Revoilà l’idée à nouveau sur le tapis.
Si l’Algérie a pu récemment affirmer qu'elle écartait l'idée de créer une "OPEP du gaz" en raison de "la spécificité et de la rigidité de ce marché", la Russie et l'Iran reviennent à la charge sur l’éventuelle création d'un cartel gazier.
Mais au delà de cette nouvelle organisation, c’est bien une véritable alliance (militaire ?) qui pourrait unir 3 pays dont deux sont ouvertement farouchement opposés à Bush : la Russie, le Venezuela et l’Iran. Poutine quant à lui pourrait bien se livrer désormais à une sorte de guerre froide avec les USA sur fond de pétrole, de nucléaire, d’aéronautique et de titane …
I – Poutine : intérêt d'une OPEP du gaz avec l'Iran
La création d'un "OPEP du gaz" avec l'Iran et d'autres producteurs de gaz est "une idée intéressante", a estimé jeudi le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, commentant la proposition formulée ces jours-ci par les dirigeants iraniens. Selon lui, les gros producteurs et exportateurs de gaz tenteraient d'ores et déjà de coordonner leurs efforts sur les marchés des pays tiers.
La Russie réfléchira à la création d'une OPEP gazière, mais elle n'a pas l'intention de créer un cartel, a ainsi précisé jeudi Vladimir Poutine. Ce qui laisserait sous-entendre qu'elle est favorable à à la création d 'une telle organisation sans vouloir afficher ouvertement en être l'instigateur ?
D'après ses propos énoncés en grande partie pour calmer les craintes de l'UE, il serait judicieux de coordonner les actions des grands producteurs de gaz en vue d'atteindre l'objectif principal : l'approvisionnement inconditionnel et fiable des principaux consommateurs de ressources énergétiques. Laissez moi douter tout de même que cet objectif corresponde à l'ultime finalité de sa politique.
"A la première étape, nous sommes d'accord avec nos partenaires iraniens, ainsi qu'avec certains autres pays qui extraient de grandes quantités d'hydrocarbures et les livrent sur les marchés mondiaux. Nous faisons aujourd'hui un effort pour coordonner nos actions sur les marchés des pays tiers et nous envisageons de le faire à l'avenir également", a expliqué Vladimir Poutine.
II – Pas de pourparlers concrets selon la Russie
L’idée de créer un cartel des producteurs mondiaux de gaz à l’instar de l’OPEP n’est pas nouvelle, mais elle ne fait pas l’objet de pourparlers concrets, a fait savoir quant à lui mardi le Secrétaire du Conseil de sécurité russe Igor Ivanov. "En ce qui concerne un cartel gazier ou une autre organisation de coopération des Etats producteurs de gaz, effectivement, cette idée a été énoncée d’une manière générale", a-t-il déclaré en commentant la proposition à ce sujet faite par les Iraniens au cours de sa visite à Téhéran.
"Mais elle a été formulée non pas comme une proposition devant être examinée, mais comme une idée générale destinée à guider les Etats producteurs dans la recherche de formes de coopération permettant de satisfaire entièrement les intérêts des producteurs de gaz", a indiqué Igor Ivanov, en ajoutant que cette proposition avait été faite plus d’une fois.
"A mon avis, c’est logique", a dit Igor Ivanov, en rappelant qu’au cours de l’examen des questions relatives à la sécurité énergétique au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg ses participants avaient souligné que cela impliquait la prise en considération des intérêts aussi bien des consommateurs que des producteurs de matières énergétiques. "D’après ce que je sais, aucuns pourparlers sur la création d’un cartel gazier ne sont en cours", a-t-il dit.
III - L’Iran fait les yeux doux à la Russie en vue de créer une OPEP du gaz
Le leader spirituel de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Khamenei, a émis l’idée de créer conjointement avec la Russie une organisation de coopération gazière. "Nos pays pourraient, à des fins d’entraide, constituer une organisation de coopération gazière, similaire à l’OPEP", a déclaré l’ayatollah Khamenei au cours d’une rencontre avec le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Igor Ivanov, arrivé à Téhéran dans la nuit de samedi à dimanche.
