L'Arabie saoudite et d'autres pays de l'Opep sont favorables à une nouvelle réduction de leur production de pétrole pour réduire les excédents mais d'autres membres de l'organisation n'y semblent guère disposés avec le prix du baril au-dessus de 60 dollars, a déclaré samedi un délégué au Caire.
L'Iran quant à elle appelle à de nouvelles réductions du cartel. Néanmoins, restons lucides, les propos de Téhéran tombent au même moment que l'annonce d'une prochaien réunion des 6 ... Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a en effet déclaré samedi que France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne, Etats-Unis et Chine se réuniraient "mardi" pour discuter de la résolution de l'Onu sur le nucléaire iranien.
I – L'Opep divisée sur la question de réductions
Certains membres de l'Opep, craignant des excédents au premier trimestre, jugent nécessaire de réduire encore la production. Ceux-là, parmi lesquels l'Arabie saoudite, regarderaient le niveau des réserves plutôt que le prix du pétrole selon les propos tenus par le délegue du cartel.
""D'autres, de leur côté, regardent seulement le prix et non les fondamentaux du marché. Ces pays pourraient ne pas être d'accord avec de nouvelles réductions de production."" Une décision sera prise lors de la réunion ministérielle de l'organisation des pays producteurs le 14 décembre au Nigeria, a-t-il ajouté.
La baisse de production entrée en vigueur le mois dernier a commencé à réduire les excédents mondiaux mais n'est pas suffisante, selon plusieurs des Etats membres.
II – La décision de réduction pourrait dépendre du contexte au 14/12
Le président de l'Opep, et ministre nigérian du Pétrole, Edmund Daukoru, a affirmé vendredi qu'il s'attendait à une baisse d'au moins un demi-million de barils de pétrole par jour (mbj) de l'offre du cartel, lors de la réunion prévue le 14 décembre à Abuja.
"Quand nous nous réunirons (le 14 décembre), nous étudierons les données et la tendance (du marché pétrolier) et je ne m'attends pas à une baisse moindre à cette réunion", a dit le président du cratel aux journalistes.
Le Nigérian Edmund Daukoru a ainsi expliqué vendredi que l'ampleur de la réduction supplémentaire du quota global de production dépendrait du contexte au moment de la réunion du 14 décembre. Il a ajouté que la hausse des prix et la baisse des stocks observées récemment seraient prises en considération. "Il est probable qu'il y aura une réduction supplémentaire. Son ampleur effective dépendra des circonstances", a-t-il précisé.
III – L'Iran appelle à une nouvelle réduction
Le représentant iranien à l'Opep, Hossein Kazempour Ardebili, a appelé dimanche à une nouvelle réduction de la production du cartel lors de sa prochaine réunion le 14 décembre, selon l'agence Irna.
"Certains facteurs comme le ralentissement de la croissance mondiale et l'accroissement des réserves de brut et de produits dérivés indiquent que le marché a besoin d'une nouvelle réduction de l'Opep", selon M. Ardebili.
IV – Le Venezuela fait entendre sa voix
Le Venezuela est d'accord pour une réduction de la production de l'OPEP pour doper les prix "si c'est nécessaire", a déclaré mercredi à le vice-ministre des affaires étrangères vénézuélien Reinaldo Bolivar à Abuja. "Le Venezuela accepte les instructions de l'OPEP pour réduire la production à chaque fois que cela est nécessaire pour soutenir les prix. Le Venezuela a toujours plaidé pour des réductions de production depuis l'an 2000", a ajouté le ministre en marge du sommet Afrique-Amérique du sud au Nigéria. "Nous devons discuter des prix actuels et de toute façon la décision revient au ministre de l'énergie", a poursuivi Reinaldo Bolivar, en évoquant la prochaine réunion de l'OPEP prévue le 14 décembre à Abuja.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré pour sa part jeudi que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait convenu que le prix du pétrole devrait se situer à 50 dollars le baril. "Cinquante dollars le baril est le consensus de l'OPEP", a-t-il affirmé. Le même jour, le ministre vénézuélien du Pétrole Rafael Ramirez, également président de la société pétrolière d'Etat PDVSA, avait déclaré à la presse que l'OPEP pourrait réduire de nouveau la production pétrolière lors de sa réunion de décembre. "Ce serait de l'ordre de 500.000 barils par jour", a laissé entendre M. Ramirez sur l'éventuelle réduction de l'OPEP.
Le Venezuela, un principal fournisseur de brut pour les Etats- Unis, jouit d'une voix puissante au sein de l'OPEP sur les négociations en vue d'éventuelles actions sur le prix du pétrole.
V – Evolution du cours du baril
Le prix du baril de pétrole brut léger américain a regagné près de six dollars depuis l'annonce en octobre, lors d'une réunion d'urgence de l'Opep, d'une baisse de 1,2 million de barils par jour (bpj) de sa production, entrée en vigueur le 1er novembre. Il évoluait vendredi autour de 62,50 dollars.
Selon Reuters, les 10 membres de l'Opep soumis aux quotas auraient respecté aux deux tiers en novembre les réductions de production décidées. Leur production globale est toutefois restée supérieure de près de 600.000 bpj à l'objectif affiché de 26,3 millions de bpj.
