La chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté jeudi la demande de non-lieu présentée par les deux personnes (l'une physique, l'autre morale) mises en examen dans la catastrophe de l'usine AZF en 2001, à savoir Serge Biechlin et la société Grande Paroisse (Total).
Ces demandes de non-lieu avaient été présentées par l'ancien directeur de l'usine AZF, et le propriétaire de cette dernière, “seuls mis en examen dans le dossier de la catastrophe, qui a fait 30 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001”. Joliment tournée cette phrase de l'AFP, et qui inconsciemment ou non en dit long sur l'évolution des mentalités autour de la catastrophe.
Car si les “anticapitalistes” tirent à bouler rouge sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un groupe industriel ou financier côté en bourse, de nombreuses interrogations reviennent à la surface désormais, et le scénario d'un accident industriel, impliquant qui plus est, uniquement le groupe pétrolier TOTAL est soumis à questionnement. Ainsi si des négligences non négligeables ont pu être constatées tout au long de la procédure, la récente arrestation d'islamistes dans la région toulousaine pourrait relancer la "piste volontaire".
La chambre de l'instruction a jugé "irrecevables" les demandes de non-lieu, a indiqué à l'AFP Me Stella Bisseuil, avocate de l'association des familles endeuillées, qui s'est déclarée "satisfaite de la décision prise". "Nous considérons que la société Grande Paroisse et Total font flèche de tout bois pour perturber le cours de la justice", a ajouté l'avocate.
Me Daniel Soulez-Larivière, défenseur de M. Biechlin et de Grande Paroisse, a pour sa part indiqué que la chambre de l'instruction avait estimé que les demandes de non-lieu "n'étaient pas recevables pour des raisons techniques et procédurales". Interrogé s'il allait former un éventuel pourvoi de cette décision, Me Soulez-Larivière a déclaré: "Je ne sais pas, ce n'est pas capital".
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse, saisie d'une demande de nullité de certaines procédures, a également annulé jeudi plusieurs pièces figurant au dossier, dont des lettres échangées entre la défense et ses clients et une expertise technique effectuée par un laboratoire de police. "Il n'y a là rien de décisif sur le sort du dossier", a affirmé Me Soulez-Larivière. Je pense toutefois que le peu de journalistes d'investigation qui demeurent encore investis du dossier – l'équipe de Valeurs Actuelles ayant été récemment “neutralisée” - ne vont pas tarder à fouiller cet élément.
La même chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse doit se prononcer le 26 avril sur une trentaine de demandes d'actes concernant des domaines divers allant de la piste de l'acte volontaire à des demandes de reconstitutions ou d'expertises diverses.
Nous reviendrons au plus tôt sur cette piste dite "volontaire" – n'en déplaise à Bellacio qui a fustigé Charlie Hebdo dès parution du dossier établi pour les 5 ans de la catastrophe et envisageant cette possibilité – car de nombreux éléments pousseraient en “faveur” de cette hypothèse, ne remettant pas toutefois en cause les récentes révélations de Jean-Christian Tirat ex-journaliste de Valeurs Actuelles, basées sur des éléments factuels, faisant état de dysfonctionnement sur le site chimique de SNPE/Isochem que seule la Garonne – et un tuyau de phosgène – sépare de l'usine AZF voisine. (cf.photo).
Source : AFP
A lire également :
. Sarkozy: le ministre de l'Intérieur méconnaît Al Qaida
. AZF : la justice pressée d'en finir
. AZF : des négligences non négligeables

28 Commentaires
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Aggrandissez la photo ... c'est assez édifiant ...
15 mars 2007 à 22:44d'un cote Grande Paroise-usine AZF , de l'autre la SNPE qui n'aurait rien eu ....
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Le phosgène n'est pas un carburant de la fusée Ariane et le tuyaux qui enjambait la Garonne était destiné à livrer ce gaz utilisé dans de nombreuses applications de chimie fine à l'usine Tolochimie, située au sud du pôle chimique et aujourd'hui totalement démentelée
16 mars 2007 à 10:52Cordialement
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Toulouse : un peu de chimie, mais sans phosgène L'HUMA 06/07/2002
Le gouvernement autorise un redémarrage partiel du pôle chimique.
