Suède : incendie dans un centrale nucléaire

Ringhalslandscape Un transformateur d'une centrale nucléaire suédoise a pris feu dans la nuit de lundi à mardi sans faire de blessé, entraînant l'arrêt d'un réacteur,  selon l'autorité de l'énergie nucléaire suédoise (SKI).
Mais l’Europe est d’ores et déjà passée à deux doigts d'une nouvelle catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006, suite à un court-circuit provoquant par le black-out d’un réacteur à Forsmark en Suède. Selon l’ancien responsable de cette centrale, "C’est l’événement le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl".

"Un feu dans un transformateur du réacteur Ringhals 3  a eu lieu vers minuit (23H00 GMT) (...). Le réacteur a été arrêté d'urgence et tous les systèmes de sécurité ont fonctionné comme ils le devaient", indique SKI sur son site internet.
Les raisons de l'incendie ne sont pas encore connues, a affirmé  Anders Jörle, porte-parole de l'autorité.
Il a souligné que le tranformateur qui a pris feu "n'est pas du tout situé dans le même bâtiment que le réacteur nucléaire" Ringhals 3, précisant que les deux étaient distants de "50 à 60 mètres".

Ringhals 3 est l'un des quatre réacteurs de la centrale Ringhals située dans le sud-ouest de la Suède et l'un des dix réacteurs que compte le pays nordique. Il a été mis en service en 1981.

Son redémarrage ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs jours, a indiqué M. Jörle.

Fin juillet, un réacteur de la centrale suédoise de Forsmark (nord de Stockholm) avait dû être arrêté à la suite d'une coupure d'électricité. Deux des quatre générateurs de secours ne s'étaient pas déclenchés, illustrant d'autres défaillances dans le système électrique.
Alors que la panne gravissime du réacteur suédois faisait  la "une"de la presse européenne, les journaux français se sont faits discrets sur le sujet, AREVA et énergie nucléaire "obligent".
Dans son rapport final rendu public le 14 septembre, la SKI avait indiqué que l'incident survenu le 25 juillet n'avait causé aucun dommage au réacteur. Soulignant que pour l'incendie de la centrale Ringhals les systèmes de sécurité s'étaient déclenchés comme prévu et que le réacteur Ringhals 3 avait été arrêté, M. Jörle a estimé que l'incident n'était "en rien comparable aux événements de cet été".

Le 25 juillet peu avant 14h, des travaux de maintenance ont causé un court-circuit, coupant brutalement la centrale nucléaire nucléaire de Forsmark du réseau électrique, provoquant en un instant la perte d’alimentation électrique du réacteur n°1. Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans les commandes face à un réacteur incontrôlé et incontrôlable.
Dans une telle situation, il y a normalement 4 générateurs qui prennent le relais pour entre autre alimenter les pompes de refroidissement en électricité et éviter ainsi la fusion du coeur. Mais dans les faits, le court-circuit s'est propagé à l'ensemble du circuit d'alimentation si bien que les batteries des générateurs de secours ont elle aussi été victimes d'un court-circuit.
Le cœur ne pouvant plus désormais évacuer sa chaleur, s’est échauffé, le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de deux mètres et la pression a chuté à 12 bars alors qu’elle doit se maintenir à 70 bars.
Il faudra 23 minutes à l’équipe en place pour finalement arriver à démarrer manuellement deux générateurs de secours et reprendre ainsi le contrôle du réacteur, le système de refroidissement d'urgence pouvant enfin être mis en oeuvre. 23 minutes pendant lesquelles les opérateurs n’ont pas su si le réacteur était vraiment à l’arrêt et si leurs actions avaient les conséquences voulues, étant dépourvus de tout mécanisme de supervision. On ignore toujours pourquoi seulement deux générateurs sur quatre ont-ils finalement démarré alors que les quatre générateurs étaient de même conception.
Un ancien responsable et constructeur du réacteur n°1 de Forsmark, Lars-Olov Höglund, confirme qu’il s’agissait bien d’un événement gravissime : "C’est un pur hasard si la fusion du cœur n’a pas eu lieu" a-t-il déclaré au journal suédois Svenska Dagablet. Pire : sept minutes plus tard, la destruction du réacteur n'aurait pu être empêchée, selon lui. Et la fusion du coeur qui s'en suit se serait produite une heure et demi plus tard.
L'organisme de contrôle nucléaire américain, la NRC, estime que 50 % des scénarios menant à la fusion du cœur ont une seule et même cause : la coupure de courant du réacteur.

Un défaut générique semblant être très vraisemblablement à l’origine de la panne gravissime, l’organisme de contrôle nucléaire suédois a fermé préventivement trois réacteurs. En tenant compte des réacteurs fermés pour maintenance, la Suède a aujourd’hui la moitié de ses réacteurs hors production. L’Allemagne et la Finlande examinent de près chacun de leurs réacteurs nucléaires.

