Fanfaronnade pour rassurer ses actionnaires ou réalité pour anticiper tout éventuel "chantage" d'Airbus ? En tout état de cause, les retards de l'Airbus A380 ne constitueraient "pas un drame à l'échelle de Thales", un de ses principaux fournisseurs d'avionique, a déclaré vendredi le président du groupe d'électronique de défense Denis Ranque.
Selon lui, la part d’Airbus ne représenterait qu’une part infime de son chiffre .
Interrogé par France Info, M. Ranque a par ailleurs estimé que les fournisseurs avaient déjà beaucoup "assumés depuis plusieurs années en matière de réduction de prix facturés à Airbus, dans le cadre du plan d'économie "Route 06". Ce qui laisserait sous-entendre que Thales n’est pas "spécialement" enclin à accepter de - nouvelles – concessions.
"C'est normal qu'on contribue à la compétitivité d'Airbus, mais nous avons déjà beaucoup donné sur ce terrain, nous avons donné ce que nous pouvions et ce n'est probablement pas avec les mêmes recettes qu'on fera à l'avenir, j'entends parler d'autres pistes", a-t-il ajouté".
"Le prix qui nous est payé était fixé en dollars, ce qui constituait une couverture naturelle en dollars pour Airbus, et ce prix en dollars baisse d'année en année de plusieurs pourcents" a-t-il également rappelé. Traduction : Airbus aurait fait une erreur stratégique en privilégiant le paiement en dollars. Reste qu’effectivement une des personnes à l’origine de ce choix, du moins celui qui l’avait porté aux oreilles du public – Claude-Henri Hereus n’assure plus depuis quelques mois ses anciennes fonctions de Responsable de la Stratégie Achats d’Airbus.
"EADS est un très bon client", a par ailleurs rappelé M. Ranque, précisant que Thalès fournissait 17 fonctions à bord de l'avion géant d'Airbus, notamment le cockpit, le management et les commandes de vol.
"Nous avons été à l'heure, nos équipements ont parfaitement fonctionné du premier coup et on est très fier de notre réalisation", a-t-il ajouté. Sous-entendu : rien à se rapprocher, donc aucun argument permettant à Airbus de contraindre le sous-traitant à accepter des mesures « drastiques ».
Le fait que l'A380 "soit en retard pour des raisons non pas techniques mais industrielles aura pour inconvénient de repousser de quelque deux ans le chiffre d'affaires qu'on attendait", a cependant souligné M. Ranque. Relativisant l’information, il a précisé qu’à l'échelle de Thales, ceci ne devait pas être considéré comme un drame. Le groupe a ainsi réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de 10,263 milliards d'euros.
Airbus a annoncé cette semaine qu'il incitait ses sous-traitants à se regrouper pour réduire de manière drastique le nombre de ses fournisseurs directs.
Sources : AFP, Reuters

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