Poutine use de l'arme du gaz contre la Géorgie

GeorgierussieNous y voilà, si nous suggérions dès le début du conflit entre Russie et Géorgie, que les tarifs gaziers et le transit du gaz étaient semble toute pour une grand part à l'origine du différend, Poutine dévoile désormais sa stratégie au grand jour.

Le géant gazier russe Gazprom a en effet annoncé jeudi avoir proposé à la Géorgie un doublement du prix de ses livraisons de gaz pour 2007, le tarif étant proche de celui fixé à ses clients européens. Si ce n'est pas du chantage, cela y ressemble tout de même bigrement. Mais que nous réserve encore Poutine ?

I – Gazprom : doublement du prix du gaz pour la Géorgie en 2007

Gazprom a adressé à Tbilissi une offre de livraisons de gaz à 230 dollars les 1.000 m3 contre les 110 dollars qu'il paye actuellement. Selon le groupe gazier russe, il s'agirait néanmoins d'une première proposition, les négociations devant être poursuivies. La hausse des tarifs à la Géorgie serait justifiée par "la hausse des prix mondiaux des hydrocarbures", selon Gazprom.

L'importation de 1,7 milliard de m3 de gaz russe coûtera à Tbilissi 391 millions de dollars au prix proposé, soit 204 millions de plus que prévu, mais les autorités géorgiennes auraient pris des mesures de précaution pour s'assurer que des sources alternatives de gaz soient disponibles, selon l'agence de notation financière Standard and Poor's. La construction d'un gazoduc reliant la Géorgie à l'Azerbaïdjan voisin devrait être achevée en décembre, indique le quotidien Kommersant jeudi, mais il ne devrait pas permettre à lui seul d'alimenter le pays en cas de crise.

II – La politique tarifaire de Gazprom en question

La nouvelle politique de Gazprom, qui a entrepris de réviser radicalement ses tarifs aux anciennes républiques soviétiques qui bénéficiaient jusqu'alors de prix subventionnés, a déclenché de fortes tensions dans l'ex-URSS. Début 2006, Gazprom a brièvement interrompu ses livraisons à l'Ukraine, important pays de transit gazier vers l'Europe, faute d'un accord sur les tarifs. L'Ukraine, dont le nouveau chef du gouvernement Viktor Ianoukovitch est considéré comme pro-russe, a réussi à limiter la hausse de ses tarifs gaziers pour 2007, à 130 dollars par 1.000 m3 contre 95 dollars actuellement.

Les tarifs gaziers devraient être en théorie fonction de la distance à parcourir pour approvisionner les pays clients, mais Gazprom est néanmoins soupçonné de moduler ses tarifs en fonction des relations diplomatiques russes. Ainsi le Bélarus ou l'Arménie bénéficient de tarifs plus modérés. L'Allemagne paierait 290 dollars les 1.000 m3 de gaz et la Roumanie 285 dollars. Gazprom a refusé de confirmer ces données qu'il ne souhaite pas communiquer officiellement.

III – Le chef de la diplomatie de la Géorgie à Moscou

Cette offre intervient alors que le chef de la diplomatie géorgienne Guela Bejouachvili est à Moscou. Il a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov mercredi pour de premiers entretiens d'un tel niveau depuis le déclenchement d'une grave crise. Aucune percée n'a été annoncée à l'issue de la rencontre.

Après la brève interpellation fin septembre en Géorgie de quatre officiers russes accusés d'espionnage, Moscou a pris des sanctions sévères, suspendant ses liaisons aériennes, terrestres et maritimes avec la Géorgie - ancienne république soviétique au régime pro-occidental - , tandis que des centaines de Géorgiens jugés en situation illégale ont été expulsés.

IV - La Géorgie juge la mesure "politique"

Le ministre géorgien des Affaires étrangères Guela Bejouachvili a estimé jeudi que le prix proposé par le géant gazier russe Gazprom pour ses livraisons en 2007 à la Géorgie était "fondé sur la politique et non sur l'économie". "Nous devrons regarder d'où découle un tel prix, c'est le même prix que pour les pays d'Europe de l'Est. Or, comme la Géorgie est plus proche de la Russie, le prix du transit de gaz ne devrait pas être si élevé", a souligné, de Moscou, le ministre.

