Incidents nucléaires en Suède : 40 % de capacité à l'arrêt

Forsmark Alerte majeure en Suède : 4 des 10 réacteurs nucléaires suédois ont du être mis hors service pour des raisons de sécurité.

En début d'après-midi, on apprenait qu'un premier réacteur de la centrale nucléaire de Forsmark avait dû être arrêté samedi après la découverte d'un défaut technique dans un des équipements de son revêtement.

Pour rappel, un transformateur de la centrale suédoise Ringhals 3 avait pris feu en novembre dernier sans faire de blessé, entraînant l'arrêt d'un réacteur. Mais l’Europe est d’ores et déjà passée à deux doigts d'une nouvelle catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006, suite à un court-circuit provoquant par le black-out d’un réacteur de la centrale de Forsmark. Selon l’ancien responsable du site, l’événement était le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl".

I - Deux réacteurs de la centrale de Forsmark mis à l'arrêt

Deux réacteurs du centre nucléaire de Forsmark ont du être arrêtes samedi après la découverte d'un défaut technique dans un des équipements de son revêtement, ont annoncé les responsables de FKA, l'organisme gérant la centrale. La centrale est détenue conjointement par le groupe énergétique d'Etat, Vattenfall, Mellansvensk Kraftgrupp et l'allemand E.ON.

Vattenfall, a précisé pour sa part que la décision a été prise à la suite de l'analyse d'un échantillon prélevé sur l'un des trois panneaux en caoutchouc de la structure extérieure du réacteur Forsmark 1 qui a mis en lumière une perte d'élasticité. Selon le porte-parole de FKA, Claes-Inge Andersson, le caoutchouc était devenu rigide alors qu'il est nécessaire qu'il soit élastique.

Les joints n'ont pas de fonction de sécurité durant les opérations normales mais peuvent servir à maintenir le niveau de pression adéquat dans le cas de rupture de canalisation dans le coeur de la centrale.

Le réacteur Forsmark 1 va être progressivement mis hors service durant la nuit pour un arrêt complet dimanche matin. La même vérification effectuée quelques heures plus tard sur le revêtement du réacteur Forsmark 2 a donné le même résultat et celui-ci a dû être arrêté à son tour. Il n'est pas possible de déterminer à l'heure actuelle quand les deux réacteurs mis à l'arrêt pourront être redémarrés. Le troisième réacteur de la centrale, Forsmark 3 est d'un modèle totalement différent. De ce fait il n'est pas prévu de le mettre hors service.

La centrale de Forsmark, située sur la côte orientale de la Suède, accumule les entorses aux normes de sécurité, selon un rapport interne rendu public lundi dernier, six mois après un accident majeur qui aurait pu avoir des conséquences aussi dramatiques que la catastrophe de Tchernobyl. Ce rapport, rédigé par des techniciens de la centrale, dénonce "une dégradation dans la culture de l'entreprise vis-à-vis la sécurité depuis une longue période de temps".

II – Ringhals 3 et 1 également à l'arrêt

Plus tôt cette semaine, le réacteur Ringhals 3 a du être arrêté pour contrôle et ajustements après détection d'anomalies. Son réacteur jumeau, Ringhals 1 est hors service depuis lundi, suite à un problème dans son système de refroidissement.

Un transformateur de la centrale avait pris feu en novembre dernier sans faire de blessé, entraînant l'arrêt d'un réacteur,  selon l'autorité de l'énergie nucléaire suédoise (SKI). "Un feu dans un transformateur du réacteur Ringhals 3  a eu lieu vers minuit (23H00 GMT) (...). Le réacteur a été arrêté d'urgence et tous les systèmes de sécurité ont fonctionné comme ils le devaient", avait alors indiqué SKI sur son site internet.

Soulignant que pour l'incendie de la centrale Ringhals les systèmes de sécurité s'étaient déclenchés comme prévu et que le réacteur Ringhals 3 avait été arrêté, M. Jörle a estimé que l'incident n'était "en rien comparable aux événements de cet été".

