Même si la presse se fait toujours aussi discrète sur le sujet, les mouvements de grève qui impactent les sites nucléaires d'Areva existent bel et bien et ne vont pas en s'améliorant. Ils impactent même désormais un peu plus la production.
En effet, la direction de l'usine de retraitement Areva de La Hague dans la Manche a décidé lundi de mettre en oeuvre des mesures de chômage technique du 1er au 15 mars en raison de l'impact de la grève menée depuis la mi-janvier pour des questions salariales.
Dans le cadre de ces mesures, annoncées lundi par la direction du site au cours d'un comité d'entreprise, quatre ateliers seront mis à l'arrêt et une centaine d'employés concernés, selon la direction. C'est la première fois que l'usine de retraitement de La Hague, où travaillent environ 3.100 personnes, est touchée par des mesures de chômage technique.
Les syndicats sont convoqués mardi matin en référé au tribunal de Cherbourg, saisi par la direction qui estime "illicite" la grève.
Plusieurs établissements d'Areva NC, dont La Hague (Manche), Cadarache (Alpes-de-Haute-Provence), Marcoule (Gard), rejoints par Pierrelatte (Drôme) et Miramas (Bouche-du-Rhône), sont en grève depuis le 18 janvier, après l'échec de premières négociations salariales, selon les syndicats. La revendication principale des salariés concerne la reprise de négociations salariales.
Le mouvement se caractérise par des grèves de 3H53 par poste de travail à Cadarache et La Hague, de 0H59 à Marcoule et Pierrelatte.
La direction d'Areva NC a entamé en novembre 2006 des négociations salariales avec les syndicats. Le 19 janvier, faute d'accord, Areva a décidé d'appliquer unilatéralement une augmentation générale de 1,8% pour les employés non-cadres avec un plafond de 36 euros. Cette augmentation est complétée par un supplément "sous forme individuelle", qui porte au total l'augmentation à 3,35%, affirme la direction.
L'intersyndicale réclame une augmentation générale de 3,5% (plafond de 70 euros), l'instauration d'une prime de 500 euros et le déplafonnement de la prime d'ancienneté limitée à 15 %. "Malgré des bons résultats 2006, Areva ne propose que 1,8 % d’augmentation et des mesurettes telles la revalorisation des primes de médaille ou le gel des tarifs de cantine pendant deux ans", selon les syndicats qui refusent également la politique d'individualisation des salaires, laquelle concerne actuellement les cadres, et que la direction voudrait également appliquer aux non-cadres.
"Nous avions trouvé un terrain d'entente sur la question de la politique d'individualisation des salaires, mais en ce qui concerne l'augmentation générale des salaires, la direction n'a pas voulu bouger d'un pouce et nous a dit qu'elle n'était pas là pour négocier" a expliqué un représentant de l'intersyndicale.
La fédération CGT mines-énergie a dénoncé mardi 20 février dans un communiqué "la rupture" des négociations salariales à Areva NC, branche nucléaire du groupe Areva, réclamant la tenue d'un "CE extraordinaire".
"Après un mois de conflit, Areva stoppe les négociations et s'égare sur le chemin de la répression", déplore le syndicat, ajoutant que "suite à la rupture des négociations, le CE extraordinaire doit être une nouvelle étape pour la mobilisation des salariés".
"Malgré de bons résultats 2006, les salariés d'Areva NC ne sont pas conviés au partage des fruits du succès", déplore la CGT.
Sources : AFP, Romandie.com, France 3
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