La tension monte dangeureusement entre les Etats-Unis et l’Iran, l’Irak focalisant leurs “énergies négatives” et servant en quelque sorte de "Militarized Zone" pour matérialiser leur affrontement. Ainsi, alors qu’un diplomate iranien a été enlevé à Bagdad par des hommes portant des uniformes de l'armée irakienne, Téhéran qualifie ce rapt d'"acte terroriste" sous "supervision" des Etats-Unis.
Le premier ministre britannique Tony Blair affirme quant à lui qu’aucune action militaire contre l’Iran n’est prévue. Mais le "bourbier irakien" est une véritable défaite pour Bush, tant au niveau économique que politique et militaire. Une invasion de l’Iran permettrait de "faire diversion", le Président américain pouvant être tenté ainsi d’appliquer une solution “miracle” pour redorer son blason, à l’intérieur comme à l’extérieur des Etats-Unis.
I – Un diplomate iranien enlevé à Bagdad
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a confirmé que l'un de ses diplomates en Irak avait été enlevé dimanche à Bagdad par des "éléments du ministère irakien de la Défense sous la supervision des forces américaines". "Le deuxième secrétaire de l'ambassade de la République islamique d'Iran à Bagdad, Jalal Sharafi, a été enlevé dimanche par des éléments liés au ministère irakien de la Défense", a ainsi déclaré M. Hosseini.
L'enlèvement a eu lieu dans le quartier de Karrada, sur la rive est du Tigre, à majorité chiite, a précisé un député irakien ayant requis l'anonymat. Selon lui, des gardes du diplomate se sont accrochés avec les hommes armés, portant des uniformes de l'armée irakienne, qui ont réussi à s'enfuir en enlevant le diplomate.
Le New York Times avait rapporté lundi qu'un diplomate iranien avait été enlevé dimanche soir, expliquant que son convoi avait été intercepté par des hommes possédant des papiers d'identification relevant du ministère irakien de la Défense. Des forces de sécurité irakiennes ont arrêté plusieurs suspects après s'être lancées à la poursuite de leurs véhicules, dans les rues de Bagdad, ont déclaré au quotidien des responsables irakiens, sous le couvert de l'anonymat.
"Le véhicule à bord duquel les ravisseurs ont embarqué le diplomate n'a pas été pris", précise le New York Times. Le fait que les suspects arrêtés aient possédé des papiers d'identification du ministère de la Défense "soulève de sérieuses questions sur une possible implication de forces gouvernementales dans ce rapt", a noté le quotidien.
Téhéran a convoqué l'ambassadeur suisse, qui représente les intérêts américains en Iran, et l'ambassadeur irakien, pour leur transmettre "la protestation la plus vigoureuse de la République islamique d'Iran contre cet acte terroriste", a rapporté l'agence Isna. "L'Iran demande la libération immédiate du diplomate et la punition des responsables", a ajouté Isna.
II – L'Iran voit la main des Etats-Unis dans l'enlèvement
Mohammad Ali Hosseini a accusé "des éléments liés au ministère de la Défense qui est sous la supervision des forces américaines". Selon lui, "certains des éléments" responsables de cette "action terroriste" ont été arrêtés et il y a des "preuves fiables qu'ils ont agi sous la supervision des Etats-Unis". Le porte-parole a souligné que l'Iran "tient les Etats-Unis responsables de la sécurité et la survie du diplomate". "Cette action agressive va à l’encontre des lois internationales et l’Iran la condamne vivement", a-t-il déclaré, ajoutant que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait ordonné une enquête sur le sort du diplomate iranien.
Par ailleurs, l’ambassadeur iranien à Bagdad, Hassan Kazemi Qomi, a affirmé que l’enlèvement avait probablement été ordonné par le président américain afin de provoquer des combats contre les Iraniens.
Toutefois, le porte-parole des forces américaines à Bagdad a démenti l’implication de troupes américaines ou de toute autre force irakienne dans cet enlèvement. Elle a par ailleurs indiqué enquêter actuellement sur les informations communqiuées".
Cet enlèvement intervient sur fond de tensions entre Téhéran et Washington, après l'arrestation en janvier de cinq Iraniens lors d'un raid américain dans la ville kurde d'Erbil, dans le nord de l'Irak.
Les cinq hommes, toujours détenus dans un lieu tenu secret, sont accusés par l'armée américaine d'être "des agents iraniens qui aident les insurgés en Irak". Washington accuse l'Iran de se servir de l'Irak contre les Etats-Unis, en armant les milices irakiennes.
III – Blair : aucune action militaire prévue contre l'Iran
Aucune action militaire contre l’Iran n’est prévue, bien que ses intentions dans le domaine nucléaire continuent à susciter des inquiétudes, a déclaré mardi le premier ministre britannique Tony Blair. "Personne ne parle d’une intervention armée en Iran, mais les gens sont de plus en plus préoccupés par la stratégie qu’il applique", a-t-il expliqué, répondant aux questions des membres du comité parlementaire de coopération avec le gouvernement.
Pourtant, les médias occidentaux et arabes évoquent de plus en plus la préparation d’une attaque militaire des Etats-Unis ou d’Israël contre l’Iran. Selon la dernière information, les Etats-Unis pourraient lancer une attaque contre l’Iran d’ici avril. Selon un quotidien du Koweït, le mois d’avril aurait été choisi, cette période correspondant à la fin du du mandat de premier ministre britannique Tony Blair, lequel pourrait soutenir les Etats-Unis dans de telles actions.
