Mais à quoi jouent Russie et Algérie ?
Si les récents propos du ministre algérien de l'Energie et des Mines concernant un report sine die de la création d'une OPEP du gaz, avait laissé sous entendre qu'un léger froid sévissait entre Alger et Moscou, concernant le secteur des hydrocarbures, il n'en serait rien, puisque les négociations entre la compagnie russe Gazprom et algérienne Sonatrach seraient largement avancées.
La récente annonce faite par Alger d'un éventuel approvisionnement de la Pologne en gaz, qui devrait permettre à cette dernière de s'affranchir de la tutelle russe a très certainement jouée.
Mais, ou peut-être même surtout, l'Algérie aurait peut-être trouvé en la Russie un partenaire lui permettant de se développer dans le nucléaire civil...
I – Signature d'un mémorandum
Un mémorandum a été signé à Alger entre le ministre algérien de l'Énergie et des Mines, M.Chakib Khelil, et le ministre de l'Industrie et de l'Énergie russe, M.Victor Khristenko. Il constitue un cadre de coopération et de suivi de la concrétisation des projets définis par les deux parties et qui touchent à différents segments de la chaîne énergétique (exploration, production, commercialisation et transport).
M.'Khelil a exprimé,sa satisfaction des résultats concrets obtenus par les deux parties, notamment la décision d'avancer dans la concrétisation du projet de développement de la découverte de gaz réalisée par l'association Sonatrach et les russes Rosneft-Stroytransgaz dans la région d'Illizi dans l'extrême Sud algérien.
Le développement de cet imposant projet, dont l'investissement est estimé à un montant de 3 à 4 milliards de dollars, doit permettre aussi de démontrer que des sociétés russes peuvent entrer en concurrence avec d'autres sociétés et arriver à des résultats très positifs en Algérie a estimé M.Khelil.
Le ministre a souhaité également que ce modèle soit suivi par d'autres sociétés russes (comme Gazprom et Loukoil) dans le secteur de l'exploration et la production et que des relations de coopération soient développées dans d'autres segments tels que la commercialisation et le transport du gaz.
II – Sonatrach : échange d'actifs avec GAZPROM
La société nationale algérienne Sonatrach a retenu quatre des huit gisements proposés par Gazprom pour un éventuel échange d'actifs, a fait savoir dimanche le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie Viktor Khristenko à l'issue de la signature d'un mémorandum de coopération avec le ministère algérien de l'Energie et des Mines. "Gazprom a proposé à la partie algérienne huit sites de son segment extraction, parmi lesquels la compagnie algérienne en a relevé quatre", a indiqué le ministre russe.
Il a en outre qualifié l'offre russe "d'assez intéressante", précisant que Sonatrach était en train d'élaborer sa proposition au géant gazier russe. "Gazprom est intéressé à une participation adéquate en Algérie", a-t-il ajouté.
Le monopole russe a également proposé à ses partenaires algériens de prendre part au projet d'usine de liquéfaction de gaz sur la Baltique, a rapporté le ministre, évoquant par ailleurs des projets de coopération entre les deux pays sur les marchés de pays tiers, tant sur le plan commercial qu'en matière de coordination des positions au sein du forum des pays exportateurs de gaz.
Les investissements des russes Rosneft et Stroytransgaz dans la mise en valeur du gisement pétrogazier 245-sud pourraient s'élever 4-5 milliards de dollars, a par ailleurs annoncé samedi le ministre algérien de l'Energie et des Mines Chakib Khelil. Selon le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko, en visite de travail en Algérie samedi, la prospection géologique dans le cadre de ce projet serait au stade final. La mise en valeur du bloc 245-sud est réalisée par un consortium des russes Rosneft et Stroytransgaz et de la société algérienne SONATRACH. Les compagnies russes détiennent chacune 30% du capital du consortium.
III – Accord Russie-Algérie : garantie de sécurité énergétique ?
A en croire les ministres russe et algérien en charge de l'énergie, Viktor Khristenko et Chakib Khelil, la coopération russo-algérienne contribuera à la garantie de la sécurité énergétique globale.
"Notre coopération non seulement répond aux intérêts des deux pays mais aussi elle renforce la fiabilité du marché énergétique et la sécurité énergétique globale", a indiqué M. Khristenko dans un entretien aux journalistes.
De son côté, le ministre algérien a noté que la coopération des deux pays aurait pour résultat de meilleures garanties de l'approvisionnement de l'Europe et du monde entier en énergie. Permettez- moi d'en douter, même d'être vigilante sur le sujet. Ce type de discours des deux protagonistes n'aurait pour but que de dissiper les craintes de l'UE et notamment de l'Italie très fortement inquiète des accords gaziers entre les deux pays et une éventuelle création d'une OPEP du gaz.
Selon le ministre russe, la rencontre de ces derniers jours devrait permettre également de relancer la réalisation de projets conjoints à toutes les étapes de la production d'énergie, de l'extraction jusqu'à la distribution d'hydrocarbures.
M. Khelil a rappelé l'existence d'accords entre l'algérien SONATRACH et des compagnies russes, notamment en matière d'échanges de données marketing et de données commerciales.
IV- L'Algérie et la Russie veulent coopérer dans le nucléaire
L’Algérie et la Russie veulent coopérer pour le développement de l’énergie nucléaire en Algérie, a annoncé le ministre russe de l’Industrie et de l’Energie Victor Khristenko, dans une déclaration rapportée par l’agence algérienne APS.
Relevant l'intérêt des sociétés russes pour le secteur des infrastructures énergétiques comme l'électricité, le ministre s'est dit tout aussi content du fait que les deux pays se soient mis d'accord sur le principe de développer, dans le futur, une coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire. Pour le ministre russe, le développement des relations bilatérales dans le domaine du pétrole et du gaz, de l'énergie électrique et nucléaire revêt une grande importance, non seulement, a-t-il estimé, pour les deux pays mais aussi pour les pays tiers dont l'Algérie et la Russie sont des fournisseurs fiables.
A l'initiative de la partie algérienne, une clause sur la coopération en matière de création en Algérie d'un secteur nucléaire civil a été ajoutée au texte du mémorandum signé dimanche dernier. "Les experts doivent se mettre au travail très prochainement", a indiqué M. Khristenko. Il est évident que Washington ne sera pas enthousiasmé par le nouveau projet russe d'exportation de technologies nucléaires civiles vers le monde arabe. Mais loin de considérer ces réticences comme un facteur de dissuasion, Moscou pourrait même en tirer une motivation supplémentaire.
V - L’Algérie, bon élève de l’AIEA
L’Algérie semble maintenir sa position officielle d’instaurer une totale transparence autour de son propre programme de recherche nucléaire, tout en privilégiant une coopération bilatérale et multilatérale dans le but de développer et de mettre cette énergie à disposition d’une utilisation civile. Le pays commence ainsi à se frayer un chemin dans le concert des nations ayant la maîtrise de cette industrie.
L’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) paraît quant à elle apprécié positivement la disponibilité et l’implication de l’Algérie dans les actions anti-proliférations des armes nucléaires. Ainsi, l’Agence a accepté d’organiser à Alger une réunion régionale sur le dossier de la non-prolifération des armes nucléaires avant la fin 2006.
La place prépondérante que semble prendre l’Algérie sur la « scène du nucléaire », n’a pas échappé aux Iraniens qui espèrent la voir adopter une position qui a toujours été la sienne, à savoir défendre le droit des pays en voie de développement à acquérir une technologie nucléaire à usage pacifique.
VI - La Russie pourrait bâtir la 1ere centrale nucléaire du Maroc
Atomstroyexport devrait participera à l'appel d'offres pour la construction de la première centrale nucléaire au Maroc, a annoncé début septembre le porte-parole de la société russe.
Le 30 août dernier, a eu lieu à Moscou une rencontre entre la délégation marocaine conduite par le directeur général de l'Office national de l'électricité Younès Maamar et les responsables de l'Agence russe de l'énergie atomique, du holding Rosenergoatom, du groupe TVEL et de Atomstroyexport.
Selon les prévisions, le premier réacteur nucléaire du Maroc sera construit entre 2016 et 2017.
Atomstroyexport, premier opérateur nucléaire de Russie, dirige la construction de centrales en Iran, en Chine et en Inde, conformément aux accords intergouvernementaux, pour un montant de 4,5 milliards de dollars.
