Tony Blair refuse de démissionner après un scandale

BlairgoodbyeRififi en Grande-Bretagne, sous fond de scandales politico-financiers et financement de partis. Ca vous rappelle quelque chose ?

Si en France, Nicolas Sarkozy s'accroche à son poste de Ministre de l'Intérieur malgré la mise à contribution de nos impôts pour financer des enquêtes du RG concernant l'entourage des candidats à la Présidentielle, Tony Blair reste fermement ancré au sien malgré un scandale qui affecte ses rangs.

Le Premier ministre britannique a refusé de démissionner et défendu son intégrité vendredi, au lendemain de la révélation par ses services qu’il avait été à nouveau interrogé par la police dans le cadre de l’enquête sur le "scandale des pairies".

Une démission "serait particulièrement malvenue (...) avant que l’enquête ne soit achevée et ait abouti à des conclusions", a déclaré Tony Blair dans un entretien à la BBC. "Vous devrez donc me supporter un peu plus longtemps", a-t-il ajouté non sans ironie.

M. Blair avait été entendu la semaine dernière en qualité de simple témoin dans une affaire d’octroi d’honneurs en échange de contributions financières. Il avait déjà été soumis à un interrogatoire en décembre, également en qualité de témoin, devenant ainsi le premier chef de gouvernement britannique en fonction à être entendu dans le cadre d’une enquête criminelle. Cette nouvelle audition n’a été dévoilée que jeudi, à la demande des enquêteurs. Ces derniers, affirme la presse britannique, voulaient ainsi s'assurer que Lord Levy, le collecteur de fonds du parti travailliste à nouveau interrogé mardi n'ait pas vent de l'audition.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si des « honneurs », comme des sièges à la chambre des Lords ou des titres de noblesse, ont été accordés à des individus qui prêtaient de l’argent au parti travailliste de Tony Blair ou au parti conservateur, dans l’opposition. Aucune inculpation n’a pour le moment été prononcée dans ce dossier. M.Blair a affirmé vendredi que certaines informations des médias sur l’affaire étaient "complètement fausses".

De plus en plus de voix s'élèvent désormais en vue d'obtenir la démission immédiate de Tony Blair, sans attendre le mois juillet, date annoncée de son départ. Mercredi le leader de l'opposition conservatrice David Cameron a de nouveau demandé à ce que le Premier ministre «s’en aille et vite». Une demande réitérée, vendredi matin, par le libéral-démocrate Menzies Campbell, chef du deuxième parti d’opposition.

Cette affaire pourrait avoir des répercussions très négatives en termes d'image pour celui qui promettait il y a une décennie d'être «plus pur que pur», même s'il n'a été interrogé par la police qu'à titre de témoin. Son propre camp parle désormais d'une crise de confiance. Neil Kinnock, ancien leader des travaillistes, estime que, avec «la dégradation de notre réputation et de notre confiance, il faudra des années et beaucoup de travail». Hazel Blears, présidente des travaillistes, parle de «cynisme corrosif qui est dommageable pour le pays». Tony Blair répond qu'il n'a pas à se justifier. «Je sais quel genre de personne je suis. Je ne vais pas me mettre à supplier pour qu'on reconnaisse mon intégrité.»

Sources : Presse Canadienne, Le Temps, 20minutes

 

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