La géorgie aurait néanmoins reçu des assurances de la partie russe selon lesquelles le gaz et l'électricité ne seront pas coupés cet hiver. M. Bejouachvili a cependant averti que Tbilissi pourrait utiliser son droit de veto dans les négociations de Moscou pour entrer à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

V - Historique du conflit Russie-Georgie sur le gaz

En janvier dernier, le président géorgien Mikheil Saakachvili avait accusé la Russie d'être derrière les deux explosions survenues sur le principal gazoduc russe alimentant la Géorgie et l'Arménie. Considérant que la Géorgie avait été l'objet d'un grave sabotage de la part de la Fédération de Russie, il avait alors estimé officiellement que l’argumentation russe – qui évoquait notamment une éventuelle origine terroriste - était absolument inadéquate et contradictoire.

Les deux explosions s'étaient produites sur le tronçon principal et un embranchement secondaire du gazoduc Mozdok-Tbilissi, dans le Caucase russe, non loin de la frontière avec la Géorgie, selon le ministère russe des Situations d'urgence. Une autre explosion avait également endommagé une importante ligne alimentant en électricité russe la Géorgie, la privant en partie de courant.

Le ministère russe des Situations d'urgence avait alors annoncé que la Russie avait interrompu dans la nuit de samedi à dimanche ses livraisons de gaz à la Géorgie après un incident impliquant le gazoduc reliant les deux pays.

VI – L'Iran, exportateur de gaz vers la Géorgie

La Géorgie importera deux millions de m3 de gaz iranien par jour, avait annoncé la Compagnie pétrolière internationale de Géorgie, suite aux évènements exposés précédemment. Les livraisons de gaz iranien devaient ainsi représenter 1/3 de la consommation géorgienne, complétant les livraisons de gaz azerbaïdjanais et permettant ainsi aux installations géorgiennes de fonctionner à plein régime. C'est un ancien gazoduc azerbaïdjanais récemment remis en fonction qui avait alors assuré le transportera du gaz iranien vers la Géorgie.

L'Iran avait répondu rapidement à l'appel à l'aide lancé par la Géorgie après l'incident sur le gazoduc russe. Un accord avait tout d'abord été signé entre les deux pays pour une période d'un mois, que la Géorgie souhaitait prolonger par la suite afin de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Tbilissi avait alors annoncé vouloir poursuivre ses négociations en vue de signer un contrat à long terme sur l'importation de gaz iranien. "La partie iranienne est prête à satisfaire les besoins géorgiens en gaz, il s'agit de quelque deux milliards de m3 de gaz par an. Nous n'avons pas encore évoqué le prix du gaz iranien à importer à long terme", avait-t-il alors déclaré.

VII – La Georgie et sa dépendance vis à vis du gaz russe

La Géorgie dépend étroitement de la Russie pour ses livraisons de gaz, dont le prix avait d'ores et déjà augmenté fortement pour presque doubler à 110 dollars les 1.000 m3 à partir de janvier 2006. Les relations entre la Géorgie et la Russie se sont fortement dégradées depuis la prise de pouvoir à Tbilissi en janvier 2004 du président Mikhaïl Saakashvili, le gouvernement russe voyant d’un mauvais œil le pays quitter sa sphère d'influence. La Géorgie, ex-république soviétique du Caucase où les pannes d'électricité ne sont pas rares, est également très largement dépendante de l'électricité russe.

Le ministre géorgien des Affaires étrangères Gela Bezhuashvili avait déclaré mi-janvier que la Géorgie envisageait d’importer du gaz d’Iran, d’Azerbaïdjan et d’Asie centrale pour réduire sa dépendance énergétique après la forte augmentation du prix du gaz russe. Au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue arménien Vardan Oksanian le ministre géorgien avait déclaré que dans quelques années, les deux pays devraient avoir réussi à importer le gaz de différents pays.

M. Bezhuashvili avait notamment émis l’espoir que son pays obtienne du gaz iranien après l’achèvement d’un gazoduc long de 141 km entre l’Iran et l’Arménie. Suite à la forte augmentation du prix du gaz russe, l’Arménie a décidé d’accélérer la construction du gazoduc en provenance d’Iran qui devrait être opérationnel au 1er janvier 2007 et lui fournir quelque 36 milliards de m3 pendant 20 ans. Le gaz sera transformé en électricité qui sera exportée vers l'Iran. La valeur globale du projet varie entre 200 et 250 millions de dollars.

