OPEP du gaz : c'est NIET pour l'Algérie !

NietLe ministre algérien de l'Energie et des Mines Chakib Khelil a écarté samedi l'idée de créer une "OPEP du gaz" en raison, selon lui, de la spécificité et rigidité de ce marché.

Cependant son attitude pourrait bien être conditionnée par l'appétit grandissant de Poutine sur le marché du gaz algérien et sur le "joyau" que représente la compagnie nationale SONATRACH.

En tout état de cause, c'est tant l'indépendance énergétique de l'UE qui est en jeu que l'indépendance économique de l'Algérie ... toutes deux mises à mal par Poutine, à l'approche des élections présidentielles russes de 2008.

En effet, alors qu'Alger et Moscou étaient promis à un heureux mariage dans le secteur gazier, l'Algérie a opéré très récemment un revirement majeur, via un amendement à la loi sur les hydrocarbures voté à la mi-octobre selon lequel la société publique algérienne d'hydrocarbures Sonatrach sera majoritaire à 51% au moins dans tous les contrats de recherche, d'exploitation, de raffinage et de transports des hydrocarbures sur le territoire algérien.

Cerise sur le gâteau, alors que la Pologne considère comme un risque majeur pour son indépendance énergétique la mise en oeuvre prochaine du projet russo-germanique de gazoduc sous la Baltique, elle vient tout récemment de s'accorder avec l'Algérie, qui pourrait à terme l'approvisionner en gaz

I – L'OPEP du gaz remise en question

"Il est très difficile de parler d'une Opep du gaz car le marché gazier est différent du marché du pétrole", a affirmé M. Khelil à l'issue de ses entretiens avec le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Victor Khristenko, en visite en Algérie. "Si le marché du pétrole est liquide et répond à l'offre et à la demande, celui du gaz est régional (asiatique, européen et américain) et rigide", a expliqué le ministre algérien.

M. Khelil a ajouté que le marché du gaz s'appuie sur des gazoducs et des unités de gaz naturel liquéfié (GNL) et "n'a pas la même liquidité que le pétrole". Mais le ministre algérien n'a pas écarté pas la possibilité de création d'un marché de gaz liquide d'ici vingt à trente ans.

M. Khelil a toutefois insisté sur l'importance du Forum des pays producteurs et exportateurs de gaz qui va se réunir en avril au Qatar et auquel vont participer l'Algérie et la Russie. "Nous avons déjà un Forum qui se réunit périodiquement et dont l'objectif, est de coordonner les efforts de tous ces pays producteurs et exportateurs de gaz pour assurer la stabilité du marché mondial du gaz mais surtout la sécurité de son approvisionnement", a-t-il dit.

II – L'UE inquiète pour son indépendance énergétique

En août dernier, l'operateur gazier russe Gazprom et Sonatrach avaient paraphé des protocoles d'accord prévoyant de coopérer dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers.
Cette annonce avait provoqué de vives réactions en Italie, très dépendante des deux pays pour son gaz. La Commission européenne de son côté avait alors indiqué "suivre" le projet. De nombreux analystes avaient alors estimé que les deux pays pourraient ainsi bâtir les prémices d’une OPEP du gaz.

La ministre française déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde avait plaidé quant à elle pour une "grande vigilance" à la suite du rapprochement annoncé des compagnies russe Gazprom et algérienne Sonatrach, deux des principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la France. "Tout mouvement de consolidation dans le secteur de la distribution nous interpelle et nous amène à une grande vigilance quant au respect du droit de la concurrence", avait-t-elle affirmé. " Les principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la France sont dans l'ordre la Russie, la Norvège et l'Algérie.

III – Coopération envisagée en août entre Algérie et Russie

Loukoïl envisagerait de son côté de collaborer avec la Sonatrach dans l'exploration et le développement de gisements gaziers et pétroliers. L'Algérie "est l'un des pays prioritaires" pour le développement de Loukoïl, qui a commencé une expansion dynamique à l'international, affirmait ainsi en août dernier le groupe russe qui prévoit d'ouvrir une représentation à Alger.

Gazprom et le ministre algérien avaient évoqué en particulier une coopération dans le gaz naturel liquéfié (GNL). La participation de la Sonatrach au projet de GNL Baltique, une usine de liquéfaction de gaz, est l'une possibilités évoquées, précise en effet Gazprom. Cette usine, qui représente des investissements de plus d'un milliard de dollars, devrait être construite en bord de golfe de Finlande. Le protocole d'accord entre Gazprom et Sonatrach envisagerait également de possibles "échanges d'actifs", selon Gazprom.... et c'est bien là que le bas blesse...

