Les banques iraniennes ont décidé de ne plus effectuer de virements en dollars vers l'étranger.
Cette décision serait justifiée selon Téhéran par les sanctions imposées par les Etats-Unis et le risque de saisie des sommes virées.
Pour rappel, le Trésor américain avait annoncé début septembre avoir coupé toute relation entre le système financier américain et un établissement iranien, la banque Saderat, accusée de soutenir des activités terroristes, notamment le Hezbollah. De nouvelles sanctions ont récemment frappées la banque publique iranienne Sepah. L'Iran a par ailleurs récemment affirmée vouloir s'affranchir du dollar.
Reste toutefois, que si l'Iran "fanfarronne" un tant soit peu sur la scène internationale, le président Ahmadinejad est de plus en plus critiqué en son pays, où son incapacité à museler l'inflation est pointée du doigt.
I – Le dollar banni des virements
Un responsable de l'Export Development Bank of Iran (EDBI), a reçu lundi une directive de la direction, demandant de ne plus faire de virements en dollar vers l'étranger. "Nos clients peuvent avoir des comptes en dollar et recevoir des virements en dollar, même s'ils sont de plus en plus rares. Mais nous ne faisons plus de virements en dollar vers l'étranger", a-t-il ajouté. Cette information a été confirmée par une responsable d'une succursale de la banque Mellat, l'une des grandes banques du pays. "Ces dernières semaines, plusieurs virements ont été bloqués ou retournés. Nous avons donc reçu instruction de ne plus faire de virements en dollar", a affirmée cette responsable.
Pour rappel, pour tenter de freiner le programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran que la communauté internationale soupçonne d'avoir des visées militaires, les autorités bancaires américaines ont interdit toute transaction en dollars entre des entités américaines et deux importantes banques iraniennes, Saderat et Sepah, accusées de soutenir des groupes terroristes et le programme nucléaire iranien.
A la suite des pressions américaines, la plupart des grandes banques internationales ont cessé toutes transactions en dollar avec l'Iran. En décembre dernier, le gouvernement iranien a annoncé qu'il allait remplacer le dollar par l'euro dans ses échanges extérieurs et pour ses avoirs à l'étranger.
II – Sanctions américaines contre la banque publique iranienne Sepah
Le département américain au Trésor a récemment annoncé qu'il avait gelé les avoirs de la banque publique iranienne Sepah aux Etats-Unis et interdisait toute transaction entre des entités américaines et cet établissement, accusé de soutenir des achats militaires. "La banque Sepah est la cheville ouvrière du réseau d'approvisionnement iranien en missiles et a aidé activement l'Iran à se doter de missiles capables d'utiliser des armes de destructions massives", a expliqué Stuart Levey, sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier.
"Alors que les preuves contre les pratiques financières répréhensibles de l'Iran s'accumulent, les institutions financières et les entreprises dans le monde entier ont commencé à réévaluer leurs relations commerciales avec l'Iran", a estimé M. Levey. "De nombreuses institutions financières ont considérablement réduit, voire interrompu, leurs relations commerciales avec l'Iran", a-t-il ajouté, estimant que ces décisions faisaient suite aux mesures prises par les Etats-Unis.
Selon le Trésor américain, la banque Sepah apporte notamment une aide financière aux groupes industriels Shahid Hemmat (SHIG) et Shahid Bakeri (SBIG), "deux entreprises de fabrication de missiles inscrites à l'annexe de la résolution 1737 pour leur implication directe dans le programme de missiles balistiques iranien".
"Les Etats-Unis demandent instamment à tous les gouvernements de répondre aux obligations que leur impose la résolution 1737, en prenant les mesures appropriées contre toutes les entités impliquées dans les programmes nucléaire et de missiles iraniens", a souligné Stuart Levey. Il a indiqué que l'initiative prise par le Trésor s'appliquait à toutes les agences de la banque Sepah à l'étranger, notamment celle de Rome, Paris et Francfort.
Le Trésor américain a également établi un lien entre la banque Sepah et la collaboration entre l'Iran et la Corée du nord en matière de prolifération d'armes de destruction massive (ADM). "La banque a facilité les transactions entre l'Organisation iranienne des industries aérospatiales (AIO) et le KOMID, la principale entité nord-coréenne exportant des missiles balistiques. Déjà visée par le Trésor, KOMID a fourni à l'Iran de la technologie balistique", a souligné le sous-secrétaire au Trésor américain. Il a affirmé que les Etats-Unis était "gravement préoccupés" par ces liens entre Téhéran et Pyongyang en matière de prolifération.