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Sources : Ria Novosti, Liberté Algérie, Algerie-dz.com, Vremia novostei

12 Commentaires
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cela se précise :
Rosneft et Stroytransgaz prêts à investir 1,3 milliard de dollars en Algérie (Vedomosti)
23/01/2007 13:20 MOSCOU, 23 janvier - RIA Novosti. Rosneft doit se doter très prochainement d'un premier projet étranger à part entière. La compagnie publique russe vient d'achever la prospection de deux gisements de pétrole en Algérie dont la mise en valeur nécessitera 1,3 milliard de dollars d'investissements, une somme qu'elle se propose de diviser avec Stroytransgaz. Pour l'instant, les concurrents russes de Rosneft semblent moins bien lotis, car ni Lukoil ni Gazprom ne possèdent d'actifs en Algérie dont les ressources prouvées d'hydrocarbures (1,5 milliard de tonnes de pétrole et 4.500 milliards de mètres cubes de gaz naturel) suscitent toutes les convoitises.
Rosneft et Stroytransgaz, qui se partagent à parité 60% du champ 245-Sud, envisagent d'investir 1,3 milliard de dollars dans ce projet réalisé dans le cadre d'un accord de partage de production, a déclaré le vice-président de Rosneft, Nikolaï Borissenko. Les deux compagnies ont achevé le forage d'un sixième puits et la prospection de deux gisements en en confirmant les réserves à hauteur de 36,5 millions de tonnes de pétrole. Selon M. Borissenko, les partenaires doivent entamer début février les formalités relatives à l'obtention d'une licence pour l'exploitation des deux gisements. Si les compagnies démontrent la présence d'hydrocarbures dans la troisième zone, cela demandera des investissements supplémentaires, a-t-il ajouté. Le total des investissements pourrait représenter entre 4 et 5 milliards de dollars, a pour sa part déclaré le ministre algérien de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, cité hier par le service de presse du ministère russe de l'Industrie et de l'Energie.
Le champ 245-Sud est l'unique projet développé par Rosneft à l'extérieur de l'ex-URSS. Avec Stroytransgaz, il a remporté en 2001 un appel d'offres pour la prospection, la mise en valeur et l'exploitation du champ pétrolier algérien en question. Il y a encore quelques années, la compagnie peinait à prouver la présence d'hydrocarbures dans ces gisements, et Nikolaï Borissenko affirmait même que Rosneft pourrait abandonner le projet. Pour l'instant, il n'a pas précisé quand et sur quoi exactement seraient dépensés les 1,3 milliard de dollars d'investissements.
Une source au ministère de l'Industrie et de l'Energie indique que cette somme servira à financer l'aménagement du projet et la mise en place d'infrastructures pétrolières. Mais selon Andreï Gromadine, analyste à la MDM-Bank, cet argent suffira non seulement pour lancer le projet, mais également pour assurer la production pendant 7 à 10 ans. A titre de comparaison, Lukoil a investi 250-350 millions de dollars pour lancer le projet Azeri-Chirag-Guneshli, en Azerbaïdjan, dont les réserves prouvées s'élevaient à 278 millions de tonnes de pétrole et dont la compagnie russe n'avait détenu avant 2002 que 10%, rappelle M. Gromadine. Stroytransgaz s'abstient pour sa part de tout commentaire
23 janvier 2007 à 13:472
On se rappelle également que le gouvernement iranien a proposé à l'Algérie de coopérer dans le secteur nucléaire. De fait, c'est une offensive de séduction russe sur le nucléaire civil dans les pays arabes, et particulièrement dans les pays producteurs de pétrole et de gaz. La logique russe est imparable : nous vous aiderons à développer le nucléaire civil et à conserver vos ressources en hydrocarbures pour l'exportation si vous nous aidez à en maitriser les cours.
25 janvier 2007 à 10:363
Oui, tout à fait , encore et toujours la pression russe .. :(
De plus, il se pourrait bien que les pays arabes (Maroc, Algérie, Iran) se regroupent entre eux pour avoir plus de poids sur le nucléaire civil , et la Russie peut les y "aider"
25 janvier 2007 à 11:334
j ai lus sur une revue américaine que algerie est en effets devenu une puissance nucléaire. que son programme nucléaire était achevée les américain disent fermer les yeux comme le monde occidental j ai pu comprendre que le 21ciecle a changer les mentalités est que d'avoir un pays riche peut représenter un lobbies sur le monde commercial... pourquoi tout est du secret la est ma question? qui peut me répondre merci
13 mars 2007 à 14:175
Une petite corréction Elisabeth.
"De plus, il se pourrait bien que les pays arabes (Maroc, Algérie, Iran)"
l'Iran n'est pas un pays Arabe.
19 mars 2007 à 16:346
désolée ... il est perse
19 mars 2007 à 18:327
bonsoir
Ma question est pour BoBoto...!
Pour là question de Iran?
en effet! il n'est pas Arabe...est bien Perse..
Cela dit Elisabeth Pour te répondre tu n a fait aucune Erreur...!
Pourquoi BoBoto
je te répond
Quant tu regarde dans l'histoire
tu remarque bien
une chose..je parle de l histoire
nous étions là dernière population?
qui s'appelait
Nous Sarrasins???
De là que toute l'histoire commence!
De Sarrasins??
Nous sommes devenu!
Population Arabe!!
Qui de plus
Barbare vous nous disiez...
Enfin je veut juste dire une seul chose
Que nous sommes Tous Arabo-Musulman..
Pour la question
Perse?
C'est la question de l'empire Ottoman...
je veux te dire que vous occidentaux!
vous comprenez pas notre histoire?
nous sommes tous Arabo_Musulman.
qu'il sois Perse ou ottoman?
comprenez que nous sommes Musulman!
Vous chercher vous Mêmes les Questions?
interne? est Externe!!
La question de chez nous Arabo-musulman est très complexe à vous expliquer!!
Cordialement
27 avril 2007 à 22:388
le debat n'est pas perse, mais algero-russe vs the world, je trouve que c'est une logique le bisness et qu'il faut aussi travailler avec l'orient (russie) comme avec l'occident (europe etats-uni) et surtout ne pas oublier le tier-monde. aprés je pense qu'il est le droit a chacuns de protégé ces intêret en toute diplomatie biensur que l'europe protége l'europe que la russie protége la russie et que l'algérie protége l'algérie je veut juste rapeler que la logique c'est sa pas besoins d'aller chercher a teheran a pekin ou je ne sais ou...
23 juin 2007 à 23:429
Busines is busines!
11 mars 2008 à 14:59pouquoi vous suspectez toute nation qui veux s'affranchir est se développer?
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Soixante ans de dissuasion nucléaire controversés Par : Y.Mérabet
10 août 2009 à 14:14La dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, terme qui désigne une stratégie visant à décourager toute possibilité d'action hostile de la part d'une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu'on puisse mettre l'agresseur potentiel dans un certain état d'esprit.