Pour rappel, Sonatrach contrôle l'essentiel du gaz extrait en Algérie et sa vente. Elle a extrait en 2005 85 milliards de m3 de gaz naturel dont 21,2 milliards ont été vendus sur le marché algérien et le reste exporté par gazoduc ou sous forme de gaz liquéfié au Maghreb, en Europe et jusqu'en Corée du Sud.

IV - Sonatrach majoritaire sur le pétrole algérien

La société publique algérienne d'hydrocarbures Sonatrach sera majoritaire à 51% au moins dans tous les contrats de recherche, d'exploitation, de raffinage et de transports des hydrocarbures en Algérie, selon un amendement à la loi sur les hydrocarbures voté à la mi-octobre par l'Assemblée algérienne. Un autre amendement voté par les députés impose une taxe sur les profits exceptionnels des compagnies étrangères associées à Sonatrach sur la part de production leur revenant.

La nouvelle loi consacre bien un revirement majeur de l'Algérie sur sa politique de libéralisation du secteur des hydrocarbures, prévue par une loi adoptée en mars 2005. Cette dernière - qui n'a jamais été appliquée - permettait aux firmes étrangères d'avoir jusqu'à 70% voire 100% des hydrocarbures découverts. Le tollé soulevé par son adoption avait contraint le président Abdelaziz Bouteflika, son initiateur, à la geler.

"Cette mesure est motivée par le souci de récupérer une part des importantes plus values réalisées par les associés étrangers de Sonatrach en cas de prix élevé du pétrole", avait alors expliqué le ministre de l'Energie et des mines Chakib Khelil. Il a ajouté que "ces amendements ont été décidés, afin d'élargir et de renforcer le contrôle de l'Etat sur les ressources en hydrocarbures, et de mieux garantir leur exploitation rationnelle". Le ministre a explique que "la finalité est la préservation des ressources pour les générations futures"... et très certainement d'éviter la ruée d'éventuels "prédateurs" tels que la Russie, fortement active dans des partenariats gaziers avec l'Algérie.

V - Accord entre Algérie et Pologne dans le domaine du gaz

La Pologne négociera avec l'Algérie des livraisons du gaz liquéfié algérien afin de diversifier ses sources d'approvisionnement, a annoncé mercredi le ministre polonais de l'Economie Piotr Wozniak. "Jeudi, les représentants du groupe algérien Sonatrach négocieront avec (le gazier polonais) PGNiG les possibilités de coopération dans la livraison de gaz", a indiqué M. Wozniak à l'issue d'un entretien avec le ministre algérien de l'Energie et des Mines Chakib Khelil. Les deux ministres ont signé mercredi soir un mémorandum de coopération économique, notamment dans les domaines d'énergie, pétrochimie et mines.

Les deux pays "sont prêts à poursuivre les entretiens approfondis sur la possibilité d'approvisionner la Pologne en gaz liquéfié à compter de 2010 ou 2011. A cet effet, un groupe de travail sera mis sur place", selon un communiqué du ministère polonais.

Le gazier polonais PGNiG a annoncé récemment sa décision de construire un terminal gazier dans le port de Swinoujscie au nord-ouest du pays , près de la frontière allemande. Le terminal, qui doit être opérationnel à partir de 2011, aura au départ une capacité de transbordement de 2,5 milliards de m3 par an, avec possibilité de la porter jusqu'à 7,5 milliards de m3. Les livraisons de gaz algérien ne pourraient commencer qu'après la mise en service du terminal.

"L'Algérie est un grand fournisseur fiable de gaz liquéfié", a souligné M. Wozniak lors d'un point de presse commun avec le ministre algérien. Chakib Khelil a de son côté invité les sociétés polonaises à participer à des appels d'offres sur la construction d'un gazoduc transsaharien.

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4 Commentaires

  1. 1

    Coincidence .... :)

    Russie-Pologne/embargo russe sur viande polonaise: "problème réglé"
    AFP 21.01.07 | 12h54

    La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré samedi soir dans une interview à la télévision publique polonaise que le problème de l'embargo russe sur la viande polonaise était "réglé". "Nous partons de la conclusion que le problème est réglé", a déclaré la chancelière dans une interview à la première chaîne de télévision publique. "Toute la Commission européenne a fait des efforts pour réussir", à régler le problème a-t-elle souligné. "Sur cet exemple on peut voir comme il est important que l'Europe agisse ensemble. L'Allemagne a aidé (à régler le problème), mais d'autres pays l'ont fait également", a-t-elle ajouté la chancelière.
    En raison de cet embargo russe que la Pologne juge n'être qu'un moyen de pression politique sans fondement sanitaire, Varsovie bloque depuis la mi-novembre l'ouverture de négociations sur un nouvel accord de partenariat UE/Russie, qui doit comporter un volet énergétique crucial pour les Européens.

