L'Irak s'apprête à autoriser des compagnies étrangères à exploiter ses importantes réserves de pétrole, a affirmé dimanche l'hebdomadaire britannique The Independent on Sunday, se basant sur un projet de loi daté de juillet 2006 auquel il a eu accès.
Le dossier - auquel ont collaboré les États-Unis par l’intermédiaire d’une société de conseil, selon l’hebdomadaire - doit être présenté au Parlement irakien dans les prochains jours.
Début novembre, le ministre irakien du Pétrole, Hussein al-Shahristani, avait appelé le Japon à participer au redressement de l'industrie pétrolière de son pays par des investissements et des prêts.
Le projet de loi permettrait, en introduisant des Accords de partage de production (PSA), à des sociétés comme la britannique BP, l’anglo-néerlandaise Shell, ou les américaines Exxon et Chevron de signer des contrats de 30 ans pour extraire le brut irakien.
Les PSA sont des contrats en vertu desquels le pays producteur reste propriétaire de son pétrole, mais où des compagnies étrangères financent les investissements permettant le forage et l’exploitation et reçoivent en contrepartie une part de la production.
Selon The Independent on Sunday, les compagnies étrangères pourraient retenir jusqu’à 60 ou 70 % des revenus pétroliers jusqu’à ce que leurs investissements de départ soient couverts. La norme est de 40 %. Par la suite, elles retiendraient 20 %, contre 10 % normalement. Cette différence est expliquée par l’instabilité de l’Irak, selon des spécialistes interrogés par l’hebdomadaire, qui reconnaissent cependant que ce chiffre reste élevé.
Néanmoins, les analystes du secteur restent dubitatifs quant à une arrivée en masse des investisseurs étrangers en Irak. Selon les spécialistes du marché, les majors préféreront attendre que le pays ait retrouvé une certaine stabilité.
Ils estiment cependant que des compagnies intermédiaires pourraient prendre ce risque à court terme. Ce serait la première fois que des sociétés étrangères seraient impliquées dans l'exploitation du pétrole irakien depuis la nationalisation de cette industrie en 1972. L'introduction de PSA serait aussi une première au Moyen-Orient, où l'Arabie saoudite et l'Iran, les premier et deuxième exportateurs mondiaux de pétrole, contrôlent leur industrie pétrolière avec des compagnies étatiques.
L'Irak dispose des troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à 115 milliards de barils, selon BP. Depuis le déclenchement de la guerre en Irak, en mars 2003, la production pétrolière irakienne a nettement chuté, de 3,5 millions de barils par jour à près de 2 millions aujourd'hui.
Le pompage à partir des champs pétrolifères de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad, vers le terminal de Ceyhan en Turquie a repris en octobre dernier après une interruption de plusieurs mois en raison des sabotages, avait alors déclaré un responsable de la NOC. Les quantités pompées se situeraient entre 250.000 et 350.000 barils par jour, la reprise des exportations aurait été rendue possible grâce au déploiement de soldats pour protéger les oléoducs de la région, régulièrement sabotés. L'oléoduc du nord qui relie Kirkouk à Ceyhan en Turquie, fermé en juin 2003, fait l'objet de nombreux actes de sabotage récurrents. Avant la guerre, cette conduite permettait l’exportation de 800 000 barils par jour.
L'essentiel des exportations irakiennes se fait par les terminaux situés dans le nord du Golfe. Leur niveau se situe actuellement autour de 1,6 million bj pour une production de près de 2 mbj dans le sud de l'Irak.
L'industrie pétrolière irakienne a accusé en 2005 un manque à gagner de plus de 6 milliards de dollars en raison des sabotages des infrastructures par des insurgés, selon le ministère irakien du Pétrole. 186 attaques contre les infrastructures pétrolières auraient été menées en 2005, tuant 47 ingénieurs et techniciens et 91 policiers et gardes de sécurité.
Les pertes et réparations se répartiraient ainsi : 400 millions de dollars à cause des attaques contre les champs pétroliers, 2,710 milliards contre les oléoducs d`exportation, 12 millions contre les oléoducs reliant les champs pétroliers aux raffineries et 3,120 milliards de dollars contre les oléoducs et gazoducs intérieurs.
Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, le manque à gagner se monterait à plus de 20 milliards de dollars. Les responsables irakiens misent sur les champs pétrolifères autour de Bassorah dans le sud, une région plus sûre. Sur le montant total de la production début 2004, 1,6 million était exporté via les ports d´Al-Amiq et d´al-Baqr de Bassorah. Les projets de développement ne manquent pas, car du pompage au raffinage,les infra-structrures sont vétuste.
Malgré les aléas politiques, l’Irak reste membre de l'OPEP. Pour le moment, l’Organisation ne lui a fixé aucun quota de production qui, avant l´invasion du Koweït le 2 août 1990, s´établissait à 3,14 millions de barils/jour. Suite à la guerre du Golfe d’août 1990 à février 1991, un embargo commercial est décidé par l’ONU contre l’Irak en août 1990, qui instaure le programme "pétrole contre nourriture". Ce système permet à l'Irak de vendre un peu de brut pour acheter, sous strict contrôle de l’ONU, des vivres,des médicaments et des biens de première nécessité.