La fin de la dissuasion nucléaire
Avec elle, l’arme thermonucléaire nucléaire qui connaît un saut qualitatif, la fusion nucléaire permet d’atteindre des niveaux d’énergie sans commune mesure avec les intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale, y compris ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. L’arme nucléaire la plus puissante jamais réalisée, la « Tsar Bomba » testée par les Soviétiques le 30 octobre 1961, dégage une énergie approchant l’équivalent de 60 mégatonnes de TNT. Avec de telles armes, il devient techniquement possible, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, de rayer de la carte un pays entier tel qu’Israël, la Belgique, le Danemark ou de moins importance Israël, seulement avec une seule bombe. La Russie pourrait fabriquer à nos jour la bombe ‘H’, une arme nucléaire de plus de 100 mégatonnes de TNT pouvant rayer pour l’éternité l’Allemagne, la France et l’Angleterre à la fois, une dissuasion qui a fait frémir l’humanité pendant plus de soixante années. On le sait maintenant avec l’ouverture des archives soviétiques, le monde est passé tout près de la catastrophe nucléaire. C’est le moment de la prise de conscience des dangers de la guerre nucléaire, de l’inévitabilité de la détente voire de la coexistence pacifique, et de la nécessité de la maîtrise des armements. C’est également à la même époque que le statut de l’arme nucléaire comme instrument de dissuasion commence à être conforté avec la doctrine de riposte graduée. Alors les Etats-Unis doivent mesurer les conséquences d’une attaque suicidaire israélite sur le ‘bourbier nucléaire iranien’, l’Iran maitrise et manipule le nucléaire depuis 59 ans, bien avant les français et les russes, alors les américains et les juifs savent à qui ils ont à faire. Avant la date du soit disant le désarmement nucléaire en 1987, on était dans une logique de simple maîtrise des armements. Aujourd’hui, à l’exception notable de la Chine, toutes les puissances nucléaires officielles sont dans une phase de contraction ou de stabilisation de leurs armements nucléaires, mais nulle personne ne sait ce qui se passe en douce. La rupture de l’émergence d’une vision nouvelle de l’arme nucléaire dans les années 1995-1996, qui a consacré l’idée de ce que l’on pourrait appeler une « exception nucléaire ». C’est l’époque de l’accession de l’ensemble des membres non nucléaires de l’ONU au TNP, de la prorogation du Traité pour une durée indéterminée, de la conclusion du TICE, et enfin de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la licité de l’emploi de l’arme nucléaire (qui a eu un impact politique non négligeable). C’est à partir de cette date que les signataires du TNP se sont scindés en deux groupes; en EDAN et en ENDAN, ces derniers n’auront pas droit à la dissuasion nucléaire pour se protéger, ni même à l’accès de la technologie du nucléaire, ils doivent rentre compte aux premiers par le biais de l’AIEA. D’autres Etats comme Israël, le Pakistan et l’Inde non signataires du traité de non prolifération nucléaire ont créé un groupe rebelle violant la réglementation internationale. Le TNP a été signé par tous les États du monde sauf par l'Inde, le Pakistan et Israël qui, entre-temps se sont dotés d'un arsenal nucléaire sans réaction significative des puissances nucléaires reconnues et des instances onusiennes. Il apparait injuste de menacer l'Iran de sanctions plutôt que d'essayer de l'intégrer dans le concert des États œuvrant pour une plus grande stabilité dans cette région, qui a grand besoin. Au moment où de nouvelles sanctions contre l'Iran sont envisagées par le Conseil de Sécurité, les événements de ces dernières années sous le règne de Bush et de Sharon illustrent bien les paradoxes de cette lutte contre la prolifération nucléaire. Une attitude paradoxale des pays de l’EDAN qui laisse à désirer, Sarkozy le premier opposant du programme nucléaire iranien adopte l’arsenal nucléaire français aux nouveaux missiles, laboratoires d'essais de nouvelles armes, modernisation des sous-marins lance-engins etc. La Russie qui n’a pas de position claire envers le nucléaire iranien pour des raisons économiques, vient d'annoncer non seulement un effort de 145 milliards d'euros dans le domaine de la défense, mais aussi la construction de 50 nouveaux missiles intercontinentaux. Le Royaume-Uni estime aujourd'hui indispensable l'amélioration de sa force nucléaire. La Chine fait un effort considérable dans le domaine de la maîtrise de l'espace. Quant aux Etats-Unis, les leaderships de la compagne anti-iranienne et anti-musulmane n'abandonnent pas le projet de faire de leur pays un "sanctuaire" et la pierre angulaire du néo-colonialisme, ce qui est un facteur déstabilisateur de la dissuasion. Aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler le « tabou nucléaire » se renforce de plus en plus. Soixante ans sans emploi de l’arme nucléaire, est un record, cela mérite d’être souligné et de s’assurer d’une ‘paix nucléaire’ même si chaque Etat de la planète est doté de sa propre bombe nucléaire, l’évènement des 60 années mérite d’être fêté. Pour rappel la tragédie d’Hiroshima ait eu pour effet de nous immuniser contre la ‘phobie du nucléaire’ pendant 60 ans, mais si les menaces d’Israël persistent alors là le contrat d’assurance sera résilié et notre monde disparaitra, y compris les Etats-Unis et Israël. Il est temps que ces derniers prennent conscience d’une éventuelle catastrophe nucléaire et de mesurer l’intensité et le potentiel de riposte Iranien, une attaque suicidaire d’Israël sur l’Iran telle quelle est conçue par le Pentagone est à écarter définitivement, il se pourrait que les Etats-Unis soient pulvérisés bien avant qu’Israël lâchera sa première bombe sur l’Iran, ces deux pays se sont fait trop d’ennemis. Sans doute aussi avons-nous eu de la chance, notamment en 1962. A moins qu’il ne faille y voir dans l’absence de conflit Est-Ouest l’intervention de la « Divine Providence » que Jean-Paul II mentionnait dans son testament. (L’Encyclique « Pacem in Terris » avait d’ailleurs été suscitée par la crise de Cuba.) Mais les faits sont là. L’arme nucléaire n’a pas été employée alors que les tentations n’ont pas manqué. Or plus, le temps passe, plus le tabou nucléaire se renforce. C’est une bonne nouvelle: contrairement à ce que l’on pouvait penser, les nouveaux détenteurs de l’arme nucléaire ont adopté une logique de dissuasion. L’évolution des rapports indo-pakistanais depuis la fin des années 1980 est d’ailleurs parfaitement conforme à la théorie de la dissuasion! C’est l’une des raisons pour lesquelles, la dissuasion nucléaire a été toujours plus efficace que la bombe atomique elle-même, il y ait aujourd’hui un « affaiblissement du seuil nucléaire ». Contrairement à ce qui est régulièrement colporté, il n’y a pas d’évolution de la doctrine nucléaire juive vers une « doctrine d’emploi de l’arme nucléaire» contre le monde musulman, sans exclure l’Egypte et l’Arabie Saoudite les deux principaux alliés de la cause israélite. Aucune déclaration, aucun texte officiel ne permet de dire que la doctrine américano-israélite a évolué dans ses fondements. En particulier, l’idée selon laquelle les États-Unis auraient désormais adopté une logique de « frappe préventive nucléaire » ne repose sur aucun fondement. (En revanche, la préemption a toujours fait partie des options américaines.) Quant aux soient-disant nouvelles armes nucléaires américaines, qui n’existent aujourd’hui qu’à l’état de projet, elles ne seront pas nécessairement de faible puissance, contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, et surtout, elles sont destinées à une logique de dissuasion sans aucune efficacité. Mais c’est une forme de paradoxe : aux Etats-Unis, la peur du nucléaire reste intacte même si elle ne se présente pas de la même manière qu’au temps de la guerre froide, la population américaine sous tension du 11 septembre vivent dans une appréhension continuelle et comme sous la menace d'un épouvantable ouragan, capable de se déchaîner à tout instant par une attaque nucléaire sur leur sol ou une attaque spectaculaire et conventionnelle, il sont devenus vulnérables, leur dissuasion de puissance n’a pas réussi. Et non sans raison, puisque l'armement est toujours prêt.
