Suède:démission du directeur de la centrale de Forsmark

Forsmarksun9902img999190Inquiétant, car cela semble signifier que le problème est de taille et les responsabilités d'entreprise également. Le directeur général de la centrale nucléaire de Forsmark, à une centaine de kilomètres de Stockholm, Lars Fagerberg a démissionné jeudi, selon l'actionnaire majoritaire de la centrale, la compagnie publique suédoise Vattenfall. Pour la presse suédoise, il s'agit purement et simplement d'un renvoi après les incidents nucléaires majeurs qui ont affecté et affectent actuellement la Suède, ou 40 % des capacités sont désormais à l'arrêt.

Pour rappel, l’Europe est d’ores et déjà passée à deux doigts d'une nouvelle catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006, suite à un court-circuit provoquant par le black-out d’un réacteur de la centrale de Forsmark. Selon l’ancien responsable du site, l’événement était le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl".

tAprès publication dans la presse d'un rapport interne relatant qu'un incident survenu durant l'été 2006 avait été "le point culminant d'une longue dégradation de la culture de sécurité de la société", la position de M. Fagerberg était pour le moins devenue inconfortable.

La centrale de Forsmark, située sur la côte orientale de la Suède, accumule les entorses aux normes de sécurité, selon ce rapport interne rendu public six mois après un accident majeur qui aurait pu avoir des conséquences aussi dramatiques que la catastrophe de Tchernobyl.

Le document interne a révélé qu'au cours de contrôles de routine effectués durant l'été six personnes travaillant pour des sous-traitants avaient été contrôlées avec des traces de drogues ou d'alcool. Des représentants de Vattenfall ont déclaré vendredi que la centrale de Forsmark a durant sept mois, de juin 2006 à début février, fait fonctionner le réacteur numéro 1 avec des joints en caoutchouc autour de l'enceinte du réacteur qui n'étaient pas étanches. "Inacceptable", a déclaré Judith Melin, directrice de SKI, l'autorité de régulation nucléaire.

La centrale est détenue conjointement par le groupe énergétique d'Etat, Vattenfall, Mellansvensk Kraftgrupp et l'allemand E.ON.

De plus, 4 des 10 réacteurs nucléaires suédois ont du être mis hors service pour des raisons de sécurité, la semaine dernière. En début d'après-midi samedi dernier, on apprenait qu'un premier réacteur de la centrale nucléaire de Forsmark avait dû être arrêté après la découverte d'un défaut technique dans un des équipements de son revêtement. Vattenfall, a précisé pour sa part que la décision a été prise à la suite de l'analyse d'un échantillon prélevé sur l'un des trois panneaux en caoutchouc de la structure extérieure du réacteur Forsmark 1 qui a mis en lumière une perte d'élasticité. Selon le porte-parole de FKA, Claes-Inge Andersson, le caoutchouc était devenu rigide alors qu'il est nécessaire qu'il soit élastique. Les joints n'ont pas de fonction de sécurité durant les opérations normales mais peuvent servir à maintenir le niveau de pression adéquat dans le cas de rupture de canalisation dans le coeur de la centrale.

Le 25 juillet 2006, un réacteur de la centrale suédoise de Forsmark avait dû être arrêté à la suite d'une coupure d'électricité. Deux des quatre générateurs de secours ne s'étaient pas déclenchés, illustrant d'autres défaillances dans le système électrique. Dans son rapport final rendu public le 14 septembre, la SKI avait indiqué que l'incident survenu le 25 juillet n'avait causé aucun dommage au réacteur.

Selon des experts, un accident catastrophique avait été évité de justesse mais dans leur rapport officiel en septembre dernier, les autorités suédoises avaient fait figurer l'incident au niveau 2 sur une échelle de 0 à 7.

