Le pétrolier TOTAL pris en flagrant délit en Iran

France_irandrapeauComme quoi mes propos tombaient juste ... Si il y a a deux jours encore je parlais de "réunion de l'hypocrisie" pour dénommer l'assemblée des Six grandes puissances réunies en vue de discuter d'éventuelles sanctions à appliquer contre l'Iran pour freiner son projet de nucléaire civil ... la réalité vient appuyer nos dires.

La police helvète a en effet découvert 41 millions de francs suisses sur un compte, qui aurait permis à TOTAL d'obtenir du régime de Téhéran une concession d'exploitation. Une information judiciaire pourrait être ouverte à Paris.

Que Total se "rassure" dans son "malheur" ... comme nous l'évoquions déjà depuis quelques semaines, France, Russie, Chine, Espagne, Japon, et même Allemagne  et Etats-Unis sont présents ou en négociation – certes plus ou moins discrètement - avec l'Iran en vue d'obtenir d'obtenir des concessions sur les immense champs d'hydrocarbures que constituent Azadegan, Pars Nord et Pars Sud.

r I – Des commissions versées par TOTAL

Le groupe pétrolier Total aurait versé plus de 40 millions de francs suisses (30 millions d'euros) à divers intermédiaires de Téhéran, afin d'obtenir des permis d'exploration pétrolière en Iran. C'est en tout cas ce qu'affirme un rapport de 5 pages, adressé récemment par le procureur fédéral de Lausanne, Patrick Lamon, au juge d'instruction français Philippe Courroye.

En décembre 2004, la police helvète découvre que des sommes d'un montant colossal (41 millions de francs suisses) ont atterri, entre le 1er décembre 1998 et le 15 août 2003, sur un mystérieux compte Siakal, ouvert à la banque Lombard Odier Darier Hentsch et Cie, à Genève.

Les enquêteurs établissent rapidement que les fonds proviennent du groupe Total et qu'ils ont d'abord transité sur un compte au Crédit suisse de Genève. L'objectif de l'opération aurait été d'obtenir de Téhéran une concession d'exploitation pétrolière dans le gisement South Pars, en Iran.

La justice suisse voit dans ce contrat le versement d'une commission illicite, destinée à décrocher un marché en Iran. D'autant que l'usufruitier du compte Siakal, un Iranien dénommé Bijan Dadfar, n'a rien à voir, ni de près ni de loin, avec l'industrie pétrolière mais ... serait un proche de la famille Rafsandjani.

Selon le procureur fédéral de Lausanne, Total pourrait se voir reprocher, en Suisse, des faits de corruption d'agents publics étrangers. Alors que, en France, l'affaire semble relever de la qualification de trafic d'influence et d'abus de biens sociaux.

Si – comme le souhaite visiblement la justice suisse - une information judiciaire était ouverte à Paris - la chose pourrait affecter Total, déjà secoué par la mise en examen récente de deux de ses dirigeants dans l'enquête «Pétrole contre nourriture» en Irak.

II - Négociations France/Iran : TOTAL et GDF

Au mois de mars dernier, Gaz de France a reconnu être en discussion avec Total et les autorités iraniennes pour prendre une participation dans le projet d’importance majeure de production de gaz naturel liquéfié Pars GNL. Les pourparlers seraient en cours mais ne seraient pas finalisés à l’heure actuelle.

Selon le journal « Les Echos », le groupe GDF négocierait l'achat à long terme de 1,5 à 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an, entre 2010 et 2035 et envisagerait de prendre de 8 à 10% dans l'un des blocs de l'immense gisement gazier de Pars-Sud et une part de 4 à 5% dans l'usine de liquéfaction qui serait alors construite sur la côte iranienne. Ce projet l'amènerait à investir entre 250 et 350 millions de dollars.

L'Iran va signer des contrats avec Shell, Total et l'espagnol Repsol pour développer des projets dans l'immense gisement de gaz de Pars-Sud, dans les eaux du Golfe, avait annoncé fin février un responsable iranien. "Les contrats seront probablement signés" dans les prochains jours, avait alors déclaré Akbar Torkan, le directeur général de la compagnie publique Pars Oil and Gas Company (POGC), en charge du champ pétrolier. Les contrats concernent les phases 11 et 13 du gisement et sont destinés à la production de gaz naturel liquéfié (GNL) pour l'export. Total travaillera sur la phase 11, avec un projet appelé Pars GNL, tandis que Shell et Repsol travailleront sur la phase 13, avec un projet appelé Persian GNL. Les compagnies collaboreront avec la Compagnie nationale iranienne de pétrole (NIOC). L'investissement pour chaque phase est estimé à entre 1.2 et 1.5 milliard de dollars.