Quand la dissuasion nucléaire perd son efficacité Qu'il y ait des hommes au monde pour prendre la responsabilité des massacres et des ruines sans nombre d'une guerre, cela peut paraître incroyable ; pourtant, on est contraint de l'avouer, une surprise, un accident suffiraient à provoquer la conflagration. » Encyclique Pacem in Terris, 11 avril 1963. En effet, la plus puissante bombe conventionnelle jamais testée, la fameuse Massive Ordnance Air Blast américaine (« Mother of All Bombs »), est d’une énergie équivalente à la plus petite arme nucléaire jamais réalisée, c’était dans les années 1960, c'est-à-dire une énergie équivalente à 10-15 tonnes de TNT. Mais cette arme miniature (qui équipait notamment le mortier Davy Crockett, ainsi que les Special Atomic Demolition Munitions, « le nucléaire dans un sac à dos » n’est plus en service depuis longtemps, et les armes nucléaires les plus petites en service aujourd’hui ont une énergie bien supérieure. Tout cet arsenal nucléaire a était testé sur les humains, aux Balkans, à Gaza sur des bébés arabes, en Afghanistan, en Irak au Liban, en Afrique noire et partout là ou il y’a une revendication populaire. Cet armement est bel et bien entre les mains de groupes de résistance arabe (l’AIEA doute beaucoup sur ça). Le retour à la dissuasion par l’arme conventionnelle, la Russie vient de tester la plus puissante bombe conventionnelle de son arsenal, et prétendument du monde. Ce qui n'a pas laissé les Américains sans voix. Côté russe, on affirme que cette bombe thermobarique, ou à effet de souffle, est comparable à une bombe nucléaire et, surtout, serait quatre fois plus puissante que celle dont disposent les Etats-Unis. Signe de cette performance, la super-bombe russe a été surnommée "Père de toutes les bombes", en référence à son homologue américaine, connue sous le sigle GBU-43/B MOAB, abréviation de Massive Ordnance Air Blast Bomb (MOAB), mais que l'on assimile aussi à "Mère de toutes les bombes" [Mother Of All Bombs] qui fut testée pour la première fois en mars 2003. En réponse à l'essai de la bombe russe, les Etats-Unis ont déclaré qu'ils en possèdent une pire, note la Komsomolskaïa Pravda. Le tabloïd rapporte les propos du général américain Thomas McInerney, ancien chef d'état-major en second de l'armée de l'air des Etats-Unis, tenus sur la chaîne Fox : "Nous avons une bombe de 14 tonnes plus destructrice que la bombe russe et capable de frapper n'importe quel bunker souterrain.", D'après le Moskovski Komsomolets, il s'agirait de la GBU-43 MOP (Massive Ordnance Penetrator), une version modifiée de la MOAB et dont deux essais ont été réalisés en 2004. Outre le fait d'être guidée par satellite, comme la MOAB, cette dernière bombe a une capacité de pénétration jusqu'à 30 mètres sous le niveau du sol, la même que celle utilisée par l’armée américain pendant la guerre d’Irak détruire des bunkers abritant des petits écoliers. Le général Thomas McInerney, qui dirige l'Iran Policy Comittee (Comité d'experts sur la politique à l'égard de l'Iran), s'exprimait sur les scénarios de frappes aériennes contre la république islamique, sans évaluer le risque en cas ou il pourrait bombarder plus d’une centaine de site abritant de grandes quantités d’uranium enrichi. Ceci, laisse à penser que l’on va combattre les armes nucléaires par des armes conventionnelles, pour déclencher une catastrophe. Alors si même le cycle du nucléaire militaire n’est pas complet, c’est ce bombardement qui va le compléter pour déclencher le ‘bourbier nucléaire iranien’ engendrant la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. La dissuasion nucléaire rendue in crédible et sans efficacité depuis après la guerre froide, l’attaque israélite sur l’Iran créera la confusion dans plus dans un monde nucléarisé qui veut en finir avec les Etats-Unis et Israël. Avant même qu’Israël attaquera l’Iran, c’est des dizaines de bombes atomiques qui se déverseront sur Israël, l’Occident et les Etats-Unis, ça se sera une guerre sans revendication ou règnera la panique et la confusion. De toute façon, tout le monde profiterai de la confusion pour régler leurs propres comptes, y les résistants arabes. Bref ! la dissuasion nucléaire vient de perdre sa crédibilité auprès des pays visés par les Etats-Unis et l’Occident, il est devenu obsolète et d’aucune efficacité et c’est le conventionnel qui prendra le dessus. C’est le conventionnel qui a rattrapé par le haut le nucléaire, le spectre d’une attaque suicidaire israélite sur l’Iran s’éloigne, on se demande toujours pourquoi les Etats-Unis ne tolèrent pas leur ‘bébé Israël’ de bombarder la Corée du Nord, le Pakistan ou l’Inde? Grace à Dieu, le conventionnel reprend le dessus sur le nucléaire, c’est aussi une bonne nouvelle ravissante. Car dès lors que l’on est dans une logique d’emploi, à effets équivalent, tout chef d’État préférera toujours le conventionnel au nucléaire. Alors pourquoi les Occidentaux continuent à faire du nucléaire iranien un sujet tabou, alors qu’il y a d’autres moyens de riposte beaucoup plus efficace et plus décisive qu’une bombe atomique, si ce n’est pas Israël qui prolonge le sursis de la dissuasion nucléaire pour sa survie au milieu des arabes s’auto-régulariser à l’échelle planétaire, le sujet iranien est autre que le nucléaire. La stratégie nucléaire est une « langue morte ». En matière de dissuasion nucléaire, tous les concepts ont été formulés avant 1975. Avant même Hiroshima l’essentiel était dit. Les physiciens américains – au premier rang desquels Joseph Rotblat, qui fut le seul à quitter le projet Manhattan – avaient déjà conceptualisé l’idée de la dissuasion nucléaire dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Et les débats de 1944-1945 sur l’emploi de l’arme future avaient déjà fait apparaître les principaux éléments (dissuasion, démonstration, coercition…) et les principaux débats (faut-il délibérément cibler les populations civiles ?). Rien de nouveau n’est apparu après le milieu des années 1970. En outre, hormis le cas extrême d’un affrontement militaire total entre deux puissances nucléaires majeures, les crises de demain ne se prêteront guère à la mise en œuvre des grilles conceptuelles développées au cours de la Guerre froide. Ainsi peut-on dire que si l’arme nucléaire est moderne, parce qu’elle continue à empêcher la guerre entre deux de ses détenteurs, la stratégie nucléaire, en revanche, est une « langue morte », alors que la fin du conflit Est-Ouest a permis la redécouverte des guerres de manœuvre et de bouclier nucléaire, la stratégie conventionnelle est aujourd’hui redevenue une « langue vivante ». Nous voyons les crises iraniennes et nord-coréennes comme l’avant-garde d’une nouvelle vague de prolifération nucléaire, qui cherchent à affirmer leur identité nationale mais aussi à se prémunir contre la supériorité militaire occidentale et de ses agressions. Le nucléaire rend les nations libres, pour le meilleur et le pire. Mais l’ordre international est contesté par l’arme nucléaire. Cela a été le cas dès les origines. L’ONU est une organisation pré nucléaire, la Charte de l’ONU est un document pré nucléaire. C’est en petite une coïncidence si les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont aussi les cinq puissances nucléaires au sens du TNP. L’ordre actuel est aujourd’hui contesté et rejette par l’opinion publique internationale. D’abord, la notion de puissance nucléaire a volé en éclat en 1998 avec les essais indien et pakistanais, qui révélaient au grand jour une capacité acquise une dizaine d’années auparavant. Ensuite, des pays non nucléaires revendiquent un statut de membre permanent au Conseil. Enfin, certains (l’Inde) ont espéré que leur statut nucléaire leur ouvrirait les portes du Conseil. Et ce sont les États de l’EDAN qui, au nom d'un TNP qu'ils ne respectent pas, refusent aux autres États du monde l'accès au nucléaire civil et militaire et même dans le cas de l'Iran, l'accès à la maîtrise du processus complet d'enrichissement de l'uranium à des fins civiles parce que celle-ci lui permettrait d'avoir accès facilement au nucléaire militaire. Plus paradoxale encore est l'attitude des membres du Club nucléaire vis-à-vis des trois États rebelles l’Inde, le Pakistan et Israël qui ne veulent plus signer le TNP, parc qu’ils deviennent dissuasifs et sont dotés d'un arsenal nucléaire. Les Etats-Unis viennent de signer un accord avec l'Inde qui prévoit une dissociation entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire de cet Etat. En fait, l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) contrôlera le nucléaire civil suivant les règles du TNP, ce qui permettra à l'Inde de satisfaire à terme ses immenses besoins énergétiques civils, mais l'Inde gardera son autonomie vis-à-vis du nucléaire militaire c'est-à-dire son indépendance, dans le développement des bombes atomiques. S'inscrire dans le réseau mondial nucléaire civil permet à l'Inde d'acquérir de l'uranium sur le "marché" et à quelques grands pays fournisseur d’uranium enrichi notamment : Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France et la Russie, et bien d’autres non répertoriés par l’AIEA de profiter de quelques contrats intéressants (centrales nucléaires, etc.) sans oublier quelques juteux contrats d'armements classiques. Notons que quelques spécialistes indiens de la dissuasion n'étaient pas très partisans de cet accord qui freine, d'après eux, l'accès de l'Inde à une "dissuasion minimum crédible". Il est bon de souligner ici que l'accès à celle-ci signifie essentiellement "capacité de contre-frappe" c'est-à-dire capacité de riposter à un agresseur en lui infligeant des pertes intolérables. Cela est bien autre chose que de disposer de quelques armes nucléaires et exige un effort considérable et de longue haleine non seulement dans le domaine des armes mais aussi dans les domaines des vecteurs et de la maîtrise de l'espace. Inutile d'évoquer le cas israélien. Aucun membre du Club nucléaire n'a jamais critiqué l'accès d'Israël au rang de puissance nucléaire, pour de nombreuses raisons d'ailleurs. Le Pakistan pose plus de problèmes pour le Club, mais comme il est devenu un allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme international, il est aujourd'hui considéré comme un acteur "responsable" dans le concert des puissances nucléaires. Voilà pourtant un Etat qui non seulement n'a pas signé le TNP est en outre le seul, connu à ce jour, à avoir fait commerce de technologies nucléaires avec... la Corée du Nord ! Et voilà que le Premier ministre pakistanais qui estime, bien entendu, que l'Iran ne désirait pas posséder d'armes nucléaires à l'avenir. Il pense quand même qu'une action militaire contre l'Iran serait catastrophique pour la région et il prône le dialogue entre les parties, comme si le Pakistan avait des leçons de sagesse et retenue à donner aux autres comme Israël. Et c'est ainsi que ces trois États nucléaires entourant l'Iran bénéficient eux de l'amicale compréhension, si ce n'est l'appui total, des membres du Club nucléaire départagé sur la question iranienne. L’avenir de l’arme nucléaire se joue en Asie et au Moyen-Orient. C’est là que se trouvent les arsenaux nucléaires incontrôlables en puissance et en nombre (Israël possède plus de 300 têtes nucléaires) ainsi que les principaux risques de prolifération, et les risques d’emploi (Israël un Etat rebelle au TNP, menace l’Iran signataire du TNP), c’est dans ces pays qu’on peut s’approvisionner en produit nucléaire à bon prix, sans emmerdement. La prolifération nucléaire est assuré par la vulgarisation des armes nucléaires sans risque d’être utilisées quant à la dissuasion elle a tendance de disparaitre. D’autres armes sont beaucoup plus destructives que le nucléaire et qui font peur. Le nucléaire n’a plus le monopole de dissuasion, bien qu’aucune technologie envisageable aujourd’hui n’ait les mêmes effets physiques et psychologiques.
