Programme A350 : décollage immédiat selon BFM

A350cockpit_md Selon la radio BFM – qui néanmoins ne cite pas ses sources - le conseil d'administration du groupe EADS donnerait vendredi son feu vert au lancement de l'A350, le programme d'avion long-courrier de sa filiale Airbus.

En tout état de cause, le dossier se “concrétise” puisque l'avionneur européen a reçu des représentants de grandes compagnies aériennes à Toulouse mercredi et jeudi pour une présentation formelle et détaillée de son projet d'avion long-courrier A350 XWB, d'après les informations communiquées par l'un des participants à la rencontre.

I – Le conseil d'administration lancerait le programme A350 vendredi

Louis Gallois, co-président exécutif d'EADS et président d'Airbus " aurait réussi à convaincre ses actionnaires qu'il fallait absolument prendre date", affirme jeudi soir BFM radio d'informations continues économiques et financières.

En revanche, la question épineuse du financement de l'A350 ne devrait pas être "vraiment tranchée", ajoute BFM, ce qui n'empêcherait pas le groupe de commencer à "amorcer la pompe". Selon la radio, le groupe dispose des "moyens de financer les premières étapes du programme", en puisant dans ses réserves à hauteur de 7 milliards d'euros et en demandant aux sous-traitants de participer à hauteur de 2 milliards.

De source proche du dossier, on se contentait d'indiquer jeudi soir que les discussions sur le financement du programme étaient actuellement "moins crispées" que la semaine passée. De même source, "on a remarqué des signes d'ouverture", notamment des pouvoirs publics français en faveur du programme destiné à concurrencer le 787 "Dreamliner" de Boeing.

II – Gallois pour une contribution externe aux coûts de développements

Airbus envisage de sous-traiter à hauteur de 1,8 milliard d'euros à des partenaires industriels les coûts de développement de son futur A350, dont le coût global est évalué entre 9 et 10 milliards d'euros, a déclaré mardi son président Louis Gallois.

"Sur l'A350 nous envisageons de mettre à l'extérieur 50% de la production de l'aérostructure, ce qui nous permet de confier - une partie - à des partenaires qui participeront au développement. L'objectif est de 1,8 milliard d'euros. On a pris contact avec ces candidats", a-t-il déclaré en marge d'une audition devant les commissions des Finances et des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

A l'issue de sa rencontre avec les députés, M. Gallois a ajouté qu'il s'agissait bien de la contribution attendue des partenaires aux coûts de développement du programme, et non du chiffre d'affaires revenant aux sous-traitants. "Je l'ai dit hier aux syndicats", a ajouté M. Gallois au lendemain de la réunion du comité européen Airbus.

Interrogé sur la réunion du conseil d'administration d'EADS qui doit se prononcer sur le lancement de l'A350, il a laissé entendre qu'il pourrait se tenir ce vendredi. EADS s'était fixé jusqu'à la fin du mois pour prendre une décision sur ce programme. "La fin du mois c'est jeudi. On peut étendre ça jusqu'à la fin de la semaine. Nous serions conformes à ce que nous avons dit s'il y avait une décision cette semaine. Je suis dans la main des deux co-chairmen qui réunissent le conseil", a ajouté Louis Gallois. Il a précisé que le conseil se réunissait habituellement le vendredi.

La réunion du conseil d'administration d'EADS où devait être évoqué le lancement de l'A350 d'Airbus, a été reportée d'une semaine en raison des difficultés des actionnaires allemands et français, DaimlerChrysler (22,5%), l'Etat français (15%) et Lagardère (7,5%) à trouver les moyens de financer ce programme, compte-tenu des actuelles difficultés financières d'Airbus engendrées par les retards du programme de l'A380.

III - Airbus présente le projet d'A350 XWB à des compagnies aériennes

Airbus a reçu cette semaine des représentants de grandes compagnies aériennes à Toulouse en vue de leur présenter son projet d'avion long-courrier A350 XWB. Parmi les compagnies aériennes réunies par Airbus dans un grand hôtel toulousain figuraient Lufthansa, British Airways, Air France-KLM, les compagnies du Golfe Qatar Airways et Emirates, ainsi que l'américaine United Airlines.

Airbus avait déjà présenté aux clients potentiels une version initiale de son A350, un dérivé de l'A330. Fin avril, le président d'Airbus Gustav Humbert alors en fonction avait également indiqué que l'avionneur déciderait d'ici la mi-2006 des "améliorations" à apporter à ce modèle d'appareil, pour prendre en compte les revendications de certains clients insatisfaits.
Deux d'entre eux, le loueur d'avions américain ILFC et la compagnie aérienne Singapore Airlines, ont émis des critiques à l'égard de l'A350, concurrent du 787 de l'américain Boeing, réputé très économe en carburant. Le PDG de la firme américaine de location d'avions ILFC, Steven Udvar-Hazy, avait prévenu que les parts de marché d'AIRBUS pourraient plafonnées à 25% dans le segment des moyens porteurs s'il se contentait d'utiliser la base de fuselage de l'A330 pour l'A350, alors que le B787, dont la construction fait appel à de nombreux matériaux composites, consommera 20% de fioul de moins que les modèles actuels.

