Des Irakiens ont déposé vendredi une plainte à New York contre le groupe bancaire français BNP-Paribas et l'exportateur de blé australien AWB, les accusant d'avoir détourné le programme des Nations unies "pétrole contre nourriture".
Pour rappel, le secrétaire américain à l'Agriculture Mike Johanns a annoncé mercredi la suspension des programmes américains d'achat de blés vendus par AWB. L'entreprise est soupçonnée d'avoir commis des activités illicites mais d'avoir surtout des relations trop "intimes" avec Sadam Hussein.
Les citoyens irakiens estiment qu’ils n’ont pas pleinement bénéficié du programme des Nations Unies "Pétrole contre nourriture", en raison des pratiques des deux compagnies. Ils considèrent que ces dernières ont volé les Irakiens en mettant en place un système pour détourner l'argent dont ils devaient être les bénéficiaires.
Le recours collectif déposé au nom d’Irakiens du Nord, assure que la banque et le groupe AWB, plus important fournisseur du programme, ont abusé les civils du 10 juin 1999 au 3 juin 2003. Les plaignants réclament un dédommagement de 200 millions $ US.
Selon la plainte, les deux entreprises ont volé les Irakiens "en mettant en place un système", dans lequel l’argent qui devait bénéficier aux Irakiens a été transféré à mauvais escient "dans les coffres du régime corrompu de Saddam Hussein ou utilisé pour indemniser les fournisseurs, dont AWB, des pots-de-vin payés à l’Irak". Les plaignants affirment que la BNP aurait versé 1,5 milliards $ US de dessous de table au gouvernement irakien, alors qu’AWB aurait payé plus de 200 millions de dollars.
La responsable de BNP-Paribas aux Etats-Unis, Michèle Sicard, n'a pas souhaité faire de commentaires sur cette plainte. Elle a rappelé qu'en octobre 2005 la commission d'enquête indépendante de l'ONU avait estimé que BNP-Paribas avait rempli les obligations résultant de son contrat avec l'ONU pour le Programme "pétrole contre nourriture". A noter cependant, que la banque a été mêlée récemment à une affaire de blanchiment d'argent en Espagne. En Algérie, où la banque s'est portée candidate pour le rachat de 51 % du capital du crédit populaire d'Algérie, BNP-Paribas s'est rendue coupable d'une grave infraction à la réglementation pour ce qui est du rapatriement des capitaux. En effet, la banque a omis de transférer des swifts qu'elle a bloqués à New York durant plusieurs mois alors que la réglementation aurait voulu qu'ils soient rapatriés au bout de 72 heures.
Le secrétaire américain à l'Agriculture a quant à lui annoncé cette semaine la suspension des programmes d'achat américains de AWB qu'il soupçonne - associée à 11 individus et une société basée dans le Minnesota - d'"avoir pratiqué la corruption, les pots-de-vins et des actes similaires aboutissant à des paiements au régime de Saddam Hussein" en Irak.
La société AWB fait déjà l'objet de sanction de la part du gouvernement australien à ce sujet. Mise en cause par l'enquête des Nations unies sur les malversations liées au programme "pétrole contre nourriture", AWB a été accusée par une commission d'enquête indépendante australienne d'avoir payé 220 millions de dollars américains de pots-de-vin à Saddam Hussein afin d'assurer des contrats de blé pour une valeur de 2,3 milliards de dollars.
L’Australian Wheat Board, a vu ainsi en début décembre son monopole pour l’exportation des céréales suspendu pour six mois. La mesure transitoire avait été annoncée par le Premier ministre. Compte-tenu des volumes commercialisés par l’Australian Wheat Board, à savoir toutes les céréales du troisième exportateur mondial, le bureau a des assises financières qui lui permettent d'offrir un service complet de livraison jusqu’à destination grâce à sa flotte de cargos. Cette puissance logistique et quantitative lui a longtemps conféré un avantage décisif même si les prix qu’il pratique sont plus élevés que ceux du marché... ce qui déplaît fortement à ses concurrents américains.
En octobre 2005, une enquête appuyée par l’ONU avait mis au jour des pots-de-vin et frais illicites à hauteur de 1,8 milliard $ US versés au gouvernement de Saddam Hussein, de la part de 2200 compagnies, parmi lesquelles des firmes américaines, françaises, allemandes et russes.
Lancé en décembre 1996 pour contrebalancer l'embargo décidé contre l’Irak après l’invasion du Koweit par Saddam Hussein en 1990, "Pétrole contre nourriture" était rapidement devenu indispensable à la survie de 90% de la population. Il permettait au régime de vendre du pétrole à condition d’en consacrer les recettes à l’achat de biens humanitaires et au dédommagement des victimes de la guerre du Golfe de 1991, Mais le programme a donné lieu au détournement de plusieurs milliards de dollars par le régime de Saddam Hussein, par le biais de sur-facturations ou de ventes parallèles, sous la forme notamment de bons d'achat pour du pétrole donnés à titre gracieux ou en paiement de biens importés à l'insu des Nations unies.
Sources : AFP, Presse Canadienne, www.lemaghrebdz.com
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2 Commentaires
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Bah ca a pas fait augmenter mes actions médiatique BNP sur trendio http://www.trendio.com/word.php?wordid=7&language=fr
25 décembre 2006 à 15:562
ESQUE IL A UNE SUVAILLANCE DES PRIX DU PETROL DANS LA BAS DU FLEUVE ??
EN REGION ELOIGNER LE PETROL EST PAS SUPOSER ETRE MOUINT DISPANDIEUX ??
APRET SA LE MONDE CHIALLE QUIL A UNE EXODE DE LA POPULATION VERRE LES GRAND CENTRE !!!!
ICI AUJOURDUIT DANS LA BAS DU FLEUVE LE PRETROL EST TRES DISPANDIEUX POURQUOI ????
AUTREMENT DIT FAISTE DON UNE SURVAILLANCE DANS NOT REGION
08 novembre 2007 à 14:30Ajoutez un commentaire
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