Conclusion L’arme nucléaire reste le monopole des Etats, quant à la dissuasion elle deviendra la propriété du terrorisme.
Expert en énergie
Déposé sur presse le 05/08/2009
Algerian Society For International Relations
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Energie
La grande grogne du ministère de l’énergie et des mines Par : Y.Mérabet
Chakib Khalil nargue le nucléaire civil algérien « Vers 2020, l’Algérie aura sa première centrale nucléaire et nous aurons une centrale tous les cinq ans après», avait déclaré le ministre algérien de l'Energie et des Mines, à la radio algérienne, le 24 février dernier 2009. Le 14 juillet 2009 met fin au rêve algérien du nucléaire en déclarant « l’énergie nucléaire n’est plus une priorité pour l’Algérie. La création d’institut de l’engineering atomique à Ghardaïa, ne signifie pas pour autant que l’Algérie a décidé de se doter d’une centrale nucléaire ».
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L’Algérie de tout le monde
L’Algérie a besoin plus que jamais de diversifier ses sources d’énergie pour faire face à l’après-pétrole, l’énergie nucléaire est la seule source énergétique qui pourrait remplacer le pétrole et le gaz, sa matière première est abondante dans notre pays, il suffirait seulement de la valoriser. Depuis de longues années, l'Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. L'ambition des dirigeants algériens de l’époque était de doter le pays d'un parc de centrales électronucléaires nucléaires, remonte aux années 1970. Il était alors question de construire plusieurs centrales de 600 à 900 MW qui devaient assurer l'alimentation en énergie électrique et se substituer au gaz et au pétrole plus facilement exportables. Un effort considérable dans la formation du potentiel scientifique et technique a été déployé avec l'assistance de l'AIEA qui a financé, dans les années 1980, l'acquisition d'équipements et la formation de plusieurs centaines de chercheurs et techniciens dans ce domaine. Cette coopération s'est développée encore plus après la création en 1982 du Haut commissariat aux énergies nouvelles. Aujourd'hui, l’Algérie se voit sa filière nucléaire détruite et son parc ne compte seulement que deux réacteurs de recherche et d’application, lui servant de pièce de musée scientifique, l’un d’une capacité insignifiante exposé à Draria pour les étudiants, l’autre d’une ancienne technologie péri dans les sables d’Ain-Oussera en attendant le retour des enfants prodigues du pays. Ces réacteurs furent programmés et construits sous le régime nationaliste fort, de l’avant dernière décennie, d’autres gens se sont emparé du pouvoir et détruisirent tout ce que les autres ont fait de bien en l’occurrence le secteur de l’industrie, de l’agriculture et de l’énergie. Quelques élites nationales rescapées de la répression dirigée l’équipe Chakib Khalil réussirent à convaincre le gouvernement algérien pour reprendre le dossier du nucléaire algérien, qui fut confié malheureusement là ou il ne fallait pas et là ou les secrets d’Etat se vendent (Le quotidien d’Oran Du 12/10/2005 « Notre énergie au futur » par Y.Mérabet de la AARI). On lisant les déclarations de nos responsables, on a le pressentiment que ces gens là n’ont rien à voir avec l’Algérie et qui ne sont pas concernés par son futur, écoutons ces phrases « La création d’institut à Ghardaïa, ne signifie pas pour autant que l’Algérie a décidé de se doter d’une centrale nucléaire », « La création d’une centrale nucléaire exige une analyse profonde avant la prise de décision politique, qui tient compte de ses avantages mais également de ses inconvénients tant sur le plan financier qu’environnemental » Quel est votre jugement ? Eh bien ! L’acquisition de moyens de dissuasion pour protéger notre souveraineté nationale valent plus que sa peur, car c’est une continuité de la révolution algérienne que nous devons tous assumer, c’est le rêve de tout algérien de voir son pays puissant. L’Algérie est signataire du traité de non prolifération (TNP) le 30 mars 1996. En décembre de la même année, a été créé le Commissariat pour l'énergie atomique (Comena), principal instrument de la stratégie algérienne dans le domaine de l'énergie nucléaire. Une de ses missions est de promouvoir l'utilisation de cette énergie dans les secteurs de l'agriculture, l'hydraulique, l'industrie, la santé, l'aménagement du territoire ou les travaux publics. Le Comena a également pour mission d'assurer les conditions de stockage des déchets radioactifs et de veiller à leur gestion et contrôle. Deux accords de garantie ont été signés avec l'AIEA pour ces réacteurs, deux conventions sur la notification d'accident et sur l'assistance technique en cas d'accident et une convention sur la sûreté nucléaire. Depuis 2005, un décret fixe le cadre réglementaire de la gestion de ces déchets. Le Comena envisageait l'emploi de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité et ses responsables souhaitent utiliser l'énergie nucléaire dans le vaste programme de production d'eau dessalée lancée par Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien, tout cela s’est traduit par de cuisants échecs que nous fait subir ce ministre. Le développement du nucléaire en Algérie devrait faire partie d’un vaste programme mondial de reconversion de la source fossile en source fissile en grande partie, mais aussi pour l’industrie militaire et civil. Mais les autorités algériennes n’arrivent pas à franchir les barrières imposées par l’AIEA et les pays européens pour priver l’Algérie de l’acquisition de cette industrie très lucrative. Même si l’Algérie arrivera à construire ses propres centrales, elle ne pourra pas produire de l’électricité librement, car elle se heurtera à la monopolisation de la production et la commercialisation du combustible par les trois principale puissance nucléaire à savoir la France, les Etats-Unis et la Russie, mais cela ne devrait pas nous décourager, l’exemple de l’IRAN devant nos yeux. De fortes pressions jusqu’à la menace d’intervention militaire ont été exercés sur la république islamique d’Iran par les Etats-Unis, leurs alliées européens, les monarchies arabes, Israël et même la Russie pour le priver de fabriquer son propre combustible. L’Algérie, à la tète d’un Chakib Khalil, n’arrivera jamais là ou les iraniens sont arrivés, c’est une question d’identitaire, de patriotisme et enfin d’hommes. Au manquement de tout ça, la question du nucléaire algérien doit se traiter dans le plus grand secret d’Etat, et non dans un Souk semblable à l’Immeuble Ahmed Gharmoul, lieu de la haute corruption ou tout se vend sur nos tètes. Mon pays est déshabillé, il est nu.
