Aéronautique/Energie : coopération Russie-Italie via Sukhoi/ALiena/Enel

PoutineprodiDans le cadre des discussions entre gouvernements de Russie et d’Italie qui se sont tenues mercredi à Bari, un protocole sur la coopération industrielle des deux pays dans la sphère aéronautique a été signé. Cerise sur le gâteau, l’accord a été conclu avec la compagnie italienne Aliena à l’origine de certains déboires impactant les délais de fabrication du Boeing 787.

A noter, comme toujours avec la Russie que des accords gaziers ne sont jamais totalement éloignés des transactions industrielles, le pétrolier italien ENI ayant conclu récemment un accord qualifié d’historique avec le géant gazier russe Gazprom.

Poursuivant leur coopération dans le domaine, la Russie et l’Italie ont signé un mémorandum d'intentions entre l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique et la compagnie ENEL sur le développement du secteur énergétique et de la production d'énergie nucléaire, un accord de coopération dans le domaine des sources d'énergie alternatives, un protocole de coopération pour la réalisation du projet de création du moyen courrier russe Superjet-100, et un accord de coopération entre RZD (Chemins de fer russes) et le consortium Finmeccanica.

Selon l'agence de presse, la compagnie italienne Alenia, qui fait partie du consortium Finmeccanica, et l'entreprise russe Sukhoi envisagent de passer un accord sur la construction du nouvel avion régional Superjet-100 de 75-95 places. Ce projet se situe encore au stade de l'évaluation, mais son coût pourrait dépasse les 70 milliards d'euros, tandis que sa réalisation pourrait s’étendre sur une vingtaine d’années.

Pour rappel, en aout 2005, Alenia Aeronautica a signé un accord préalable sur l'achat d'au moins 25% du capital social de la société russe Grajdanskié Samolety Soukhoï (GSS), opérateur du projet d'avion régional russe. Ce dernier est le principal projet de la future Association aéronautique unifiée (OAK). Les travaux d'assemblage définitif seront réalisés dans les ateliers d'Alenia, avaient alors déclaré plusieurs opérateurs du marché. Alenia Aeronautica est une société qui s'occupe de la conception, de la réalisation, de la transformation et de l'assistance d'une vaste gamme d'avions et de systèmes aéronautiques civils et militaires.

Dans le cadre de ce projet, GSS est en train de construire le Sukhoi SuperJet 100 (le SS s'appelait auparavant Russian Regional Jet, RRJ), une famille d'avions de ligne à réaction pouvant couvrir des distances de plus de 3.000 km. Le SS 100 n'est pas un concurrent des Boeing et des Airbus (les plus petits appareils de ces marques transportent 120 personnes), mais il est le rival du Bombardier canadien et de l'Embraer brésilien.

Selon Viktor Soubbotine, directeur général de (GSS). d'ici à 2025, le marché des avions régionaux comptera environ 5.700 appareils. Les experts l'évaluent à 150 milliards de dollars. La compagnie Avions Civils Sukhoi compte détenir près de 20% du marché. "Notre part varie en fonction du développement du programme, fait remarquer le directeur général de la compagnie. Si, auparavant, nous espérions vendre environ 800 avions, après l'arrivée de l'italien Alenia Aeronautica dans le projet notre part doit s'élever objectivement à 1000-1100 appareils".

Pour rappel, cependant, les analystes de la banque Wachovia sont arrivés à la conclusion que le surcroît de dépenses de recherche et développement, annoncé par Boeing en octobre, est destiné à aider deux de ses principaux fournisseurs, le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MIH, ailes) et l'italien Alenia (fuselage central), à rattraper leur retard. Le constructeur américain a relevé fin octobre entre 3,1 et 3,2 milliards de dollars ses prévisions de dépenses de recherche et développement en 2006, et entre 3,2 et 3,4 milliards de dollars en 2007, pour faire face à des "pressions" sur le programme 787-Dreamliner en terme de "poids et de coordination avec les fournisseurs". Selon les propos relevés par la Banque, Alenia fait figure de principal coupable à l'heure actuelle. Boeing aurait envoyé une armée d'ingénieurs pour remettre le programme sur les rails.

Le consortium Finmeccanica contrôle plus de 100 compagnies dans le monde entier. Il est spécialisé dans les hautes technologies, notamment dans certains domaines comme l'aéronautique, l'espace, la construction d'hélicoptères et la défense.

Vladimir Iakounine, président de la compagnie Chemins de fer russes (RZD) et Pier Francesco Guargualini, président du groupe industriel italien Finmeccanica ont quant à eux signé mercredi à Bari un accord de coopération. L'accord prévoit la coopération bilatérale dans l'emploi de technologies satellitaires dans le transport ferroviaire, la mise au point de la conception d'un système commun de gestion et de sécurité de la circulation des trains, ainsi que la mise au point et la production communes d'un train rapide électrique pour RZD.

La coopération entre RZD et Finmeccanica est conforme au Plan d'action visant à assurer la coopération scientifique et technique entre les deux compagnies adopté en février dernier au cours d'une visite de Vladimir Iakounine en Italie.

« L'Italie figure parmi les premiers pays de l'Union européenne qui non seulement ne craignent par la coopération stratégique avec la Russie dans le secteur énergétique, mais qui ne craignent pas non plus d'admettre les compagnies russes, par exemple, Gazprom, dans leurs réseaux de distribution, a déclaré, dans une interview Alexandre Chokhine, président de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie. "Dans un sens, l'Italie est même un pionnier dans les technologies grâce auxquelles les compagnies italiennes, avant tout Eni, ont la possibilité d'investir dans l'extraction russe du pétrole et du gaz", a-t-il dit.

"Les Allemands et les Français avaient peur de la participation du capital russe, alors que Finmeccanica, principale compagnie italienne spécialisée dans les produits militaires, a, au contraire, des projets communs avec des partenaires russes", a-t-il souligné.

Alexandre Chokhine a exprimé l'espoir que la coopération bilatérale russo-italienne servirait d'un bon exemple pour d'autres pays européens, "entre autres, dans la définition du format de la coopération avec la Russie pour l'élaboration de l'accord Russie-UE".

Giorgio Zappa, directeur général du consortium Finmeccanica, a qualifié les rapports russo-italiens d'"exemplaires".

Sources : RIA NOVOSTI, AFP, Le Figaro

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3 Commentaires

  1. 1

    el gringo

    La malédiction des 100 places va-t'elle encore sévir ? Tous les constructeurs y ont laissé des plumes voire leur chemise pour ceux qui sont allés jusqu'au bout comme Fokker. Le 100 places a toujours été la limite entre les transporteurs régionaux et nationaux. Trop gros pour les premiers et trop petit pour les seconds.

  2. 2

    Elisabeth

    Déboires techniques actuels de Bombardier, mais quid d'ATR ?

  3. 3

    el gringo

    ATR a limité sa gamme à des avions de 48 et de 74 places (ATR72) turbopropulsés et n'a jamais osé attaqué la gamme 90/130 places propulsés par réacteur.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/ATR

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