'engouement retrouvé des Chinois pour la Bourse. "Quand le marché monte, les gens investissent de manière irrationnelle, tout le monde pense gagner de l'argent, beaucoup en perdent", avait poursuivi l'officiel, qui, depuis, a nuancé ses propos dans la presse locale.
Plusieurs éléments alimentent le regain récent d'optimisme : Ping an, le deuxième assureur chinois, devrait être introduit en Bourse le 1er mars. En janvier, China Life, son rival, en a fait autant et a vu son action quasiment doubler le premier jour de l'opération.
Parce qu'ils bénéficient d'un soutien public implicite, ces appels d'air sont vus par les épargnants chinois comme des paris gagnants : au lieu de les inciter à lever des fonds à Hongkong ou à l'étranger, le gouvernement demande aujourd'hui aux "valeurs sûres" de l'industrie et de la finance d'entrer aussi sur les marchés locaux afin de les stabiliser.
Au point que le volume des introductions en Bourse à Shanghaï pourrait dépasser, en 2007, celui de Hongkong. PriceWaterhouseCoopers et Ernst & Young prévoient que de 25 milliards à 35 milliards de dollars (jusqu'à 27 milliards d'euros) seront levés à Shanghaï dans l'année.
Enfin, la réforme de la structure de propriété des actions par l'Etat, lancée en 2006, est étalée sur trois ans : "Près de 55 % des actions des sociétés cotées restent non échangeables (66 % auparavant). Mais cela signifie qu'il n'y aura pas de liquidation excessive. La reprise des marchés est une formidable aubaine pour le gouvernement, elle a permis de renflouer les courtiers, de consolider les marchés de capitaux chinois, qui, ignorés il y a peu, sont devenus la toute dernière lubie des analystes du monde entier", explique Fraser Howie, auteur de Privatizing China, ouvrage de référence sur les marchés chinois.
"L'Etat tient à éviter toute évolution violente, mais personne ne croit qu'il mettra fin à cette grande fête, qui bénéficie à trop de monde pour que ça s'arrête. Il y a donc des chances pour que la hausse se poursuive", poursuit-il.
Fraser Howie trouve regrettable que les investisseurs soient plus motivés par la perspective d'un gain à court terme que les performances des entreprises. Conséquence, "la Bourse a en fait très peu d'impact sur le management des sociétés en Chine. La tentation est tellement grande que les banques, qui sont censées se restructurer, continuent de violer les règles, car la possibilité de "faire de l'argent" est tout simplement trop forte".
Limités en Bourse à un quota de 9,5 milliards de dollars (soit 10 % des titres échangeables), les investisseurs étrangers sont de fait trop faiblement représentés pour faire la différence. Il s'agit là d'une mauvaise nouvelle pour un "capitalisme chinois" qui peine toujours à s'amender.
01 mars 2007 à 23:54Ajoutez un commentaire
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