L’avancée du Maroc et de la Tunisie dans le nucléaire civil
Plus discrètement, nos frères marocains avancent aussi à pas mesurés sur la voie du nucléaire. Avec une particularité de nature à intéresser les responsables tunisiens : le Maroc compte sur leurs ses gisements de phosphate et celui du Sahara Occidental. En 2007, lors du voyage de Nicolas Sarkozy au Maroc, la présidente du Directoire d'Areva a signé avec le directeur général de l'Office chérifien des phosphates (OCP) une déclaration d'intention qui porte sur l'extraction de l'uranium de l'acide phosphatique marocain, signé lundi 22 octobre, prévoit notamment de "lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d'uranium" à partir des phosphates. Selon l'AIEA, la quantité d'uranium que l’on pourrait extraire l'extraction de l'uranium contenu dans l'acide phosphorique, fabriqué à partir des minerais de phosphates marocains des gisements de phosphates du Maroc avoisineraient les 6 millions de tonnes. Areva et l'OCP prévoient notamment de lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d'uranium à partir d'acide phosphorique. RIA Novosti. La Russie à son tour s’intéresse au nucléaire marocain, elle compte construire une centrale nucléaire fonctionnant au phosphate par la société russe Atomstroyexport, selon les officielles marocains. Les experts et dirigeants de la compagnie russe ont choisi le site de Sidi Boulbra, où pourrait être construite la première centrale nucléaire marocaine qui produira 1200 MW. Les russes envisagent de construire un institut d’engineering atomique sur le site même. Des négociations sont notamment menées avec la Turquie, au niveau intergouvernemental et entre compagnies industrielles, pour la réalisation d’autres centrales. Atomstroyexport est la plus grande compagnie russe mettant en œuvre des accords intergouvernementaux sur la construction de sites nucléaires à l'étranger. A l'heure actuelle, elle est la seule à construire parallèlement sept réacteurs en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie. Soit «deux fois plus que les ressources mondiales connues des gisements d'uranium». Mêmes soucis du côté de la Jordanie. Le Royaume Hachémite importe actuellement à hauteur de 96% pour faire face à ses besoins en énergie Près de 20% de son PIB est ainsi dépensé en énergie. Or voici qu’aux dernières nouvelles, les quelques 1,2 milliard de tonnes de phosphate qu’il a en réserve pourraient receler 130.000 tonnes d’uranium. Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a été chargé de son extraction. Un contrat a été signé en ce sens, le 23 février. Soit quelques mois à peine après la signature d’un protocole d'accord entre la Commission jordanienne de l'énergie atomique (JAEC), l'Atomic Energy of Canada Limited (AECL) et la SNC-Lavalin International, l’un des tout premiers spécialistes du nucléaire mondial et qui… maîtrise (réellement) l’extraction de l’uranium à partir du phosphate. La SNC-Lavalin était d’ailleurs bien présente dans notre pays en février dernier pour faire la promotion de sa solution. Faut-il rappeler encore une fois que la Tunisie produit 8 millions de tonnes de phosphate marchand, ce qui la place au 5ème rang mondial des pays producteurs. La Tunisie est en deuxième position parmi les Etats qui valorisent le plus ce précieux minerai. 85% de sa production sont ainsi valorisés. Rien qu’à l’usine de la Skhira, on produit ainsi plus de 375.000 tonnes d'acide phosphorique par an. Tout dernièrement, le Groupe chimique tunisien (GCT) de Gabès a annoncé la mise en chantier de plusieurs projets d’ici 2011. Dont un projet d’unité de production d’acide phosphorique d’une capacité de 400 tonnes par jour. Or l’uranium peut aussi être récupéré à partir de l’acide phosphorique. Les phosphates tunisiens et marocains marquent le pas. (le Quotidien d’Oran du 21/04/2009 «phosphates pour le Maroc et uranium pour la France » par Y.Mérabet et du FINANCIER du 23/04/2009 « Les phosphates au Maghreb: enjeu politique, enjeu d’avenir » par Y.Mérabet).
L’Algérie opte pour le projet ‘Desertec’, un projet énigmatique
Produire de l’électricité à partir du soleil est un rêve d’enfant que les européens veulent réaliser à l’échelle planétaire. Le projet Desertec est née de l’idée qu’une pénurie d’énergie fossile et fissile se dessine à l’horizon proche, la baisse et la hausse des prix du pétrole sont devenus propriété des charlatans, la facteur énergétique de certains pays européens devient impayés, les guerres du pétrole s’annoncent un peu partout etc. L’idée de reprendre ce rêve d’enfant a prit naissance chez un groupe de responsables et d’entreprises allemandes qui pensent que le soleil appartient à toute l’humanité et chaque personne doit bénéficier gratuitement de cette énergie, sans payer un sous. Le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) a mené de menus études techniques, financées par le Ministère allemand fédéral de l'Environnement. L'étude a permis de conclure qu'en moins de 6 heures, les zones désertiques du globe reçoivent du soleil la quantité d'énergie que l'humanité consomme en une année. La fondation Désertec s'est ainsi lancé le défi d'exploiter cette énergie inépuisable à un coût raisonnable et prendre en charge ce vaste projet par des fonds récoltés chez les plus riches de la planète. Le projet prévoit la construction de vastes centrales solaires thermiques à concentration (CSP, en divers points d'Afrique du Nord et du monde arabe). Les études ont montré qu'il suffirait d'installer des champs de collecteurs solaires sur environ 0,3% des surfaces désertiques du globe pour couvrir l'ensemble des besoins mondiaux en énergie. En complément, il est prévu d'exploiter l'énergie éolienne le long de la côte marocaine et en Mer Rouge, et d'utiliser d'autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré. Douze grandes entreprises européennes, en majorité allemandes, ont crée un consortorium de bureau d'études. Un bureau doté d'un budget de 1,8 million d'euros pour élaborer des plans d'investissement réalisables au cours des trois prochaines années sur l’énergie solaire en provenance du monde arabe et probablement d’Afrique (pour le moment les pays d’Afrique noire n’y figurent pas dans le programme ‘Desertec). Le consortium fondé est mené par le réassureur Munich Re et la fondation Desertec. Il rassemble les géants allemands de l'énergie E.ON et RWE, la Deutsche Bank, le conglomérat Siemens, des fabricants de solaire comme l'espagnol Abengoa Solar, et enfin le groupe agro alimentaire algérien Cevital. Le projet, devisé à 400 milliards d'euros (environ 600 milliards de francs), doit permettre à l'Europe d'obtenir une importante source d'énergie non polluante et lui permettre donc de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et aussi sa facture. Reste que ce projet porteur d'avenir pose encore de nombreuses questions, comme les lieux d'implantation de ces installations, le coût du courant produit, le bénéfice qu'en tireront les pays arabes, le manque de stabilité politique dans presque toutes les régions productrices et, même, le financement de ce projet. Reste aussi à connaître l'implication des Etats et ce même si la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont chaudement salué l'initiative. Car Angela Merkel a aussi exprimé ses doutes quant à la participation d'autres pays européens que l'Allemagne, car à présent les opinions des 27 divergent sur l’adoption d’une politique énergétique globale de l’union. A savoir que le projet «Desertec», d’un coût global de 400 milliards d'euros, vise à fournir, d'une manière durable aux pays de ‘zone d’ombre’ de l’énergie solaire gratuitement à partir d’un monde plus ensoleillé, mais mal éclairé. Le procédé industriel de ce moyen de se procurer de l’énergie ‘facile’ porte sur la production d'énergie électrique par des centrales thermiques solaires. Soustraire massivement de l’énergie à la nature sans penser aux conséquences écologiques qui peuvent être dramatiques pour les pays qui habiteront ces champs de verre. Le projet Desertec prévoit aussi des parcs éoliens au large de cette région d'Afrique et du nord, notamment sur les cotes pour diminuer de peu la vitesse du vent. alors que l'énergie soustraite à la nature devrait être transportée aux centres de recharges européens par des lignes de transport de travées de haute tension et de courant direct (HVDC).Le projet prévoit aussi la construction de plusieurs centrales solaires