Encore une histoire de lobbyings, cette fois-ci dans le domaine agricole ? voire même lobbies pétroliers contre lobbies céréaliers et sucriers ? Les résultats des bilans énergétique des bio-carburants seraient-ils faussés ?
C'est en tout cas ce que laisse sous-entendre la Confédération Paysanne, qui s'inquiète d'une éventuelle pression des producteurs de blé, de betterave, de colza et de maïs, pour enfler les mérites de leurs productions et d'une manque d'indépendance des cabinets d'étude traitant du dossier. Le syndicat agricole met en effet en doute les études sur le bilan énergétique des agro-carburants, qui ont conduit le gouvernement à favoriser le développement de filières industrielles de production, et demande leur révision. La bataille ne fait que commencer ...
La Confédération Paysanne, deuxième syndicat agricole derrière la FNSEA, et opposée à l'agriculture intensive, "s'inquiète dans un communiqué de voir que le développement des filières industrielles d'agro-carburants constitue l'essentiel de l'arsenal gouvernemental (...) et que des sommes colossales y sont consacrées" face aux perspectives de changement climatiques liés aux émissions de gaz à effet de serre.
Elle déplore notamment que le plan biocarburants se soit appuyé, selon elle, sur "les études menées par la société Ecobilan, membre du cabinet Pricewaterhouse Coopers, financées par les producteurs de blé, de betterave de colza et de maïs, et dérivant toutes de l'étude ADEME-DIREM 2002".
Selon le syndicat, "cette dernière étude révèle un grand nombre d'incohérences et d'erreurs qui remettent en cause ses résultats, et subséquemment l'intérêt énergétique et environnemental des filières industrielles de production d'agro-carburants".
La Confédération "demande que cette étude (...) unique alibi des tenants de ces filières, soit revue et corrigée, et que toutes les conséquences de ces corrections soient tirées".
"Parmi les agro-carburants possibles, les choix ne sont pas faits en faveur de ceux qui présentent le meilleur bilan énergétique" estime la Confédération. Selon elle, "tout se passe comme si on entendait substituer les agro-carburants au pétrole sans jamais se poser la question d'une nécessaire diminution de la consommation d'énergie, dans l'industrie, les transports mais aussi l'agriculture".
Très bonne remarque, il ne suffit pas en effet de trouver des produits de "substitution" qui loin de résoudre massivement le problème de l'approvisionnement en pétrole risquant au contraire de mettre en avant de nouveaux lobbies ... tout en renchérissant le cours des matières premières indispensables à notre alimentation comme le blé et le sucre.
L'essentiel serait avant tout de consommer raisonnablement, de produire de manière raisonnée et d'étudier toutes les possibilités d'économiser l'énergie, quelques soient les sources dont elle provient.
Tentons de réduire nos besoins, modifions nos comportements au lieu de littéralement tenter de "zapper" sur les productions à notre disposition comme un enfant gâté dont le but ultime ne serait que de consommer sans associer une justification économique à cette consommation. Les ressources de la planète ne sont pas des mouchoirs en papier qu'on utilise et jette après usage... sinon nous n'aurons bientôt plus que nos yeux pour pleurer et il sera trop tard...
Source : AFP
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3 Commentaires
1
ok , je vous ai envoye un mail
09 janvier 2007 à 20:092
Hallo! ;)
04 février 2007 à 15:24oh... what unbalanced news!
what do U suppose about it?
3
A partir de 2007 ou 2008, la production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus important, le pétrole conventionnel facile à extraire comme le pétrole dont l’extraction est difficile et très coûteuse. Selon une estimation raisonnable, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans de celle d’aujourd’hui, car les réserves de pétrole ont été surestimées.
Le nucléaire, les piles à combustible et les biocarburants sont des solutions illusoires (il faudrait 3 à 4 fois la surface agricole de la France pour remplacer le seul pétrole utilisé comme carburant).
Lire: La fin progressive du pétrole
Les biocarburants sont séduisants, à condition de ne pas regarder le bilan énergétique de leur production, ni la surface de terres cultivables à utiliser pour remplacer une partie seulement du pétrole utilisé à ce jour en France. La situation est identique dans le reste du monde, sans doute pire dans les régions tropicales. Celles-ci permettent un meilleur bilan énergétique à court terme (en utilisant beaucoup de produits chimiques pétroliers), mais les sols de ces régions sont fragiles et deviendraient rapidement stériles, sans compter les ravages de la déforestation.
Lorsque l’on étudie la consommation de pétrole (carburants, engrais et autres produits pétrochimiques) utilisée pour produire l’équivalent en biocarburants, on constate qu’il faut, sur un hectare de culture, en tonne équivalent pétrole (tep):
- huile de colza: 0,50 tep consommée pour produire 1,37 tep = 0,87 tep à l’hectare,
- huile de tournesol: 0,29 tep pour 1,06 tep = 0,77 tep / ha,
- éthanol de betterave: 3,22 tep pour 3,98 tep = 0,76 tep / ha.
Pour produire l’équivalent des 49 millions de tonnes de pétrole consommées par les seuls transports (sans compter les autres usages) il faudrait utiliser dans le meilleur des cas (huile de colza) 56.400.000 hectares (564.000 km2) soit plus que la superficie de la France et 3,6 fois la superficie des terres cultivées en France.
Dans les régions tropicales, un meilleur bilan énergétique à court terme (en utilisant beaucoup de produits chimiques pétroliers), détruit les sols de ces régions, sans compter les ravages de la déforestation.
L’avenir de l’agriculture et comment nourrir les populations sont les aspects peu connus de la disparition du pétrole, comme celui de la surpopulation.
La seule solution est de consommer beaucoup moins d’énergie et de se préparer à des réalités contraignantes, en changeant de façon radicale notre mode de vie, l’organisation du territoire (passer de l’exode rural à l’exode urbain), l’urbanisme, l’architecture, l’organisation économique et sociale
27 mai 2007 à 00:16Ajoutez un commentaire
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