OPEP et cours du pétrole hésitent entre hausse et baisse

Updown_3L'indécision de l'Opep a provoqué mardi un certain statu quo sur les cours de brut, les marchés demeurant dans l'expectative quant à une éventuelle baisse de production de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.

Les principaux membres du cartel ont exprimés tout au long de la journée leurs différentes positions sur le sujet.

Pour rappel, l'Opep a décidé en octobre de réduire sa production de 1,2 million de barils par jour à partir du 1er novembre pour tenter d'enrayer la baisse des cours du brut.

I – Le cours du pétrole stagne

Les prix du pétrole ont stagné mercredi, malgré un recul plus accentué qu'attendu des stocks de brut aux Etats-Unis.

Les courtiers demeurent eux même indécis quant à la probabilité d'une nouvelle réduction de l'Opep lors de sa réunion jeudi à Abuja (Nigeria).

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier a progressé de 35 cents, clôturant à 61,37 dollars.

A Londres, sur l'Intercontinental Exchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord a cédé 19 cents, terminant à 61,33 dollars sur l'échéance de janvier.

II – Stocks en baisse

Les réserves de brut ont reculé de 4,3 millions de barils, à 335,4 millions de barils, la semaine dernière, selon les chiffres du département américain de l'Energie (DoE), alors que le marché tablait sur un recul de 1,3 million de barils seulement.

Par ailleurs, aussi bien les stocks de produits distillés que ceux d'essence ont également reculé, respectivement de 500.000 barils et de 100.000 barils. Le consensus tablait pourtant sur une hausse des stocks d'essence de 1 million de barils. Cette annonce a poussé les cours à la hausse.

III – Le marché doute d'une nouvelle baisse de production

Parallèlement, le marché continue à douter d'une nouvelle action de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole lors de sa réunion jeudi au Nigeria, après l'annonce d'une première réduction de production de 1,2 million de barils par jour en octobre. Jusqu'à maintenant les déclarations sont demeurées ambiguës.

Certains analystes estiment que l'Opep va affirmer qu'elle agira pour rééquilibrer le marché, soit à travers l'annonce d'une nouvelle initiative de réduction de l'offre ou en affirmant qu'elle va essayer de respecter son engagement actuel. La réduction réelle de production de l'Opep est comprise entre 500.000 et 800.000 barils par jour, bien loin des 1,2 mbj sur lesquels elle s'était engagée, selon différentes estimations.

Une enquête Reuters a montré que les 10 membres de l'Opep soumis aux quotas (tous sauf l'Irak) avaient réalisé environ les deux tiers des baisses de production officiellement fixées. Selon l'Agence de presse, les pays membres auraient réduit leur production globale de 785.000 bpj mais pompent encore à près de 600.000 bpj au-dessus de leur objectif officiel de 26,3 millions.

Selon d'autres avis, l'Opep pourrait maintenir sa production au niveau actuel et envisager une nouvelle réduction au début de l'année. Des analystes estiment ainsi que le cartel va tenter de maintenir les prix au-dessus de 60 dollars, qui semble être son nouveau prix plancher

IV – L'Opep peu précise quant à sa prochaine décision

Le chef de file de l'Opep, le ministre du Pétrole saoudien Ali al-Nouaïmi a déclaré mardi que l'Opep avait "probablement encore un peu de travail à faire pour rendre le marché encore plus stable", sans plus de précisions.

Le président du cartel, le Nigérian Edmund Daukoru, est lui aussi resté vague: "Il y a de la marge pour un geste supplémentaire" de l'Opep, a-t-il jugé. Il avait néanmoins indiqué vendredi qu'il soutiendrait le principe d'une nouvelle baisse face au niveau élevé des stocks dans les pays consommateurs. Un délégué du cartel a évoqué la ""forte possibilité"" d'une nouvelle diminution de la production pour les mêmes raisons. Edmund Daukoru, avait déclaré il y a quelques jours  que l'excès de l'offre sur le marché du pétrole était estimé à un  million de barils par jour et que les ministres des pays membres  de l'OPEP réviseraient la situation afin de prendre des décisions  appropriées.

V – Iran, Algérie et Vénézuela pour une baisse de production

L''Iran, l'Algérie ou le Venezuela se sont clairement prononcés pour une baisse de production.