de taille moyenne entre 50 et 200 MW sur une vingtaine de sites s'étendant du royaume du Maroc au royaume d’l'Arabie saoudite, les européens veulent diversifier leurs points d’approvisionnement dans des lieux amis. Le coût de cet investissement a été estimé à 400 milliards d'euros jusqu'en 2050, dont 350 milliards d'euros pour la construction des centrales et 50 milliards pour les lignes de transmission nécessaires, selon Siemens. Mais cela mettra des années pour convertir totalement leur mode énergétique, passer du fossile au solaire ce n’est pas tache facile, alors que la pénurie de l’énergie conventionnel s’annonce pour demain. Cela risque que ce chantier-fiction de reconversion des énergies risque de ne pas être achevé à temps. Alors à cet effet, nous interpellant les responsables de tenir bon aux tentatives européennes qui cherchent à détruire notre développement certaine par l’énergie conventionnelle (fossiles et fissile) que nous possédons en abondance. Développé pour la première fois dans les années 1970, le concept «Desertec » a été relancé à partir de 2000 et fait actuellement l'objet «d'intenses débats», au niveau européen. Les premiers essais complets du projet Desertec, ça se passe ici chez nous en Algérie à la centrale hybride de Hassi-R’mel, alors nous devions être les premiers à bénéficier de la plus grande cote part du projet Desertec. Le Maroc enfant gâté de l’union européenne vient de bénéficier trois (3) fois plus de centrales de concentration que l’Algérie qui possède une surface fortement ensoleillée six (6) fois plus grande que celle du Maroc. C’est une manière de l’impérialisme européen d’investir dans les conflits entre pays frères ? Dans le même sens que le premier, une nouvelle initiative de complémentarité «Desertec II», qui comprendra un nombre d'entreprises de renom, a été mise en place avec pour objectif de développer, à moyen terme, «un concept technique et économique pour l'énergie solaire de l'Afrique», a-t-on expliqué. D'après des données contenues dans l'étude, la production mondiale d’électricité devrait passer de 21.000 Térawatt/heure (TWH) en 2008 à 37.000 TWH en 2030. Le transport de l’électricité jusqu’à l’Europe en serait notamment la raison, compte tenu qu’acheminer 1 GW coûte environ 250 millions d’euros sur 1000 km. Pour l’instant, le projet ne serait donc pas rentable, mais les experts misent sur la raréfaction annoncée des énergies fossiles ou le prix du baril de pétrole dépassera les de 400 dollars, le baril pour s’assurer que ‘Desertec’ sera rentabilité. Dans pas moins de 20 ans, peut être l’idée se murira et l’électricité solaire pourrait ainsi être l’une des plus intéressantes pour l’occident industrialisé. Quant à la technologie utilisée, il s’agirait de l’énergie solaire thermique : des miroirs paraboliques produisent de la vapeur d’eau à très haute température et sous forte pression, ce qui va actionner une turbine à vapeur attelée à un générateur pour produire de l’électricité. Le projet Désertec, ne pourrait être réalisé avant la mise en marche de l’Union pour la Méditerranée et l’effacement de tous les litiges politiques qui oppose les européens au reste du monde ensoleillé ; le Sahara occidental, la reconnaissance d’Israël par l’entité arabe, la reconnaissance de la souveraineté des pays africains etc. En effet dans ce projet, les contraintes ne sont pas seulement techniques, elles le sont aussi politiques: l’Europe devrait prendre une position claire envers le monde arabe et africain et traiter les problèmes communs avec équité, s’abstenir de soutenir les agressions israéliennes contre l’Etat Palestinien, l’Iran, la Syrie et le Liban. Du point technique des entraves suivantes devront être levées ; d'une part, les centrales doivent être installées dans des pays stables politiquement pour garantir la sécurité de l'approvisionnement européen en électricité; d'autre part, il faut trouver les moyens de financer des investissements colossaux, d'autant que le projet est supposé pouvoir s'autofinancer à long terme. Au départ, il aura bien entendu besoin d'une sécurité d'investissements, par exemple une garantie d'achat à un prix fixé, sachant que l'électricité ne doit pas être subventionnée pendant toute la durée. Desertec doit remplacer l’utilisation de l’énergie fossile et fissile évaluée à environ 18 000 TWh/an) par le solaire en si peu de temps? Mais Desertec ne se limitera pas à la production d’énergie : il participera aussi au développement des pays d’accueil grâce à la création de milliers d’emplois grâce à la construction d’usines de dessalement d’eau de mer pour les populations. En complément, il est prévu d'exploiter l'énergie éolienne le long de la côte marocaine et en Mer Rouge, et d'utiliser d'autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré.
Conclusion Les gisements d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et fissiles (uranium), même les plus extrêmes, ne représentent quant à eux que quelques dizaines d’années au rythme de leur consommation actuelle, et comme cette consommation ne cesse d’augmenter avec notamment la soif des « économies émergentes » des pays les plus peuplés de la planète (Chine, Inde, Brésil) à imiter nos propres comportements, l’échéance de leur épuisement ne cesse de se rapprocher. L’énigmatique projet ‘Désertec’ sur lequel l’Algérie pense bâtir son futur énergétique est à écarter pour le moment, l’énergie nucléaire reste la seule solution durable pour la continuité de notre développement de l’après-pétrole.
Expert en énergie
Algerian Society For International Relations
10 août 2009 à 14:19En instance de publication
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Le Nigéria mène un combat acharné contre le réchauffement de la planète Par : Moussa Konaté
Le rejet des gaz brulés dans l’atmosphère
Chaque année, environ 150 milliards de m3 de gaz naturel partent en fumée dans l'atmosphère, à travers la pratique du rejet du gaz brûlé issu de la production pétrolière. Ce volume correspond à un quart du volume du gaz utilisé aux États-Unis en un an, à 30 % de la consommation annuelle de gaz de l'Union européenne, ou encore à 75 % des exportations de gaz de la Russie. Le brûlage du gaz naturel (ou torchage) est habituellement considéré comme une façon à la fois sûre et efficace de se débarrasser du gaz naturel associé à la production pétrolière. Mais, comme l'explique la Banque mondiale, cette pratique présente deux inconvénients majeurs, « elle contribue à augmenter les émissions de gaz à effet de serre de la planète, et elle constitue un gaspillage flagrant d'une ressource d'énergie de grande valeur ». Cela représente un volume supplémentaire d'émissions de CO2 d'environ 350 millions de tonnes par an. Le brulage du gaz contribue à polluer les régions avoisinantes, via l'émission de nombreuses substances toxiques dans l'atmosphère. Le taux des maladies chroniques dues à la pollution atmosphérique en Afrique a atteint ces dernières années une cote alarmante, des maladies classées 'professionnelles' normalement soumises à la sécurité sociale fauchent la population pauvre et démunie, comme on fauche les moissons. Aujourd'hui, on pille nos ressources en dessous nos pieds et on assassine l'Afrique, c'est une guerre de la 'terre brulée' menée par nos impuissants Gouvernements et les multinationales qui contrôlent les 90 % de nos ressources pétro-gazières.
Aujourd'hui, la majeure partie du gaz associé produit en Afrique est brulée en pure perte, et si les projets d'exportation aussi bien du gaz associé que du gaz naturel sont quelque peu freinés ou bloqués, c'est essentiellement à cause du fait que les consommateurs européens continuent à vivre dans le rêve de l'énergie propre à bon marché et refusent de payer pour le gaz un prix couvrant le coût et une rémunération raisonnable des investissements requis. L'élimination totale du torchage de gaz lié à la production pétrolière, les Gouvernements africains la voient possible que pour l'horizon 2015, une fois le forfait accompli. Les torches s'éteindront un beau jour, laissant derrière eux une Afrique calcinée, des morts, des handicapés et des non-voyants.
Ce n'est pas encore trop tard, tout cela sera rendu possible dans l'immédiat grâce à l'implication des compagnies étrangères opérant sur le sol africain et l'application des règles de préservation du système écologique consignées dans le protocole de Kyoto qui pénalise les rejets des gaz à effet de serre.
