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Bouclier antimissile US (ABM) : Moscou menace de sortir du traité FNI

Abmnmisssb101Même si l'affaire pourrait presque passée inaperçue du grand public français en plein période électorale, la chose est d'importance et significative de la tension accrue entre Usa et Russie.

Moscou a menacé jeudi de sortir du traité américano-soviétique sur l'élimination des missiles à portée intermédiaire et courte (FNI) si Washington installe des éléments de son bouclier antimissile en Europe centrale.

Pour rappel, les Etats-Unis ont demandé en janvier à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier antimissile américain, s'attirant immédiatement les protestations les plus vives de Moscou.

I – Moscou menace de se retirer du Traité

Moscou pourrait dénoncer unilatéralement le Traité sur l'élimination des missiles de moyenne et de plus courte portée, a déclaré aux journalistes le général d'armée Iouri Balouïevski, chef de l'état-major général des forces armées russes. La Russie suivra attentivement les démarches de "ses partenaires américains", estimant cependant qu' à l'heure actuelle, ces derniers étaient en train de créer une troisième zone de défense antimissile en Europe, sans trouver néanmoins aucune explication convaincante permettant de justifier ces opérations.

Ce traité signé en 1987 par l'URSS et les Etats-Unis est d'une durée illimitée "mais la possibilité d'en sortir existe si une des parties présente des preuves convaincantes de la nécessité d'y renoncer", a déclaré le général. "Il y a à présent de telles preuves convaincantes : de nombreux pays élaborent et perfectionnent des missiles de moyenne portée ", a expliqué le chef de l'état major des forces armées russes.

"Force est de constater qu'en remplissant les engagements qu'elle a contractés dans le cadre du Traité sur l'élimination des missiles de moyenne et de plus courte portée, la Russie a perdu un grand nombre de ces systèmes d'arme, qui étaient uniques en leur genre", a par ailleurs indiqué M. Balouïevski.

Signé le 8 décembre 1987, l'accord FNI est entré en vigueur en mai 1988. De durée illimitée, il prévoyait l'élimination et l'interdiction permanente d'une classe entière de missiles balistiques américains et soviétiques de 500 à 5.500 km de portée. Après la disparition de l'URSS, les douze Etats de la CEI (ex-URSS moins les pays baltes) sont devenus parties au traité.

Le commandant en chef des Forces aériennes russes Vladimir Mikhaïlov a pour sa part affirmé mercredi que la Russie n'avait pas à s'inquiéter du projet américain prévoyant le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) en Europe de l'Est. "Cela ne présage rien de bon, ils brandissent une nouvelle menace, mais contre qui? Nous n'avons rien à craindre, cela ne nous concerne absolument pas", a déclaré M. Mikhaïlov lors d'une conférence de presse à Erevan.

Selon lui, seuls les pays d'accord avec l'installation de bases américaines sur leur territoire seront menacés. "Qu'ils réfléchissent aux conséquences, y compris écologiques. Ce sera leur problème, pas le nôtre", a-t-il signalé.

Mais le Kremlin semble tout à fait conscient de la menace engendrée par la course aux armements nucléaires recherchée par les Etats-Unis. Le général Yuri Baluyevsky, chef d’état-major russe, a décrit le déploiement d’une partie du bouclier antimissile en Europe comme un "geste pour le moins hostile". "Sa portée d’interception couvrira une portion significative de la partie européenne de la Russie, et son intégration avec les services de renseignement américains renforcera davantage le potentiel antirusse de ce dispositif. Nous serions contraints de rechercher des mesures défensives asymétriques et bien sûr beaucoup moins coûteuses", a affirmé le général.

La principale stratégie du Pentagone en Europe de l’Est est de développer un réseau d’installations militaires capable d’accroître la domination des Etats-Unis sur l’Eurasie et sur ses vastes ressources en énergie, en minerais et en main-d’oeuvre.

II – Les Etats-Unis demandent aux tchéques et à la Pologne de servir de bases

Washington a demandé en janvier à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier antimissile américain, s'attirant immédiatement les protestations les plus vives de Moscou. Pour parer à d'éventuelles attaques en provenance notamment d'Iran, le Pentagone souhaite déployer un radar en République tchèque et dix intercepteurs en Pologne d'ici à 2011-2012.