Ringhals 3 est l'un des quatre réacteurs de la centrale Ringhals située dans le sud-ouest de la Suède et l'un des dix réacteurs que compte le pays nordique. Il a été mis en service en 1981.

L'énergie nucléaire représente près de la moitié de la production d'électricité de la Suède. Depuis 1999, le pays a fermé deux de ses douze réacteurs nucléaires dans le cadre d'un plan de sortie qui prendra une trentaine d'années ou jusqu'à ce que les infrastructures arrivent en bout de course.

III – Un nouveau Tchernobyl frôlé de justesse en juillet dernier

Le 25 juillet 2006 , un réacteur de la centrale suédoise de Forsmark (nord de Stockholm) avait dû être arrêté à la suite d'une coupure d'électricité. Deux des quatre générateurs de secours ne s'étaient pas déclenchés, illustrant d'autres défaillances dans le système électrique.
Alors que la panne gravissime du réacteur suédois faisait  la "une"de la presse européenne, les journaux français se sont faits discrets sur le sujet.
Dans son rapport final rendu public le 14 septembre, la SKI avait indiqué que l'incident survenu le 25 juillet n'avait causé aucun dommage au réacteur.

Selon des experts, un accident catastrophique avait été évité de justesse mais dans leur rapport officiel en septembre dernier, les autorités suédoises avaient fait figurer l'incident au niveau 2 sur une échelle de 0 à 7.

Peu avant 14h, des travaux de maintenance avaient causé un court-circuit, coupant brutalement la centrale nucléaire nucléaire de Forsmark du réseau électrique, provoquant en un instant la perte d’alimentation électrique du réacteur n°1.

Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans les commandes face à un réacteur incontrôlé et incontrôlable.
Dans une telle situation, il y a normalement 4 générateurs qui prennent le relais pour entre autre alimenter les pompes de refroidissement en électricité et éviter ainsi la fusion du coeur. Mais dans les faits, le court-circuit s'est propagé à l'ensemble du circuit d'alimentation si bien que les batteries des générateurs de secours ont elle aussi été victimes d'un court-circuit.
Le cœur ne pouvant plus désormais évacuer sa chaleur, s’est échauffé, le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de deux mètres et la pression a chuté à 12 bars alors qu’elle doit se maintenir à 70 bars.
Il faudra 23 minutes à l’équipe en place pour finalement arriver à démarrer manuellement deux générateurs de secours et reprendre ainsi le contrôle du réacteur, le système de refroidissement d'urgence pouvant enfin être mis en oeuvre. 23 minutes pendant lesquelles les opérateurs n’ont pas su si le réacteur était vraiment à l’arrêt et si leurs actions avaient les conséquences voulues, étant dépourvus de tout mécanisme de supervision. On ignore toujours pourquoi seulement deux générateurs sur quatre ont-ils finalement démarré alors que les quatre générateurs étaient de même conception.
Un ancien responsable et constructeur du réacteur n°1 de Forsmark, Lars-Olov Höglund, confirme qu’il s’agissait bien d’un événement gravissime : "C’est un pur hasard si la fusion du cœur n’a pas eu lieu" a-t-il déclaré au journal suédois Svenska Dagablet. Pire : sept minutes plus tard, la destruction du réacteur n'aurait pu être empêchée, selon lui. Et la fusion du coeur qui s'en suit se serait produite une heure et demi plus tard.
L'organisme de contrôle nucléaire américain, la NRC, estime que 50 % des scénarios menant à la fusion du cœur ont une seule et même cause : la coupure de courant du réacteur.

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Sources  : AFP, Reuters (en anglais ...)