Après avoir indiqué que la moitié des réserves mondiales de gaz se trouvaient en Iran et en Russie, l'ayatollah confirmait vouloir poursuivre et approfondir les coopérations avec la Russie, voire même, en créer au niveau politique. "Nos pays peuvent devenir des partenaires complémentaires dans les domaines de la politique, de l'économie ainsi que dans le règlement des problèmes régionaux et internationaux" soulignait le guide.IV – Vers une alliance énergétique ET militaire ?
Au delà de la création d'un cartel gazier, Téhéran semble viser la formation d’une coalition antioccidentale. Moscou pourrait avoir reçu ainsi une proposition en vue de conclure une alliance militaro-énergétique avec l’Iran, lequel est ouvertement opposé aux Etats-Unis et à l'Occident tout entier, compte-tenu de son programme d'enrichissement de l'uranium ... tout en attirant néanmoins les convoitises de la quasi-totalité des groupes pétroliers internationaux.
Il ne s’agit pas de la première discussion à ce sujet. En juin dernier, au cours de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Shanghai, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait discuté directement de la coopération "en matière de définition aussi bien du prix du gaz que des principaux itinéraires (de transport) dans l’intérêt de la stabilité globale".
Mais certains anlystes estiment toutefois que Moscou peut difficilement accepter la proposition de l’ayatollah Khamenei, cela signifiant en effet la rupture de son partenariat énergétique avec l’UE et une opposition ouverte aux politiques occidentales.
Mais la Russie n'a pas intéret à refuser trop promptement les avances de l'Iran, ceci pouvant être considéré comme un affront par Téhéran et une rupture du partenariat actuel entre les deux pays. Et puis - et peut-être surtout -Poutine a besoin de ces "amitiés particulières" pour faire pression dans le cadre des ses négociations avec l'UE.
V – Chavez en faveur d'une OPEP du gaz avec l'Iran ?
Non content d'avoir annoncé envisager de revendre à l'Iran les avions américains qui équipent son armée, désormais remplacés par de rutilants Sukhoi russes, Chavez s'est rendu en juillet dernier à Téhéran pour une visite officielle. Il est plus que probable que leurs entrevues aient concerné également une éventuelle création d'un nouveau cartel du gaz de même type que l'OPEP, auquel Algérie et Bolivie notamment, pourraient éventuellemnt emboîter le pas.
En effet, la Bolivie a récemment évoqué la possibilité qu'elle rejoigne l'OPEP, tandis que Algérie et Russie ont d'ores et déjà tissés des liens très serrés dans le domaine, même si compte-tenu des récentes modifications de la loi algérienne sur les hydrocarbures, le temps n'est pas au beau fixe entre les deux pays, Poutine étant très certainement insatisfait de la nouvelle part de gâteau qui pourrait lui revenir.
VI – Le Venezuela s'arme en Russie au grand dam des USA
L'administration américaine a annoncé mercredi son intention d'étudier de très près les projets du Venezuela d'acheter en Russie un lot de systèmes d'armes sol-air Tor-M1. "Nous allons étudier cette transaction pour en connaître les détails", a indiqué à Washington le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack. M. McCormack a rappelé que l'administration Bush avait déjà soulevé la question de la "militarisation excessive du Venezuela qui va au-delà de ses besoins".
Pour rappel, Tor-M1 est un système d'armes sol-air modernisé de cinquième génération capable de neutraliser les avions, les hélicoptères de tous types ainsi que les missiles de croisière et les drones, et d'abattre plus efficacement les missiles de haute précision. Les batteries bénéficient d'une zone d'impact élargie, alors que l'altitude d'impact a été relevée de 6 à 10 km. En outre, le système antibrouillage a été nettement amélioré.
La Russie compte participer activement à la modernisation des forces armées vénézuéliennes, avait déclaré en décembre le représentant régional de l'exportateur officiel d'armement russe Rosoboronexport, Sergueï Ladyguine. "La Russie participera d'ici 2013 à une modernisation sérieuse des forces armées vénézuéliennes. La réélection de Hugo Chavez à la présidence ouvre pour nous de grands horizons", avai-t-il indiqué.