Les Etats-Unis ont ainsi officiellement annoncé qu’ils se sont entendus avec la République tchèque pour qu’elle accueille sur son territoire un radar faisant partie du système de défense antimissile américain comprenant des radars à longue portée et des missiles intercepteurs et ayant pour objectif de détecter et d’abattre les missiles balistiques. Le gouvernement polonais a également annoncé qu’il était ouvert à l’idée que les Etats-Unis utilisent une base sur son territoire pour y héberger un grand silo capable de lancer des missiles intercepteurs.

Le bouclier antimissile américain est conçu pour donner un avantage nucléaire décisif à Washington. Le développement d’un réseau très performant de radars, de satellites et d’intercepteurs de missiles intercontinentaux balistiques pourra à terme réduire à néant toute tentative d’une puissance nucléaire rivale de lancer une contre-offensive en réponse à une frappe nucléaire américaine.

La République tchèque et la Pologne sont des alliés proches des Etats-Unis et membres de l’OTAN. Des soldats polonais participent à l’occupation de l’Irak et la Pologne a accepté d’héberger d’autres bases militaires américaines conventionnelles sur son territoire. Mirek Topolanek, le premier ministre tchèque, a accueilli la demande américaine, disant : "Nous sommes convaincus que la possibilité du déploiement d’un radar sur notre territoire est dans notre intérêt. Cela renforcera la sécurité de la République tchèque et de l’Europe." Le ministre adjoint des Affaires étrangères de la Pologne, Witold Waszczykowski, a confirmé que Washington a approché Varsovie sur ce projet, ajoutant que son gouvernement "attendait maintenant des offres fermes".

Le Pentagone a insisté pour dire que les deux bases deviendraient des territoires américains souverains et que les quelque 500 Américains qui y travailleraient ne seraient pas soumis aux lois polonaises ou tchèques. Le coût estimé de la dépense américaine pour ces deux bases s’élèvera à 1,6 milliard de dollars lorsqu’elles seront en état de fonctionner en 2011.

Le ministre tchèque de la Défense, Vlasta Parkanova, a reconnu que la population était opposée à ce que la République tchèque s’implique dans le programme américain antimissile - des manifestations ont eu lieu à Prague à cet effet - mais a insisté sur le fait que le gouvernement irait néanmoins de l’avant : « Je suis conscient qu’héberger un radar allié sur notre territoire est une question délicate pour les citoyens tchèques. Certaines menaces ne peuvent être confrontées qu’en coopération avec nos partenaires et une attaque par un missile balistique fait partie de celles-ci... Ne nous devons pas aborder cette question de façon idéologique, mais nous devons nous demander si ce que nous faisons augmente la sécurité de la République tchèque et de tous ses citoyens. »

Sources : AFP, Ria Novosti, WSWS

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Commentaires

GUNIGU

16 fév 2007 08:57:06

Et pourquoi cette information ne concernerait que les français occupés par leur campagne électorale?
De ce côté du monde, on s'aperçoit bien que c'est toujours une question de suprématie pour dominer les autres...


Elisabeth

16 fév 2007 10:25:38

je mes suis peut etre mal exprimée ... je voulais dire que même en pleine campagne , cela serait bien que les Français ouvrent les yeux.... bien au contraire.


Elisabeth

16 fév 2007 10:27:35

merci pour le lien sur votre blog , je pense que j'y ferai plus qu'un saut ce week end

www.mondedebrut.com


Francis

16 fév 2007 15:49:20

Tensions : de la macrotension à la microtension, ou d'europe en amérique ?

C’est l’histoire d’un enfant qui a vu sa maison brûler en Bosnie, quand il avait quatre ans.
Il s’appelait Suleiman Talovic et vivait à Talovici.
En 1993, il a été chassé de son village par la guerre.
Sa famille s’est réfugiée à Srebrenica.
En 1995, il a du fuir les massacres avec sa mère et ses soeurs.
Il a retrouvé son père plus tard, mais pas son grand-père.