 

9 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    merci à Attila d'avoir donné precisions fournies par Reuters concernant les réacteurs de Ringhals 3 et 1

  2. 2

    Elisabeth

    pas de black-out en suède

    http://news.google.fr/news?ned=sv_se

    a la une de Google News de Suède

  3. 3

    attila

    Merci Elisabeth, toujours un plaisir d'aider l'excellent "Blog Finance".


    Du travail en perspective pour Areva.

    Areva va moderniser les centrales nucléaires suédoises.
    Areva a remporté en Suède deux contrats d'une valeur totale de 400 millions d'euros environ, portant sur la modernisation de la tranche 2 de la centrale d'Oskarshamn et l'extension de la durée de vie de la tranche 4 de la centrale de Ringhals.

    En décembre 2006, Areva et Ringhals AB, l'électricien le plus important du groupe Vattenfall, ont signé un contrat majeur d'un montant d'environ 200 millions d'euros. Crucial pour la prolongation de la durée de vie de Ringhals 4, cet accord porte sur la fourniture et l'installation en 2011 de trois générateurs de vapeurs et d'un pressuriseur, ainsi que sur les études de licensing et d'augmentation de puissance associées.

    Ringhals AB a sélectionné l'offre d'Areva comprenant les meilleurs services et produits du groupe en matière de fabrication de composants primaires, de services d'ingénierie et de remplacement, intégrant les synergies qu'un prestataire unique peut offrir. "Areva est aujourd'hui le seul vendeur sur le marché mondial capable de proposer une offre aussi globale et d'en assurer sa réalisation", a déclaré J. PIJSELMAN, Directeur général délégué d'Areva NP.

    A travers ce contrat, Areva effectuera les études préparatoires à une demande d'augmentation de puissance pour le réacteur Ringhals 4. De plus, Areva fournira le modèle de générateur de vapeur le plus performant sur le marché, doté du système de pression le plus élevé.

    L'implication d'Uddcomb Engineering AB, société acquise par le groupe en 2005, a été déterminante pour l'obtention de ce contrat. En charge de l'intégration locale du projet, Uddcomb Engineering AB participera à l'ingénierie et aux phases d'installation.

    Areva a déjà remplacé les générateurs de vapeur des tranches 2 et 3 de la centrale de Ringhals, respectivement en 1989 et en 1995. Ce nouveau succès résulte d'une relation de confiance et pérenne entre Ringhals AB et Areva.

    Le second contrat, signé avec l'opérateur OKG AB, membre du groupe E.ON, porte sur la modernisation du procédé de la chaudière et des systèmes électriques et de contrôle-commande du réacteur Oskarshamm 2.

    Le groupe répondra aux exigences de l'Autorité de sûreté suédoise pour permettre à l'opérateur de prolonger la durée d'exploitation de la tranche. Ces améliorations en matière de sûreté seront mises en œuvre entre 2007 et 2011.

  4. 4

    AREVA

    AREVA pour moderniser/prolonger le parc :

    Areva Ci : deux contrats en Suède pour 400 millions d’euros

    19/01/2007 | 07:53:39


    Areva indique dans un communiqué avoir signé deux contrats en Suède, pour un montant total de 400 millions d’euros. Ces contrats portent sur la modernisation de l’unité 2 de la centrale d'Oskarshamn et l'extension de la durée de vie de la centrale de Ringhals 4.
    En décembre dernier, Areva et Ringhals AB, la plus importante société du groupe Vattenfall, ont signé un contrat d’environ 200 millions d’euros. Cet accord, indispensable à l’extension de la durée de vie de l’unité Ringhals 4, prévoit le remplacement et l’installation de 3 générateurs à vapeur et d'un pressuriseur d’ici 2011.
    Le second accord, conclu avec l’opérateur OKG AB, filiale du groupe E.ON, porte sur la modernisation du système nucléaire ainsi que des systèmes électriques d'Oskarshamn 2. Le groupe répondra aux nouvelles exigences de l'autorité suédoise de sécurité, permettant au propriétaire de prolonger sa licence d'exploitation. Le but est d'achever les mises à niveau de sécurité entre 2007 et 2011.