L’Irak est donc exclu des plafonds de production de l’organisation. Ce pays, qui possède les secondes réserves de pétrole brut les plus importantes du monde après l’Arabie Saoudite et qui ne peut rien exporter, pourrait, grâce à sa production influer grandement sur les cours si les restrictions étaient levées.
Dès 2004, certains pays, et l´Arabie Saoudite, justement, ne voient pas forcément d´un bon œil le retour de l´Irak sur le marché pétrolier mondial, car ils auraient du alors réduire leur propre production pour ne pas faire chuter les prix de l´or noir. Début 2004, les responsables irakiens envisageaient de produire à moyen et long terme 5 à 6 millions de barils/jour.
Sources : AFP, L'Orient Le jour, RFI (Christian Chesnot)
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8 Commentaires
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Si l'Irak produit au maximum, ça ne fait pas l'affaire des grands producteurs tels les Iraniens, les Saoudiens, les Russes ou les Venezuéliens. Ceci explique en partie pourquoi les différentes factions irakiennes ne manquent pas d'argent et d'armes. Ça ne tombe pas du ciel. Même du ciel d'Allah.
oooOooo
Les réserves pétrolières de l'Iraq sont évaluées à 115 milliards de barils, environ 10% des réserves mondiales.
Le pétrole représente environ 70% de Produit national brut de l'Irak, et 95% des revenus de l'État.
En ce moment, l'Irak produit un peu moins de 1,9 millions de barils par jour malgré les attentats et les sabotages. Une bonne partie de ce pétrole est volé et vendu sur le marché noir.
Plusieurs sociétés canadiennes, (Addax Petroleum, Heritage Oil et Western Oil Sands) forent déjà des puits dans la région de Kirkouk. Elles pourraient empocher des centaines de millions en profit. Les Américains sont là ainsi que les Suisses et les Norvégiens. Les Chinois, les Indiens et les Japonais sont aussi très intéresses, et ça presse.
C'est la fête qui commence.
09 janvier 2007 à 01:572
Ce sont les Cow-boys états-uniens qui vont être content.
09 janvier 2007 à 08:403
"les responsables irakiens envisageaient de produire à moyen et long terme 5 à 6 millions de barils/jour. "
C'est vraiment n'importe quoi, quand on sait que les 2 plus gros champs de petrole : Kirkouk et Rumailha sont dans le déclin.
Actuellement, Kirkouk produit quelques 600 kbbls/j, ce qui en fait le deuxième producteur du pays après Rumaila. La dernière estimation disponible place les réserves restantes à 8,7 Gbbls - sachant que plus de 15 Gbbls ont déjà été extrait, c'est donc un gisement largement déplété maintenant.
Rumailha 20 milliards de barrils récupérables, 11 milliards de barrils extrait. On peut donc estimer que Rumaila, dans son ensemble, est à moitié épuisé, sa production va decliner.
Le désert occidental, peu exploré, est souvent décrit comment ayant un potentiel de l'ordre de 100 Gbbls. En réalité, il se trouve en dehors de la « mégacuisine pétrolière » arabo-persique. Quelques puits y furent forés dans les années 1970, et seulement un petit gisement de pétrole fut trouvé.
Les prospection dans les aires géologiquement similaires des pays voisins n'ont donné que de petites réserves de gaz en Jordanie. Il n'y a donc aucune raison particulière de croire en l'existence d'une province pétrolière majeure dans ce secteur.
"Les réserves pétrolières de l'Iraq sont évaluées à 115 milliards de barils, environ 10% des réserves mondiales."
Vous pouvez divise par 3, saddam augmenter les réserves virtuellement pour faire augmenter les quota accorder par l'opep.
L'Irak est explorer depuis 1920 !
09 janvier 2007 à 18:284
j'ai bien peur que la Russie ait le même pb ...
09 janvier 2007 à 18:305
"j'ai bien peur que la Russie ait le même pb ..."
14 janvier 2007 à 13:14En 2002, la Douma a voté une loi d’après laquelle révéler les réserves de gaz et de pétrole russe est un crime passible de 7 ans de prison.
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Très très interessant, merci
14 janvier 2007 à 13:447
Et d'ailleurs la Russie vient de porter plainte sur evaluation de ses réserves
cfqd
à mon avis gros pb (aussi ? ) en Russie,je retrouve l'article
20 avril 2007 à 10:318
Pétrole: contrat de 88,5 M EUR pour deux entreprises tchèques en Irak
PRAGUE - Les entreprises tchèques Technoexport et Prokop Engineering Brno ont remporté un contrat de 2,5 milliards de couronnes tchèques (88,5 millions d'euros) pour fournir des équipements à des raffineries irakiennes, ont-elles annoncé jeudi.
"Nos entreprises vont fournir des équipements de distillation atmosphérique à des raffineries en Irak, à Bagdad et Bassorah," a déclaré Miloslav Koznar, le directeur général de Technoexport, lors d'une conférence de presse.
L'ancienne Tchécoslovaquie a construit quelque 60% des raffineries en Irak, ce qui a facilité l'obtention du contrat, selon M. Koznar.
(AFP / 24 mai 2007 20h13)
25 mai 2007 à 01:48Ajoutez un commentaire
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