Le gisement de gaz de Pars-Sud est situé dans la partie centrale du golfe Persique à 100 km des côtes iraniennes et ses réserves sont estimées à 12 600 milliards de mètres cubes de gaz. Après la Russie, l'Iran possède les gisements de gaz les plus importants du monde qui sont estimés à 24 000 milliards de mètres cubes, soit 16% des réserves mondiales. Près de la moitié des réserves iraniennes sont concentrées dans des gisements offshores du golfe Persique.

Sources : AFP, L'Express

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12 Commentaires

  1. 1

    Le lobbying de Total

    Total se livre à un lobbying intensif auprès de l’Elysée et du gouvernement français, pour que le dossier nucléaire iranien n’aboutisse pas à des sanctions.

    Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont été sollicités directement. Total tente d’empêcher que les tensions internationales nuisent aux discussions dans lesquelles il est engagé avec Téhéran pour l’exploitation d’un gigantesque gisement offshore de gaz naturel, appelé Pars-Sud, dans les eaux du Golfe. Un accord passé en 2004 avec Téhéran, au côté de la société pétrolière malaisienne Petronas, prévoit la production de gaz naturel liquéfié destiné à l’exportation.

    Pour Total, l’enjeu est de taille. Pars-Sud recèlerait la moitié des réserves de gaz naturel iraniennes (elles-mêmes les deuxièmes au monde). Pour l’Iran, qui ne dispose pas de la technologie nécessaire pour mener seul ce projet, la participation de la compagnie française présente un intérêt stratégique.

    Total avait exercé de fortes pressions, dans les années 1990, pour que le système de sanctions onusiennes contre l’Irak de Saddam Hussein soit levé. L’invasion américano-britannique de l’Irak, en 2003, avait conduit de facto à l’éviction de la société française.

  2. 2

    Elisabeth

    merci bcp,
    bcp d'élements aussi dans les articles mis en lien .

    et sur AREVA également ...

  3. 3

    Elisabeth

    Attention , tout de même , la France est un peu pieds et poings liés compte tenu d'Eurodif

  4. 4

    Pétrole contre nourriture

    Un négociant français mis en examen dans "pétrole contre nourriture"
    AFP 04.12.06 | 15h20

    Un négociant en pétrole français Jean-Paul Cayre, patron de la société Ibex Energy, a été mis en examen le 21 novembre à Paris dans le dossier "pétrole contre nourriture", a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.
    Mis en examen pour "corruption de fonctionnaire étranger" par le juge du pôle financier de Paris Philippe Courroye, il a été placé sous contrôle judiciaire. La société de M. Cayre était agréée pour commercer avec l'Irak pendant l'embargo sur le pétrole fixé par les Nations unies (1996-2003). Dans le programme onusien baptisé "pétrole contre nourriture", l'Irak pouvait exporter une quantité limitée de pétrole pour subvenir à ses besoins en denrées de première nécessité. L'argent était versé sur un compte séquestre à l'ONU à New York. C'est l'organisation internationale qui réglait les achats irakiens. Mais le gouvernement irakien a détourné l'embargo, engrangeant ainsi des milliards de dollars. M. Cayre est soupçonné d'avoir versé des "surcharges", ou commissions occultes destinées à obtenir des Irakiens des barils de pétrole supplémentaires en violation de l'embargo.
    Par ailleurs, selon une source proche du dossier, c'est par son intermédiaire que Patrick Maugein, homme d'affaires présenté comme proche de Jacques Chirac, aurait été l'un des allocataires français de bons de barils de pétrole obtenus en détournement de l'embargo. M. Maugein n'est pas mis en examen dans ce dossier. En revanche, d'autres allocataires présumés comme Charles Pasqua, ou l'ancien représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU l'ambassadeur de France Jean-Bernard Mérimée, sont poursuivis. L'instruction avait été ouverte à Paris en 2002 sur des faits d'"abus de biens sociaux" au préjudice du groupe pétrolier Total.