  5. 5

    Elisabeth

    les grands esprits se rencontrent : postes aux mêmes moments le 2 commentaires :)

  6. 6

    Forsmark2 / Elisabeth

    Troublant tout de même
    infos contradictoires :

    - "La même vérification effectuée quelques heures plus tard sur le revêtement du réacteur Forsmark 2 a donné le même résultat et celui-ci a dû être arrêté à son tour. "

    - Its virtually identical sister reactor, Forsmark 2, was also shut down as a precaution, Vattenfall said. A plant spokesman said no problems similar to those at its twin reactor had been found.

  7. 7

    Elisabeth

    Pour ceux qui savent parler suédois , l'AEIA s'en mêle

    http://svt.se/svt/jsp/Crosslink.jsp?d=22620&a=758458&lid=puff_758457&lpos=rubrik

    je recherche même infos en anglais ou en français

  8. 8

    Déficiences

    Europe News
    Swedish power concern reveals new flaws at Forsmark nuclear plant
    By DPA
    Feb 10, 2007, 12:55 GMT

    Stockholm - State-owned Swedish energy concern Vattenfall on Saturday admitted further serious security deficiencies at its controversial Forsmark nuclear power plant.

    A company statement said one of the plant's boiling-water reactors had been operating for seven months with deficient rubber seals to its outer walls.

    The statement said a test rubber sample had been taken last June. 'When the test result had been analysed, it was clear that the elasticity of the rubber packing was insufficient,' the company said.

    The reactor was closed down on February 2.

    Vattenfall spokesman Hans von Uthmann, newly nominated as chairman of the Forsmark Kraftgrupp AB board, described the security failure as 'not acceptable.'

    The reactor will again be operational following the replacement of the rubber packing.

    Three nuclear reactors are operated at Forsmark, some 140 kilometres north of Stockholm. The plant has since last year been under review by the Swedish Nuclear Power Inspectorate (SKI) after a shut-down of one of the reactors late July 2006 after a short-circuit in a switchyard outside the plant.

    The reactor shut down, but two of four emergency generators failed to start. Several other systems partly malfunctioned, sparking a debate over nuclear safety.

    Safety procedures at the plant were additionally questioned after the recent publication of an internal report that cited 'a deterioration in security thinking,' citing some two dozen accidents at the plant.

    The controversy led to the resignation of the plant's chief executive officer Lars Lagerberg on Thursday and the approval of a new programme aimed at improving security issues.


    2007 dpa - Deutsche Presse-Agentur

  9. 9

    Alerte à la bombe

    Suède: fin de l'alerte à la bombe dans une centrale nucléaire
    STOCKHOLM, 21 mars 2007 (AFP)
    La police suédoise a levé mercredi son dispositif de sécurité mis en place dans la centrale nucléaire de Forsmark, qui avait fait l'objet d'une alerte à la bombe, selon l'agence TT.

    Une équipe spécialisée avec des chiens avait été dépêchée sur place et un barrage routier avait été mis en place autour de Forsmark, située à environ 100 kilomètres au nord de Stockholm, sur la côte est du pays, avait indiqué la police.

    Le barrage a été levé dans l'après-midi, selon TT.

    "Nous avons été en contact avec la police criminelle et les services de sécurité et nous estimons qu'il n'y a pas de menace", a déclaré Christer Nordström, porte-parole de la police d'Uppsala, cité par l'agence suédoise.

    En dépit de l'alerte, l'activité de la centrale n'avait pas été interrompue et les employés n'avaient pas été évacués, selon un porte-parole de la centrale de Forsmark Claes-Inge Andersson.

    Forsmark, l'une des trois centrales nuclaires de la Suède, a rencontré ces derniers mois une série d'incidents de sécurité entraînant des arrêts de réacteurs.

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