Les faits
1. La décision gouvernementale.
Lundi matin, Jean-Pierre Raffarin a donné son feu vert pour une reprise partielle des activités sur le pôle chimique toulousain. Toutes avaient été immédiatement stoppées par décision préfectorale quelques heures à peine après l’explosion d’AZF qui, le 21 septembre dernier, a ravagé et endeuillé toute la zone sud de la Ville rose. Cette autorisation de réouverture, qui doit être encore avalisée par le comité départemental d’hygiène, reste cependant très limitée puisque le premier ministre a interdit la production et l’utilisation du phosgène, très largement employé dans les productions des unités du groupe public SNPE et de ses filiales (Tolochimie, Isochem) installées sur le site.
2. Une reprise très limitée
Sans phosgène, la SNPE ne pourra redémarrer qu’environ 30 % de ses activités, essentiellement à travers la production de carburant pour la fusée Ariane et les satellites. Les perspectives d’avenir semblent encore plus réduites pour l’unité Tolochimie, spécialisée dans l’agrochimie, et dont l’activité repose à 90 % sur le phosgène. Les installations de la SNPE ont pourtant pleinement résisté à la déflagration, comme ont normalement fonctionné les dispositifs de sécurité. La décision gouvernementale, qui intervient après neuf mois de vifs débats dans l’opinion publique, ne rassure en définitive personne. Ni " Plus jamais ça ", le collectif d’opposants à toute production chimique sur le pôle, qui aurait souhaité un arrêt définitif. Ni les salariés de la chimie et leurs syndicats qui craignent que l’interdiction du phosgène ne se traduise par d’importantes réductions d’emplois sur le site, et même, à terme, par une disparition de la chimie toulousaine.
Les questions
1. Peut-on se passer de phosgène ?
D’après les chimistes, il ne peut pas être encore remplacé par des produits de substitution étudiés depuis une quinzaine d’années. Le gaz phosgène - il s’en produisait à Toulouse 1 % des 2 millions de tonnes utilisées mondialement - était essentiellement employé sur ce site pour la fabrication de verres d’optique de grande qualité ; de fongicides, herbicides et pesticides pour l’agriculture ; puis pour la pharmacie de médicaments très actifs employés pour lutter contre le sida, la thrombose, l’obésité... L’interdiction du phosgène à Toulouse ne permet pas pour autant de répondre aux préoccupations globales de sûreté. Sa production et son utilisation peuvent être délocalisées vers des pays et des sites où la sécurité est encore moins assurée.
2. Que vont devenir les emplois ?
Après la décision du groupe TotalFinaElf de fermer AZF (sur 450 salariés, 174 bénéficieraient d’un départ anticipé, et 80 seraient mutés), l’annonce par Jean-Pierre Raffarin d’une reprise très limitée des activités ne lève pas les inquiétudes sur tous les autres emplois. Bien au contraire, les syndicats chiffrent à 400 (sur les 620 que totalisent la SNPE, Tolochimie et Isochem) le nombre de postes qui pourraient directement être mis en cause. Sans compter les incidences sur la sous-traitance, la recherche et la formation.
Notre conclusion
Tous les enseignements auront-ils été tirés du drame de Toulouse avec trente morts, deux mille cinq cents blessés, des dizaines de milliers de sinistrés, pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus ? Neuf mois plus tard, on peut malheureusement en douter. Les engagements et les dispositifs pour assurer à Toulouse, comme partout ailleurs, une meilleure politique de sûreté industrielle n’ont guère avancé. Que ce soit pour l’obtention de droits nouveaux pour les salariés et leurs organisations, comme pour les associations de riverains. Ou pour imposer aux entreprises d’autres règles de gestion qui privilégient la sécurité industrielle pour tous et l’emploi et non, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui, la recherche prioritaire de rentabilité financière.
Alain Raynal
16 mars 2007 à 11:014
@ JCT :"le tuyau qui enjambait la Garonne était destiné à livrer ce gaz utilisé dans de nombreuses applications de chimie fine à l'usine Tolochimie, située au sud du pôle chimique et aujourd'hui totalement démentelée" --> je n'ai jamais dit le contraire
16 mars 2007 à 11:055
Ex trait de Wikipedia sur phosgène
Lors de la catastrophe de l'usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001, un suraccident majeur a été évité de peu, une conduite entre AZF et la Société nationale des poudres et des explosifs (SNPE) contenant du phosgène ayant résisté à l'explosion toute proche.
