Une décision officielle sur une modification de l'actionnariat allemand d'EADS ne devrait pas tomber avant le mois de janvier, selon les informations communiquées jeudi par une personne proche du dossier.
Parallèlement, le groupe européen pourrait bien prendre une participation de 10% dans le holding aéronautique russe OAK et obtenir même un siège au conseil de surveillance en tant que partenaire stratégique.
Mais fidèle à son principe de donnant-donnant, lors de sa visite en France, le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré que la Vneshtorgbank pourrait transmettre les actions (5%) d’EADS acquises en 2006 à la Corporation aéronautique unifiée (OAK) si les parties se mettaient d’accord sur la présence industrielle de la Russie dans le holding européen.
I – Pas de décision sur la participation allemande avant janvier
Une éventuelle modification de l'actionnariat allemand d'EADS ne devrait pas officialisée avant janvier, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Les grandes lignes du projet auraient été fixées, mais des détails juridiques resteraient à négocier.
Selon le montage envisagé actuellement, le groupe automobile germano-américain DaimlerChrysler céderait 7,5% du capital, tout en gardant le contrôle des droits de vote. Cette part serait vendue à des banques allemandes, publiques ou privées. L'engagement du secteur public, via des banques régionales publiques où le KfW, le bras financier de l'Etat allemand, serait moins important que celui du privé.
Les patrons des deux premières banques privées allemandes, la Deutsche Bank et la Commerzbank, se sont déjà dits prêts à entrer au capital du groupe aéronautique.
Le montage envisagé par Berlin vise à préserver l'équilibre franco-allemand au capital, Lagardère et l'Etat français détenant 22,5% à même hauteur que DaimlerChrysler, qui souhaite réduire sa participation.
D'après le quotidien économique allemand Handelsblatt à paraître vendredi, des représentants de la Commerzbank, de la Deutsche Bank, de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs et du KfW ont rencontré mardi le conseiller économique de la chancellerie, Jens Weidmann, à l'aéroport de Francfort pour une dernière série de discussions. Ils se seraient mis d'accord pour transformer les actions cédées par DaimlerChrysler en actions à dividende prioritaire sans droits de vote pour une durée de 4 ans. Les banques espèrent ainsi profiter d'une éventuelle remontée du cours d'EADS.
Plusieurs cabinets d'avocats travailleraient actuellement aux derniers détails du montage financier, ajoute le Handelsblatt.
II – EADS et holding russe OAK : participation croisée ?
Selon le journal Handelsblatt, un dirigeant du holding russe OAK aurait indiqué s’attendre à ce que EADS prenne une participation de 10% et obtienne un siège au conseil de surveillance en tant que partenaire stratégique.
Pour rappel, EADS détenait jusqu'à récemment 10% d’Irkout. Cette participation est désormais diluée dans OAK et ne représente que 1% du holding. Le groupe a également déclaré qu’une participation russe à la gamme d’appareils qui succèdera à l’A320 était envisageable. Enfin, il semblerait que si aucun grand programme commun ne voit le jour d’ici un an et demi, la banque VTB cèdera sa participation récemment acquise dans EADS
Le vice-premier ministre et ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov a estimé quant à lui cette semaine que la Corporation aéronautique unifiée (OAK) pouvait très bien coopérer avec des partenaires étrangers.
"Nous n’écartons pas la coopération internationale, surtout dans le secteur de l’aviation civile", a déclaré Sergueï Ivanov qui s’entretenait mardi avec des journalistes à l’issue d’une réunion du conseil d’administration de OAK.
Le ministre a expliqué que la corporation coopérerait en priorité avec les partenaires européens, notamment avec le groupe EADS.
Mais le 23 septembre, à Compiègne (France), le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré que la Vneshtorgbank pourrait transmettre les actions (5%) d’EADS acquises en 2006 à la Corporation aéronautique unifiée si les parties se mettaient d’accord sur la présence industrielle de la Russie dans le holding européen. Nous y voilà. Interrogé sur l’attitude de ses partenaires quant à l’achat de 5% des actions d’EADS par la Vneshtorgbank, le président russe avait précisé que ces denriers redoutaient de voir la Russie accumuler un bloc d’actions qu'elle pourrait par la suite utiliser pour miner l’entreprise de l’intérieur. « Une chose que nous n’avons pas l’intention de faire", avait dit Vladimir Poutine. Certes, mais pourquoi en parler alors ?
III – Création officielle de l'OAK
Le décret portant création de la société anonyme ouverte Corporation aéronautique unifiée (OAK) avait été signé le 21 février 2006 par le président russe. Le capital statutaire de cette société est de 96,7 milliards de roubles.
En tant que fondatrice, la Russie placera dans le capital statutaire de OAK 100% des actions du holding aéronautique Sukhoï, 86% des actions de la société aéronautique interétatique Iliouchine et 90,8% des actions de la compagnie Tupolev. 15% des actions du groupe Aviaexport, 38% d’Iliouchine Finance Co, 25,5% du groupement aéronautique Gagarine à Komsomolsk-sur-l’Amour, 38% de l’usine aéronautique Sokol à Nijni Novgorod, 25,5% du groupe aéronautique Tchkalov à Novossibirsk et 58% de la Compagnie financière de leasing seront également introduits dans OAK.
Le 12 décembre, le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, par ailleurs porte-parole du renseignement extérieur russe (SVR) a été élu président du conseil d’administration de OAK lors de la première réunion du conseil.
Pour rappel, Sergueï Ivanov est né en 1953 à Leningrad. Après ses études de philologie il est admis à l'institut supérieur du KGB de Minsk où il monte en grade. Il est promu en août 1998 directeur adjoint du FSB (ex KGB). Il devient secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie. Par décret présidentiel numéro 353, le 28 mars 2001, il est promu ministre de la Défense. Il est nommé vice-Premier ministre affecté à la défense et au complexe militaro-industriel par Vladimir Poutine le 14 novembre 2005.
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Vladimir Poutine offre une promotion à son ministre de la défense
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 16.02.07 | 09h46 • Mis à jour le 16.02.07 | 10h03
15 mars 2007 à 15:05Le ministre de la défense russe, Sergueï Ivanov, a été promu, jeudi 15 février, au poste de vice-premier ministre et a été remplacé à la défense par le chef du service fédéral des impôts, Anatoli Serdioukov, a annoncé le président Vladimir Poutine lors d'une réunion du conseil des ministres retransmise à la télévision.
Sergueï Ivanov, 54 ans, considéré comme un successeur potentiel de M. Poutine à l'élection présidentielle de 2008, bénéficie d'une promotion qui le place aux mêmes fonctions qu'un autre grand prétendant au poste, le directeur adjoint de Gazprom et également vice-premier ministre, Dimitri Medvedev. Le président a souligné vouloir "élargir les sphères de responsabilité de Sergueï Ivanov" qui sera désormais chargé du complexe militaro-industriel et de la coordination de certains secteurs de l'économie civile. "Dans ce contexte, il ne peut plus assumer les fonctions de ministre [de la défense]. On ne peut pas être assis sur deux chaises à la fois dans une telle situation", a-t-il ajouté.
Fidèle de M. Poutine et issu comme lui des rangs du KGB, M. Ivanov a travaillé pendant vingt ans dans le renseignement extérieur, notamment en Suède, en Grande-Bretagne, d'où il a été expulsé en 1983 sous le coup d'accusations d'espionnage.
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