"Notre coopération au niveau des armées de terre et des armées de l'air n'est qu'un début. Nous avons de bonnes perspectives quant à la modernisation de l'aviation de transport, de la DCA, de la lutte radio-électronique, mais aussi de la marine, qu'il s'agisse des sous-marins ou des navires de surface", a souligné l'interlocuteur de l'agence.
VII - Venezuela-Iran: la coopération militaire et technique décolle
"Le Venezuela et l’Iran s’entretiennent sur la conclusion d’un accord de coopération militaire et technique. [...] Il s’agit notamment de la fabrication conjointe d’avions sans pilote ainsi que de la modernisation de chasseurs américains F5", a déclaré cette semaine le ministre vénézuélien de la Défense Raul Baduel.
"Personne n’ignore que le Venezuela possède une quantité importante de chasseurs américains F-5 mis hors d’exploitation en raison de l’embargo américain portant sur les pièces détachées. Cependant nous pouvons utiliser le fuselage comme une base pour rééquiper et moderniser ces avions grâce à de nouvelles technologies dont disposent les Etats amis", a estimé le ministre, sans toutefois nommer ces pays. Le Venezuela veut utiliser des avions sans pilote pour protéger ses frontières terrestres et maritimes, a annoncé en outre Raul Baduel.
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2 Commentaires
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Samedi 03 Février 2007 | 5:00 | Beyrouth
ÉNERGIE
Les experts estiment que l’idée d’une OPEP du gaz est « intéressante » mais improbable à court terme
L’idée d’une « OPEP du gaz », qualifiée d’intéressante jeudi par le président russe Vladimir Poutine, est caressée par certains pays exportateurs depuis plusieurs années, mais serait coûteuse et longue à mettre en place.
03 février 2007 à 01:56« Ce n’est pour le moment pas faisable à cause de la structure régionale du marché et parce qu’il n’y a pas de prix flottant du gaz », commente Simon Wardell, analyste spécialiste de l’énergie chez Global Insight.
Il rappelle que les pays exportateurs ont mis en place dès 2000 un forum des pays exportateurs de gaz, mais ce projet n’a débouché sur aucune décision concrète.
Le gaz naturel est coté sur des places financières comme New York, mais cela ne concerne qu’une très faible partie du marché. Le gaz se négocie en très grande majorité à travers des contrats bilatéraux client/fournisseur à très long terme, généralement indexés sur le prix du pétrole.
Le marché du gaz est par ailleurs très régionalisé, car cette matière est difficile à transporter, contrairement au pétrole. Il doit donc être distribué par voie souterraine à travers des gazoducs ou, pour de plus longues distances, par bateau, ce qui nécessite de le liquéfier.
Un processus très coûteux, car il faut alors construire des usines de liquéfaction et des terminaux de gazéification, sans compter le coût du transport. La flotte mondiale de méthaniers est d’ailleurs encore largement insuffisante.
À travers un cartel gazier, la Russie essaierait donc de diversifier ses clients, l’un des objectifs de Sakhaline-2.
Jason Schenker, analyste énergie à la banque Wachovia, minimise lui aussi l’impact d’un cartel de producteurs gaziers qui serait formé autour de l’Iran, du Qatar, de la Russie et de l’Algérie, car il faudrait que les différents pays s’accordent et respectent ensuite leurs quotas : « L’OPEP a elle-même du mal à les faire observer à ses membres », fait-il remarquer.
Mais à plus long terme, d’ici au moins 10 ans, quand les infrastructures de liquéfaction du gaz naturel permettront son transport à travers la planète, un cartel est envisageable. D’autant plus que l’Iran, l’Algérie et la Russie à eux seuls représentent environ 30 % du marché du gaz.
Les Russes et les Algériens ont déjà conclu en août un accord à travers la société publique algérienne Sonatrach et Gazprom, qui porte notamment sur la construction d’usines de liquéfaction et sur le partage des gazoducs.
« La Russie veut faire la même chose avec l’Iran », souligne l’analyste qui souhaite garder l’anonymat.
