Arabie saoudite:le pétrole permet un excédent budgétaire

Saudiarabia0414_62eurbusL'Arabie saoudite a annoncé lundi un excédent budgétaire record de 70 milliards de dollars en 2006 grâce à l'envolée des cours du brut et un projet de budget pour 2007 excédentaire de seulement 5,3 milliards dollars.

Pour rappel, l'Arabie saoudite est le premier producteur et le premier exportateur de pétrole au monde. Le royaume est par ailleurs un membre très actif de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP).

L'économie nationale semble néanmoins être trop dépendante des revenus du secteur pétrolier, qui représente 70 % du budget de l'Etat et plus de 80 % des recettes fiscales.

I – Dépenses et recettes de l'Arabie saoudite

Lors de sa réunion hebdomadaire présidée par le roi Abdallah, le conseil des ministres a approuvé un projet de budget 2007 prévoyant des dépenses d'un montant équivalent à 101,3 milliards de dollars, et des revenus équivalents à 106,6 milliards de dollars, selon l'agence officielle Spa. Les dépenses prévisibles pour 2007 "sont les plus élevées dans l'histoire du royaume", a déclaré le roi Abdallah.

L'équivalent de 37,3 milliards de dollars vont être consacrés à l'éducation, à la santé et à d'autres projets destinés à assurer "un développement équilibré entre les diverses régions" du royaume. Le gouvernement saoudien avait prévu un excédent de 14,7 milliards de dollars en 2006.

Mais il a indiqué lundi que les revenus en 2006 devraient atteindre 174,6 milliards de dollars et que les dépenses devaient s'élever à une somme proche de 104 milliards de dollars, dégageant ainsi un excédent de plus de 70 milliards de dollars.

Les dépenses en 2006 étaient de 14,6 milliards de dollars que plus que prévu dans le projet de budget, selon le ministère des Finances.

Le gouvernement saoudien utilise généralement un prix très en deçà des cours du pétrole en vigueur sur le marché pour l'élaboration de son budget, ce qui explique l'énorme écarts entre les revenus prévus et ceux enregistrés ces dernières années, avec des prix du brut ayant dépassé les 70 dollars le baril. L'Arabie saoudite, premier producteur et exportateur de brut au monde, a enregistré un excédent de 58 milliards de dollars en 2005, de 26 milliards de dollars en 2004 et de 12 milliards de dollars en 2003.

Le ministère des Finances a indiqué que la dette publique devrait être réduite à 366 milliards de riyals (97,6 milliards de dollars) fin 2006, contre 460 milliards de riyals (122,6 milliards de dollars) à la fin de l'an dernier. Il a ajouté que le PIB du royaume devrait se chiffrer à 1.300 milliards de riyals (347 milliards de dollars) à prix courant en 2006, marquant une croissance de 12,4% contre 23,3% en 2005. A prix constant, cette croissance est 4,2%, a indiqué le ministère.

En 2006, la balance commerciale devrait être excédentaire de 553,4 milliards de riyals (147,5 milliards de dollars), en hausse de 17,5% par rapport à 2005, grâce à une hausse de la valeur des exportations pétrolières, selon le ministère. Quant à la balance des paiements, elle devrait dégager un excédent de 358 milliards de riyals (95,4 milliards de dollars), en progression de 6% par rapport à 2005.

II - Le secteur pétrolier saoudien

Avec le 1/4 des réserves mondiales prouvées de pétrole brut soit 261 milliards de barils, l'Arabie saoudite est le premier producteur mondial de pétrole, avec 8,5 millions de barils par jour (Mb/j) en moyenne sur les dix dernières années (9,5 Mb/j actuellement), contribuant ainsi à 13 % de la production de la planète et le premier exportateur mondial, avec 20 % des échanges internationaux de pétrole brut.

La production saoudienne de pétrole devrait atteindre 20 Mb/j à l’horizon 2030 selon les projections de l’Agence internationale de l’Energie, et l’Arabie Saoudite pourrait fournir jusqu’à 80% de la demande additionnelle globale à cet horizon. Compte tenu du volume de ses réserves et de son quota de production actuel, près de 7,05 millions de barils jour,l’Arabie saoudite pourra exploiter ses ressources pétrolières connues pendant près d’un siècle, abstraction faite des réserves additionnelles qui sont en progression constante depuis plusieurs décennies.

La capacité de production du Royaume, estimée à 10,5 Mb/j est bien supérieure à sa production effective faisant de l’Arabie Saoudite une véritable réserve pétrolière pouvant se substituer à tout moment à une défaillance dans les approvisionnements mondiaux de pétrole brut.

Le coût de production du baril saoudien est l’un des plus bas du monde - moins de 1,5 USD par baril - chaque puits étant très productif et les contraintes d'extraction et de transport moindres qu'ailleurs. Le coût de développement du pétrole brut saoudien se situe autour de 5000 USD par capacité de production d’un baril/jour, soit le quart des standards internationaux.