Peu avant 14h, des travaux de maintenance avaient causé un court-circuit, coupant brutalement la centrale nucléaire nucléaire de Forsmark du réseau électrique, provoquant en un instant la perte d’alimentation électrique du réacteur n°1. Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans les commandes face à un réacteur incontrôlé et incontrôlable.
Le court-circuit s'est propagé à l'ensemble du circuit d'alimentation si bien que les batteries des générateurs de secours ont elle aussi été victimes d'un court-circuit.
Le cœur ne pouvant plus désormais évacuer sa chaleur, s’est échauffé, le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de deux mètres et la pression a chuté à 12 bars alors qu’elle doit se maintenir à 70 bars.
Il faudra 23 minutes à l’équipe en place pour finalement arriver à démarrer manuellement deux générateurs de secours et reprendre ainsi le contrôle du réacteur, le système de refroidissement d'urgence pouvant enfin être mis en oeuvre. 23 minutes pendant lesquelles les opérateurs n’ont pas su si le réacteur était vraiment à l’arrêt et si leurs actions avaient les conséquences voulues, étant dépourvus de tout mécanisme de supervision.
Un ancien responsable et constructeur du réacteur n°1 de Forsmark, Lars-Olov Höglund, confirme qu’il s’agissait bien d’un événement gravissime : "C’est un pur hasard si la fusion du cœur n’a pas eu lieu" a-t-il déclaré au journal suédois Svenska Dagablet. Pire : sept minutes plus tard, la destruction du réacteur n'aurait pu être empêchée, selon lui. Et la fusion du coeur qui s'en suit se serait produite une heure et demi plus tard.

En début de semaine dernière, le réacteur Ringhals 3 a du être arrêté pour contrôle et ajustements après détection d'anomalies. Son réacteur jumeau, Ringhals 1 étant lui hors service depuis quelques jours, suite à un problème dans son système de refroidissement.

Un transformateur de cette centrale avait pris feu en novembre dernier sans faire de blessé, entraînant l'arrêt d'un réacteur,  selon l'autorité de l'énergie nucléaire suédoise (SKI). "Un feu dans un transformateur du réacteur Ringhals 3  a eu lieu vers minuit (23H00 GMT) (...). Le réacteur a été arrêté d'urgence et tous les systèmes de sécurité ont fonctionné comme ils le devaient", avait alors indiqué SKI sur son site internet.

Soulignant que pour l'incendie de la centrale Ringhals les systèmes de sécurité s'étaient déclenchés comme prévu et que le réacteur Ringhals 3 avait été arrêté, M. Jörle a estimé que l'incident n'était "en rien comparable aux événements de cet été". Ringhals 3 est l'un des quatre réacteurs de la centrale Ringhals située dans le sud-ouest de la Suède et l'un des dix réacteurs que compte le pays nordique. Il a été mis en service en 1981. L'énergie nucléaire représente près de la moitié de la production d'électricité de la Suède. Depuis 1999, le pays a fermé deux de ses douze réacteurs nucléaires dans le cadre d'un plan de sortie qui prendra une trentaine d'années ou jusqu'à ce que les infrastructures arrivent en bout de course.

Sources : Le Monde, AFP, Reuters

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12 Commentaires

  1. 1

    el gringo

    Par très fiables les réacteurs suédois.
    On pourrait aussi se poser la question sur le vieillissement du parc nucléaire français dont certains réacteurs ont déjà 30 ans et que l'on veut prolonger à 40 ans voire plus.
    http://www.dissident-media.org/infonucleaire/SV_n1038_mars2004.pdf

  2. 2

    Elisabeth

    Oui, Madame Voynet a lancé un débat sur son blog à partir - notamment - d'un de mes articles

    cf.

    Nucléaire : incident à la centrale de Fessenheim

  3. 3

    e gringo

    En 1992, sur une installation nucléaire à Bärseback en Suède, un réacteur de type à eau bouillante, différent de nos réacteurs à eau pressurisée, l'exploitant avait constaté le colmatage des filtres d'une piscine de condensation par des débris provenant de calorifugeages. Onze ans plus tard, ce " vieil incident " refait fortuitement surface dans l'actualité des textes de sûreté nucléaire.
    http://www.dissident-media.org/infonucleaire/105_circuits.html

    Il y a chaque année en France une centaine d'incident de niveau 1 et un ou deux de niveau 2.