Depuis 1999, la Suède a fermé deux de ses douze réacteurs nucléaires dans le cadre d'un plan de sortie du nucléaire qui prendra une trentaine d'années ou jusqu'à ce que les infrastructures arrivent en bout de course.
L'énergie nucléaire représente près de la moitié de la production d'électricité de la Suède.

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14 Commentaires

  1. 1

    Bookido

    Il ne faut pas oublier ce que tchernobyl a couté aux russes tant sur le plan humain que économique. Cela peut entrainer un pays entier sur le déclin économique car vu le cout et les vies pour arrêter un réacteur nucléaire en fusion, on peut réellement se poser des questions sur le nucléaire.

  2. 2

    econologie

    Le cout tant humain que financier de Tchernobyl n'a jamais pu être clairment établi : ridiculement bas pour les défenseurs du nucléaire, sans doute exagéré pour les associations écolos...La vérité est entre les deux...

    Une chose est sur : en continuant (durant 40 ans comme le prévoit EdF) de faire marcher des centrales qui ont été conçue pour 20 ans, de tels incidents (accidents?) se reproduiront dans le futur...

  3. 3

    Elisabeth

    A noter encore et toujours que l'info se fait très discrète en France ...

  4. 4

    ALERTE !

    encore et toujours Forsmark, on en reparle

    Arrêt d'un réacteur dans une centrale nucléaire suédoise
    AFP 03.02.07 | 14h31

    Un réacteur de la centrale nucléaire suédoise de Forsmark a dû être arrêté samedi après la découverte d'un défaut technique dans un des équipements de son revêtement, ont annoncé les responsables de FKA, l'organisme gérant la centrale. Cette décision a été prise à la suite de l'analyse d'un échantillon prélevé sur l'un des trois panneaux en caoutchouc de la structure extérieure du réacteur Forsmark 1 qui a mis en lumière une perte d'élasticité, a déclaré à l'AFP un porte-parole de FKA, Claes-Inge Andersson

  5. 5

    attila

    STOCKHOLM / Deux réacteurs de la centrale nucléaire suédoise de Forsmark ont dû être arrêtés par précaution samedi après la découverte d'un défaut technique dans un des équipements de leur revêtement, ont annoncé les responsables de FKA, l'organisme gérant la centrale. Cette décision a été prise à la suite de l'analyse d'un échantillon prélevé sur l'un des trois panneaux en caoutchouc de la structure extérieure du réacteur Forsmark 1 qui a mis en lumière une perte d'élasticité, a déclaré à l'AFP un porte-parole de FKA, Claes-Inge Andersson. La même vérification effectuée quelques heures plus tard sur le revêtement du réacteur Forsmark 2 a donné le même résultat et celui-ci a dû être arrêté à son tour. (PRS) ./.

  6. 6

    attila

    Grave problèmes !!

    quatre réacteurs sur 10 arrêtés

    Sweden shuts down 40 pct of nuclear reactors
    (Reuters)

    STOCKHOLM - Four out of Sweden’s 10 nuclear reactors were off-line on Saturday because of safety worries, capping a difficult week for the country’s nuclear industry.

    Sweden uses nuclear power for about half of its energy and electricity prices jumped last July when five reactors were taken off-line in the wake of an emergency shut-down at a unit.

    On Saturday two reactors at the Forsmark plant were shut after a problem was detected in a rubber seal on the outer wall of one of the reactors, one of the owners said.

    Earlier this week the Ringhals 3 reactor was shut down to check and adjust instruments after anomalous readings. Its sister reactor, Ringhals 1, has been off-line since Monday after a problem with its cooling system.

    State-owned power group Vattenfall said the decision to shut down the Forsmark 1 reactor was taken after tests on Friday showed the rubber seal had lost some of its elasticity.

    ‘The seals have no safety function during normal operations, but would function to keep the right pressure in case of a broken pipe inside the reactor casing,’ the company said.

    Its virtually identical sister reactor, Forsmark 2, was also shut down as a precaution, Vattenfall said. A plant spokesman said no problems similar to those at its twin reactor had been found. It was unclear when the two reactors would restart.

    Forsmark’s Anders Markgren said safety had not been compromised as a result of the problem with the rubber seal or the ensuing shutdowns.

    The plant’s third reactor, Forsmark 3, is of a different design. Markgren said he did not know if there were plans to take it off-line.

    Sweden’s Nuclear Power Inspectorate (SKI), which this week complained to prosecutors over Forsmark’s handling of last July’s emergency shutdown, said the reactors would remain closed until it was certain that the seals functioned properly.

    SKI spokesman Anders Jorle said on Saturday there were no plans to shut down any further reactors, though a similar system of rubber seals also existed at the Ringhals 1 reactor which was already off-line.

    ‘I understand that they have made tests which did not show this (the same problem as at Forsmark 1),’ he said.

    The Forsmark plant, located about 100 kilometres north of the Swedish capital on the country’s Baltic coastline, accounts for roughly a sixth of Sweden’s electricity production.

    The plant is jointly owned by Vattenfall, Mellansvensk Kraftgrupp and Germany’s E.ON.