16 mars 2007 à 11:07merci de recentrer désormais le débat au lieu de se quereller sur des éléments d'expert ;)
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Le but est en effet de faire comprendre - en dehors de Toulouse - que ll'usine AZF n'est pas isolée aux fins fonds de la campagne mais fait partie d'un ensemble pôle chimique
Si on veut élargir le débat et la connaissance du dossier, arretons de voir les choses en se plaçant uniquement du cote de Toulouse
16 mars 2007 à 11:18Le blog prône l'esprit d'ouverture , et j'y tiens.
cf.
egalement
http://www.greenpeace.fr/campagnes/toxiques/risques/toulouse11.php3
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Alors que les parties civiles demandent toujours un audit sur la sécurité de l'usine et un examen de la "chaîne de responsabilité" remontant jusqu'à Total, la société Grande Paroisse, sa défense ainsi que d'anciens salariés de l'usine regroupés dans l'association AZF Mémoire et solidarité, contestent toujours les conclusions de l'accident chimique et évoquent "d'autres pistes", notamment celle "des phénomènes précurseurs".
En cas de rejet des différentes demandes d'actes par les juges, aucun complément d'enquête ne sera diligenté.
Le rendez-vous du 26 avril, qui décidera de la continuation de l'instruction ou de son arrêt, devrait ainsi conditionner la date du futur procès de la catastrophe industrielle de l'usine AZF. AP
16 mars 2007 à 12:198
"merci de recentrer désormais le débat au lieu de se quereller sur des éléments d'expert ;)" Loin de moi l'idée de "querelle" ni même de plolémique, je regrette que vous ayez ainsi interprété des propos qui visaient seulement à préciser, car c'est important, voire fondamental, que le phosgène n'est pas un carburant (ni un comburant) d'Ariane. Désolé que cette précision vous ait froissée. Avec mes excuses, Cordialement
16 mars 2007 à 17:149
Je déplore cette décision à l’encontre du Directeur d’AZF, mais malheureusement elle était prévisible. Mr Biechlin reste le seul salarié mis en examen, alors que si l’on en croit la thèse officielle avec le mélange involontaire de DCCNa et de Nitrate comme étant à l’origine du sinistre, la personne qui a effectué cette manipulation, d’après les experts, bénéficie, elle, d’un non-lieu (ce dont je me félicite, car je ne crois absolument pas à ce scénario !!!). Tout cela n’est vraiment pas clair et j’aimerai comprendre le cheminement de pensé du Juge car tout ceci n’est pas logique non plus !!!
16 mars 2007 à 18:5910
"Mr Biechlin reste le seul salarié mis en examen, alors que si l’on en croit la thèse officielle avec le mélange involontaire de DCCNa et de Nitrate comme étant à l’origine du sinistre, la personne qui a effectué cette manipulation, d’après les experts, bénéficie, elle, d’un non-lieu " ... c'est vrai , pas très logique comme décision , mais bien symptomatique de la façon avec laquelle la justice traite le pb.
16 mars 2007 à 19:31il faut un coupable, point , ce sera mR Biechlin ... en tout cas, c'est un peu l'impression que cela donne.
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@JCT : effectivement , j'ai pris votre remarque ... non pas comme une précision mais comme une critique à mon égard, et je vous remercie très sincèrement pour vos excuses.
Il est vrai que la pratique assidue du blog ne favorise ne favorise pas le repos des nerfs ;)
et que mon esprit habitué à synthétiser des infos plus de 3 heures par jour ... à fait quelques synthèses un peu "rapides" , la nuit aidant.
En effet :
. la SNPE est "connue" des Toulousains pour produire en particulier le acrburant d'Ariane : propergol
. mais le tuyau contient lui du phosgène
donc en fait, bien au moins 2 risques majeurs présents sur le site... et qui pousseraient à faire "l'amalgame" que le phosgène serait le carburant d'Ariane,
ce qui est faut ... mais que l'effroi provoqué par la constatation de tels concomitances des risques (renforcés par le voisinage des 2 produits et de l'usine AZF)
pourrait justifier .. sous une forme de lapsus significatif ou de méthode qué :)
Comment a t 'on pu autoriser un tel "amalgame" des risques ?
16 mars 2007 à 19:44De nombreuses entités de la SNPE et d'AZF fabriquent à elles toutes seules des produits dangereux , alors quand on les rassemble sur un même pôle chimique ..
Si ce n'est le danger que cela représente intrasèquement, cela constitue tout de même une proie de choix pour des personnes mal intentionnées.
Si maintenant, l'arret de la fabrication de l'un de ces produits sert les interets de quelques uns, on est droit d'imaginer la suite ...
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Sur propergol , tiens justement ...
