Airbus devient désormais l'enjeu de la bataille présidentielle. Doit-on le craindre où s'en réjouir ?
En théorie, cela ne devrait pas nuire aux salariés puisque ce sont eux qui votent et non pas l'entreprise en tant que personne morale (sans jeu mot pour une fois ..).
Mais ne rêvons pas, partis politiques et candidats ont toujours eu besoin des appuis des groupes et fleurons français.
N'oublions pas, pour ne prendre qu'un exemple, que le groupe Lagardère est propriétaire de Lagardère Media et d' EADS dont Lagardère possède 15%. Et ne serait-ce que lorsqu'on s'appelle Sarkozy, la presse, ca se “travaille” .
I – Sarkozy Lundi chez Airbus
Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy se rendra lundi chez Airbus à Toulouse pour y "rencontrer les organisations syndicales", a annoncé vendredi l'entourage du candidat. Le rendez-vous est prévu à 14H00, a-t-on précisé de même source. Nicolas Sarkozy arrivera de Marseille où il a prévu un déplacement dans la matinée en tant que ministre de l'Intérieur. "Je suis vraiment décidé à ne pas laisser tomber", a déclaré sur Canal + M. Sarkozy.
"D'abord il faut obtenir qu'il n'y ait pas de licenciement, et deuxièmement, c'est l'avenir, quel est l'actionnariat pour Airbus", a-t-il ajouté lors de l'émission "Le Grand Journal". "Ce qui compte pour moi, c'est: Est-ce que l'entreprise, dans cinq, dans dix ans (...) aura les moyens de se développer? Est-ce qu'elle aura l'état-major capable de la développer, est-ce qu'elle aura les capitaux, l'actionnariat? (...) Ca mérite quand même qu'on aille discuter", a-t-il dit.
Niicolas Sarkozy avait estimé mercredi que les problèmes d'Airbus résidaient dans un "manque d'actionnariat industriel" et qu'il y aurait des "décisions à prendre" sur ce plan après l'élection présidentielle.
"Vous avez une entreprise qui a de grands projets industriels, donc de grands besoins de financement, et vous avez un actionnariat (NDLR: Lagardère et l'Etat côté français et DaimlerChrysler côté allemand) qui, pour des raisons multiples et diverses, ne souhaite pas investir dans cette entreprise. Comment ça peut durablement fonctionner?", a-t-il demandé. "Je ne considère pas que les Etats soient les actionnaires industriels les plus avisés", a par ailleurs affirmé le candidat UMP.
"EADS est une très grande entreprise. Il faut les laisser travailler. Je ne pense pas qu'on puisse gérer une entreprise en ayant comme seule vision les intérêts de tel ou tel pays qui concourent au projet Airbus", a ajouté M. Sarkozy. Selon lui, une entreprise "ne peut pas être gérée" en tirant "à hue et à dia".
Le candidat UMP, a précisé s'être entretenu du dossier avec la chancelière allemande Angela Merkel. Sur ce point, il a affirmé "croire profondément" à la nécessité de la coopération franco-allemande, même si cette dernière "ne peut pas se décliner de la même façon dans une Europe à 27 que dans une Europe à six".
"La question essentielle pour moi n'est pas un problème de gouvernance, pas un problème de rapports franco-allemands. La question essentielle, c'est quel actionnariat demain pour EADS", a poursuivi M. Sarkozy. "J'ai l'impression de l'extérieur que tout ceci souffre d'un manque de leadership d'un opérateur industriel qui serait actionnaire de l'ensemble. Il y aura donc des décisions à prendre de point de vue-là pour donner à cette entreprise les moyens de son développement".
Le candidat UMP a critiqué la demande de son adversaire socialiste Ségolène Royal d'une suspension du plan de sauvetage d'Airbus.
II - Royal se saisit du dossier Airbus en exploitant la puissance des régions PS
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est saisie du dossier Airbus, vendredi avec ses collègues présidents PS des régions, face à ce qu'elle a appelé "l'inertie gouvernementale" devant le plan de suppression de 10.000 emplois du constructeur aéronautique.
En campagne depuis jeudi dans le Sud-Ouest, voué corps et âmes à Airbus, Mme Royal devait rencontrer dans la soirée l'intersyndicale d'Airbus, lors d'une réunion publique à Pau, alors que huit régions socialistes – dont le Poitou Charente – ont adressé une lettre en vue de proposer leur entrée dans le capital d'EADS.
Devant plusieurs milliers de personnes, la candidate PS s'était alarmée du "séisme industriel" que constitue à ses yeux le plan de restructuration avalisé par les Etats actionnaires d'EADS, maison-mère d'Airbus. Selon Ségolène Royal, "l'actuel gouvernement est responsable de ce désastre". "Il n'y a qu'en France qu'on voit ça. Il y a de quoi se mettre en colère, les choses ont été laissées à vau-l'eau", s'est-elle indignée. Son équipe a passé une partie de la journée à organiser le rendez-vous avec l'intersyndicale, le contact ayant été pris par Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, selon Mme Royal, lequel pourrait bien avoir pour ligne de mire un poste de ministre de l'Industrie.