Sous la pression de ces compagnies aériennes, Airbus a donc été contraint de revoir entièrement son projet pour l’améliorer, et notamment agrandir le diamètre du fuselage par rapport à celui de l’A330, et introduire plus de matériaux composites. Du coup, le coût du projet doublera et pourrait prendre beaucoup plus de temps.

Présentée publiquement en juillet au salon aéronautique de Farnborough (Grande-Bretagne), la version modifiée du futur long-courrier d'Airbus, baptisée A350 XWB, se décline en trois versions de 250 à 350 sièges.

Sources : AFP, Reuters, La Tribune

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5 Commentaires

  1. 1

    Les Echos

    EADS envisagerait l'émission d'un emprunt obligataire de 4 milliards d'euros pour financer le futur A350 XWB, rapporte le quotidien Les Echos mercredi.
    "Avant de faire appel au marché, le groupe voudrait obtenir le soutien des quatre pays Airbus - Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne et France", précise le quotidien.
    Ces Etats apporteraient une garantie de 30% à 40% du coût total du projet, estimé entre 9 et 10 milliards d'euros.
    Par ailleurs, selon Louis Gallois, coprésident d'EADS, le groupe envisage de confier 50% de l'aérostructure du biréacteur long courrier à des partenaires extérieurs, représentant 1,8 milliard d'euros de frais de développement.

  2. 2

    Elisabeth

    merci , je prépare une note sur l'OMC ... concernant les avances remboursables : sujet bcp moins drôle ... mais dont l'info se fait plus discrète ...

  3. 3

    Elisabeth

    merci , je prépare une note sur l'OMC ... concernant les avances remboursables : sujet bcp moins drôle ... mais dont l'info se fait plus discrète ...

  4. 4

    EADS dément

    EADS a déclaré vendredi que l'article de presse annonçant qu'un accord avait été trouvé pour le financement de l'A350 d'Airbus était de la "pure spéculation".
    "Pour l'instant, personne n'a pris de décision chez EADS", a déclaré un porte-parole du groupe. "Nous ne participons pas à la spéculation."
    Vendredi matin, le Financial Times a rapporté que les actionnaires d'EADS sont parvenus à un accord jeudi soir au sujet du projet de financement du programme d'Airbus A350, qui s'élève à 10 milliards d'euros.
    Le co-président d'EADS et président d'Airbus, Louis Gallois, avait déclaré souhaiter qu'une décision soit prise sur le lancement de l'A350 avant la fin du mois de novembre. Les dirigeants d'Airbus ont rencontré les représentants des compagnies aériennes cette semaine pour discuter du nouvel avion.
    Le conseil d'administration d'EADS devrait se réunir vendredi pour discuter de l'A350.
    La décision de lancement du programme A350 a jusqu'à présent été retardée par les dissensions au sujet de son financement et par les différends relatifs à l'équilibre franco-allemand au sein la structure actionnariale d'EADS. Une réunion du conseil d'administration prévue le mois dernier pour discuter du dossier avait dû être reportée à la dernière minute en raison de ces désaccords.

  5. 5

    Réunion + réponse Elisabeth

    Le conseil d'administration du groupe
    d'aéronautique et de défense européen EADS était réuni vendredi matin à
    Amsterdam, siège du groupe, et pourrait donner le feu vert au lancement de
    l'A350 XWB, a-t-on appris de sources proches du conseil vendredi.
    Le conseil "devrait prendre la décision de lancement du programme A350" mais
    "il faut vraiment attendre l'issue du conseil parce que cela peut changer à la
    dernière minute", a indiqué une source française proche du dossier.
    Plusieurs autres sources faisaient état ces dernières heures d'"ouvertures",
    de "sortie du blocage" dans les discussions entre actionnaires sur le
    financement de ce programme capital pour Airbus mais dont le coût de
    développement de 10 milliards d'euros est délicat à mobiliser.
    "Les modalités de financement de ce programme ont été bouclées mais les
    modalités précises en particulier pour ce qui est des garanties des Etats seront
    définies ultérieurement", estimait vendredi une autre source proche à Paris.
    Le président d'Airbus Louis Gallois s'est clairement prononcé en faveur du
    lancement de ce programme sur un créneau qui représente 40% du marché mondial,
    mais le constructeur souffre financièrement des retards de livraison de son
    avion géant A380 et ne peut financer le programme sur ses ressources propres
    actuelles.
    Le financement est d'autant plus difficile que les actionnaires privés,
    Lagardère en France (7,5%) et DaimlerChrysler en Allemagne (22,5%) engagés dans
    une réduction de leurs participations, sont fermement opposés à une augmentation
    de capital.
    L'Etat français (15%) et les autres pays partenaires d'Airbus (Allemagne,
    Espagne, Grande-Bretagne), sollicités pour accorder des avances remboursables ou
    garantir des emprunts doivent compter avec l'hostilité américaine aux aides
    publiques à Airbus devant l'OMC.
    --------------------------------------------------------

    Elisabeth : j'allais mettre la depeche en ligne à la seconde même :)

    désolee : je ne peux mettre des commentaires uniquement comme cela dans la journée :(

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