Le gazoduc que l'Arménie et l'Iran ont commencé à construire en dépit de l'opposition de Moscou et de Washington inquiète la Russie qui craint de perdre son monopole. Ce gazoduc pourrait à l'avenir être utilisé pour faire transiter le gaz iranien vers la Géorgie et l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques désormais pro-occidentales et qui dépendent de livraisons de gaz russes. Mais Gazprom en a désormais pris le contrôle financier.

VII – La Géorgie : un emplacement pour le moins stratégique

La Géorgie n'a pratiquement pas de ressources en hydrocarbure et en gaz, mais elle dispose d'une façade maritime sur la mer Noire, mer ouverte la plus proche des principaux champs pétrolifères et gaziers de la mer Caspienne, évalués comme le 3ème gisement de pétrole mondial.

Pour sortir le pétrole de la Caspienne, il faut rejoindre une mer ouverte. L'URSS avait privilégié les sorties maritimes via le port russe de Novorossisk. Depuis son éclatement, les pays de la région se disputent le droit de transporter ce pétrole. La Russie veut continuer les exportations via ses ports et ses pipelines, tandis que la Géorgie cherche au contraire à héberger de nouveaux terminaux et souhaite que son territoire soit un lieu de passage des oléoducs.

Mais la mise en service du pipeline BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) pourrait "révolutionner" la région... ce qui est malheureusement peut-être le cas aujourd'hui. Long de plus de 1 700 kilomètres, il devrait être capable d'acheminer un million de barils par jour depuis la mer Caspienne jusqu’au port méditerranéen turc de Ceyhan, en passant par l’Azerbaïjan, la Géorgie et la Turquie. Il devrait à lui seul exporter autant que les 4 ports de la mer Noire où est embarqué le pétrole transitant par le système des oléoducs russes.

Ce pipeline est principalement financé par BP et soutenu par la Banque mondiale et par la Banque européenne. Le but du projet est de "sortir le pétrole de la Caspienne de l' étau russe". Mais les compagnies pétrolières et l'Azerbaïdjan souhaitaient qu'il évite l'Arménie et, pour des raisons géographique-stratégiques, l'Iran. La stabilité des pays qu'il traverse et leurs liens "d'amitié" avec les grandes compagnies pétrolières ont beaucoup plus compté dans la définition précise de son tracé que les intérêts économiques à court terme des majors.

A lire également :

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Sources : AFP, le Monde Diplomatique, RFI

 

16 Commentaires

  1. 1

    Dadounet

    Que vous soyez anti-Russe, c'est votre affaire, mais quel problème voyez-vous à ce que les Géorgiens payent 230 ce que les Allemands payent 290 ?

  2. 2

    Elisabeth

    Et le trajet mon cher watson, vous aimeriez payer autant pour un paris berlin que pour un Paris Tlibissi ?

    Le tarif n'est pas le nerf de la guerre à proprement parler, mais bien l'influence de la Russie sur cet ex-pays de l'Union Soviétique .

  3. 3

    Dadounet

    Il me semble que Poutine réagit comme chaque vendeur : il veut le plus cher possible ; par ailleurs, la Russie réagit à l'encerclement par les bases US et par les révolutions prétendûment spontanées de différentes couleurs, mais de même téléguidage US.
    Ce qui est haïssable, c'est le communisme, pas le Russe.
    Puisqu'on ne peut apparemment vivre sans impérialisme, au moins équilibrons-les.
    Personnellement, je suis ravi de voir se mattre en place l'axe Paris Berlin Moscou, et, s'il se prolonge jusqu'à Tokyo et Séoul, tant mieux.
    Ayons une doctrine Monroe pour nos continents.

  4. 4

    Elisabeth

    Certes, les bases US se montrent très présentes dans la région , souvent sous le couvert de l'Otan, cf. en Roumanie.

    je ne critique pas la Russie, loin de là, mais bien la stratégie oligarchique de Poutine .