Par Jean Etienne, Futura-Sciences, le 12/03/2007
Carton plein pour le lanceur lourd européen Ariane 5, qui a réussi sa mission dimanche 11 mars 2007 en plaçant en orbite les satellites Skynet 5A et INSAT-4 B depuis le centre spatial européen de Kourou (Guyane française).
Le lancement, d'abord prévu pour la veille, avait été reporté en raison d'une défaillance relevée, non au niveau du lanceur, ***mais du dispositif mettant automatiquement en route le système de refroidissement de la structure au moment de l'allumage des moteurs de l'étage principal et de ses accélérateurs à propergol solide.**** A ce moment en effet, ce sont des trombes d'eau qui sont déversées sur la plate-forme, non seulement afin de protéger la structure (tour et carneau) du déluge de feu produit par les moteurs, mais aussi d'amortir le bruit, et l'onde de choc induite également susceptibles de provoquer des dégâts structurels.
16 mars 2007 à 19:4713
SNPE TOULOUSE
La production de l'ergol MMH pour l'étage à propergol stockable (EPS) ainsi que pour les étages d' Ariane 4 a démarré à Toulouse depuis 1984 dans l' usine de la SNPE la société nationale des poudres et explosifs pour le tir V10.
La décision de produire de l'UDMH français pour Ariane remonte à 1976, mais le CNES et la Direction des Poudres de l'époque y avaient en fait déjà pensé depuis 1962. Pourtant, le projet n'avait jamais pu aboutir, d'abord par suite des difficultés techniques, puis faute de disposer d'un procédé économique et inoffensif. Le vieux procédé Raschig utilisé couramment à l'étranger a en effet le grave défaut d'être cancérigène. Ce qui avait d'ailleurs fait brutalement fermer en 1973 la seule usine de production américaine qui produisait alors d'énormes quantités d'UDMH pour les fusées Titan.
Les USA durent améliorer le procédé pour reprendre la production. Mais cela fit monter les prix. L'UDMH s'achète en 1983 ainsi à environ 50 F/kg an URSS, 60 F/kg en Chine et beaucoup plus cher encore aux USA. L'UDMH français produit à Toulouse coûtait alors environ 70 F/kg, ce qui en fit pourtant la production la plus économique d'UDMH selon un procédé non-cancérigène.
L'UDMH français est en fait le fruit d'une longue recherche et d'une coopération exemplaire entre le CNES, le CNRS, la SEP et la SNPE qui menaient des études sur le sujet depuis 1961. C'est une variante du procédé Raschig, mais beaucoup plus pure (à 98 %) et dépourvue d'agent cancérigène (nitrozamine), qui a été mise au point en France et testée d'abord sur une autre unité pilote par la SEP et Chimie Developpement Industriel, avant que l'industrialisation ne soit confiée en 1980 à la SNPE qui a investi 44 millions de F dans la construction de l'usine UDMH de Toulouse. Cette unité de production très automatisée a été mise en oeuvre dans les délais prévus,. Elle a été achevée en mars 1983 et la production, très automatisée (20 personnes se relayant 24 h /24), a démarré en mai 1983.
16 mars 2007 à 20:00Les besoins prévus pour les lanceurs européens étaient d'environ 70 à 80 tonnes par tir dans la version Ariane 1 et environ 120 tonnes par tir avec la nouvelle fusée Ariane 4.
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le 21 juillet 2006 Valeurs Actuelles publiait un dossier sur l'hypothèse UDMH. Un encadré sur l'histoire du produit complétait cet article, il n'a cependant pas été joint au dossier que VA a mis en ligne sur son site web. En voici la copie:
UDMH: qu’en disent les spécialistes ?
Nous avons tout d’abord consulté les fiches de l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention (INRS) et l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS). Elles confirment la forte inflammabilité de l’UDMH et son explosivité à partir d’un seuil de 4,7% dans l’air, ou au contact de métaux oxydés …de nitrates !
Le seuil de toxicité aiguë est souligné avec des risques létaux élevés ainsi que des risques irréversibles de cancers du foie, du colon, des poumons et de leucémies.
Nous avons ensuite rencontré un spécialiste militaire des « Engins Explosifs Improvisés » (EEI). Il confirme en tous points nos soupçons. Sans révéler des détails qui contreviendraient à la loi Perben II, il nous a quand même précisé que la mixture Hydrazines-Nitrate d’Ammonium produit des détonations dont la vitesse de 13.760 Km/seconde est 20% supérieure et deux fois plus puissante que le TNT. De plus, elle « cratérise »
Qu’en disent les industriels ?