  5. 5

    Même ISRAEL ;)

    Israël et l'Iran mènent des pourparlers sur les dettes pétrolières (Haaretz)

    06/12/2006 18:21 TEL-AVIV, 6 décembre - RIA Novosti. L'Iran ne reconnaît pas le droit d'Israël à l'existence, mais il examine depuis 20 ans avec l'Etat hébreu le problème de plusieurs millions de dollars de dettes pour les livraisons de pétrole à l'époque du régime du Shah, écrit mercredi le quotidien Haaretz.

    Selon les renseignements du quotidien, cette question (il s'agit de centaines de millions de dollars) est examinée à la Cour européenne d'arbitrage dans le plus grand secret. Cette procédure d'arbitrage est divisée en trois procès, dont l'un s'est terminé par la reconnaissance des créances par plusieurs compagnies israéliennes de combustibles, écrit le quotidien en se référant à des sources anonymes en Israël et en Suisse.

    Israël et l'Iran avaient étroitement coopéré dans divers domaines jusqu'à 1979, lors la Révolution islamique renversa le régime pro-occidental du Shah et les nouvelles autorités avec l'ayatollah Khomeiny à leur tête cessèrent d'entretenir les contacts avec l'Etat hébreu.

    Selon Haaretz, avant la révolution, les deux pays avaient fondé la compagnie Trans Asiatic Oil chargée des livraisons de pétrole iranien à Israël, dont une partie est restée non payée.

    Des compagnies israéliennes ont également des griefs financiers, bien que sensiblement inférieurs, envers les contractants iraniens, lit-on dans la publication.

  6. 6

    EON et IRAN

    L’allemand EON se développe en Iran
    01/06/2005

    Le numéro un allemand de l'énergie EON envisage de développer des activités gazières en Iran afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. Des délégations de la filiale d'EON, Ruhrgas, se seraient déjà rendues dans le pays pour discuter avec des responsables du gouvernement.
    Les plans d'EON en Iran en sont encore au stade préliminaire, mais le groupe cherche déjà des partenaires potentiels. EON serait déjà en discussions avec l'autrichien OMV, et le journal cite aussi ****le Français Total **** comme un allié possible.
    Un tiers des approvisionnements en gaz de Ruhrgas viennent actuellement de Russie, où il détient une participation de 6,5 % dans le géant Gazprom.
    Mais EON a subi un sérieux revers début avril avec l'annonce de deux projets de coopération majeurs entre Gazprom et BASF, numéro un mondial de la chimie.
    Les deux groupes ont notamment décidé d'exploiter en commun le grand gisement de gaz de Ioujno-Rouskoïe, en Sibérie occidentale, un projet pour lequel EON avait pourtant mené des négociations exclusives.
    EON assure toujours discuter avec Gazprom sur un association à ces deux projets, sans avancée concrète jusqu'ici. Son grand rival en Allemagne, RWE, a également des contacts réguliers avec le groupe russe.
    En menaçant de s'engager plutôt en Iran, EON pourrait renforcer sa position dans les négociations, souligne le Handelsblatt.
    Le groupe allemand doit toutefois agir prudemment, notamment pour éviter des problèmes sur le marché américain, où il est présent via la filiale LG and E.
    Les Etats-Unis ont souvent dans le passé fait pression sur les groupes européens pour qu'ils cessent ou renoncent à des projets en Iran.

    L'Usine Nouvelle

  7. 7

    aie!

    he! je reve mais j'ai l'impression que quand on parle plus de lui il en profite pour remonter le coquin,bien sur je parle du petrole!!!!!

  8. 8

    Elisabeth

    oui et attaque au Nigéria

  9. 9

  10. 10

    Elisabeth

    manière détournée d'être présent sur Pars Nord, le qatar et l'Iran partageant l'exploitation de ces champs off shore ,
    mais cà , il faut le savoir, donc plus discret d'annoncer Qatar qu'Iran ....
    --------------
    Total renforce sa position dans le secteur du GNL (08/12/2006 :: 12:54)
    Total annonce la signature ce jour de l’accord formalisant son entrée définitive dans le second train de Qatargas II à hauteur de 16,7 %. Cet accord fait suite à la signature de contrats d’achat et de vente de gaz naturel liquéfié (GNL) au titre desquels Total achètera jusqu’à 5,2 millions de tonnes par an de GNL auprès de Qatargas II pendant 25 ans. S’appuyant sur la forte présence diversifiée de Total sur les marchés gaziers du bassin Atlantique, le GNL sera commercialisé principalement en France, au Royaume-Uni et dans le golfe du Mexique.