  5. 5

    Dadounet

    Qu'il s'en mette plein les fouilles, OK, mais Mazarin maquerautait ses nièces en plus, c'est néanmoins un de nos meilleurs premiers ministres ; au moins Poutine a l'air de vouloir le bien de son état, sinon de son peuple (faut pas rêver, non plus), toujours mieux que les précédents qui ne pensaient qu'à leurs propres poches.

  6. 6

    la biélorussie aussi

    Le Bélarus pourrait payer ses fournitures de gaz russe 140 dollars les 1.000 m3 en 2007, soit trois fois plus cher que le prix actuel, a déclaré vendredi l'ambassadeur de Russie au Bélarus Alexandre Sourikov.

    La Russie a proposé au Bélarus un prix de 200 dollars les 1.000 m3, mais "en déduisant les droits de douane de 30% (puisque le Bélarus et la Russie sont liés par un espace économique commun), le prix facturé devrait atteindre 140 dollars", a expliqué l'ambassadeur lors d'une conférence de presse.

    L'ex-république soviétique reçoit actuellement son gaz au tarif de 46,68 dollars les 1.000 m3, un prix très modéré expliqué par le fait que Minsk est un allié fidèle de Moscou.

    Mais les bonnes relations entre les deux pays ont souffert du blocage du projet d'union politique Russie-Bélarus, le président bélarusse Alexandre Loukachenko étant réticent à abandonner à Moscou une partie de la souveraineté de son pays et de ses prérogatives, malgré les pressions russes.

    Fin septembre, le président bélarusse a prévenu qu'un doublement des prix du gaz russe "signifierait sans doute une possible coupure de tous les liens" avec la Russie.

    Minsk dispose d'un argument important dans une éventuelle nouvelle guerre du gaz avec Moscou puisque quelque 20% des exportations de gaz russe vers l'Europe passent par ses gazoducs.

    Gazprom a également annoncé jeudi avoir proposé à la Géorgie un doublement du prix de ses livraisons de gaz pour 2007 à 230 dollars les 1.000 m3, un prix qui s'approche de celui payé par les clients européens du groupe.

    Tbilissi, qui connaît une crise diplomatique aiguë avec Moscou depuis plus d'un mois, a aussitôt dénoncé un tarif "politique" plus qu'économique.

  7. 7

    Elisabeth

    "blocage du projet d'union politique Russie-Bélarus, le président bélarusse Alexandre Loukachenko étant réticent à abandonner à Moscou une partie de la souveraineté de son pays et de ses prérogatives, malgré les pressions russes." , merci pour l'info , cela va dans la tendance de recréer une nouvelle Union Soviétique.

  8. 8

    pas grave selon le président géorgien

    Le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili a déclaré vendredi à Monaco que le doublement du prix du gaz russe ne "sera pas une catastrophe" pour son pays qui compte sur d'autres sources d'approvisionnement et d'autres sources d'énergie.

    "Je ne pense pas que cela sera une catastrophe mais ce sera certainement un mauvais précédent pour tout le monde. L'énergie ne doit pas être un instrument politique", a déclaré le président géorgien à une question portant sur la dernière proposition du géant russe Gazprom qui offre un contrat à Tbilissi multipliant par deux le prix de ses livraisons de gaz pour 2007.

    "Nous avons des solutions de rechange", a expliqué le président géorgien lors du 8e sommet du Crans Montana Forum à Monte Carlo. Outre les "énergies alternatives", il a souligné que la Géorgie recevait du gaz d'Azerbaïdjan et qu'elle pourrait mener des négociations avec l'Iran.

    "Nous voulons avoir des relations amicales avec tous nos voisins y compris la Russie", a ajouté M. Saakachvili qui a indiqué qu'il se rendrait au sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI) prévu à la fin du mois à Minsk.

  9. 9

    Elisabeth

    Oui, j'avais vu l'info que j'ai synthétisée dans mon post ;)

    néanmoins , il oublie de dire que le gazoduc Armenie-Iran qui lui permettra d'obtenir du gaz iranien et désormais aux mains de gazprom ..

    cf.
    Le gazoduc Iran-Arménie désormais contrôlé par la Russie

    Certes, un 2eme gazoduc est en projet, mais les Georgiens pourraient avoir froid cet hiver.

