Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, a remis vendredi au président de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe une pétition demandant l'ouverture d'une enquête internationale sur la mort de la journaliste russe Anna Politkovskaïa.
Pour rappel, celle qui était l’une des rares journalistes russes à couvrir le conflit tchétchène et à en dénoncer les atteintes portées aux droits de l'Homme, a été assassinée par des inconnus dans l'entrée de son immeuble le 7 octobre dernier à Moscou.
Un homme d'affaires, ancien président d'une banque locale close en 2001 à la suite de créances douteuses, a quant à lui été assassiné par balles dans sa voiture jeudi soir dans le centre de Saint-Pétersbourg.
M. Ménard a remis à René van der Linden la pétition qui a recueilli 12.175 signatures, précise l'association dans un communiqué."Cela témoigne de l'importante mobilisation de l'opinion publique", estime RSF, qui souligne que cette pétition a également reçu le soutien de personnalités politiques européennes comme le procureur du Tribunal pénal international Carla del Ponte, le magistrat Baltasar Garzon, le maire de Paris Bertrand Delanoë ou celui de Rome Walter Veltroni."Nous appelons les autorités des pays démocratiques à interroger régulièrement le président russe Vladimir Poutine sur l'avancement de l'enquête", poursuit RSF.
En septembre 2006, Vladimir Poutine a reçu des mains de Jacques Chirac la grand-croix de la Légion d'honneur, plus haute distinction de la République. Suite à l'assassinat de Anna Politkovskaïa, où certains y voient la main de Moscou, Reporters sans frontières avait saisi le conseil d'Etat afin que Poutine soit démis de son titre.
Récompensée par de nombreux prix à l'étranger, notamment pour sa couverture de la Tchétchénie, la journaliste avait publié plusieurs livres, dont "Voyage en enfer. Journal de Tchétchénie", qui avait eu un large écho lors de sa sortie en 2000 en France.
Rare journaliste russe à couvrir encore la deuxième guerre de Tchétchénie, lancée par Moscou en octobre 1999, elle écrivait régulièrement dans le bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta des articles dénonçant la situation explosive dans le Caucase russe, malgré les assurances de normalisation du président Vladimir Poutine.Très critique de la politique de Moscou dans le Caucase mais aussi plus largement du tournant autoritaire pris par le régime de M. Poutine, cette quadragénaire venait de publier La Russie selon Poutine.
Mme Lokchina, directrice de l'ONG Demos et auteur de nombreux rapports sur les violations des droits de l'Homme en Tchétchénie avait alors évoqué ses articles sur les abus commis par les forces fédérales mais aussi par les milices redoutées du Premier ministre tchétchène pro-russe, Ramzan Kadyrov, l'homme fort de Moscou dans la république du Caucase.
En février 2001, cette lauréate de la Plume d'or (prix de l'Union des journalistes de Russie) avait été détenue plusieurs jours par les forces russes en Tchétchénie, une arrestation qu'elle avait alors liée à son enquête sur un centre de détention de l'armée.
Les forces fédérales du ministère russe de l'Intérieur et celles du Premier ministre tchétchène Ramzan Kadyrov pratiquent "systématiquement" la torture dans les centres de détention officiels et secrets de Tchétchénie, a par ailleurs accusé au mois de novembre dernier Human Rights Watch.
"La torture, tant dans des centres de détention officiels que secrets, est répandue et systématique en Tchétchénie", a déclaré l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un rapport.
HRW appelle le Comité contre la torture de l'Organisation des Nations unies à "envoyer un message clair à la Russie pour qu'elle cesse, punisse et prévienne les actes de torture" et l'Union européenne à faire des recommandations de ce comité "une partie intégrante de ses relations bilatérales avec la Russie".
"Si vous êtes détenu en Tchétchénie, vous courez un risque réel et immédiat de torture", a déclaré la directrice pour l'Europe et l'Asie centrale de Human Rights Watch, Holly Cartner, dans un communiqué de l'organisation basée à New York.
"Et il y a peu de chances que votre tortionnaire ait des comptes à rendre", a-t-elle ajouté.
