En affichant une certaine sérénité dans son communiqué et en décidant de conserver ses taux inchangés à 5.25%, la Fed de Ben Bernanke a hier rassuré les marchés (Voir Dow Jones (nouveaux plus hauts) et Nasdaq à partir de 20h00, ainsi que l’ouverture du CAC 40 ce matin qui témoigne de cette tendance). A l’opposé, ses propos n’ont pas été favorables au billet vert et dans la foulée de cette décision, l’euro est repassé assez nettement au-delà des 1.30 dollars.
Cette réaction des marchés n’est pas due à la décision de la Réserve Fédérale du maintien de son principal taux d’intérêt directeur, ce qui été déjà largement anticipé par toute la place financière, mais plutôt à son discours qui a souligné pour la première fois des signes de raffermissement de la croissance et de modération de l’inflation. De tels constats ne laissent en effet pas percevoir de hausse des taux à l’horizon, ce qui est bénéfique aux marchés actions.
Quelques déclarations et propos du Comité monétaire de la Fed (FOMC) :
« Les récents indicateurs laissent penser que la croissance économique est un peu plus solide et des signes qui restent à confirmer de stabilisation sont apparus sur le marché immobilier résidentiel »
« L’économie devrait croître à un rythme modéré dans les trimestres à venir. »
« Les chiffres de l'inflation de base se sont légèrement améliorés ces derniers mois » « les pressions inflationnistes devraient se modérer à terme. »
Cette décision prise à l’unanimité par les membres du FOMC ainsi que ce net changement de ton du communiqué qui s’est voulu très rassurant et positif, laisse donc transparaître une certaine confiance de la Fed dans la possibilité d'une croissance non inflationniste de l’économie américaine.
De plus, les publications économiques qui ont été dévoilées hier plaident dans le même sens avec notamment la croissance du PIB qui a atteint 3.5% au dernier trimestre de 2006 en rythme annuel alors que l’on tablait plutôt sur un chiffre de l’ordre de 3.0 %. Par ailleurs les dernières statistiques concernant l’évolution de l’inflation (Principalement CPI et Core CPI= Prix à la consommation) avaient rassuré en affichant déjà une certaine modération. En effet, cette mesure de l’inflation (Core CPI = évolution des prix à la consommation hors éléments volatils que sont l'alimentation et l'énergie) est la mesure « favorite » de la Fed. Celle-ci est ressortie en hausse de 2,1% dans sa dernière mesure datant de mi-Janvier, ce qui est un peu inférieur au trimestre précédent mais un peu au-delà du haut de la fourchette (2%) que nombre les responsables de la Fed ont identifiée comme leur zone de confort.
Il s’agit donc cette fois du cinquième statu quo en 5 mois (après les 17 relèvements de taux consécutifs précédents), et même si l’on anticipe déjà un statu quo pour la prochaine réunion ; il faut tout de même noter que la Fed a précisé que certains risques d’inflation demeurent (faisant référence au fort taux d’utilisation des ressources américaines : risque de hausse des salaires dû à une bonne tenue du marché du travail et des embauches), ne se fermant ainsi pas la porte à un nouveau resserrement monétaire somme toute peu probable à mon avis…
Réaction de Avery Shenfeld (Analyste de CIBC World Markets) : « Il est clair qu'il n'est pas question d'une baisse des taux pour les deux trimestres à venir » « Mais si nous traversons cette période sans accélération de l'inflation, la question pourrait se poser au second semestre » « la Fed a réussi à faire juste ce qu'il fallait jusqu'à présent - la croissance a été aussi forte que possible sans générer de crainte d'accélération de l'inflation »
Pour Ben Bernanke qui fêtera cette semaine sa première année à la tête de la Réserve Fédérale, le bilan est donc positif bien qu’il ait connu des appréciations mitigées dans les quelques mois ayants suivi sa prise de fonction. Il faut dire que de succéder à une Figure aussi crédible que monsieur Alan Greenspan n’aurait été aisé pour personne…
Source : AFP , Reuters.
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1 Commentaire
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La Banque de France et la BCE jugent que les risques sur les marchés sont sous-évalués par les investisseurs .
02 février 2007 à 00:46Ajoutez un commentaire
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