Le ministre de l'Energie vénézuélien Rafael Ramirez compte proposer une baisse de 500.000 barils par jour de l'offre de l'Opep jeudi. Selon lui, se limiter à la décision prise fin octobre d'une baisse de production de 1,2 million de barils par jour serait insuffisante, estimant que les stocks sont "très élevés".

"C'est une situation qui pourrait affaiblir beaucoup les cours lorsque débutera le premier trimestre 2007, et nous pensons donc vraiment qu'il faut procéder à une baisse importante, de 500.000" barils par jour, a-t-il expliqué. Mais la Libye s'y est d'ores et déjà opposée, arguant que la situation actuelle demeure satisfaisante.

L'Opep doit abaisser une nouvelle fois sa production lors de sa réunion jeudi si elle veut pouvoir stabiliser les cours du pétrole, a estimé mercredi le ministre algérien de l'Energie Chakib Khélil à son arrivée à Abuja. Selon lui, l'Opep doit en tout premier lieu s'assurer que les pays membres suivent tous la décision prise à Doha de baisser la production de 1,2 million de barils par jour.

Il estime par ailleurs très probable que le cartel opére une nouvelle baisse pour pouvoir stabiliser le marché l'année prochaine. "Nous appuierons une baisse lors de la réunion", a-t-il ajouté. "Le signal serait en faveur d'une stabilisation des cours", selon lui. Les stocks à l'heure actuelle sont "très abondants", et les cours sont "élevés" malgré cela, a-t-il remarqué. Mais "la demande est en train de baisser pour l'année prochaine à cause du ralentissement de l'activité économique dans la plus grande partie de l'Union européenne et aux Etats-Unis".

Le ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh, a appelé mardi l'Organisation des pays  exportateurs de pétrole (OPEP) à réduire davantage sa production  afin de maintenir le prix mondial du brut, a rapporté l'agence de  presse Shana. 

"L'Iran, tout comme les autres pays membres de l'OPEP, estime  qu'un prix du baril inférieur à 60 dollars n'est pas approprié", a ainsi  indiqué M. Vaziri-Hamaneh. "Vu l'excès considérable de l'offre, nous allons essayer  d'avoir une baisse de la production", a-t-il ajouté.

VI – Pas de baisse de production selon la presse saoudienne

Le quotidien à capitaux saoudiens El Hayat affirmait lundi, citant des sources proches de l'Opep, que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ne modifierait pas ses quotas de production jeudi lors de sa réunion d'Abuja. Celles-ci s'attendraient au contraire à ce que la réunion d'Abuja soit suivie d'une réunion extraordinaire à la fin janvier à Vienne pour étudier les derniers développements du marché.

Selon les sources citées par Al Hayat, les pays membres de l'Opep devraient se contenter d'appliquer les mesures de réduction déjà en cours. Selon lui, l'Arabie saoudite a réduit sa production de 450.000 barils par jour alors qu'elle s'était engagée à la baisser de 380.000 bpj.

L'Arabie saoudite a semblé signaler une nouvelle baisse de la production du cartel en prévenant lundi les principaux raffineurs d'Asie qu'elle réduirait leurs livraisons le mois prochain.

Sources : AFP, Reuters

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4 Commentaires

  1. 1

    Prévisions AIE

    Pétrole: l'AIE laisse inchangées ses prévisions de demande 2006 et 2007
    AFP 13.12.06 |