Nous avons joint un responsable de l’entreprise Arkema, cette filiale de Total qui fournit à la SNPE de l’hydrate d’hydrazine, qui contient donc de l’eau. A ce stade, la molécule serait un peu moins dangereuse. Mais Arkema ne connaît pas la dyméthylhydrazine assymétrique (UDMH). C’est une exclusivité SNPE, nous a t’il affirmé . Quand nous avons évoqué l’Astrolite, nous eûmes le sentiment d’avoir à faire à un cultivateur qui aurait un champ de pavot pour les graines destinées à la pâtisserie et qui découvrirait que son voisin en fait de l’héroïne !
Nous nous sommes alors tournés vers Armand Lattes, le président de la Société Française de Chimie qui travaille à Toulouse et demeure persuadé qu’il y eut plusieurs explosions le 21 septembre 2001. Monsieur Lattes fut signataire en 2005 de la pétition réunissant plus de 300 spécialistes qui protestaient contre la thèse officielle de l’impossible mélange NA + DCCna. Il ne connaît pas cette molécule mais notre hypothèse lui parut suffisamment digne d’intérêt pour qu’il nous dirige vers le « labo hydrazine » de l’université Claude Bernard de Lyon-1. Ce laboratoire est dirigé par le professeur Henri Delalu, le « père » de l’UDMH française. En 1977, il lui consacra sa thèse de doctorat en chimie organique.
VA : Quelle est la génèse de l’UDMH française ?
Pr. H. Delalu : Dans les années 70, la fusée Ariane était tributaire de l’UDMH soviètique. Cette situation ne pouvant plus durer nous avons mis au point, en partenariat avec le CNRS et la SNPE-ISOCHEM de Toulouse, un procédé de production ‘’propre’’ dérivé de la classique « synthèse Raschig » à partir de l’eau de Javel (le chlore. ndlr) Notre procédé est moins cancérogène car il ne contient pas de nitrosamines. (un « accélérateur » de réaction chimique, issu des nitrites …et des nitrates, hautement cancérogène selon l’OMS. On le retrouve en particulier dans les cigarettes. C’est aussi un « assouplissant » du caoutchouc …des préservatifs et de certaines prothèses médicales souples. ndlr) La molécule d’UDMH française est la meilleure au monde et nous allons la développer aux USA pour le programme spatial Constellation.
VA : A quoi sert t’elle exactement ?
Pr H. Delalu : plus de 20% des molécules du marché font appel au « précurseur » hydrazine ; elles sont partout ! elles sauvent des milliers de vies chaque année. Par exemple l’anti-diabétique Diamicron de la société Servier est produit à l’aide d’UDMH, comme l’Accompila, un anti obésité utile à la lutte contre le tabagisme qui sera prochainement distribué.
VA : et dans la propulsion des fusées, les propergols produits à Toulouse ?
Pr H. Delalu : Dans ce cas, on utilise des hydrazines anhydres, ne contenant pas d’eau. Elles sont « sous embargo » et il faut une autorisation au plus haut niveau (gouvernemental. ndlr) pour en détenir. Seule la SNPE de Toulouse en produit. Elle en détenait des stocks énormes quand survint la catastrophe d’AZF, ce qui explique pourquoi le programme Ariane n’eut pas à souffrir des conséquences de l’arrêt momentané de sa production.
Puis le professeur se lance dans un long plaidoyer en faveur de la SNPE, et c’est normal. Il met en avant le fait que cette usine « n’a pas subi de dégâts majeurs » qu’elle fut immédiatement mise en sécurité. La preuve : « ils ont été récemment décorés pour avoir « sauvé Toulouse »
VA : Justement, à propos de la catastrophe de Toulouse que pensez vous de l’hypothèse d’un mélange UDMH-nitrates qui aurait pu exploser, par exemple dans une tour de prilling !
Pr. H. Delalu : c’est impossible ! c’est un mélange non hypergolique c’est à dire qui ne s’enflamme pas.
Ah ?
