Si, si souvenez vous, nous nous en faisions l'écho ici -même.
Le réchauffement climatique n'a pas des impacts aussi négatifs que cela pour certaines compagnies pétrolières, bien au contraire.
Ainsi les groupes américains Exxon et Chevron sont parmi les quatre sociétés retenues par le gouvernement local du Groenland, à l'issue du 4ème round de concessions de pétrole et de gaz dans l'île, a annoncé samedi le Bureau groenlandais des minéraux et du pétrole.
I – Exxon et Chevron retenus au Groenland
Exxon et Chevron ont été retenues pour exploiter le pétrole du Groenland. Les compagnies canadienne Husky et danoise DONG sont les 2 autres candidats désignés pour prospecter au large de la baie de Disko-Nuussuaq, à l'ouest de l'île, territoire danois dans l'Atlantique-Nord, selon un communiqué du gouvernement local à Nuuk.
Le Bureau a reçu au total 6 candidatures pour ce round de concessions qui porte sur une zone de 92.000 km2, répartie en 8 blocs de licences d'environ 8.000 à 14.000 m2 chacun, situés entre le 67°N et le 71°N parallèle. Il va engager des négociations avec ces compagnies sur les modalités d'octroi des licences de prospection qui seront présentées au gouvernement et au parlement de l'île avant la signature des autorisations de recherches en mars 2007.
Les programmes de recherches des compagnies pétrolières dans le sous-sol groenlandais ont une valeur totale de plusieurs milliards de couronnes danoises dans les dix ans à venir. Le ministre groenlandais des Infrastructures, des minéraux et du pétrole, Joergen Waever Johansen, s'est "beaucoup réjoui" de "voir que quelques unes des plus grandes compagnies et des plus expérimentées du monde aient choisi d'investir de grandes sommes dans la recherche et l'exploitation du potentiel pétrolier du Groenland". "Les résultats de ce round d'exploitation montrent que le niveau d'activités pétrolières est maintenant à son plus haut niveau en 30 ans" au Groenland, a-t-il souligné.
Le Groenland, peuplé de 58.000 habitants, dont quelque 50.000 Inuits, vivant essentiellement de la pêche et des subsides danois, bénéficie d'une autonomie interne depuis 1979. Ses dirigeants placent beaucoup d'espoirs dans ce nouveau round qui leur permettrait à terme d'assurer leur indépendance totale du Danemark. Les 6 forages réalisés jusqu'à présent dans les eaux de l'île (1976-77 et 1990) n'ont pas permis de trouver du pétrole ou des gisements suffisamment rentables pour être exploités. Mais les données sismiques de 3.200 km de la région Disko-Nuussuaq, réalisées en 2005 par le Bureau des minéraux et du pétrole du Groenland en coopération Nunaoil et la compagnie sismique TGS Nopec, ont été très prometteuses.
II – Le groupe Encana moteur sur la prospection
La compagnie canadienne EnCana a remporté en janvier 2005 une licence de prospection offshore de pétrole et de gaz pour une zone située entre le 62e et 69e parallèle, à 250 km à l'ouest de Nuuk.
EnCana va faire 2 forages en 2008 dans cette zone, située au sud de la baie de Disko, et qui contiendrait des réserves estimées jusqu'à 2 milliards de barils. Sachant qu'un seul forage coûte entre 250 et 300 millions de couronnes danoises (33,6 à 40,3 M EUR), cela semblerait démontrer qu'EnCana estime être en présence de grandes réserves d'hydrocarbures dans la région, confirmées par des analyses séismologiques précédentes.
Le réchauffement constaté en Arctique, qui est deux fois plus rapide que dans le reste de la planète, et les prix croissants du pétrole auraient « encouragé » EnCana à prendre des risques.
III - Réchauffement climatique : l'effet n'est pas négatif pour tous
Si la fonte polaire observée ces dernières années en Arctique inquiète beaucoup de gens dans le monde, certains s'en réjouiraient plutôt dans les milieux pétroliers au Groenland, car il pourrait favoriser la prospection de l'or noir dans cette île. La fonte rapide des glaces ouvrirait la voie à l'exploration de zones inaccessibles il y a peu. Déjà, les pays tels que Canada et USA semblent y trouver des aspects positifs, de nouvelles vois maritimes pouvant désormais faire surface.
Selon les scientifiques, la tendance au réchauffement devrait se poursuivre, signifiant qu'il y aurait moins de glace sur la mer, et qu'il serait donc plus facile et moins coûteux de prospecter le fonds marin.
Le Bureau des matières premières a fait des projections sur la base de recherches géologiques montrant que "la découverte d'un champ pétrolier exploitable de 2 mds de barils durant sa vie d'exploitation (30 à 40 ans) rapporterait quelque 70 mds DKK (9,4 mds EUR) de royalties au Groenland".
IV – Important potentiel en hydrocarbures
Un potentiel majeur en hydrocarbures se situe au nord-est de l'île pris par les glaces, entre le Groenland et la Norvège, selon des estimations de l'US Geological Survey de 2001. Ce secteur, où la profondeur de la mer ne serait que de 100 à 200 mètres, pourrait renfermer jusqu'à 110 milliards de barils de brut, correspondant à la moitié des réserves de l'Arabie saoudite, le premier producteur mondial, selon les géologues américains.
Les analyses sismiques montrent des structures et des roches dans le fond marin typiques pour contenir du pétrole, et une géologie comparable à celle de la Norvège qui possède de grandes réserves. Pour rappel, les deux territoires étaient très rapprochés il y a des millions d'années.
Il semble alors réaliste pour les experts qu'un 5e tour de concessions soit lancé dans cette zone, d'ici 3-4 ans. Les compagnies pétrolières devraient montrer en effet grand intérêt pour prospecter ces énormes ressources potentielles.
V – Crainte pour l'environnement
La baie de Disko abrite le fjord et le glacier d'Ilulissat, classés en 2004 au patrimoine mondial de l'Unesco. Le projet de prospection pétrolière dans cette zone à l'environnement fragile a suscité de vives préoccupations de Greenpeace et du Fonds mondial de la nature, craignant pour la survie des baleines, des crevettes et des oiseaux marins qui y vivent. Prenant en compte ces préoccupations, le gouvernement local du Groenland a assuré que l'environnement serait protégé.
Le Bureau des matières premières, en coopération avec DMU, l'Institut national de recherches sur l'environnement du Danemark, a entrepris d'examiner tout l'écosystème afin d'assurer que d'éventuelles prospections pétrolières ne provoquent pas de dégâts sur le milieu.
"Ce milieu arctique est très fragile, et cette zone concernée par le prochain appel d'offres de licences, renferme une grande variété d'animaux que nous devons protéger, car des fuites de pétrole causeraient des dommages irréparables", a mis en garde Jesper Madsen, expert du Groenland, à DMU.
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1 Commentaire
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Ecxcellent repôrtage sur Thalassa vendredi soir sur exploitation pétrolière russe dans le pays des Nenets
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nenets_(peuple)
Nous ne manquerons pas de suivre le "dossier" .
17 décembre 2006 à 12:51Ajoutez un commentaire
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