Le prix du brut américain est tombé le 17 novembre à 54,86 dollars.
Sources : Reuters, AFP
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8 Commentaires
1
Koweït dit ne pas s'opposer à une réduction de la production de l'Opep
AFP 04.12.06 | 21h18
Le ministre koweïtien de l'Energie, Ali al-Jarrah al-Sabah, a affirmé lundi que son pays ne s'opposerait pas à une éventuelle décision de l'Opep de réduire son offre, lors de sa réunion le 14 décembre à Abuja.
"Nous ne nous opposerons pas à (une décision) unanime de l'Opep de réduire" la production même si "il est prématuré de dire s'il y a une nécessité de réduire ou pas" cette production, a déclaré le ministre à des journalistes. Cheikh Ali, qui s'exprimait à son retour du Caire où il a participé à une réunion de l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), a exprimé son inquiétude face à l'excédent de brut sur le marché international.
"Il faut trouver une solution à cet excédent", a-t-il dit sans plus de détails. Le président de l'Opep, Edmund Daukoru, ministre nigérian du Pétrole, en visite à Abou Dhabi, a estimé lundi à un million de barils/jour (mbj) l'excédent de brut sur le marché international. Plusieurs pays membres du cartel, notamment l'Arabie saoudite, le Venezuela, l'Algérie, le Qatar et l'Iran, se sont déjà prononcés en faveur d'une réduction supplémentaire à Abuja, au cas où les prix continueraient de refluer.
04 décembre 2006 à 22:452
L'OPEP ne peut malheureusement pas grand chose.
Si le pétrole baisse c'est que les US sont derrière. finie la spéculation.
L'OPEP n'est plus maître du marché.
1) Goldman Sachs a modifié son Index Composite pour baisser l'importance du pétrole dans le calcul. Sur décision de qui ?
Du coup les spéculateurs ont revendu massivement leurs actifs pétroliers pour passer sur des investissements dont la vaeur va croitre - 100 milliards d'équivalent en brut. Pure spéculation et prise de bénéfices.
2) Faire Baisser le prix du pétrole permet de contrer la remontée trop rapide de taux en limitant l'inflation et la facture énergétique US
3) Les émeutes au Nigéria et les grèves au vénézuela ont cessé. La CIA a arrêté temporairement ses manoeuvres.
Et politiquement qui entend encore parler de la menace iranienne ou Coréenne. Psychologiquement, les investisseurs sont en attente !
4) Les US et la Chine, les deux plus gros consommateurs de pétrole au monde ont reconstitué leur réserve stratégique avant l'hiver
5) Jusqu'àprésent en Europe, l'automne est très doux, et les particuliers retardent leur approvisionnement en fuel
6) Aux US, preque toutes les raffineries peuvent à présent tourner. L'effet Katrina est effacé.
7) Des pays producteurs soutenus par les US se manifestent sur la scène internationale.
Tous ces événements sont hors de contrôle de l'OPEP. le pétrole va remonter certes mais pas tout de suite pour éviter une forte inflation aux US.
05 décembre 2006 à 01:023
merci pour cet avis extremement clair voyant
et notamment :
"Si le pétrole baisse c'est que les US sont derrière" et
"Faire Baisser le prix du pétrole permet de contrer la remontée trop rapide de taux en limitant l'inflation et la facture énergétique US"
05 décembre 2006 à 01:194
Je crois pas que l'Opep veuille que les prix explosent
Arabie Saoudite parle d'un prix de 60$ en moyenne
En sachant que Angola + Equateur vont rejoindre l'organisation...
J'ai toujours pensé que le prix du pétrole est un arrangement entre Usa et Arabie Saoudite. En effet il y a une guerre contre le terrorisme et ils ont besoin de moyen et aussi de calmer leur opinion en les inondants de pétro dollar.
05 décembre 2006 à 12:53C'est un sorte de commerce équitable...
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Enfin rien ne dit que les nouveaux acteurs du pétrole ne vont pas aussi rejoindre l'OPEP
05 décembre 2006 à 12:566
Oui, pour ma part , j'ai toujours pensé que les USA jouaient sur le cours du pétrole.
très bien vu l'idée du jeu cours du pétrole / cours du dollar
j'ai d'ailleurs un article en préparation sur le sujet ( en attendant vous pouvez consulter l'Orient le jour à ce sujet)
Intéressant de voir que les pointes du trafic du blog sont quasiment liées au cours du pétrole ... et maintenant du cours du dollar , véridique ;)
05 décembre 2006 à 21:037
je reste intimement persuadée également que les actes de violence au Nigéria sont directement pilotées par les USA , de même que autres annonces sur l'Iran, risques de cyclones...
regardez les dates des annonces/faits et vous verrez qu'ils tombent tjrs à pique pour relever le cours du pétrole qd cela est "nécessaire".
05 décembre 2006 à 21:058
Prix du pétrole, inflation, politique monétaire et immobilier sont liés.
05 décembre 2006 à 22:44Ajoutez un commentaire
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