    L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a laissé inchangées ses prévisions de demande de pétrole pour 2006 et 2007, dans son rapport de novembre paru mercredi. Comme le mois dernier, l'AIE table sur une croissance de la demande de 1,1% en 2006 à 84,5 millions de barils par jour. Pour 2007, elle prévoit toujours une hausse de 1,7% à 85,9 mbj. Toutefois, alors qu'elle jugeait probable un rebond de la demande en 2007, l'AIE estime désormais qu'un léger fléchissement est envisageable, en raison des "incertitudes qui planent sur l'économie américaine". De plus, la croissance de la demande de la Chine a été revue à la baisse (de +6,2% à +5,6%) pour 2006 "compte tenu d'une demande plus faible ces trois derniers mois", ajoute l'AIE. Elle est inchangée pour 2007 (+5,4%). L'AIE juge que le ralentissement de l'économie américaine ne devrait pas se traduire nécessairement par une baisse sensible de la demande en 2007, car elle est surtout tirée par la consommation de carburant. Or, "à court terme, il est probable que les Américains gardent leurs habitudes en matière de conduite automobile et de déplacements en avion", juge l'AIE. Concernant les prix, l'AIE note qu'ils ont oscillé autour de 60 dollars le baril en novembre et augmenté encore un peu début décembre, ce qui est dû à une "plus grande tension du marché". L'Agence note ainsi qu'une production moindre des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ainsi que la baisse des stocks américains ont poussé à la hausse des cours, malgré un temps exceptionnellement doux, surtout en Europe. De plus, les marchés ont été influencés par l'impact d'une possible nouvelle baisse de la production de l'Opep lors de sa réunion jeudi, note encore l'AIE. Côté offre de pétrole, l'AIE signale une production totale en baisse de 50.000 bj en novembre, à 85,4 mbj, dont 28,9 pour l'Opep, en recul de 555.000 bj par rapport à octobre. L'essentiel de la baisse de la production du cartel est à mettre au compte de l'Arabie Saoudite, de l'Iran, de l'Irak, des Emirats arabes unis et du Venezuela. La capacité de production excédentaire de l'Opep atteint par conséquent 2,4 mbj. Les stocks de produits pétroliers des pays de l'OCDE ont baissé de 40 millions de barils en octobre à 2,721 milliards de barils, soit 33 millions de plus qu'il y a un an. Cela représente 54 jours de demande, indique l'AIE

  2. 2

    Anonyme

    OPEP: consensus pour une baisse de production mais pas immédiate (Algérie)
    AFP 14.12.06 | 10h48


    Les pays membres de l'OPEP sont convenus jeudi à Abuja d'une baisse de leur production mais "pas forcément immédiate", a indiqué un représentant de l'Algérie, tandis que selon un délégué libyen une nouvelle baisse pourrait être reportée "à plus tard".

  3. 3

    BAISSE PRODUCTION

    L'Opep va abaisser sa production de 500.000 bj au 1er février (ministres)
    ABUJA, 14 déc 2006 (AFP)
    L'Opep va abaisser sa production de 500.000 barils par jour au 1er février 2007, ont indiqué plusieurs ministres à des journalistes, à l'issue d'une réunion du cartel jeudi à Abuja.

    La baisse sera de "500.000 à partir du 1er février, nous avons la prochaine réunion le 15 mars", a déclaré le ministre qatari de l'Energie, Abdallah ben Hamad al-Attiyah.

    Le ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil, a confirmé cette information.

    M. al-Attiyah a par ailleurs indiqué que "l'Angola sera membre de plein droit à partir du 1er mars", et deviendra ainsi le 12è pays membre de l'Opep.

  4. 4

    Nigéria

    Nigeria: attaque d'une base logistique Shell dans le delta du Niger
    LAGOS, 15 déc 2006 (AFP)
    Des inconnus armés ont attaqué tard jeudi soir une base logistique de la compagnie anglo-néerlandaise Shell sur la rivière Nun, dans le delta du Niger (sud du Nigeria), a-t-on appris vendredi dans les milieux industriels.

    On ignore pour le moment s'il y a eu des victimes au cours de l'attaque ou des personnes prises en otages.

    Depuis le début de l'année, le delta du Niger est le théâtre de violences incessantes par des groupes séparatistes qui disent lutter pour la communauté ijaw (14 millions de personnes).

    En 2006, au moins 37 soldats nigérians ont été tués et une cinquantaine d'expatriés pris en otages avant d'être libérés.

    Premier producteur de pétrole d'Afrique, Le Nigeria perd pratiquement 25% de sa production du fait de cette violence.

    Le Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND) avait revendiqué le 8 décembre l'enlèvement de trois Italiens et d'un Libanais dans la région et annoncé de nouvelles attaques. "Des combattants du MEND ont attaqué et détruit une installation d'Agip (Italie) à Brass (Etat de Bayelsa). Cette attaque entre dans le cadre de notre objectif de stopper les exportations de pétrole brut du Nigeria", avait alors indiqué le mouvement séparatiste.

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