VA : Pourtant il semble que ce soit justement le mélange de l’Astrolite
Pr. H. Delalu : Je ne connais pas ce mélange, mais je sais que combiné à l’azide d’hydrazinium, il y à beaucoup d’azote et que c’est très énergétique (l’azide , est un dérivé de l’azote extrêmement toxique. Exemple d’utilisation : l’azide de sodium, utilisé dans la chaîne explosive des air bags ; encore une spécialité de la SNPE.ndlr) Vous devez donc parler là de nitrate d’hydrazinium. Il existe aussi le chlorate d’hydrazinium, le perchlorate d’hydrazinium (le perchlorate est aussi fabriqué sur le site d’SNPE Toulouse ndlr) ces produits sont mieux connus des spécialistes en explosifs et des fabricants de feux d’artifices qui les utilisent beaucoup.
Des fabricants de feux d’artifice ! dont le chef de file des experts fut directeur de laboratoire du principal d’entre eux, basé à Muret à 10 km de Toulouse. L’expert ne pouvait donc pas ignorer l’importance de rechercher des traces d’astrolite dans l’hypothèse « volontaire » d’un Engin Explosif Improvisé. Or il n’en fut rien. Comme il s’opposa aussi, parce qu’il trouvait cela « loufoque » à la recherche d’UDMH sur la « piste du gaz » dans l’hypothèse accidentelle ou criminelle .
Décidément l’UDMH, c’est le le Diable et le Bon Dieu !
Après la parution de ce dossier des cadres d'SNPE ont clairement indiqué aux journalistes de VA qu'il n'y avait pas d'UDMH sur le site SNPE le 21 septembre 2001. Pour preuve ? selon eux parce que l'atelier d'UDMH était à l'arret (sous cocon) car l'UDMH n'avait plus raison d'être, Ariane V n'en utilisant pas. Cependant, selon certaines informations, l'ancienne équipe de VA aurait découvert juste avant son éviction l'existance d'une cuve de 17 tonnes d'UDMH Soviètique. Un stock très ancien riche en nitrosamines, donc particulièrement dangereux. La cuve située à l'extrème sur de l'usine, sur le vent des nitrates d'AZF, aurait été enlevée quelques jours seulement avant la venue du juge d'instruction dans l'usine,
17 mars 2007 à 08:56en octobre 2003, lors des reconstitutions électriques...
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Mille mercis pour votre collaboration, Monsieur Tirat, et n'hésitez pas à nous fournir des complements d'infos comme celles-ci , même si elles sont très inquiétantes.
En tout cas, les média et même les agences de presse semblent bcp moins enclins à parler d'accident chimique et font état juste d'une catastrophe.
17 mars 2007 à 11:45Et c'est une avancée de taille pour ceux qui se battent comme vous pour que la vérité emerge enfin... et votre travail n'est certaienemnt pas étranger à une telle prise de conscience.
De plus, les Toulousains ne l'ont pas encore réalisés mais les risques demeurent.
Sans vouloir abuser de votre temps, pouvez vous nous dire quelles productions "à risque" demeurent encore à Toulouse ? ... sans nier cependant , que comme toujours, l'arret de telle production a des conséquences énormes en terme d'emploi. Mais quelles possibilites s'ofrent pour déplacer la production ? Quid de la Guyane ? n'a t on pas en partie déplacé le pb ?
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Pour rappel
17 mars 2007 à 11:47Ariane : le séisme ne remet pas en cause le lancement du satellite militaire
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Egalement cf. CNES
"De nombreux travaux ont été entrepris pour essayer de comprendre l'origine des signaux électromagnétiques observés avant le déclenchement d'un tremblement de terre. Ces phénomènes résultent de la variation de contrainte qui précède le séisme, mais les processus physiques mis en cause ne sont actuellement pas élucidés. Un problème important apparaît si l'on admet que la source d'ondes électromagnétiques se trouve à l'épicentre. Il concerne l'atténuation d'une onde émise dans le sol. Cette atténuation est proportionnelle à exp(-x)"
http://smsc.cnes.fr/DEMETER/Fr/lien3_science.htm
17 mars 2007 à 11:5318
Elisabeth a dit:
17 mars 2007 à 14:55"Comment a t’on pu autoriser un tel "amalgame" des risques ?
De nombreuses entités de la SNPE et d'AZF fabriquent à elles toutes seules des produits dangereux, alors quand on les rassemble sur un même pôle chimique .."
