Artémis, holding de l'homme d'affaires français François Pinault, a jusqu'au 2 février pour déclarer son intention de lancer ou pas une OPA sur le groupe d'énergie et d'environnement Suez, a annoncé l'Autorité des marchés financiers (AMF) mardi dans un communiqué.
Contrairement à ce qu'affirmait en tout début d’année le Wall Street Journal, François Pinault n'aurait pris "aucune décision concernant l'éventualité" d'une OPA sur Suez, avait annoncé par la suite sa holding dans un communiqué, ajoutant que "toutes les options" restaient ouvertes.
Le collège de l'Autorité des marchés financiers s'est réuni le 9 janvier 2007 pour fixer la date à laquelle la société Artémis devra au plus tard, seule ou de concert, soit déposer un projet d'offre publique visant les titres Suez, soit publier un communiqué portant sur les caractéristiques d'un projet d'offre publique, a indiqué l'AMF. "Cette date est le 2 février à huit heures", a précisé l'autorité boursière.
Si Artémis ne respecte pas cette échéance, il s'ensuivra une interdiction de lancer une OPA sur Suez pendant un délai de six mois, sauf, précise l'AMF, "à justifier de modifications importantes dans l'environnement, la situation ou l'actionnariat de Suez".
Le 3 janvier, l'AMF avait annoncé qu'elle fixerait un délai à Artémis pour se déclarer, après avoir reçu confirmation par courrier de la holding de François Pinault de "l'existence, fut-elle très préliminaire, d'un projet relatif au groupe Suez".
Le Wall Street Journal avait indiqué au tout début janvier que François Pinault ne lancerait pas d'OPA sur Suez, mais qu'il pourrait s'intéresser à des actifs du groupe si la fusion avec GDF échouait.
Le site internet du mensuel économique Capital avait affirmé auparavant que François Pinault était sur le point de lancer une OPA hostile de 70 milliards d'euros sur Suez, avec l'accord de l'Elysée.
La présidence de la République avait aussitôt "démenti catégoriquement cette rumeur fantaisiste" mais les titres de Suez et Gaz de France qui, selon le schéma de Capital, rachèterait le pôle énergie de Suez pour 40 milliards d'euros, avaient aussitôt grimpé à la Bourse de Paris. Suez avait annoncé dans la foulée avoir "officiellement demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) française d'obtenir du groupe Pinault qu'il déclare ses intentions", conformément aux règles en vigueur sur les rumeurs d'OPA.
En tout état de cause, les analystes observent qu'une importante spéculation demeure toujours sur ce dossier, les actifs d'Electrabel suscitant maintes convoitises. Selon eux, les récents évènements sur le dossier ne feraient que relancer l'intérêt voire accroître un phénomène déjà bien ancré.
Le secteur de l'énergie est en effet très recherché. Par ailleurs, Electrabel dispose d'importants actifs dans le nucléaire, ainsi que des positions fortes dans le GNL (gaz naturel liquéfié).
Pour mémoire, Suez a racheté fin 2005 les 50% d'Electrabel qu'il ne détenait pas encore pour environ 11 milliards d'euros. Electrabel a réalisé en 2005 un chiffre d'affaires en hausse de 5,9%, à 12,21 milliards d'euros.
Par ailleurs, la branche Suez Energie International avait vu son chiffre d'affaires 2005 progresser de 20,2% à 5,879 milliards d'euros.
Sources : AFP, La Tribune
A lire également :
. Pinault : aucune décision concernant une OPA sur Suez
. Suez : pas d'OPA de François Pinault
. GDF-Suez : re-nationalisation en cas de victoire PS ?
. Gazprom profite du report de la fusion GDF/Suez
. Copé à Moscou : pour un groupe GDF/SUEZ de taille face à Gazprom

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.