Le ministre algérien, s’il a récemment écarté l’idée d’une OPEP du gaz à court terme, a d’ailleurs jugé que la création d’un marché de gaz liquide d’ici 20 à 30 ans est possible.
Son pays ainsi que la Russie participeront au Forum des pays producteurs et exportateurs de gaz, qui va se réunir en avril au Qatar pour la première fois depuis 2005.
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Ou l'on reparle d'alliance militaire ...
Le Venezuela dénonce à l'ONU "l'hypocrisie" des Etats-Unis
NEW YORK (Nations unies) - Le Venezuela a dénoncé mardi à l'ONU la "politique hypocrite" des Etats-Unis qui disent faire la guerre au terrorisme, tout en protégeant "un des plus dangereux terroristes", Luis Posada Carriles, réitérant sa demande d'extradition.
Résidant aux Etats-Unis, Posada Carriles, 79 ans, est un militant anticastriste accusé par Caracas et La Havane d'être le cerveau d'un attentat contre un avion de ligne cubain ayant fait 73 morts en 1976.
Le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Nicolas Maduro, a consacré une bonne part de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à critiquer Washington en usant d'une rhétorique enflammée et à prendre la défense de l'Iran.
"Nous avons vu comment ces derniers jours s'est intensifiée la campagne médiatique de diabolisation du peuple et du gouvernement iraniens", a dit M. Maduro.
En même temps, il a appelé à "stopper la folie de la guerre" en Irak, qui "a créé plus de foyers de terrorisme qu'elle n'en a éteint".
Selon lui, "les déclarations menaçantes se succèdent dangereusement contre la tranquillité du peuple iranien". "Le monde s'est-il demandé ce qu'il arriverait si cette folie incontrôlée des gens qui gouvernent les Etats-Unis aboutissait à une attaque contre le peuple pacifique d'Iran?", a-t-il lancé.
"Il est temps de faire cesser cette campagne de diabolisation" et de ***"construire des alliances pour stopper la folie guerrière des élites qui gouvernement les Etats-Unis", a-t-il ajouté.****
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est rendu la semaine dernière à Caracas, où il a été reçu par le président Hugo Chavez après avoir participé à l'Assemblée générale de l'ONU à New York. M. Chavez n'a pas pris part cette année à cet événement.
M. Maduro a réitéré par ailleurs la demande que Luis Posada Carriles soit extradé, aux termes du droit international, pour être jugé au Venezuela pour le détournement et l'explosion en vol d'un avion cubain en 1976 qui avait causé la mort des 73 passagers et membres d'équipage.
Emprisonné au Venezuela en 1976, il était parvenu à s'échapper en 1985 et s'était réfugié au Panama. Condamné dans ce pays à huit ans de prison pour une tentative de meurtre à l'encontre de Fidel Castro en visite au Panama 2000, il avait été gracié par les autorités panaméennes en 2004.
L'anticastriste, qui possède aussi la nationalité vénézuélienne, avait été arrêté en mars 2005 aux Etats-Unis pour avoir franchi clandestinement la frontière. Inculpé pour fraudes à la naturalisation, il a finalement été libéré le 8 mai.
Posada Carriles, a affirmé M. Maduro, "est libre et sous la protection du gouvernement des Etats-Unis en Floride". "Ce terroriste a rendu des services à la CIA pendant 40 ans", a-t-il dit.
Le ministre a indiqué avoir demandé au comité antiterroriste du Conseil de sécurité de l'ONU que "tout soit fait pour que ce terroriste soit extradé et que son procès se poursuive au Venezuela".
Selon lui, le refus des Etats-Unis de l'extrader "démontre l'hypocrisie d'une politique qui encourage la guerre officiellement pour combattre le terrorisme, mais qui sur son propre territoire protège un des plus dangereux terroristes".
M. Maduro s'adressait à l'Assemblée générale de l'ONU à la place du président Chavez, qui avait annoncé au dernier moment sa non-participation. En marge de l'Assemblée, le ministre a rencontré à New York le sous-secrétaire d'Etat américain chargé de l'Amérique latine, Thomas Shannon.
(©AFP / 03 octobre 2007 00h27)
03 octobre 2007 à 00:54Ajoutez un commentaire
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