III - Une économie trop dépendante du pétrole

Cependant, avec 36 milliards de tonnes de brut, soit environ le quart des réserves mondiales, l'Arabie Saoudite a limité sa politique économique à une simple gestion de la production pétrolière. L'économie nationale repose en effet entièrement sur les revenus du secteur pétrolier, qui représente 70 % du budget de l'Etat et plus de 80 % des recettes fiscales.

La plupart des revenus du pays proviennent du pétrole .... et sont réinvestis dans le pétrole,ne laissant place à aucune production de substitution, qui permettrait de faire face à une éventuelle crise dans le secteur économique pétrolier, le cas échéant.

En dehors du pétrole, la monarchie ne produit à peu près rien. Le pays importe près de 100 % des produits pharmaceutiques et 85 % des denrées alimentaires proposés dans le commerce de détail. Dans le secteur de la confection, 90 % des marchandises vendues sur place viennent de l'étranger. Chaque année, le royaume et ses 22 millions d'habitants importent pour 30 milliards d'euros de produits et denrées, l'équivalent de la France, trois fois plus peuplée !

Les dirigeants saoudiens ont ainsi bâti un système à la fragilité extrême, dans lequel les dépenses publiques, moteur de la croissance, dépendent des cours du baril et des quotas négociés à l'Opep. Les mouvements cycliques du cours du pétrole de ces dernières années mettent l'économie en péril, dans un pays où 60 % de la population a moins de 20 ans et où le taux de chômage avoisine les 30 %, selon des sources non officielles reprises dans le journal l'Expansion.

Le royaume n'est pas le pays riche auquel on pourrait s'attendre : le revenu par habitant - aujourd'hui inférieur à celui de la Hongrie - a même diminué de moitié en 20 ans, la population s'étant accrue de 4 % l'an, au cours de ces vingt dernières années. La croissance ne parvient pas à suivre la pression démographique : 200 000 jeunes arrivent chaque année sur un marché du travail saturé, avec le pétrole pour seul perspective. Le sytème éducatif est également peu adapté car peu spécialisé et soumis à l'influence religieuse.

D'un point de vue politique, la diversification de l'économie saoudienne est devenue semble-t-il une question de survie pour la monarchie saoudienne, la légitimité du pouvoir reposant sur un fondement religieux et sur une paix sociale assurée par une politique de redistribution. Face à ce constat, le coup d'envoi de la diversification a été donné dès 2000 avec l'adoption d'une loi sur l'ouverture de l'économie aux investissements étrangers à des secteurs autres que ceux des hydrocarbures, car peu créateurs d'emplois.

Sources : AFP, L'Expansion, Mission Economique de l'Ambassade de France en Arabie saoudite

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6 Commentaires

  1. 1

    atryu

    Travaillant dans le pétrole, je me permet de corriger certaines erreurs de cet excellent article.

    La donne a un peu changé ces deux dernières années.
    La monté des prix du brut s'explique par le fait que les capacités mondiales de production de brut sont venues toucher de très près la consommation, faisant du brut un bien très volatile (la moindre crise faisait monter le prix).
    Ceci est du au fait que l'Arabie Saoudite a été dans l'incapacité ces dernières années de produire ce qu'elle a toujours dit pouvoir produire en cas de crise.
    Pourquoi?
    Parce que l'Arabie Saoudite n'investit pas dans son pétrole. Elle investit aux US principalement, détennant plusieurs % de l'économie américaine.

    Le secteur pétrolier saoudien est une chimère, il est vieux, et l'arabie saoudite n'arrive à se développer qu'en lançant aujourd'hui des partenariats avec des companies pétrolières étrangères.

    C'est d'ailleur une honte, car en Arabie Saoudite, la technicité des puits de pétrole est bien moindre qu'ailleurs, d'où un certain gâchis.

    Mais cet article écrit en 2003 aurait été très vrai, et il aurait été difficile à l'époque de penser que l'Arabie Saoudite n'investissait pas dans son secteur pétrolier, on le sait aujourd'hui qu'elle ne le fait pas à la hauteur de ce qu'elle prétend.

  2. 2

    Elisabeth

    merci beaucoup pour votre avis et commentaire, et ce d'autant plus que je cherchais à avoir une vue très actualisée du sujet , mais que je n'ai pu dans un premier temps trouver que peu d'infos hier soir.

    Ainsi entre mars et juillet 2006 , le dossier de la Mission Economique - par ailleurs excellent - n'a que peu évolué.

    ce commentaire "Ceci est du au fait que l'Arabie Saoudite a été dans l'incapacité ces dernières années de produire ce qu'elle a toujours dit pouvoir produire en cas de crise" est capital

    Merci encore.

  3. 3

    Bourico

    "C'est d'ailleur une honte, car en Arabie Saoudite, la technicité des puits de pétrole est bien moindre qu'ailleurs, d'où un certain gâchis."