III – Sanctions US contre la banque Saderat
En septembre dernier, le Trésor américain avait décidé de couper toute relation entre le système financier américain et la banque iranienne Saderat - une des plus grandes banques iraniennes détenues par l'Etat - sous motif qu'elle puisse avoir financé le Hezbollah et plusieurs groupes terroristes.
Les institutions financières iraniennes n'ont pas l'autorisation d'accéder directement au système américain, mais elles peuvent le faire de manière indirecte à travers une banque d'un autre pays, ce qui sera désormais interdit à la banque Saderat.
Selon Stuart Levey, une organisation contrôlée par le Hezbollah aurait reçu 50 millions de dollars (39 millions d'euros) de l'Etat iranien à travers la banque Saderat.
"Le Hezbollah a utilisé la banque Saderat pour transférer des fonds, parfois des millions de dollars, pour soutenir les activités d'autres groupes terroristes", a-t-il dit, citant notamment le Hamas au pouvoir en Palestine, qui est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.
"Nous n'autoriserons plus une banque comme la Saderat à faire des affaires au sein du système financier américain, même indirectement." La banque Saderat possède près de 3400 filiales.
IV - L'Iran veut s'affranchir du dollar
Les ressources de l'étranger et les revenus pétroliers seront calculés en euros, et nous les recevrons en euros pour mettre fin à la dépendance à l'égard du dollar", a déclaré à la mi-décembre le porte-parole du gouvernement, Gholam Hossein Elham. "Nous procéderons aussi à ce changement en ce qui concerne les avoirs iraniens à l'étranger", a-t-il ajouté. Le porte-parole a notamment justifié cette décision par les "problèmes des organes exécutifs (iraniens) dans les échanges commerciaux pour l'ouverture de lettres de crédits".
M. Elham a aussi affirmé que "la base de calcul du budget, qui reposait sur les rentrées en devises en dollars, était en train d'être changée". Il a néanmoins "oublié" de préciser que le Président iranien Ahmadinejad vient tout récemment de demander une rallonge budgétaire ...alors que les deux évènements pourraient être liés.
Constatant que les banques américaines entravaient les transactions de l'Iran en dollars, Téhéran avait décidé à la mi-novembre d'effectuer ses échanges dans d'autres devises et réduire au minimum l'utilisation du billet vert. Le ministre n'avait pas alors précisé si le dollar serait toujours utilisé pour les exportations pétrolières du pays. L'Iran est le 4ème producteur mondial de pétrole et le deuxième de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, au sein duquel un quota de production de 4,11 mbj lui est alloué.
Selon la banque centrale iranienne, les réserves en devises de l'Iran dans les banques étrangères ont atteint 52,3 milliards de dollars à la fin juillet, sans qu'il ne soit fait distinction cependant du montant constitué en dollar.
Source : AFP
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3 Commentaires
1
Juste une petite précision concernant l'article.
En début d'article on lit, que malgrés les fanfaronnades de l'iran son président est critiqué, ce qui est une evidence.
Mais l'auteur presente sa phrase de manière a faire croire que le Président est responsable; laissez moi vous dire qu'il n'en est rien, et que les responsables de ces mesures sont les membres du conseil de la Révolution.
Je crois qu'il ne font pas ça pour seulement manifester leurs desaccords avec les USA et l'OTAN, ils garantissent par la même leur pouvoir d'achat et leur flot de liquidités.
Voila, j'espére ne pas avoir été trop ennuyeux.
24 janvier 2007 à 07:312
Bien au contraire, si vous aveez d'autres éléments concernant notamment les membres du Conseil, n'hesitez surtout pas
Merci d'avance
24 janvier 2007 à 10:253
Encore merci à Oléocène pour le lien , mais attention petite erreur d'aiguillage , la source de l'article cité est celui là
Iran : les sanctions pleuvent
et merci encore à Oléocèbe , site que j'apprécie tout particulièrement et hyper bien informé et mis à jour !!
18 février 2007 à 11:37Ajoutez un commentaire
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