En 2000, sa famille s’est réfugiée aux Etats-Unis.
C’est comme cela qu’il est arrivé à Salt Lake City.
Il sont 3000 Bosniaques dans l’Utah. Réfugiés musulmans chez les Mormons.
Sulejman Talovic a grandi. Il ne parlait pas beaucoup aux voisins.
A 16 ans, sa mère l’a retiré de l’école.
Il est devenu ouvrier à la chaîne. Il emballait les paillassons.
Il n’a plus jamais donné de nouvelles à son cousin Redzo, à Talovici.

Le 12 février, Sulejman Talovic, 18 ans, a fait sa journée à l’usine.
Le soir, il est allé au Mall avec un fusil à pompe, un pistolet et un sac à dos rempli de munitions.
Il a tiré sur tout ce qui bouge.
Et spécialement sur la boutique où les gens achetaient leurs cartes de Saint-Valentin.
Cinq morts, quatre blessés.
La police a fini par l’encercler.
Sulejman Talovic est mort dans le magasin Pottery Barn pour enfants.
Acteur d’un parfait “shooting” américain.

http://clesnes.blog.lemonde.fr/


Italie

17 fév 2007 15:48:40

Des dizaines de milliers de manifestants contre une base US en Italie
AFP 17.02.07 | 15h18

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont commencé à manifester samedi contre l'élargissement d'une base américaine à Vincenza (nord de l'Italie), sous haute surveillance policière, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une responsable du comité d'organisation, Thea Gardellin, a affirmé à l'AFP que les manifestants étaient plus de 100.000. Selon l'agence Ansa, citant des sources policières, ils seraient environ 25.000.

"Non aux bases", "Amérique, non merci", "les bases à la maison", proclamaient les banderolles des manifestants qui agitaient des drapeaux rouges des communistes, arc-en-ciel des pacifistes et verts des écologistes dans une ambiance bon enfant.

Avant que le cortège ne s'ébranle en début d'après-midi, le président du Conseil italien Romano Prodi avait appelé les manifestants à éviter toute violence alors que le ministère de l'Intérieur a exprimé la crainte d'incidents.

Romano Prodi, qui a donné son feu vert en janvier à l'élargissement de la base américaine malgré l'opposition de sa gauche radicale, a assuré que la participation des communistes et des Verts à la manifestation "ne rompait pas la solidarité gouvernementale".

Aucun ministre ou secrétaire d'Etat appartenant à ces partis n'est présent à Vicenza, Romano Prodi les ayant avertis qu'"on ne manifeste pas contre soi-même".

Les leaders communistes ont appelé le gouvernement à "écouter le grand peuple de la paix qui fait partie de son électorat", comme l'a déclaré Oliviero Diliberto, secrétaire général du PDCI (parti des communistes italiens), demandant à Romano Prodi de revenir sur sa décision.

Quelque 1.500 policiers et carabiniers ont été mobilisés pour éviter tout incident pendant la marche des protestataires longue d'environ 6 km et surveillée par plusieurs hélicoptères de la police dans cette ville de 100.000 habitants, situé à environ 40 km à l'ouest de Venise.

La base américaine, l'une des sept que compte l'Italie, accueille actuellement 2.750 soldats de la 173e Brigade aéroportée déployée entre Vicenza et l'Allemagne.

Le projet d'agrandissement qui en doublera la surface et d'un coût de 500 millions de dollars, permettrait d'y baser les 1.800 militaires de la brigade présents en Allemagne.



OTAN/ CFE

27 avr 2007 10:05:50

L'Otan "gravement préoccupée"
L'Otan s'est déclarée jeudi "gravement préoccupée" par la décision de la Russie de geler le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (CFE) pour protester contre le projet américain de bouclier antimissiles.

Le président russe Vladimir Poutine a décrété un moratoire sur l'application de ce traité conclu en 1990 par les 22 membres de l'Otan de l'époque et le Pacte de Varsovie pour parvenir à un désarmement vérifié dans le domaine conventionnel.

Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait confirmé cette décision lors d'une rencontre avec ses homologues de l'Alliance atlantique à Oslo.


"Ce message a été accueilli avec préoccupation, une grande préoccupation, de la déception et des regrets", a-t-il dit en précisant que l'Otan respecterait le traité.

on fait le point au plus tot


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