    En ce qui concerne le 1er gazoduc, il sera livée le 20 décembre au lieu du 31 décembre . Ca presse :)

  10. 10

    Position Géorgie

    La Géorgie n'entend pas acheter du gaz russe facturé 230 dollars les 1.000 mètres cubes

    04/11/2006 17:15 TBILISSI, 4 novembre - RIA Novosti. La Géorgie n'a pas l'intention d'acheter du gaz russe au prix de 230 dollars les 1.000 mètres cubes, a dit le premier ministre géorgien, Zourab Nogaïdeli qui s'entretenait avec des journalistes à l'issue d'une visite effectuée samedi à la centrale hydroélectrique de Garbadani.

    "S'il s'agit d'un prix commercial identique pour tous les pays de la région, alors nous le paierons. Mais s'il s'agit d'une opération punitive contre la Géorgie, alors nous ne le paierons évidemment pas", a-t-il dit.

    Le chef du gouvernement a confirmé que Tbilissi menait des négociations avec la Turquie, l'Azerbaïdjan et l'Iran au sujet de livraisons de gaz à la Géorgie.

    "Les pourparlers prendront fin prochainement et alors nous choisirons parmi ces trois partenaires éventuels en fonction des prix et des quantités de gaz proposés", a indiqué Zourab Nogaïdeli.

    Un représentant de Gazprom avait déclaré jeudi à RIA Novosti qu'en 2007 le prix du gaz russe livré à la Géorgie pourrait être relevé, passant de 110 à 230 dollars les 1.000 mètres cubes.

  11. 11

    Gazprom fait monter la pression

    Le géant gazier russe Gazprom a menacé mardi d'interrompre ses livraisons de gaz à la Géorgie, comme il l'avait fait au début de l'année avec l'Ukraine, si Tbilissi n'acceptait pas une hausse des prix.

    "S'il n'y a pas d'accord, nous livrerons du gaz seulement à l'Arménie", a déclaré le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev, lors d'une conférence de presse à Moscou. L'Arménie, ex-république du Caucase du Sud voisine de la Géorgie, partage avec Tbilissi une partie des gazoducs venant de Russie.

    "Pas de contrat, pas de livraison", a ajouté M. Medvedev, évoquant la crise gazière avec l'Ukraine début 2006, qui avait eu des répercussions sur la fourniture en gaz russe des marchés européens.

    Gazprom a demandé jeudi un doublement du prix du gaz fourni à la Géorgie pour 2007, alors que Moscou et Tbilissi traversent une grave crise diplomatique depuis la fin septembre.

    Le géant gazier a adressé à Tbilissi une offre de livraison de gaz à 230 dollars les 1.000 m3 contre 110 dollars actuellement.

    M. Medvedev n'a pas commenté l'état actuel des négociations ni un éventuel accord sur un prix inférieur, en échange par exemple de la cession d'actifs par les autorités géorgiennes, notamment dans la distribution gazière.

    "C'est à eux de définir" ce qu'ils peuvent proposer à Gazprom dans ces négociations, a déclaré M. Medvedev, insistant sur le fait qu'à terme "plus aucune ex-république" soviétique ne bénéficierait de "tarifs préférentiels".

  12. 12

    Elisabeth

    merci pour l'info !

    rififi à prévoir , car le réel enjeu est bien là.

    Certains disent même qu'au delà de cela, Poutine excerce la pression sur la Géorgie pour la remettre dans son "giron".
    Son objectif étant de + en + clairement de recréer une Union ... et ce d'autant plus que les élections 2008 approchent.

  13. 13

    donnant donnant

    Gazprom vendra son gaz à la Géorgie au prix actuel - 110 dollars les mille mètres cubes – si Tbilissi accepte de lui céder certains actifs, a déclaré le responsable des exportations de Gazprom, Alexander Medvedev, le 7 novembre à Moscou. Le cas échéant, le prix pour la Géorgie sera de 230 dollars les mille mètres cubes. Medvedev n’a pas spécifié les actifs que Gazprom réclame.

    "Dans le passé, nous avons dit ce qui nous intéressait, mais nous n’avons pas eu de réponse [des autorités géorginnes]", a-t-il affirmé.

