Les salariés licenciés dans le cadre du plan social de Well recevront en moyenne près de deux ans de salaire net, soit au total, avec les mesures d'accompagnement, une enveloppe de 17 millions d'euros.
C'est en tout cas ce qu'indique le PDG de Well, Eric Pinot, dans un entretien au Journal du Dimanche.
Pour rappel, la direction de Well (collants et bas) a annoncé fin novembre son intention de délocaliser sa production en Asie et en Italie. 300 emplois sur 438 actuels vont être supprimés et seuls les emplois dans la logistique et la distribution devraient être maintenus.
I – Des indemnisations plus importantes
"Nous sommes conscients que ces décisions (de restructuration, ndlr) créent des situations très difficiles pour les salariés. C'est pourquoi l'indemnisation moyenne sera proche de deux ans de salaire net", annonce en effet le PDG dans cet entretien à paraître dimanche. "Avec les mesures d'accompagnement des salariés, comme les aides à la création d'entreprise et les mesures de revitalisation du bassin économique, l'enveloppe atteint 17 millions d'euros", précise Eric Pinot, qui doit rencontrer les syndicats lundi pour détailler le plan social.
Evoquant le rôle des fonds d'investissement, souvent accusés de "dépecer" les sociétés textile en difficultés, M. Pinot souligne que Well a "un actionnaire, Natexis Industries, qui prend ses responsabilités". "La question est celle de la survie de l'entreprise", dont les pertes opérationnelles atteindront 10% du chiffre d'affaires, fait-il valoir. "Notre objectif est de gagner de l'argent en 2009. Ce plan est celui de la dernière chance", ajoute-t-il.
Dans un marché textile très difficile, "l'objectif est de monter en puissance dans les produits haut de gamme, les seuls pour lesquels nous pouvons encore faire la différence aujourd'hui", poursuit-il. Eric Pinot précise que la production française de Well "cessera au cours de l'année 2008", et que Well a d'ores et déjà "identifié une dizaine de partenaires" auxquels il achètera ses collants. Il rappelle enfin que le site du Vigan (Gard) ne ferme pas, et que "toutes les activités de recherche et développement, de ressources humaines, de commerce, distribution et logistique" restent en France.
II - L'intersyndicale réclame davantage pour la reconversion
L'intersyndicale de l'entreprise Well au Vigan avait récemment demandé "une rallonge de 3 millions d'euros" pour la reconversion des salariés, avait alors indiqué la CFTC suite à la prelière réunion de la direction et l'intersyndicale CFTC-CFDT-FO-CGT-CGC sur le plan social qui va accompagner la délocalisation.
"Vu l'ampleur du plan social, on a demandé une rallonge de 3 millions d'euros par rapport au budget initial pour la formation et la mobilité géographique des salariés", avait indiqué Stéphane Charlin, secrétaire CFTC du comité central d'entreprise (CCE). Le syndicaliste n'a pas précisé le montant "en cours de négociation" de ce budget.
"Récemment, M. de Villepin a annoncé un plan de 150 millions d'euros sur trois ans pour permettre aux salariés de s'adapter aux mutations du secteur automobile, mais dans le textile-cuir-habillement, on en est loin, alors que 56.000 emplois ont disparu dans cette filière de 1995 à 2005", a regretté M. Charlin.
III – Le plan mis en oeuvre
Les salariés de Textiles Well SA au Vigan, ancienne capitale cévenole du bas de soie, sont en proie à une forte inquiétude après l'annonce fin octobre par la direction de la possible suppression de 300 emplois dans l'entreprise qui produit bas, collants et lingerie. "Si l'usine, principal employeur de la région, est fermée, c'est une catastrophe pour l'économie du pays. Tout se meurt ici, il va nous rester les personnes âgées et le tourisme", déplore une salariée, Sylvie Baillez.
La ville est d'ores et déjà frappée par un taux de chômage de 17%. "S'il y a 300 licenciements, ce taux passera à 25%", résume la CGC. Selon l'intersyndicale, l'actionnaire unique de Well (438 salariés), Natexis Industries, filiale de la Banque populaire, a estimé que les produits "n'étaient plus rentables" et qu'une structure de 150 personnes suffisait "pour revenir à la rentabilité en 2010".
Le 12 septembre, la direction de l'entreprise a signé avec les syndicats CFTC (majoritaire) et CFE-CGC, un "accord de méthode" prévoyant dans le cadre d'un "plan social pour l'emploi" (PSE), 149 "départs volontaires" d'ici à 2008. "60% du personnel l'avait approuvé", souligne Laurent Carré (CGC). Mais le 27 octobre, la direction a annoncé qu'elle suspendait le PSE au vu de menaces futures.
Le 31 octobre, lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire (CCE), elle a déclaré qu'elle portait à 300, le nombre de partants et entendait fermer l'outil de production.
IV – Well, le secteur textile, et la délocalisation
Selon les syndicats, "aujourd'hui, tricotage, confection, conditionnement et expédition" des bas et collants sont faits au Vigan de même que la conception et l'expédition de la lingerie. Mais l'entreprise a déjà confié la finition de 15% de ses collants à des sociétés en Tunisie, Italie et même en Ukraine.
L'entreprise du Vigan, lancée en 1927, sous le nom "Bas de France", a connu divers repreneurs: un groupe lyonnais l'a rachetée en 1970 et a lancé la marque Well en 1972. Devenue Cogetex (Compagnie générale textile), elle a été vendue en 1992 à un groupe anglais, Harstone qui l'a revendue à l'anglais Courtaulds. En 1995, la société est devenue "Textiles Well SA".
En 2001, à la suite d'une OPA du groupe américain Sarah Lee sur Courtaulds, l'entreprise a été vendue à Natexis. Well est le deuxième fabricant de bas et collants en France, derrière DIM (groupe Sarah Lee): l'entreprise a produit plus de 50 millions de paires en 2005, pour un chiffre d'affaires de plus de 49 millions d'euros. En lingerie, elle a produit 2,6 millions de pièces pour un C.A de 16 millions d'euros.
Source : AFP
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3 Commentaires
1
Ironie du sort ou signe prémonitoire , la photo que l'on trouve en 1er sur Google contient le nom de Tokyo ..
09 décembre 2006 à 22:022
Voilà qui peut faire réfléchir, pb egalement à Maurice.
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Une usine textile licencie 800 ouvriers
MAURICE (ÎLE) - 3 décembre 2006 - PANAPRESS
L’une des plus grandes entreprises du textile de Maurice, "Floreal Knitwear" a licencié la semaine écoulée 800 de ses ouvriers dans le cadre d’une restructuration qui implique la fermeture de trois de ses unités de production dans le pays, a appris la PANA ce week-end.
Selon la direction de cette entreprise, cette décision est inévitable compte tenue de la conjoncture dans laquelle se trouve Maurice où ****la main-d'oeuvre est trois fois plus chère que dans des pays comme la Chine ou le Bangladesh. ****
"Ceux-ci exercent une très grosse pression sur les prix du marché et rendent difficiles le maintien de la production dans un pays comme Maurice, d’où la raison de la localisation de la plus grande partie de la production de Floreal Knitwear dans ses unités de Madagascar", a-t-elle ajouté.
10 décembre 2006 à 12:22Pour la direction de la société, cette stratégie devrait permettre à l’entreprise de rester compétitive sur le marché international tout en conservant des milliers d’emplois à Maurice
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Site intersyndicale de WELL
http://intersyndicale-well.over-blog.com/
26 janvier 2007 à 11:20Ajoutez un commentaire
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