    Cette semaine, la Commission européenne et la Russie, ainsi que des représentants de Varsovie et de la présidence allemande de l'UE, ont eu à Berlin des pourparlers au niveau technique mais n'ont pas réussi à régler définitivement le problème. Le vice-Premier ministre polonais et ministre de l'Agriculture Andrzej Lepper a annoncé samedi que des inspecteurs européens et russes effectueraient dans les quinze prochains jours des contrôles vétérinaires dans les usines de viande en Pologne. La Russie a imposé un embargo sur la viande de Pologne le 10 novembre 2005 "en raison de cas de plus en plus fréquents de violations grossières de la législation vétérinaire et de falsifications des produits de base". Quatre jours plus tard, Moscou a imposé un embargo similaire sur des produits alimentaires d'origine végétale en provenance de Pologne, principalement des fruits et légumes. Moscou reproche à la Pologne des problèmes de contrôle sanitaire et de traffic de viande. Selon Varsovie, il s'agit d'un problème purement politique.

    J'EN DOUTE !!!!!

  2. 2

    Anonyme

    L'Algérie et la Russie veulent dissiper les inquiétudes de l'UE sur le gaz
    AFP 21.01.07 | 13h40


    L'Algérie et la Russie, soupçonnés de vouloir créer un cartel du gaz, se sont employés à dissiper les inquiétudes de leurs clients européens, en s'engageant à assurer la sécurité des approvisionnements. Le mémorandum d'entente qui sera signé entre l'Algérie et la Russie définira un "cadre de dialogue et de coopération", afin de développer leur production et "d'assurer la sécurité des approvisionnements et la stabilité des marchés dans l'intérêt des producteurs et des consommateurs", a déclaré le ministre algérien de l'Industrie et des mines Chakib Khelil.

    "La demande de gaz augmente plus vite que l'offre. Il n'y aura pas de concurrence entre producteurs, parce que la demande est actuellement plus forte que l'offre", a-t-il dit. M. Khristenko, dont c'est la première visite en Algérie, a pour sa part affirmé que la coopération algéro-russe "contribuera grandement à la stabilité du marché international de l'énergie et au renforcement de la sécurité énergétique mondiale". Le ministre russe est accompagné du vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev, et de hauts responsables des groupes pétroliers et gaziers Loukoïl et Rosneft. Outre M. Khelil, il doit être reçu par le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, et le ministre des Finances, Mourad Medelci. Il visitera le gisement gazier de Hassi R'Mel (Sahara) et le terminal pétrolier d'Arzew (côte ouest). L'Algérie et la Russie sont, avec la Norvège, les principaux fournisseurs de gaz de l'Union Européenne (UE), avec respectivement 160 et 60 milliards de m3 par an. Leur rapprochement depuis août dernier a suscité les inquiétudes de leurs clients européens. Echaudés par la crise sur les prix entre la Russie, l'Ukraine, la Géorgie et la Biélorussie, ils craignent la création d'un "cartel du gaz" qui pourrait peser sur les prix et les approvisionnements. Sonatrach a signé en août avec Gazprom un protocole d'accord pour "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie et dans des pays tiers. Le texte prévoit aussi un "échange d'actifs" entre les deux groupes et la participation de Sonatrach à un projet gazier baltique représentant un investissement d'un milliard de dollars, PetroCanada et le britannique BP. Loukoïl a fait de l'Algérie "l'un des pays prioritaires" de son expansion internationale dans le gaz et le pétrole, selon le groupe. M. Khelil a annoncé qu'il donnerait le "plus tôt possible" l'autorisation pour le développement d'un gisement gazier découvert en 2006 par l'association Sonatrach et les russes Rosneft-Sroytransgas dans le bassin d'Illizi (Sahara). "Ce gisement doit être développé le plus tôt possible dans l'intérêt de l'Algérie, de Sonatrach et des entreprises russes", a-t-il dit, en estimant l'investissement à 3 ou 4 mds de dollars. Les sociétés russes ont déjà investi 66 millions de dollars dans l'exploration de ce gisement.

  3. 3

    Elisabeth

    Attention , on en reparle , cra de nouveau en actualité en Russie.

    De plus , Russie, Venezuela et iran pourraient créer une alliance via OPEP du gaz notamment mais egalement une alliance militaire contre les USA, alors que ces derniers ne cachent pas quelques velléités d'envahir l'Iran ...

  4. 4

    noual

    recherche d' un poste de travail

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