    Gazprom a cherché l’année denière à acheter le système de gazoducs Nord-Sud du Caucase, qui sert à liver le gaz russe à la Géorgie et à l’Arménie. Les Géorgiens ont considéré la proposition, mais Tbilissi a finalement refusé, probablement sous la pression américaine.

    Medvedev a également prévenu que Gazprom ne livrera pas de gaz du tout à la Géorgie si celle-ci refuse de signer un contrat à 230 dollars les mille mètres cubes, le « prix du marché ».

    En Arménie voisine, depuis qu’il y détient le réseau de distribution du gaz, Gazprom a annoncé que le prix resterait fixé à 110 dollars les mille mètres cubes...

  14. 14

    Elisabeth

    ne se contentant plus d'user de la guerre des tarifs du gaz, Poutine souhaite désormais quasiment posséder le pouvoir sur les "robinets" lui-même ...

  15. 15

    La Géorgie menace

    La Géorgie menace toujours d'empêcher l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), accusant Moscou de lui avoir imposé un blocus économique, rapporte vendredi le quotidien Kommersant citant la présidente du Parlement géorgien Nino Bourdjanadzé.

    "L'OMC est basée sur les principes de libre échange et de transport de marchandises. La Russie viole ces principes à l'égard de la Géorgie: elle a introduit des sanctions économiques et de facto un blocus. Dans ce contexte nous ne pouvons pas admettre que la Russie entre dans cette organisation", a déclaré Mme Bourdjanadzé lors d'une visite jeudi en Russie.

    "Si la Russie renonce à cette politique, la Géorgie ne s'opposera pas" à l'entrée de Moscou à l'OMC, a-t-elle ajouté.

    Tbilissi, engagé dans un bras de fer diplomatique avec Moscou depuis l'expulsion fin septembre de quatre Russes accusés d'espionnage, exige que la Russie lève son embargo sur les vins et l'eau minérale géorgienne.

    Moscou a suspendu toutes ses liaisons de transport et ses services postaux avec Tbilissi à la suite de ce scandale des "espions".

    La Géorgie a dénoncé en juillet l'accord bilatéral qu'elle avait déjà signé avec Moscou sur l'entrée de la Russie à l'OMC.

    La Russie doit signer dimanche à Hanoï avec les Etats-Unis un accord qui doit lever un des derniers obstacles à son entrée dans l'organisation.

  16. 16

    démission

    Géorgie: démission d'un ministre proche de Saakachvili
    19:03 | 17/ 11/ 2006

    TBILISSI, 17 novembre - RIA Novosti. Le ministre géorgien du Développement économique, Irakli Okrouachvili, jugé proche du président Mikhaïl Saakachvili et intransigeant vis-à-vis des régimes séparatistes, a présenté sa démission, a annoncé vendredi le service de presse de son ministère, cité par l'agence News Georgia.

    "Irakli Okrouachvili a écrit sa lettre de démission hier qu'il a déjà envoyée au premier ministre géorgien Zourab Nogaïdeli", a déclaré la porte-parole du ministère du Développement économique, Nana Intskirveli, sans expliquer les motifs de la démission.

    Le chef de la chancellerie du gouvernement géorgien, Petre Mamradze, interrogé par News Georgia, a par ailleurs indiqué qu'il ne disposait pas d'informations sur la démission du ministre.

    Ministre du Développement économique depuis le 10 novembre dernier, Irakli Okrouachvili avait occupé plus tôt le poste de ministre de la Défense. Beaucoup d'experts expliquaient cette nouvelle affectation par les déclarations politiques de M.Okrouachvili qui avait notamment promis de célébrer le prochain Nouvel An à Tskhinvali, chef-lieu de la république sécessionniste d'Ossétie du Sud.

    Les républiques séparatistes d'Abkhazie (nord-ouest), d'Adjarie (sud-ouest) et d'Ossétie du Sud (nord) ont proclamé leur indépendance après la chute de l'URSS, mais seule l'Adjarie est rentrée dans le giron géorgien. Des affrontements meurtriers qui ont opposé Abkhazes et Sud-Ossètes à la Géorgie à partir de 1992 n'ont cessé qu'après l'intervention d'une force internationale de maintien de la paix. Elu en 2004, le président Mikhaïl Saakachvili a promis de rétablir l'autorité de Tbilissi sur les régions séparatistes.

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