Le bel exemple du Nigeria
Le Gouvernement Nigérian a eu l'intelligence d'adopter une législation interdisant le brulage et les rejets des gaz à effet de serre, dès l'octroie d'un projet et immédiatement après la remise de l'ordre de service. Des règles pénalisantes ont été instaurées sur les compagnies occidentales opérant sur le sol nigérian par le Gouvernement. Les communautés locales se plaignent de la multiplication des pluies acides et de lourdes retombées environnementales préjudiciables; notamment sur la santé de la population et l'agriculture. Si l'on prenait le gaz qui est torché en Afrique, et qu'on l'utilisait pour créer de l'électricité produite par des centrales à flamme, on pourrait doubler la production électrique de l'Afrique subsaharienne. Selon une étude faite par la Banque mondiale, l'arrêt du brulage ferait baisser de 13 % le montant total des émissions de CO2 que les pays se sont engagés à réduire au titre du Protocole de Kyoto pour la période 2008-2012. Au Nigeria, pays où a été le plus pratiqué le brulage à l'air libre, des communautés locales et des ONG ont porté plainte contre la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), sous leur pression, le gouvernement nigérian a saisi officiellement le consortium constitué par Shell, Exxon, Chevron, Total-Fina-Elf et Agip, de cesser le brulage sous peine de les traduire devant la justice. En novembre 2005, la Haute cour fédérale du Nigeria avait ordonné aux compagnies pétrolières d'arrêter le brulage dans le delta du Niger, invoquant la violation des droits de l'Homme. Les substances toxiques répandues par les fumées des torchères depuis plus de quarante ans, notamment le benzène et les particules solides, exposent les populations à de graves dangers sanitaires ainsi qu'à des atteintes caractérisées à l'intégrité de leur patrimoine, en totale violation des droits de l'Homme. Hommage au révèrent Nnimmo Bassey, directeur de l'Environmental Rights Action/Les Amis de la Terre - Nigeria, qui a décrit le dépôt de la plainte comme une étape majeure dans l'effort collectif des citoyens nigérians pour que les entreprises du secteur du gaz et du pétrole, comme le gouvernement, prennent leurs responsabilités. Le succès de cette initiative collective dépendra de l'engagement des compagnies étrangères à respecter les règles environnementales et de l'application rigoureuse de ces dernières par l'autorité du pays. Cette initiative a permis à présent de développer plusieurs actions, comme l'adoption d'une norme mondiale pour la réduction du brulage, la mise en œuvre de projets pour l'utilisation des gaz associés dans sept pays et la mise en œuvre de projets carbone qui ont permis d'éviter le rejet de 12 milliards de m3 de gaz par an, soit une réduction des émissions de CO2 de 115 millions de tonnes pour 2012. La diversification de l'approvisionnement pose aujourd'hui problème, surtout dans un contexte de dépendance grandissante vis-à-vis de quelques pays. Ces menaces de pénurie et ces tensions sur les prix des énergies fossiles ne doivent pas masquer un gaspillage massif, organisé et néfaste à l'environnement dans certaines régions de monde. Des évaluations effectuées à l'aide d'images satellites ont confirmés que parmi les 20 pays producteurs de gaz torchés sont ciblés dans le monde, le Nigeria arrive en tête avec 24,1 milliards de m3 en 2004 et en 2007 avec 14,7 milliards de m3. Un grand saut a été fait par les autorités nigérianes pour diminuer le torchage.
Le Delta du Niger (sud du Nigeria), qui renferme du pétrole et du gaz, est désormais le numéro 2 mondial d'émissions de gaz à effet de serre à cause du torchage. Selon le climatologue, Stefan Cramer, ce pays rejetterait 20 milliards de m3 de gaz par an soit 13 % du total mondial. Le record mondial est actuellement détenu par la Russie. Le Nigeria avait déjà fixé au 1er janvier 2009 l'interdiction totale du torchage mais le 31 décembre, les multinationales ont reçu une lettre du secrétaire d'Etat au Pétrole, Odein Ajumogobia, stipulant qu'elles pouvaient continuer dans l'attente de nouvelles règles. De leurs côtés, les compagnies pétrolières étrangères sont conscientes des effets négatifs du torchage mais pour arrêter ce procédé il faudra du temps et de l'argent. Total France rassure que tous les nouveaux projets, notamment en offshore, seront «zéro torchage ».
Le gaz, un sous-produit de l'exploitation pétrolière, est en train d'être brûlé parce que les compagnies pétrolières ne l'utilisent ni ne le récupèrent. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole en Afrique, mais dans la région pétrolière du Delta du Niger d'où presque tout le pétrole vient, la population locale affirme qu'elle ne profite pas des milliards de dollars réalisés par an à partir des recettes pétrolières, au contraire. 'Le déversement dans l'atmosphère des gaz à effet de serre, lesquels sont inhalés par la population, la rend vulnérable aux pluies acides et à beaucoup de maladies comme la bronchite et des problèmes dermatologiques et ophtalmologiques. L'industrie pétrolière non contrôlée impose un lourd fardeau environnemental à l'Afrique'.
Environ 20 pays figurent sur la liste des plus grands torcheurs de la planète, d'après ce qu'ont détecté les satellites lors de leurs tours du monde quotidiens:
La Banque mondiale et l'Administration nationale océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA) ont collaboré pour produire ces images satellites de haute précision. « La réduction du torchage du gaz contribue de manière concrète et pertinente à la réduction du changement climatique et facilite la transition vers une économie à faible production de carbone », déclare Somit Varma, directeur de la division pétrole, gaz, minerais et produits chimiques de la Banque mondiale et de la SFI. « Les entreprises et les pays producteurs de pétrole doivent intensifier leurs efforts afin de réduire le torchage de gaz ».
Le brulage contribue au réchauffement de la planète
Le sommet la Terre, à Rio en 1992, a marqué la prise de conscience internationale du risque de changement climatique. Les Etats les plus riches, pour lesquels une baisse de croissance semblait plus supportable et qui étaient en outre responsables des émissions les plus importantes, y avaient pris l'engagement de stabiliser en 2000 leurs émissions au niveau de 1990. C'est le Protocole de Kyoto, en 1997, qui traduisit en engagements quantitatifs juridiquement contraignants cette volonté.
Le torchage du gaz provenant de la combustion des hydrocarbures est un produit figurant sur la liste des gaz à effet de serre, il est incontestablement pénalisé par le Protocole de Kyoto.
Les gaz à effet de serre concernés sont:
- le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) provenant essentiellement de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation,
- le méthane (CH4) qui a pour origine principale l'élevage des ruminants, la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères, les exploitations pétrolières et gazières,
- les halo carbures (HFC et PFC) sont les gaz réfrigérants utilisés dans les systèmes de climatisation et la production de froid, les gaz propulseurs des aérosols,
- le protoxyde d'azote ou oxyde nitreux (N2O) provient de l'utilisation des engrais azotés et de certains procédés chimiques,
- l'hexafluorure de soufre (SF6) utilisé par exemple dans les transformateurs électriques.
Les pays signataires dits 'de l'annexe' (les pays développés ou en transition vers une économie de marché comme la Russie) ont accepté globalement de réduire de -5,5 % leurs émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012 par rapport au niveau atteint en 1990. Parmi ces pays, les États-Unis ont accepté une réduction de 7 %, le Japon de 6 % et l'Union européenne de 8 %. A la suite de cet engagement, l'Union européenne a estimé nécessaire de procéder à une répartition de la charge de cet objectif entre les quinze États membres. A l'horizon 2008-2012, la France devra donc stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990. L'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto intervient dès lors qu'au minimum 55 pays Parties à la Convention sur les changements climatiques auront déposé leurs instruments de ratification. Parmi ces pays, devront figurer des pays développés dont les émissions de dioxyde de carbone représentaient en 1990 au moins 55 % des émissions totales de ces pays à la même date. En novembre 2004, la Russie a ratifié à son tour le Protocole de Kyoto. Néanmoins, les États-Unis qui, à eux seuls, émettent 30 à 35 % du total des gaz à effet de serre d'origine humaine, ont décidé en 2001 de ne pas ratifier le Protocole. La mise en œuvre effective est désormais acquise et interviendra officiellement le 16 février 2005.
* Pas moins de 46 milliards de m3 de gaz associé, l'équivalent de 40 millions de tonnes de pétrole, continuent à être brulés en Afrique, une perte pure de 11 milliards de dollars qui partent en fumée chaque année.
Contribution d’un journaliste africain stagiaire en Algérie
06 janvier 2010 à 13:09Ajoutez un commentaire
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