HRW a étudié plus d'une centaine de cas de torture et a également examiné des recherches menées par les principales organisations russes de défense des droits.
Le rapport de 16 pages a été adressé au Comité contre la torture de l'Organisation des Nations unies. "Il fait état de mauvais traitements et de torture par des forces tchétchènes pro-russes sous le commandement de fait du Premier ministre Ramzan Kadyrov ainsi que par du personnel de la police fédérale", indique HRW qui, pour cette dernière, met plus particulièrement en cause le Deuxième bureau opérationnel d'enquête (ORB-2), une structure du ministère fédéral russe de l'Intérieur.
"Les forces de Kadyrov ont également pris des personnes en otages et maltraité des parents de rebelles présumés", note l'organisation qui a répertorié au cours de deux missions, en avril et septembre dernier, 82 cas de tortures par les "kadyrovtsy", les milices du Premier ministre pro-russe.
"Les détenus disent être soumis à des décharges électriques et être violemment battus à coups de bottes, de bâtons, de bouteilles de plastique remplies d'eau ou de sable, de lourds câbles enrobés de caoutchouc et certains disent avoir été brûlés", détaille le rapport.
HRW donne dans son communiqué des témoignages.
Sources : AFP, L’Express
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Le correspondant de Newsweek à Moscou attaqué dans le métro
MOSCOU - Le correspondant de la version en langue russe du magazine américain Newsweek a été attaqué et frappé dans une station du métro du centre de Moscou, a rapporté samedi l'agence russe RIA Novosti qui cite des sources policières.
Aïdar Bouribaïev (bien Bouribaïev), qui a été frappé à la station de métro Tverskaïa, a refusé toute assistance médicale mais a apporté son témoignage à la police, ont indiqué les responsables.
Ils ont précisé que la description des assaillants avait été communiquée à tous les postes de police rattachés au métro de la capitale russe.
"Il a été attaqué et frappé par quatre jeunes", a déclaré la police, sans qu'elle ait pu déterminer immédiatement si l'attaque avait été le fait de jeunes d'origine caucasienne, africaine ou d'Asie centrale.
(AFP / 10 février 2007 01h31)
10 février 2007 à 01:512
Le correspondant du Newsweek roué de coups dans le métro moscovite
12:19 | 10/ 02/ 2007
MOSCOU, 10 février - RIA Novosti. Tard vendredi soir le correspondant de la revue américaine Newsweek, Aïdar Nouribaïev, a été attaqué et roué de coups à la station Tverskaïa, dans le centre-ville, a annoncé la police.
"La victime déclaré avoir été agressée par quatre jeunes gens au crâne rasé, qui ont pris la fuite après l'avoir tabassé", a indiqué un porte-parole de la police en précisant que l'incident s'était produit vers 23h30.
Le journaliste de Newsweek a refusé l'assistance médicale qui lui a été proposée. La description des assaillants qu'il a faite a été communiquée à tous les postes de police rattachés au métro de la capitale.
10 février 2007 à 23:363
La France ne retirera pas sa Légion d'honneur à Poutine
La justice française a rejeté la requête de l'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) visant à retirer au président russe Vladimir Poutine sa décoration de la Légion d'honneur.
L'organisation de défense de la liberté de la presse avait saisi le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative française, le 20 octobre 2006. Elle dénonçait la remise à M. Poutine des insignes de Grand-Croix de la Légion d'honneur par le président Jacques Chirac, le 22 septembre.
RSF se déclare "profondément déçue" de la décision du Conseil d'Etat de rejeter sa demande, estimant que l'organisation de défense des droits de la presse "n'était pas concernée par la décoration" de M. Poutine et que cette dernière "ne portait pas atteinte par elle-même à la liberté de la presse".
"Nous ne pouvons que regretter le fait que le droit ne nous permette pas de critiquer la remise d'une distinction à une personne qui porte une responsabilité dans plusieurs violations graves de la liberté de la presse", déplore RSF.
12 mars 2007 à 22:14Ajoutez un commentaire
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