  7. 7

    Elisabeth

    merci pour l'info car en France, en Suisse , en Belgique, la presse reste à 2 reacteurs arretes

  8. 8

    Vincent P.

    voici quelques infos "techniques":

    - le mot "black-out" est utilisé quand une région géographique n'est plus alimentée en électricité. Ici, c'est l'arrêt du réacteur: d'après ce que j'ai compris, le réseau est resté stable, donc personne n'a été coupé d'électricité, donc pas de "black out".

    -"Le cœur ne pouvant plus désormais évacuer sa chaleur, s’est échauffé, le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de deux mètres et la pression a chuté à 12 bars alors qu’elle doit se maintenir à 70 bars."
    Pour qu'il y ait cette baisse du niveau d'eau et cette chute de pression, c'est que quelques sécurités se sont quand même déclanchées:
    en effet, pour dissiper rapidement la chaleur du réacteur, une vanne est sensée s'ouvrir en cas d'urgence pour libérer la pression:
    le réacteur produisant trop de chaleur va vaporiser l'eau
    => diminution du niveau d'eau
    => la pression augmente
    => la pression atteint un certain niveau
    => ouvertue des vannes
    => la vapeur d'eau sous pression est libérée dans l'atmosphère ... d'où chute de la pression

    sinon, merci de faire parler de ça en France !

  9. 9

    Elisabeth

    Merci Vincent pour tes éclairages ,qui permettent de mieux appréhender la situation.

    Sinon,
    je parlais de black out ... dans la presse :)

  10. 10

    Elisabeth

    "la vapeur d'eau sous pression est libérée dans l'atmosphère " ... bien sur , elle n'est pas radio active .... ?

  11. 11

    Vincent P.

    citation de http://www.sfen.org/fr/intro/comment.htm
    " L'uranium [...], placé dans une cuve en acier remplie d'eau, ces assemblages forment le cœur du réacteur. Ils sont le siège de la réaction en chaîne, qui les porte à haute température. L'eau de la cuve s'échauffe à leur contact (plus de 300°C). Elle est maintenue sous pression, ce qui l'empêche de bouillir, et circule dans un circuit fermé appelé circuit primaire."

    Vu que cette eau est l'eau du circuit primaire, il y a de fortes chances qu'elle le soit, oui (si elle ne l'est pas, c'est que le réacteur est neuf et qu'il n'a jamais reçu d'uranium ...).
    Maintenant, je ne sais pas quelle est sa période de radioactivité.
    Il faut dire aussi que c'est une procédure de sécurité. Il vaut mieux laisser échapper de la vapeur d'eau radioactive que de laisser le coeur du réacteur monter en température de façon incontrôlée.

    Sinon, oui, on peut parler de black-out dans la presse, oui :)

  12. 12

    Elisabeth

    Un peu plus, cela serait inquiétant ...

  13. 13

    ARRET réacteur !! + radioactivité !

    Comme je risque de ne pas avoir le temps d'en faire un artcile :
    ----------------------------
    rrêt d'un réacteur dans une centrale nucléaire en Suède
    STOCKHOLM, 16 fév 2007 (AFP)
    La centrale nucléaire suédoise de Ringhals a annoncé qu'elle avait dû arrêter un de ses réacteurs vendredi matin afin de localiser une "petite fuite" dans le système de refroidissement primaire.

    Le réacteur "Ringhals 2 a été arrêté vendredi matin pour une inspection", a indiqué dans un communiqué la centrale, qui compte quatre réacteurs au total.

    Cette interruption est nécessaire car les inspecteurs doivent pouvoir avoir accès à certaines parties du réacteur "pour examiner une petit fuite dans le système primaire", a expliqué Ringhals.

    "Cela arrive de temps à autre (...) La fuite est bien en deçà des seuils en vigueur", a souligné le porte-parole de la centrale, Torsten Bohl, cité sur le site internet du quotidien Svenska Dagbladet.

    La centrale ne sera en mesure de dire quand le réacteur pourra redémarrer que lorsque la fuite aura été localisée.

    "Cela peut être une question de jours comme de mois", a estimé M. Bohl.

    Ringhals est la plus importante centrale nucléaire de Suède et de l'ensemble de la région nordique. Elle est située sur la côte ouest du pays scandinave, au sud de Göteborg.
    *******
    Par ailleurs, à la centrale d'Oskarsham (côté sud-est), qui compte trois réacteurs, ****des doses anormales de radioactivité ****ont été décelées dans de l'eau vendredi, un incident qui n'a cependant pas nécessité l'arrêt de la production.

    "Des petites quantités de tritium, un isotope de l'hydrogène (radioactif) ont été mesurées dans un robinet d'eau désalinisée (...) les quantités mesurées de tritium n'étaient ni alarmantes, ni menaçantes", a indiqué la centrale dans un communiqué.

    Un ventilateur défaillant serait à l'origine de la fuite et dans l'après-midi, les experts tentaient d'en savoir plus.

  14. 14

    Cassandre

    Je mets un lien sur mon blog ;)
    Merci encore !

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