Mme Royal, M. Malvy et le président de la région Aquitaine Alain Rousset devaient discuter avec les syndicats de leur proposition de contribuer à "stabiliser le capital de l'entreprise", suivant ainsi l'exemple des "Laender allemands". M. Malvy a évoqué une prise de participation de 5 à 10% (entre 1 et 2 milliards d'euros), une initiative qui nécessite un décret en Conseil d'Etat, selon le code général des collectivités territoriales.
Ségolène Royal a envisagé aussi une autre solution: la possibilité pour les régions "d'intervenir au niveau de la trésorerie" par "des prêts à taux préférentiel" à Airbus ou par "une garantie d'emprunts". La candidate a dit partager l'avis du numéro 1 de la CGT Bernard Thibault: Airbus a un carnet de commandes rempli, il fait des bénéfices, "on ne va pas faire payer les salariés au motif qu'il existe un problème de trésorerie", a-t-elle protesté.
L'initiative des régions, selon Mme Royal, est à la fois "une façon de dénoncer l'inertie gouvernementale", d'"obliger le gouvernement à se positionner" et de "faire une proposition constructive". Il s'agit de s'appuyer sur "un rapport de forces politiques" au moment où "les salariés vont se mettre en mouvement", avec un arrêt de travail mardi, a-t-elle expliqué, tout en disant son refus d'"instrumentaliser le problème des salariés".
Mme Royal compte aborder le dossier Airbus lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, mardi à Berlin. Elle a critiqué le système de la "gouvernance bicéphale, une source d'inefficacité". "Je ne suis pas sûre que l'esprit européen l'ait toujours emporté", a-t-elle ajouté, accusant le gouvernement français d'avoir confondu "son rôle d'actionnaire" avec "le pilotage politique" de l'entreprise.
La candidate s'est plainte "des informations contradictoires" sur le maintien en France du secteur recherche-développement du constructeur. "Il faut absolument garder le nerf de la guerre", a-t-elle affirmé.
III – Bayrou devant les syndicats
Bayrou, lui sera là avant Sarkozy devant les syndicats d'Airbus. Normal, il est de la région ..
Avant que le staff de Nicols Sarkozy annonce le déplacement du candidat UMP, néanmoins ministre de l'intérieur, le candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou, a déjà annoncé un rendez-vous avec les syndicats lundi à 12H00.
En début de semaine, le candidat UDF à l'élection présidentielle a estimé que "les rapports entre la direction d'Airbus et l'Etat, depuis longtemps ça ne va pas". Selon lui, il y a "un certain nombre de décisions qui n'ont pas été prises, alors qu'elles auraient dû être prises".
"L'Etat allemand contre l'Etat français", "l'Etat français contre l'Etat allemand" est "une part des soucis" que connaît aujourd'hui Airbus, a souligné le candidat UDF. "Il faut réfléchir à une manière nouvelle d'organiser cette entreprise".
Il faut "soutenir" les idées de tous ceux, "en France, en Europe", qui ont "des idées, des plans, des projets pour qu'une grande partie de l'activité se déplace vers des parties du monde", a conclu François Bayrou.
Sources : AFP, Associated Press
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11 Commentaires
1
Je signale aux lecteurs qu'alors que mon article caracolait en tête de Google Actualité depuis hier soir ayant même 500 pages lues vers 1 heure du matin .... il a été déréférence de Google ce matin ... et je n'ai plus aucun visiteur qui rentre sur cet article via le moteur de recherche
03 mars 2007 à 12:41.... vous en penserez ce que vous en voudrez ....
2
C'est peut être celui là qui n'a pas plu
Sarkozy: gaz contre nucléaire avec l'Iran, sans Eurodif ?
avec les liens sur SOFIDIF ...
03 mars 2007 à 12:423
Qui disait qu'Internet était un espace de Liberté ?
03 mars 2007 à 13:02Plus pour longtemps en tout cas.
Google n'en est pas à son coup d'essai : rappelons ses rapports plus que curieux avec la Chine, et comment les sociétés américaines (Google, Microsoft...) dénoncent les dissidents chinois et bloquent leurs sites...
4
Avant le 21/09/2006 ... tous mes articles sur AZF ont été également déréférencés durant le week end précédent l'anniversaire de la catatrophe et depuis l'ensemble des articles sont bcp moins repris qu'avant ...
03 mars 2007 à 13:075
La rançon de la gloire ...
03 mars 2007 à 13:09Mais aussi un excellent moyen de savoir qu'on est sûr la bonne route.
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Oui ... il faut le voir comme cela , positiver !
03 mars 2007 à 13:117
N'est-ce pas cette même Ségolène qui a fait campagne pour le OUI au référendum sur la constitution européenne et qui répétait à l'envi qu'Airbus était la meilleur illustration de l'avenir radieux que nous offrait l'Europe ?
03 mars 2007 à 13:128
le discours complet
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article7037
03 mars 2007 à 13:169
Communqiué de Martin Malvy
http://www.ariegenews.com/news/news-1-14-2386.html
03 mars 2007 à 13:1910
Un lien vers un site pieux ?
03 mars 2007 à 13:21Le Blog Finance n'en finira pas de me surprendre...
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J'en étais sûr ..... :)
03 mars 2007 à 13:23c'est l'info qui m'intéresse par le diffuseur ... :)
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