    Qatargas II est un projet intégré de deux nouveaux trains de liquéfaction de GNL d’une capacité annuelle de 7,8 millions de tonnes chacun, alimentés en gaz à partir du gisement géant du North Field dans l’offshore du Qatar.

    En outre, Total va prendre un intérêt de 8,35 % dans le terminal GNL de South Hook situé à Milford Haven, au Pays de Galles (Royaume-Uni). Composé de deux trains pouvant traiter 15,6 millions de tonnes par an de GNL, le terminal devrait démarrer ses opérations avec un premier train début 2008.
    (2006 AG Presse)

  11. 11

    Elisabeth

    on joue avec les mots/ les noms
    Pars Sud ou Pars South faisant partie de North Field
    ----------------------

    South Pars, Qatar North Field, Iran
    **********************************
    The Iranian South Pars field is the northern extension of Qatar's giant North Field.
    It covers an area of 500 square miles and is located 3,000m below the seabed at a water depth of 65m. The Iranian side accounts for 10% of the world's and 60% of Iran's total gas reserves. Iran's portion of the field contains an estimated 436 trillion ft³.

    The field is planned to be developed in around 30 phases, each of which will require an initial investment of around $1 billion. The first 12 phases of the development are underway and will have the capacity of 1 billion ft³ and 40,000 barrels of condensate per day.

    cf.
    http://www.offshore-technology.com/projects/southpars/

  12. 12

    South PARS


    The field is planned to be developed in around 30 phases, each of which will require an initial investment of around $1 billion. The first 12 phases of the development are underway and will have the capacity of 1 billion ft³ and 40,000 barrels of condensate per day.

    PHASE ONE

    The $770 million development is operated by Petropars (NIOC Pension Fund 60%, Industrial Development and Renovation Organisation 40%). Around $300 million of contracts were signed with Samsung and Sadra. The first stage is slated for early 2003 with a total output of 1bcf/d of gas, 40,000b/d of gas condensates.

    PHASES TWO AND THREE

    The $2 billion development came on stream in 2002. In total, the two identical unmanned platforms, SPD 3 and SPD 4, were placed in 65m of water. Each platform receives gas from ten deviated wells, all located within a radius of 3,000m. The platforms are linked to the onshore treatment system by two 32in diameter, 105km-long multiphase lines. It initially produced 13.5 million ft³/d of gas rising to 60 million ft³/d.

    It will eventually be ramped up with the second and third phases of the project to an output of approximately 2bcf/d of natural gas and 80,000b/d of condensates. The field is operated by TotalFinaElf (40%) on behalf of Petronas (30%) and Gazprom (30%).

    PHASES FOUR AND FIVE

    Phases four and five are expected to be completed by 2006. The field will be operated by ENI (under a buyback contract) with Petropars holding the remaining 40%.

    PHASES SIX TO EIGHT

    Phases Six to Eight cost a total of $2.65 billion. The field was appraised by a three-well programme in 2001, estimating the field to contain 3 billion ft³/d gas, 120,000b/d condensate and 3,300t/d LPG.

    The phase is operated by Statoil on behalf of its Iranian partner Petropars, which is operator for land side of the development. The group will be responsible for constructing three production platforms for installation about 100km from land. It will also lay a 31in pipeline from each of these facilities to a gas treatment plant on the Iranian coast.

    Condensate and liquefied petroleum gases (LPG) will be separated from the gas stream at the treatment plant and exported via a new terminal being constructed nearby. The lean gas will be transported through a 500km pipeline to the Agha Jari field for injection as pressure support to help maintain oil production.

    Plans call for the first stage of the project to come on stream in late 2004, with the third and final phase due to start production by the summer of 2006.

    PHASES NINE TO 12

    Phases Nine to 12 were bid for in 2001. The $1.6 billion contract to develop Phases nine and ten was awarded to Lucky Goldstar (LG) Construction of South Korea BP. TotalFinaElf and ENI are seeking to win contracts for Phases 11 and 12. Statoil has a dialogue with the NIOC on producing separate oil-bearing zones in the South Pars field.

    Phases 13 to 14 are under bid from Shell and Repsol.

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