    Réfléchit 30 secondes, pourquoi les saoudien irait investir de l'argent sur des nouvelle technique d'extraction ? Ils maintienne un plateau pour que leur pétrole leur rapporte sur du long terme. En mer du nord quand on n'utilise ses nouvelle technique d'extraction cela permet de faire de l'argent sur du court terme c'est tout !

    Tout cela pour dire que les saoudien ne veulent pas avoir un declin de leur production comme celui de l'angleterre qui a produit 3,2 million de baril en 1999 est aujourd'hui ne produit plus que 1,5 million de baril, ils sont importateur net !

    Le gars ils est vraiment pas futé, s'il travaille vraiment dans le pétrole cela doit etre comme secrétaire a l'IFP (INSTITUT FRANCAIS DU PETROLE)

  4. 4

    atryu

    @Bourico: on va arrêter les insultes de suite pour commencer.

    Ensuite je travaille dans le pétrole, mais je suis dans le raffinage, pas dans l'exploration, c'est vrai.

    Et enfin, les nouvelles techniques d'extractions ont pour effet visible d'augmenter le rendement d'un puit, elles évitent aussi de l'abîmer!!
    Et oui, un puit mal exploiter peut être endommagé et rendre très difficile une implémentation future de techniques avancées. Parce qu'une fois que les couches sont abîmées, et bourrées de boues de mauvaises qualités, vas-y pour récupérer les gouttes de pétrole qui y sont encore.
    Alors que si le début de l'exploitation, ou dès qu'une nouvelle technologie est dispo, tu adaptes de suite ta méthode, sans pour autant augmenter le débit d'extraction (qui n'a rien à voir, enfin presque, là c'est toi qui n'est pas fûté), simplement en augmentant ton rendement, donc tu pérénises ton gisement, ce que les saoudiens font quand même un peu (ils sont pas cons) mais pas assez de part l'ampleur de leur gisement et du nombre de puits.
    Et aussi parce que ces méthodes augmentent le prix du brail extrait, et lorsque ce baril est à 20$ dans la mer du nord 1 ou 2$ de plus pour une meilleure technologie, ça le fait, mais en Arabie Saoudite, il coûte 3$ à sortir, alors forcément ils n'ont pas envie que ça leur coûtent deux fois plus cher.

    Voilà la réponse d'un gars pas fûté...

  5. 5

    Bourico

    @atryu : Je suis vraiment désoler ce n'était pas des insultes, je taquiner juste...

    "Parce qu'une fois que les couches sont abîmées, et bourrées de boues de mauvaises qualités, vas-y pour récupérer les gouttes de pétrole qui y sont encore."
    "il coûte 3$ à sortir, alors forcément ils n'ont pas envie que ça leur coûtent deux fois plus cher."

    Payer deux fois plus cher pour sortir quelque goutte de plus, les saoudiens ne sont pas fous !!

    "Et enfin, les nouvelles techniques d'extractions ont pour effet visible d'augmenter le rendement d'un puit, elles évitent aussi de l'abîmer!!"

    Je ne suis pas d'accords avec toi, j'ai pris un article du wiki qui parle d'un gisement situer a oman :

    Yibal fut découvert en 1962 par Shell dans une extension sud du bassin pétrolier arabo-persique. La production commença en 1969 et fut accrue graduellement. Yibal servit de vitrine aux technologies les plus avancées en matière d'exploitation pétrolière, notamment les forages horizontaux.

    Une production de 250 kbbls/j fut atteinte en 1998, puis un déclin très rapide a commencé. La production actuelle, en 2006, est de l'ordre de 80 kbbls/j. Le gisement est ainsi devenu un cas d'école des effets secondaires des techniques d'exploitation modernes : elles accélèrent l'épuisement des réserves et pourraient même endommager le réservoir et diminuer les réserves ultimes.

    Yibal a déjà produit plus de 1.6 Gbbls et sa production totale ne devrait pas dépasser 2 Gbbls.

    liens :http://fr.wikipedia.org/wiki/Yibal

    Ghawar le plus grand gisement du monde ( 4,5 millions de baril par jour ) appartient au saoudiens, Ghawar va finir comme yibal, puisque la technique d'extration sont les meme pour les deux gisement !!!

  6. 6

    Jorkar

    Avec le 1/4 des réserves mondiales prouvées de pétrole brut soit 261 milliards de barils >>> leur chiffres officiels sont complètement surestimés. L'Arabie saoudite, comme les autres pays de l'opep, a virtuellement augmenté ses réserves officielles sous la pression de la politique des quotas dans les années 80. Elles sont ainsi passé de 170 milliards de barils à 260 milliards! En un an! Sans aucune découverte majeure! Et depuis, elles sont restés au même niveau alors que l'AS a produit 2 à 3 milliards de barils par an!
    Et elle ne produira jamais plus de 10Mb/j, l'AIE aussi raconte des salades.

    Le bluff est énorme! Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_p%C3%A9trolier

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