Les représentants des Etats-Unis ont déjà maintes fois démenti officiellement l’information sur la préparation d’une opération militaire contre l’Iran. "Le président a clairement expliqué et j’explique également que nous ne prévoyons pas de guerre contre l’Iran", a déclaré le 2 février le secrétaire américain à la Défense Robert Gates au cours d’un point de presse au Pentagone.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré pour sa part après sa récente visite aux Etats-Unis que le gouvernement américain n'avait pas de plans de lancer des actions militaires contre l'Iran.
"Nous avons abordé cette question (accroissement de la présence militaire américaine dans le golfe Persique). Les Américains nous ont affirmé qu'ils n'avaient pas de plans de faire la guerre à l'Iran et que la présence des forces et des moyens supplémentaires dans le golfe Persique était destinée à stabiliser la situation", a déclaré Sergueï Lavrov aux journalistes à son retour à Moscou.
"La présence des forces et des moyens supplémentaires dans le golfe Persique est destinée à stabiliser la situation et à apaiser les craintes éprouvées dans les pays du Golfe", a-t-il dit.
Sources : AFP,Xinhua, Armées.com, Ria Novosti
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10 Commentaires
1
je suis pour la guerre en iran et je soutien les Etats Unis dans leurs actions contre le terrorisme je suis pour les regimes forts et le regime Etasunien doit s appliquer fortement a l ensemble du monde
07 février 2007 à 09:532
LIran n'a pas à renoncer à son droit le plus légitime .D'autre part il doit se défendre contre tout agresseur avec tous les moyens dont peut disposer ce dernier
07 février 2007 à 10:01L Iran est avec Dieu et Seydina Muhammad
Il réussira son pari Inch Allah, tous les musulmans sont derrière L'Iran
Nous ne craignons que Dieu le seul Puissant
3
"je suis pour la guerre en iran et je soutien les Etats Unis dans leurs actions contre le terrorisme je suis pour les regimes forts et le regime Etasunien doit s appliquer fortement a l ensemble du monde"
Engagez-vous auprès "des marines". Vous êtes pour l'agression d'un pays souverain, ce qui est du terrorisme d'état et je suppose que vos motivations sont la démocratie et la liberté "de l'homme blanc".
Lancez-vous, franchissez le pas!! Allez courage, après tout ils ne semblent pas si terribles que ça ces fondamentalistes Iraniens, et puis ce sont des musulmans, hein...
07 février 2007 à 11:424
Comme quoi , Bush a encore des partisans ..
mais n'oubliez pas que l'Iran peut se défendre , tout en étant loin d'être seule
cf.
07 février 2007 à 12:05Venezuela, Iran, Russie:OPEP du gaz et alliance militaire ?
5
Si attaque des etats unis il faudra prévoir une retournement economique. Bush qui avait mal mesuré l'engagement de son pays en Irak veut remettre ca sur le tapis.
07 février 2007 à 12:28Bien que pas forcement tres amis avec l'Iran les pays du golfe ne vont pas voir ces operations d'un bon oeil. Et que dire de la Russie et de la Chine dont les frontieres ne sont pas si loin apres tout.
6
Oui, j'ai aussi l'impression que la Russie se prépare de son cote et a vent de quelque chose, d'ou un rapprochement avec l'Iran.
A mots couverts, via contrats interposés, Russie et USA se livrent à une nouvelle guerre froide, mine de rien,
cf guerre sur le Titane avec Boeing et blocage de ventes d'armes russes à l'Iran
07 février 2007 à 12:407
je viens également de voir que l'Iran se rapproche du Maroc , officiellement sur le Sahara Occidental mais également pour avoir un allié arabe sur l'accès au nuclaire civil, le Maroc souhaitant développer ce type d'enrgie, d'autant plus que le montant de ses importations de pétrole a encore augmenté
07 février 2007 à 12:428
President Ahmadinejad's real views are summarized on this website: ahmadinejadquotes.blogspot.com
08 février 2007 à 15:339
cf.
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3218,50-865336,0.html
08 février 2007 à 17:2410
Irak: Washington n'a pas l'intention de libérer les cinq Iraniens
WASHINGTON - Les Etats-Unis n'ont pas l'intention actuellement de libérer les cinq Iraniens détenus en Irak, a déclaré jeudi le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates.
"Nous ne sommes pas enclins actuellement à les laisser partir", a dit M. Gates lors d'une conférence de presse, à propos des cinq Iraniens arrêtés le 11 janvier par les forces américaines à Erbil (350 km au nord de Bagdad), dans le Kurdistan irakien.
Le secrétaire à la Défense a également affirmé que les Etats-Unis n'envisageaient pas d'accorder un accès consulaire aux détenus iraniens. "Je ne pense pas que l'accès consulaire est envisagé. La question est de savoir s'il y a moyen d'accorder une autre forme d'accès", a-t-il dit.
Le chef d'état-major interarmées américain, le général Peter Pace, a souligné de son côté que "la Croix Rouge avait accès" aux cinq détenus iraniens.
L'administration américaine a pris soin d'écarter tout lien entre les 15 marins britanniques qui viennent d'être libérés par les Iraniens et les cinq Iraniens. "Il n'y a aucun lien. Ni nous, ni les Britanniques ni qui que ce soit d'autre, à ma connaissance, n'a établi ce lien", avait assuré mercredi un porte-parole du département d'Etat, Tom Casey.
06 avril 2007 à 01:13Ajoutez un commentaire
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