En 1924 quand l'ONIA a été crée sur des terrains appartenant à la PNT (Poudrerie Nationale de Toulouse) pour des raisons stratégiques (éloignement des frontières de l'ennemi de toujours!) toute cette zone était bien loin de l'agglomération Toulousaine de l'époque. Ensuite les usines sont devenues interdépendantes (l'Onia puis APC avant GP fournissait en particulier le CO pour la fabrication du phosgène, de l'Azote, de l'Ammoniac, Snpe après 1985 nous fournissait de l'H2, puis nous avons alimenté Tolochimie en Acide Nitrique...etc.).Le pôle chimique portait bien son nom et les entreprises étaient en partie interdépendantes et complémentaires. Certes il y avait accumulation de fabrications dangereuses mais le savoir faire était grand et la sécurité avait énormément progressé, surtout au cours des dix dernières années.
Pour moi la question n’est pas « Comment a t’on pu autoriser un tel "amalgame" des risques ? » mais « Pourquoi a-t-on laissé la ville s’installer aux portes des Usines ? ».
Toutes les autorités compétentes, Préfecture, Région, Mairie… n’ignoraient rien de ce qui ce passait sur le pôle chimique, chaque nouvelle fabrication faisait l’objet d’une enquête administrative et était soumise à déclaration et /ou autorisation. Connaissant les risques c’est donc eux les responsables de toutes les pertes humaines et des dégâts matériels survenus ce 21 sept 2001 à l’extérieur des Usines !!!. Mais il faut croire que tout le monde y trouvait son compte, la mairie avec les taxes professionnelles, les promoteurs qui achetaient des terrains à bas coût….etc.
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J'avais oublié les taxes professionnelles
quelqu'un c'est il le montant ?
comment se fait il que la vigilnace et la sécurite ont baisse sur le site ?
Comment Darty, Brossette et autres ont eu autorisation, les taxes , toujours les taxes
17 mars 2007 à 18:25et le centre commercial Carrefour Portet - le plus grand centre d'Europe - heureusement totalement epargne .... mais à moins de 3 km , les taxes
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@ Elisabeth Studer
17 mars 2007 à 20:13Vous avez écrit: "Sans vouloir abuser de votre temps, pouvez vous nous dire quelles productions "à risque" demeurent encore à Toulouse ?"
Selon mes informations, je puis notamment citer pour ce qui concerne les propergols, le perchlorate d'ammonium et la monométhylhydrazine (MMH) Ces 2 éléments seraient toujours en production sur le site toulousain d'SNPE; deux éléments en principe tout à fait incompatibles, notamment pour les risques élevés d'explosion quand ils sont mis en contact.
Nous sommes sur ce point confronté à 2 "écoles": l'"étrangère", notamment américaine qui évite de produire des éléments aussi antagonistes sur un même site, et l'"école" française qui considère que le transport de ces matières dangereuses induit un risque plus grand encore et donc, qu'il est préférable de concentrer des productions qui devront de toutes façons se rencontrer à un moment ou à un autre.
Pour ma part, je suis sincèrement incapable de trancher en faveur de l'une ou de l'autre "école".
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Anonyme a dit:
17 mars 2007 à 21:09"Comment se fait il que la vigilance et la sécurité ont baisse sur le site ?"
Je ne suis absolument pas d'accord avec ces propos. La sécurité a toujours été prioritaire sur le site et les personnes qui affirment le contraire sont ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur le site !
Quant à la vigilance il est faut de dire que l’on pouvait rentrer dans l’usine comme dans un moulin. Les accès étaient surveillés, des rondes étaient faites.
Je peux vous affirmer que l’usine GP de Toulouse était l’un des sites les plus en avance au niveau conduite et sécurité des unités de fabrication. Le service Sécurité environnement était certifié ISO 14001 pour sa gestion en matière d’environnement, le service inspection du matériel a été le premier service de la chimie française à être reconnu niveau 2 par la DRIRE…etc
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J'allais oublir de dire...et pourtant c'est notre usine qui à exploser...alors il serait temps de poser les vrais problèmes, de balayer cette thèse officielle de complaisance de mettre ces prétendus expert dans une poubelle et de faire toute la lumière sur cette affaire!!!!
17 mars 2007 à 23:0623
ui, par si on ne peut mettre en cause la sécurite, c'est qu'il faut prendre en compte un autre "élément" ...
18 mars 2007 à 00:0424
Et oui...et si nous revenions à la malveillance ou à l'attentat. Ce ne sont pourtant pas les éléments plaidant dans ce sens qui manquent!!!
