Après Shell sur Sakhaline 2, c'est désormais au tour de TOTAL d'être mis à mal sur ses licences d'exploitation en Russie.
Il ne fait nul doute que Poutine cherche à remettre la main sur les ressources en hydrocarbures en vue de mieux les maîtriser.
Si une résiliation de l'accord de Total sur le champ de Khariaga est fort improbable, Moscou pourrait mettre la pression en vue d'obtenir une participation de la Russie à ce projet au niveau de 50%. Le prétendant essentiel est Lukoil.
I – La Russie va analyser l'accord sur Khariaga
La commission de l'Agence fédérale pour l'exploitation du sous-sol (Rosnedra) a reporté vendredi dernier à la mi-février l'examen du problème de la révocation de la licence de Total pour le gisement de Khariaga exploité en partage de production. L'un des principaux reproches adressés à Total par l'Agence fédérale pour le contrôle de l'environnement et le ministère des Ressources naturelles est le retard dans la production de pétrole qui atteindrait 20 à 30% du niveau contracté.
L’accord sur le projet Khariaga porte sur 3,5 millions de tonnes de pétrole par an mais la production réelle ne dépasserait pas dans les faits plus d'1 million de tonnes. Selon le directeur de l’agence, Anatoli Ledovskikh, les exploitants (Total, 50%, et le norvégien Hydro, 40%) n’arrivent toujours pas à atteindre le niveau de production programmé. D'ici à 2032, Total est tenu de produire 45 millions de tonnes de pétrole.
II – Total s'explique sur ses “irrégularités”
Vendredi le groupe français a expliqué les raisons de ces "irrégularités". Total estime dans un premier temps que le ministère des Ressources naturelles a fait traîner en longueur le processus de concertation des plans de réalisation du projet.
Le groupe pétrolier français évoque également comme argument sa faveur l'impossibilité de s'entendre avec Transneft sur une augmentation des quotas de transport de brut par ses grandes canalisations. L'Agence fédérale pour le contrôle de l'environnement effectuera une vérification supplémentaire pour éclaircir le "caractère objectif" de ces motifs avancés et contactera Transneft.
La Cour des comptes a d'ores et déjà vérifié la réalisation de l'accord sur l'exploitation du gisement de Khariaga en partage de la production et en a dressé le bilan vendredi dernier. Les résultats de la vérification n'ont pas été divulgués.
Les responsables de Rosnedra se refusent à faire des prévisions sur les résultats de la prochaine réunion de la commission. Ils soulignent seulement qu'un débat juridique est en cours pour établir laquelle des deux lois réglementant l'activité de Total à Khariaga a la primauté: la loi sur les accords de partage de la production ou la loi sur les richesses du sous-sol.
III – Pression de la Russie pour obtenir 50% du projet
Si les experts russes soulignent que la licence ne pourrait être révoquée qu’en résiliant l’accord, ce qui est fort improbable, ils n’excluent pas que les autorités du Kremlin puissent mettre la pression en vue d'obtenir une augmentation de la participation de la Russie à ce projet au niveau de 50%. Le prétendant essentiel est Lukoil.
Lorsque les autorités ont refusé d’approuver le budget 2001-2003, Total a saisi la justice mais finalement les partenaires ont réglé le problème à l’amiable. Cependant, les griefs formulés contre le groupe peuvent permettre aux autorités russes de demander une augmentation de la participation des sociétés nationales au projet, pour la porter à 50%, comme dans le cas de Sakhaline-2", estiment les experts.
A l’heure actuelle, Lukoil, qui exploite un site du gisement de Khariaga, possède une option d’achat de 20% du projet (Total et Hydro, 10% chacun). Il y a un mois Lukoil a annoncé sa volonté de modifier l’accord constitutif et les modalités de travail du conseil des directeurs. Pour le pétrolier russe, toute entrée dans le projet ne comporterait un réel intérêt qu'en devenant opérateur avec droit de contrôle sur les flux financiers.
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Source : Ria Novosti

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La Cour des comptes russe note la bonne volonté de Total dans le règlement des litiges à Khariaga
21:31 | 12/ 04/ 2007
MOSCOU, 12 avril - RIA Novosti. Le français Total a corrigé bien des "défauts" dans l'exploitation du gisement de pétrole de Khariaga (Nord de la Sibérie occidentale), révélés par la Cour des comptes russe, a annoncé jeudi son président, Sergueï Stepachine.
"Il faut noter que Total a corrigé de nombreux défauts que nous avons révélés", a-t-il indiqué.
Selon lui, la société française a pris en ligne de compte toutes les propositions de la cour relatives au partage des profits et aux questions écologiques.
"J'estime que Total va coopérer avec nous", a encore ajouté le président de la Cour des Comptes russe, estimant que "la situation a été corrigée dans ce domaine".
Le champ de Khariaga est l'un des trois gisements russes mis en valeur dans le cadre d'un accord de partage de production. Les réserves de pétrole de ce gisement sont évaluées à 160,4 millions de tonnes.
L'accord de partage de production de Khariaga a été conclu le 20 décembre 1995 pour une durée de 29 ans avec possibilité de prolongement à 33 ans et est entré en vigueur le 12 février 1999. Les investisseurs du projet sont le français Total (50%), le norvégien Hydro (40%) et la Compagnie pétrolière du District des Nenets (10%), dont l'activité est contrôlée par l'administration du district.
13 avril 2007 à 10:08Ajoutez un commentaire
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