    Une liste des incidents nucléaires dans le
    monde qui s'arrête en 1988.
    http://www.dissident-media.org/infonucleaire/accidents_reacteurs.html

  4. 4

    Elisabeth

    De plus en ce qui concerne le calcul du taux de rejet radio-actif , le taux calculé est annule ce qui ne veut strictement rien dire ...
    il faudrait afficher le taux max journalier

  5. 5

    Elisabeth

    taux annuel et non taux annulé :)

  6. 6

    Francis

    ... Sur le nucléaire, le "pacte présidentiel" ne reprend pas les propos récents de Mme Royal sur la fermeture de la centrale de Fessenheim. Le texte promet un investissement important dans les énergies renouvelables, "ce qui permettra de créer 70 000 emplois et de réduire la part du nucléaire". Sans préciser ce que deviendra, par exemple, le projet EPR.
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-866150@51-822961,0.html

  7. 7

    Elisabeth

    Oui, Francis, mais CONCRETEMENT , comment compte-t-elle faire ? du maïs dans les centrales ??

  8. 8

    el gringo

    La lutte contre le réchauffement se marie mal avec le refus idéologique du nucléaire qui a l'avantage inestimable de ne pas émettre des gaz à effet de serre... et de rendre crédibles les contraintes de Kyoto. A cette aune, des écolos sincères peuvent se révéler de dangereux idéalistes, en situation d'urgence. Et la conversion de Ségolène Royal à l'atome-scepticisme dans sa campagne se fait à contre-courant des gauches européennes : la Grande-Bretagne et l'Espagne ont décidé de renouveler leur parc de centrales pour affronter le choc énergétique et climatique.
    «Depuis Hiroshima et la catastrophe de Tchernobyl, dit Bettina Laville, le nucléaire est devenu idéologique. C'est la faute aussi des nucléocrates qui l'ont entouré d'un secret antidémocratique.» L'ancienne conseillère de Mitterrand s'avance. Plaide pour un «maintien raisonnable de l'énergie nucléaire pendant une période transitoire de trente ans». Demande «un effort énorme de la communauté internationale en matière de déchets». Et implore les socialistes de ne pas sacrifier l'EPR - a priori - à l'alliance électorale avec Voynet, «si cette technologie est utile»...
    Pour sauver le monde, il faudra la révolution culturelle. Et apprendre une bonne fois pour toute à mettre le « développement écologique » et la lutte contre le réchauffement au même plan que la lutte contre le chômage ou l'adaptation à la mondialisation.

    L’Angleterre, qui vient de relancer son programme nucléaire, entend remplacer 10 000 mégawatts, soit l’équivalent de 7 EPR, à partir de 2011, en mettant en concurrence EDF Energy à Areva, mais également E.ON, RWE ou encore Centrica.

  9. 9

    Elisabeth

    Merci El Gringo de cette mise au point , les infos se bousculent par ailleurs sur bcp de sujets ;)

  10. 10

    Francis

    Oh le maïs c'est vieux jeu : maintenant c'est le jatropha, Elisabeth.

    Bon, Ségolène ne le sait pas encore...

    Mais "Les pays émergents ont peut-être trouvé la source providentielle de biocarburant à moindre coût : le jatropha, un arbuste à fleurs rouges qui prolifère dans les zones semi-arides."

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-865948,0.html

  11. 11

    Elisabeth

    oui, rien n'arrête le progrès !!!

  12. 12

    Vincent P.

    merci Francis pour l'info

    pour le maïs, franchmeent, vu la quantité énoorme d'eau que ça demande, c'est vraiment une culture à banir ... ou du moins à limiter.

    Cette culture est largement subventionnée, donc tous les agriculteurs en font ... et pompent un max d'eau dans le rivières.
    ... surtout que l'arrosage est fréquent en pleine journée, c'est à dire que l'eau ne sert même pas aux plantes mais est directement évaporée.

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