18 mars 2007 à 09:2025
"Et oui...et si nous revenions à la malveillance ou à l'attentat. Ce ne sont pourtant pas les éléments plaidant dans ce sens qui manquent!!!"
voir le Monde du 15 mars 2007 qui publie la liste des 31 attentats ou tentatives revendiquées par Khaled Cheikh Mohammed. Or, on découvre un point pour le moins troublant: le seul sur les 31 qui ne soit pas daté et dont l'objectif n'est pas précisé en raison d'une "censure de l'administration américaine" se situe dans un "espace-temps" compris entre le 11.09.2001 et le 22.12.2001...
18 mars 2007 à 12:2026
Impressionnant !!!
18 mars 2007 à 12:42avec mes excuses , de retour parmi vous , après un sérieux coup de chauffe ou virus de mon ordi , heureusement que le portable était là :)
27
C'est encore plus édifiant comme cela :
Détruire des tours, assassiner le pape... : les 31 attentats ou projets
LE MONDE | 15.03.07 | 15h13
Voici la liste des 31 actes ou tentatives terroristes revendiqués par Khaled Cheikh Mohammed lors de son audition à huis clos le 10 mars à Guantanamo :
"J'ai été responsable :
1. de l'opération au World Trade Center en 1993,
2. de l'opération du 11 septembre 2001 de A à Z,
******************
3. [censuré par l'administration américaine],
******************************
4. de l'opération à la "chaussure piégée" [vol Paris-Miami, le 22 décembre 2001],
5. de l'opération à l'île Filka [Koweït, le 9 octobre 2002],
6. de l'attentat à la bombe contre une boîte de nuit à Bali [Indonésie, le 12 octobre 2002],
7. de la planification d'une vague d'attaques contre des gratte-ciel aux Etats-Unis,
8. de la planification pour détruire des navires américains et des pétroliers,
9. de l'étude et du financement de l'opération pour détruire le canal de Panama,
10. de la planification pour assassiner plusieurs anciens présidents américains, dont le président [Jimmy] Carter,
11. de la planification et du financement pour des attentats contre des ponts à New York,
12. de la planification pour détruire la Sears Tower, à Chicago, en incendiant des camions-citernes sous le bâtiment ou près de lui,
13. de la planification de l'opération pour détruire l'aéroport d'Heathrow et Big Ben à Londres,
14. de la planification pour la destruction de boîtes de nuit en Thaïlande,
15. de l'étude pour la destruction de la Bourse de New York,
16. de l'étude pour la destruction de bâtiments dans la ville israélienne d'Eilat en utilisant des avions venant d'Arabie saoudite,
17. de la planification pour la destruction des ambassades américaines en Indonésie, en Australie et au Japon,
18. de la planification pour la destruction des ambassades d'Israël en Inde, en Azerbaïdjan, aux Philippines et en Australie,
19. de l'étude pour la destruction d'un avion de la compagnie israélienne El-Al à Bangkok [Thaïlande],
20. pour envoyer plusieurs moudjahidins en Israël,
21-22. de l'attentat d'un hôtel de Monbasa [Kenya] fréquenté par des voyageurs juifs (28 novembre 2002) et du lancement (le même jour) d'un missile sur un avion d'El-Al ou d'une autre compagnie juive [la compagnie israélienne Arkia] à l'aéroport de Mombasa,
23. de la planification et de l'étude pour frapper des cibles américaines en Corée du Sud,
24. de la fourniture d'un soutien financier pour frapper des cibles américaines, juives et britanniques en Turquie,
25. de la surveillance pour frapper des installations nucléaires aux Etats-Unis,
26. de la planification pour frapper le quartier général de l'OTAN [à Bruxelles],
27. de la planification de l'opération "Bojinka" destinée à détruire douze avions de ligne américains [prévue le 21 janvier 1995],
28. d'une tentative d'assassinat contre le président [Bill] Clinton aux Philippines en 1994 ou 1995,
29. j'ai partagé la responsabilité d'une tentative d'assassinat du pape Jean Paul II durant une visite aux Philippines [13 janvier 1995],
30. de la planification pour tenter d'assassiner le président pakistanais [Pervez] Musharraf,
31. de la tentative de destruction d'une compagnie pétrolière propriété du juif, ancien secrétaire d'Etat, Henry Kissinger, sur l'île de Sumatra, Indonésie."
Article paru dans l'édition du 16.03.07
19 mars 2007 à 10:26Le Monde
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Et bien Jct, on remet discrètement une couche sur la thèse de l'attentat avec en plus l'appui des informations d'un journal qui défend depuis le début la thèse officielle des experts et qui est pourtant en très bon terme avec le frère Soulez-Larivière.
19 mars 2007 à 12:28Ajoutez un commentaire
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