Fed : Maintien du taux à 5,25 %

Bernanke_1 Lundi soir à 20h15 heure de Paris, la banque centrale américaine de Ben Bernanke a en effet annoncé sans surprise le maintien de son taux directeur principal à 5,25%. Même si cette décision était très probable, elle a eu un impact direct sur les marchés, avec notamment la paire EUR/USD qui est passée de 1.3214 à près de 1.33 juste après cette annonce.

Le Président de la réserve fédérale a ensuite fait part de ses préoccupations concernant l’état de l’économie américaine et n’aura pas forcement rassuré les marchés financiers...

Tandis que les investisseurs essayent tant bien que mal depuis plusieurs semaines de déchiffrer l’ensemble des indicateurs d’activité afin de démontrer soit la théorie d’un atterrissage brutal soit celle d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine; Monsieur Bernanke et son équipe semblent continuer de se focaliser uniquement sur le niveau de l’inflation.

Ainsi, dans le communiqué accompagnant hier soir le statu quo monétaire avec un taux maintenu à 5,25%, la réserve fédérale a renouvelé son appel à la vigilance sur l’évolution des prix en déclarant notamment : «  Les mesures d’inflation hors alimentation et énergie (Core CPI)  sont restées élevées et le haut niveau d’utilisation des ressources a le potentiel de soutenir les pressions d’inflation. … Le comité juge que quelques risques inflationnistes demeurent. »

Pour ce qui est du niveau d’activité économique du pays; ce que tout le monde surveille actuellement, la Fed ne semble par contre pas montrer la moindre inquiétude et se contente de constater un « ralentissement substantiel » du marché immobilier. Par ailleurs, voici un commentaire du communiqué de la réserve fédérale : « Bien que les derniers indicateurs aient été mitigés, l’économie devrait continuer de croître à un rythme modéré au cours des prochains trimestres. »

Suite au point effectué sur l’état de l’économie, la Fed a exposé ses orientations en matière de politique monétaire et n’a pas exclu l’idée d’un prochain tour de vis, même si elle a semblé accorder peu de probabilité à un tel événement, ce que l’on peut déduire des commentaires suivants :
« L’ampleur et le calendrier de tout resserrement monétaire additionnel qui pourrait être requis pour faire face à ces risques dépendront de l’évolution des perspectives, à la fois en matière d’inflation et de croissance économique. »
« Les pressions inflationnistes devraient se calmer, reflétant un impact moins important des prix de l’énergie, des prévisions d’inflation plus sages et les effets cumulés des décisions de politique monétaire et des autres facteurs à même de réduire la demande. »

Cependant les marchés sont convaincus que Ben Bernanke ne resserrera plus les taux, et 13 des 18 économistes interrogés après le communiqué du FOMC se sont même prononcés en faveur d’une baisse des taux à venir ; baisse qui selon la majorité d’entre eux aurait lieu au cours du premier trimestre 2007. Cette baisse interviendra sans doute d’autant plus rapidement que le ralentissement économique américain le sera. (Pour avoir une idée plus précise de la date, il faudra donc suivre les statistiques d’activité avec attention : PIB, consommation des ménages, confiance, emploi, rapport sur le marché immobilier…)

En ce qui concerne début 2007, avec une nouvelle réunion du FOMC programmée les 30 et 31 janvier ; les spécialistes sont cette fois unanimes et anticipent un nouveau statu quo des taux directeurs, ceci notamment car la seule évocation hier d’un possible nouveau resserrement monétaire empêche toute baisse éventuelle aussi rapide de ces derniers.

Source : Investir.fr, boursorama

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